
L'hôpital Henri Ey, spécialisé en psychiatrie reçoit et soigne environ 400 personnes qui se trouvent réparties sur différents sites, selon leurs pathologies et leurs secteurs géographiques. L'établissement se compose donc de multiples structures à Bonneval, Chartres, Nogent-le-Rotrou et Châteaudun. Certains malades sont accueillis à plein temps dans l'une des structures tandis que d'autres sont en foyer, d'autres à domicile.
En quoi consiste votre mission ?
L'aumônerie est implantée sur le site de Bonneval au coeur de l'ancienne abbaye avec la chapelle qui donne sur le cloître et un bureau d'accueil. Ma mission m'amène à intervenir dans différents services (admissions, déficients, longs séjours, maison de retraite) et à participer à la vie de l'hôpital à l'occasion de fêtes traditionnelles. J'interviens aussi avec Marguerite Perdereau pour le « long séjour » et avec Lucette Barbarin pour la maison de retraite. Le partage en équipe est important, on ne peut pas être tout seul. Nous avons aussi la chance de pouvoir vivre l'Eucharistie tous les mercredis. Il arrive que des patients fassent une demande pour un autre culte, nous sommes donc en lien avec les responsables des autres religions. Nous nous accueillons mutuellement. Mon activité est essentiellement un travail d'écoute des familles, d'accompagnement des malades et aussi du personnel soignant. Le Christ est allé vers les hommes et tout particulièrement vers ceux qui souffraient, tenus à l'écart...
Concrètement, comment se passent vos rencontres avec les patients ?
L'aumônerie est un repère au sein de l'hôpital, aussi bien pour ceux qui vivent à l'extérieur. Chacun peut frapper à la porte de mon bureau, venir boire un café, exprimer son mal-être, sa révolte, partager sa désespérance, parler de son histoire, de Dieu, de la mort de la vie...la personne que je rencontre vient se confier autrement qu'auprès de l'équipe médicale. Le respect, la discrétion, la délicatesse et la confidentialité sont indispensables. Le mystère de la personne est toujours beaucoup plus grand qu'il n'y paraît.
Quelles sont vos convictions ?
L'Eglise se doit d'être attentive à la souffrance physique et psychique et de la porter dans la prière. Tout cela ne peut se faire que dans le cadre d'une mission reconnue qui se vit dans la foi. L'aumônerie ne se substitue pas à l'équipe médicale. L'écoute est très différente. Le patient sait qu'il est libre de ses paroles. Parfois il faut oser une parole qui témoigne de l'espérance et de la confiance en un dieu d'Amour, un dieu qui accueille toutes nos pauvretés, un dieu qui pardonne comme dans la parabole de l'enfant prodigue. Notre mission : être signe de la tendresse de Dieu. En tout homme, il y a présence de Dieu, c'est le mystère de l'incarnation.