
Où se déroule votre vie ?
Ici, à Lucé, c'est notre lieu de travail. C'est un travail collectif. Jean-Jacques et Akasi Smith sont les deux responsables. Aujourd'hui, nous sommes peu de Compagnons présents à Lucé : deux camions sont partis pour des déménagements chez des particuliers et une équipe est restée à Bailleau l'Evêque pour aider au chargement des vêtements. Les Compagnons arrivent chaque matin pour 8h30, déjeunent sur place, et repartent à 17h30 avec le petit bus et trois camions à Bailleau, notre lieu d'habitation. En arrivant à la « Ferme », c'est la douche, puis à 19 heures le dîner. Nous sommes bien installés, il y a deux salles de télévision, nos chambres et tout ce qu'il faut pour vivre ensemble.
Qui fait la cuisine ?
L'un d'entre nous est cuisinier. Il nous prépare le dîner et le déjeuner pour le lendemain. Il reste à Bailleau toute la journée avec le compagnon qui s'occupe des animaux et de l'entretien des extérieurs.
Et les chambres ? Le linge personnel ?
Il y a des chambres doubles et des chambres individuelles, plus une chambre à quatre lits pour ceux qui viennent d'arriver. Les nouveaux y restent quelques semaines pour voir s'ils pourront vivre en communauté. Des machines à laver sont à notre disposition, chacun s'organise pour laver et repasser son linge. Et pour s'habiller, c'est facile, le magasin, ici à Lucé, offre un grand choix pour tous les goûts...
La vie en communauté ne crée-t-elle pas des tensions ?
Oui bien sûr, les petites tensions se règlent entre nous. Si c'est plus grave, les deux responsables tranchent et parfois sévissent, par exemple ils donnent un avertissement et demandent un service comme de faire la vaisselle toute une semaine. Ceux qui ne s'habituent pas partent. Mais il faut deux ou trois mois pour que les gens se sentent mieux. Certains d'entre nous sont là depuis très longtemps, 10 ans et plus. Nous avons presque tous plus de 45 ans et c'est parfois difficile de trouver un travail à l'extérieur.
Avez-vous des congés, des vacances ?
Les week-ends où il n'y a pas de vente, une semaine à Noël, et pendant l'été sept semaines. Presque tout le monde quitte la « Ferme ». Quelques compagnons ont gardé des contacts lointains avec leur famille.
Etes-vous payés ?
Nous recevons un pécule de 50 .par semaine.
Et vous, Daniel, que vous a apporté votre vie ici ?
Je suis arrivé en 1997. J'ai trouvé chez les Compagnons une aide précieuse pour reprendre goût à la vie, c'est très difficile à réaliser tout seul. Pour le travail, j'ai fait tous les postes, et depuis trois ans, je suis au bureau d'accueil. Les contacts avec les gens ça m'a donné un boum ! J'aime ce que je fais : accueil des donateurs, demandes de renseignements au téléphone, accueil de personnes en difficultés qui cherchent de l'aide.
Effectivement, le téléphone sonne sans cesse, bénévoles et compagnons passent pour demander une chose ou l'autre...
Bonne continuation à Daniel et à tous les Compagnons !