
Quelle est votre mission de prêtre accompagnateur ?
J'ai été très heureux que l'évêque me demande cette mission. J'ai toujours aimé le monde des malades et j'ai appris ce qu'était l'homme, au début de mon ministère, comme aumônier d'hôpital psychiatrique à Bonneval. Je suis heureux, à la fin de mon ministère, d'être aumônier d'un hôpital général. J'aime les malades parce que je suis auprès de la personne telle qu'elle est : un malade ne peut pas se cacher, il se sent très pauvre, et j'essaie d'être pauvre avec lui. Je ne parle jamais le premier de Dieu aux malades, ils savent que je suis prêtre puisqu'ils m'ont appelé. Certains se sentent culpabilisés par l'Église : problèmes de divorce, d'avortement, de sida... cela entraîne parfois une déprime. Je me sens aussi heureux quand je rencontre les personnels soignants, en particulier au service de réanimation ; je suis toujours bien accueilli. Quand on m'appelle c'est pour donner le sacrement des malades ; je tiens à ce que la famille soit là, et que la permanente qui visite le malade donne la communion : ainsi nous montrons que nous sommes associés dans la même mission. Personnellement je ne vais jamais visiter tous les malades, c'est le travail des permanentes et des bénévoles. Chaque semaine,le mardi, je les retrouve pour la messe ou pour une relecture de ce qui a été vécu dans le mois.
Et que vit-on quand on est soi-même malade ?
Je n'avais jamais été malade de ma vie, c'est cette opération en juillet 2005 qui m'a fait connaître les traitements et le séjour en hôpital comme malade. Bien souvent je me suis révolté. Mais la lecture des psaumes m'a donné du courage. Dieu est toujours fidèle. J'ai ainsi compris ce qu'est le malade, intérieurement plus humble, plus pauvre. J'admire le personnel. On est heureux d'être soigné par des personnes comme ça. Malgré la souffrance, il faut mettre de l'humour dans nos relations, sinon la vie ne sera pas vivable... Je fais confiance à la médecine.
Qu'est-ce que vous aimeriez dire aux malades ?
Malgré les souffrances, ne jamais désespérer. Il y a des hauts et des bas. On a le droit de se révolter contre Dieu, ça fait du bien de crier et ça nous remet sur la route. Savoir garder le moral, c'est le meilleur médicament vis-à-vis du cancer. Se sentir entouré par la famille et les amis, c'est un grand réconfort, et ne jamais oublier de demander les services de l'Église : en recevant le sacrement des malades, on reçoit une force énorme.
Comme malade, que voulez-vous conseiller aux visiteurs ?
Pas de visites trop longues, près des malades ne soyez pas bavards. Être présent, prêt à écouter... Parfois des réflexions sont ridicules, par exemple « comment ça va », alors qu'on a une mine lamentable ! Venir avec le sourire, ne pas avoir une tête d'enterrement. Ne pas se lamenter avec le malade. Croire en la Vie, comme nous le rappelle le livret pour la journée de la santé. Avant de rencontrer un malade savoir prier l'Esprit Saint, Il peut travailler à travers nous.
Propos recueillis par Simone Gibier