
Quand avez-vous fait votre premier pèlerinage ?
Anne-Marie : J'avais une quinzaine d'années, c'était avec ma famille à Lourdes. Ma mère était très dévote et pour elle un pèlerinage avec ses enfants avait beaucoup d'importance. Je ne garde pas un excellent souvenir de ce premier pèlerinage car j'ai trouvé qu'il y avait trop de monde, cette foule et ces marchands du temple m'oppressaient. De plus je l'ai vécu plus comme une démarche imposée par ma famille que d'une volonté de ma part. Ensuite ce fut le pélé. des étudiants à Chartres lorsque j'étais étudiante à Rouen. Le froid, la pluie et les ampoules ont un peu perturbé mon recueillement mais ne m'ont pas découragée. Joseph : Moi aussi j'avais une quinzaine d'années lorsque j'ai fait mon premier pèlerinage. C'était avec mon père qui était brancardier à Lourdes. Je m'occupais des malades, je l'aidais dans les tâches matérielles. Cette première expérience fut plus logistique que spirituelle mais j'ai ressenti toute cette dévotion et cette ambiance de pèlerinage. Ensuite ce fut le pélé. des étudiants avec la Catho d'Angers. J'étais l'un des organisateurs et donc je m'occupais surtout de l'intendance. Pour moi il n'y a pas eu d'effort physique car j'accompagnais en voiture mais je compatissais pour tous ceux qui souffraient !
Et ensemble ?
Nous sommes allés à Lourdes fin août 2003 et à Rome fin janvier 2004. Anne-Marie : Cette fois, à Lourdes, j'y ai trouvé recueillement et ressourcement. Bien sûr, il y a toujours autant de monde, mais on sent qu'il y a quelque chose de très fort qui ne laisse pas indifférent. La grotte imprègne le lieu.
Joseph : Cette grotte impressionne. On sent une communion difficile à expliquer avec des mots. C'est vraiment quelque chose qui se vit. Les malades qui viennent à Lourdes y pensent six mois à l'avance et six mois après !
Anne-Marie : Se retrouver des milliers de personnes à la messe en la basiliques st.Pie X, est un grand moment de grâce qui donne un coup de force à notre foi.
Et Rome ?
Joseph : C'était du 25 au 31 janvier, environ trois cents personnes, dont une quarantaine d'Euréliens, se sont associés à la démarche des évêques des provinces de Tours et de Dijon en visite ad limina. C'est le diocèse d'Autun qui a eu l'idée d'associer des paroissiens à cette visite. C'était la première fois en France que la visite ad limina était vécue avec un grand groupe de pèlerins. Tous ces pèlerins avec leur évêque formaient une grande famille. Les repas pris en commun nous permettaient d'échanger sur nos différents vécus. Les célébrations journalières, avec nos évêques et vicaires généraux, aux basiliques majeures, furent de grands moments de communion.
Anne-Marie : Participer à l'audience publique du St-Père au Vatican fut aussi un moment très intense d'émotion et de foi. Chacun a pu se rendre compte du regard attentif de Jean-Paul II pour tous les pèlerins. Après avoir partagé des instants d'une telle intensité, on revient dynamisé et plein d'enthousiasme pour continuer la route.