
Depuis votre ordination, quel a été votre parcours ? Un vieux cantique me trotte dans la tête : « Le Seigneur nous mènera par les chemins qui lui plairont ». En fait, mon évêque, Mgr Michon, m’avait demandé d’attendre quelques années et il m’avait nommé à Beaulieu : c’était sans doute pour m’y préparer. J’avais été invité à la rencontre avec les maghrébins par le Père Le Masne (prêtre à Lyon, récemment décédé), mais le Seigneur en avait décidé autrement. A Beaulieu, j’ai rencontré les travailleurs portugais qui quittaient les taudis des centres ville pour habiter avec femmes et enfants dans les H.L.M. Vous avez l’air très attachés aux portugais ? Oui, le Seigneur les avait mis sur mon chemin, je me devais de les rencontrer et de les aimer. Un prêtre n’a-t-il pas à faire cela partout et en toutes circonstances ? Je me rappelle : ils étaient au fond de l’église, à part, sans pouvoir s’exprimer, ils ne pouvaient pas prier avec les autres chrétiens. Un prêtre, comme le Bon Pasteur, n’est t’il pas fait pour rassembler ses brebis quelque soit leur pays d’origine, leur condition sociale ? C’est ce que vous avez essayé de faire ? Mais je n’étais pas seul pour faire cela. Entre autres, je tiens à mentionner des prêtres comme le Père Henry, ceux de la paroisse, les paroissiens qui voulaient bâtir une vraie communauté et une religieuse de Bon Secours, SÅ“ur Marguerite-Marie qui revenait du Pérou. Et après Beaulieu, que s’est il passé ? J’ai suivi une formation spirituelle, une étude d’Evangile poussée. Le Père Chevrier disait : « Connaître Jésus-Christ, c’est tout », plus des cours à la "Catho" (Théologie, Bible, Patristique), partage et révision de vie par petites équipes, une insertion limitée dans un quartier ou une association… Ce séjour au Prado a-t-il changé quelque chose en vous ? Je n’avais plus peur de m’affirmer et puis j’ai pu rencontrer des prêtres de différents pays (dans mon équipe, nous étions deux français, un malgache, un colombien). Ca m’a apporté beaucoup, une ouverture sur le monde. Puis j’ai quitté Lyon pour Lucé et pendant 4 ans j’ai vécu dans une véritable équipe - tout en étant délégué diocésain à la pastorale des migrants – puis au Coudray, à Saint Lubin des Joncherets et maintenant dans le Perche.On me dit parfois : « Alors, vous vous plaisez ? » A chaque endroit, j’essaie de connaître le secteur à fond et de "coller" à la population. Dans votre sacerdoce, qu’est-ce qui vous aide? Et puis, les malades – c’est sans doute pour cela que je suis aumônier de l’Hospitalité chartraine N.D. de Lourdes – Etre prêt d’eux, leur donner la main et les sacrements quand ils le désirent, prier pour eux et avec eux. En cette année sacerdotale 2009-2010, le Saint Curé d’Ars a-t-il quelque chose à vous dire ? Propos recueillis par Claire Thiercelin |