
Pourquoi portez précisément l'unité des chrétiens dans vos prières ?
Nous n'avons pas une vocation spéciale comme certaines communautés, pour prier pour l'unité, mais la prière est au cœur de notre vie, et toute prière est œcuménique ou n'est pas.
La semaine de l'unité n'est qu'un point fort de notre oraison ; l'unité habite notre prière et la prière est unifiante par essence.
Comment se manifeste votre participation à ce mouvement pour l'unité des chrétiens ?
Nous choisissons des lectures orientées sur ce thème : en ce moment, nous lisons au réfectoire "Vivre ensemble" d'Andréa Riccardi ( fondateur de la communauté Sant' Egidio), mais également divers articles du journal "la Croix», notamment la rencontre de SIBIU (en Roumanie : rassemblement œcuménique européen en terre orthodoxe en septembre 2007 dont le thème était : «La lumière du Christ brille pour tous. Espoir de renouvellement et d'unité en Europe ») ou de RAVENNE ( en octobre 2007).
Certaines années, nous avons accueilli la veillée diocésaine.
Nous recevons la presse spécialisée comme CLEO ( revue éditée à Lyon ), "Communion" (de la communauté des diaconesses de Reuilly) ou la revue "Unité des chrétiens ».
Nous avons à cœur de connaître l'autre, les autres, qui ont quelque chose à nous dire sur notre propre foi.
Nous souhaitons nous enrichir de la richesse des autres, et vivre en « communion » avec eux.
En communion ?
Oui, nous sommes tous en quête du même Seigneur, avec nos différences et nos richesses.
Les Protestants, par exemple, nous ont apporté un renouveau de l'étude de la Bible.
Vos liens avec les autres confessions chrétiennes sont donc assez proches ?
Nous sommes en relation avec les religieuses protestantes : les diaconesses de Reuilly. C'est même l'une d'elles qui a accompagné notre retraite cette année.
Nous apprécions les écrits d'Olivier Clément, (théologien orthodoxe) et de Dietrich Bonhoeffer, (théologien protestant).
Pouvez-vous dire un mot du dialogue inter-religieux ?
L'œcuménisme s'ouvre progressivement à cette réalité, ce qui était impensable il y a quelques années.
Lors des événements qui ont éprouvé la Birmanie, le Père Abbé de l'abbaye de Kergonan a proposé à tous les monastères de s'associer à une journée de jeûne en faveur des bonzes birmans persécutés.
Des moniales catholiques vont régulièrement vivre quelque temps dans des monastères hindous et réciproquement..
Pouvons-nous conclure avec une parole d'Evangile ?
Dans Saint-Jean, chap. 17, Jésus, avant son arrestation, proclame dans la longue prière sacerdotale : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé ».
et en Jean 11,51- 52 : « ...Il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation et non pas pour la nation seulement mais encore pour rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. »