
Guillaume Astier coordonne avec Aline, son épouse, l'équipe de préparation au mariage du doyenné de la allée-de-l'Eure. Fondateur de l'Association « Histoires en p@roles », il a mis au ralenti l'essentiel de son activité professionnelle rémunératrice pour s'y consacrer.
Pouvez-vous nous parler de ce qui vous a conduit à créer l'association « Histoires en p@roles » ?
En 2000, j'ai été sollicité pour créer puis développer la branche française de la Fondation suisse « Théodora » qui aide les enfants hospitalisés en leur offrant une visite hebdomadaire de clowns professionnels.
En 2004, j'ai souhaité continuer à aider les enfants hospitalisés et les personnes âgées en maison de retraite, en mettant à leur disposition des documents sonores adaptés à leurs besoins par le biais de fichiers MP3*, les libérant ainsi des contraintes d'horaires des médias traditionnels. Ceci donne la possibilité aux bénéficiaires / auditeurs d'être acteurs de leur écoute. Le support choisi permet une écoute individuelle ou collective. Les ressources d'internet rendent les sources d'informations très vastes, voire infinies. Histoires en p@roles était née.
L'expérience actuellement en cours d'un journal lu (« mis en paroles »), diffusé bihebdom dairement dans une maison de retraite de la région parisienne a permis de mettre en valeur les avantages de ce moyen de communication par rapport aux moyens classiques. L'animateur réunit les résidents autour d'une table, ce qui permet des échanges en cours d'écoute puisqu'on peut arrêter et reprendre la diffusion à tous moments. Le journal lu est enrichi de morceaux musicaux, de documents sonores de l'INA, de rediffusion d'émissions de radios... ce qui en accroît l'intérêt. On a pu aussi créer une « illustration sonore de parcours de vie » pour des résidents atteints de la maladie d'Alzheimer.
Il est aussi envisagé de diffuser par ce moyen des messes, enregistrées dans des paroisses de proximité, pour créer un lien d'Église concret et personnel.
Pour le public des jeunes hospitalisés, Histoires en p@roles se propose d'apporter un «(ré)confort », à ce moment particulièrement difficile de la journée qu'est le soir avant le coucher au moment où s'installent les sentiments de solitude, d'abandon. Nous envisageons de fournir des contes, de leur raconter des histoires, comme le font les parents
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Nous avons dû démontrer le bien fondé de l'approche et sa faisabilité technique. Nous avons notamment « inventé » l'outil de diffusion adapté aux personnes âgées. Par ailleurs plusieurs questions relatives aux droits d'auteurs sont en cours d'examen avec la SACEM.
Comment voyez-vous l'avenir de l'association ?
Nous sommes dans une période de déploiement. L'association va s'ouvrir, devenir plus associante et plus professionnelle.
Elle doit devenir le champ d'investissement de tous ceux qui ont envie d'y contribuer. Or ce champ des possibilités de développement est... très vaste !
Comment pouvons-nous y contribuer ?
Simplement, naturellement : un bon magnétophone à cassette pour enregistrer une messe. Enregistrement que l'association traduira en format MP3 pour le diffuser dans les maisons de retraite du département. Ranimer le désir d'exister, là où on croyait qu'il n'était plus : c'est ce que nous avons la volonté de faire.