
Que signifie "accompagner" un catéchumène ?
D'abord être à l'écoute. On n'accompagne pas une personne à son commencement. Le catéchumène a une histoire, un vécu, c'est à l'accompagnateur de s'adapter. En réalité on n'accompagne pas une personne mais une relation d'alliance que Dieu a déjà entamée avec elle. L'accompagnateur se met au service de cette relation. C'est une grande grâce d'accompagner, on "voit" l'action de l'Esprit qui opère chez l'autre. Dans le mot « grâce » il y a une notion de gratuité, de gratitude et dans le mot accompagner il y a le mot compagnon qui signifie « celui qui partage le pain ». Et puis on chemine ensemble. On n'arrête pas d'être en chemin. On est "déplacé" et dans ce chemin il y a beaucoup d'humilité, de discrétion. Cheminer ensemble est un cadeau. Cela nous fait grandir, mais c'est aussi très exigeant. L'accompagnateur n'est pas un meneur, il est seulement celui qui connaît les haltes où le catéchumène va trouver sa nourriture pour la route. Il est celui qui ouvre le "Livre" et laisse parler les "Ecritures".
A quel moment proposez-vous au catéchumène de rencontrer la communauté des chrétiens ?
L'accompagnement en catéchuménat n'est pas une action individuelle mais un acte d'Eglise. Il se vit dès le début en relation avec une petite équipe où on propose à des proches de s'intégrer (le conjoint, un ami, quelqu'un qui partage le même style de vie). L'accompagnateur lui ouvre les portes de la communauté où il vit sa foi, dont les membres sont impliqués par leur baptême dans cet accompagnement catéchétique : lieu de rencontre et de partage. Mais aussi, les portes des mouvements tout en respectant son rythme et son besoin de pause. L'accompagnateur est en relation permanente avec le service diocésain du catéchuménat, lieu de formation, de réflexion, de partage, de soutien. Il n'est jamais seul.
Après le baptême, que se passe-t-il ?
Dans le diocèse de Chartres,tous les baptisés de la nuit pascale recevront les trois sacrements d'initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l'eucharistie. Après le baptême, on leur propose une année appelée "Néophytat" pour approfondir la compréhension de ces trois sacrements. "Néophyte" signifie jeune plante. Il faut donc les entourer de soins particuliers. Ils sont souvent très engagés et on découvre par leur regard un nouvel éclairage de la "Parole", mais ils n'adhèrent pas forcément à tout le "décorum". Ils ont besoin de comprendre, ils exigent de nous, accompagnateurs, d'être fidèles et crédibles. Cela nous oblige à redécouvrir la signification de chaque geste liturgique.
Qu'est-ce qui vous a le plus marquée ?
C'est l'émerveillement. On est témoin de la grâce, au sens de celui qui voit et non pas de celui qui sait. Le Seigneur passe et on est là seulement pour accompagner une rencontre.
Propos recueillis par M-M. Ganichot