
Alors que l'Enseignement Catholique national doit faire face à un afflux de demandes qu'il ne peut satisfaire, qu'en est il en Eure Et loir ?
En ce qui concerne les effectifs globaux de l'enseignement catholique, ils sont stables, autour de 11 200 élèves. Cet effectif a très peu varié sur les dix dernières années (+ ou - 1%) et ils représentent 13,5% d'enfants qui sont scolarisés dans l'EC en Eure-et-Loir. Concernant votre question, la situation est contrastée. Dans certains territoires, nous avons du refuser des élèves faute de moyens et de place, alors que d'en d'autres lieux et essentiellement dans le bassin Chartrain, nous avons perdu des élèves. Mais l'événement majeur de cette rentrée est l'ouverture de la nouvelle école Jean-Paul II, qui marque le renouveau de l'EC et sa capacité à évoluer et à s'adapter à l'environnement territorial. Les 350 élèves de cette école viennent de tous les horizons et se partagent entre Chartres et une soixantaine de communes plus ou moins proches de l'agglomération. Après JPII, l'Institution a également le projet et la volonté d'ouvrir un établissement secondaire sur Epernon.
Le 1er décembre 2001 a eu lieu la première journée nationale des assises de l'EC avez vous déjà pris connaissances des résolutions publiées ?
Le 27 août dernier, lors de la réunion des chefs d'établissement, nous avons suivi une conférence de Claude Berruer sur le thème de la responsabilité pastorale du Chef d'établissement, au cours de laquelle, il a présenté le texte d'orientation « être professeur dans l'enseignement catholique »1. Ce texte destiné à donner des grandes orientations aux enseignants sur ce qu'est l'enseignement catholique, s'appuie largement sur le travail des assises et notamment sa première résolution : « une école de toutes les intelligences », rappelant ainsi que l'école (catholique) ne peut-être école catholique, si elle n'est pas d'abord une école,c'est-à-dire un lieu d'éveil à l'intelligence, de transmission des savoirs, de maîtrise de connaissances et de compétences nouvelles. Cette même résolution de décembre 2001 donnait une dimension particulière à la transmission des savoirs : multiplier les approches pédagogiques pour rejoindre les élèves tels qu'ils sont, là où ils sont pour les faire progresser. Dans cette conférence, il a également décliné le thème de travail de 2006 « Changer de regard » dont les préconisations s'inspirent largement de valeurs évangéliques. Je souhaiterais que les chefs d'établissement travaillent ensemble ces thèmes avec l'ensemble de la communauté éducative, afin de construire des réseaux efficaces en s'enrichissant mutuellement des compétences et spécificités de chacun des établissements, afin de n'exclure aucun enfant et surtout ceux considérés comme « pas comme les autres », et donc d'accueillir tout le monde. Pour mettre en place cette démarche en s'appuyant sur l' « autre regard », je compte beaucoup sur les communautés éducatives. 2
Et vos convictions personnelles sur l'Enseignement Catholique ?
Je crois qu'en tant qu'Enseignement Catholique, nous avons une offre spécifique à proposer aux familles compte tenu de notre référence à l'Evangile. Nous devons être capables de porter sur la société « un autre regard » complémentaire et différent de celui que porte le service public. Nous sommes, sans ambiguïtés, acteurs du service public, mais avec notre regard, celui qui s'enracine dans la personne de Jésus Christ et dans l'Evangile, que nous avons à faire vivre et à annoncer.
Propos recueillis par Isabelle Gastineau
1) texte d'orientation approuvé par le Comité National de l'Enseignement Catholique le 6 juillet 2007
2) « chaque établissement catholique d'enseignement constitue une communauté éducative placée sous la responsabilité du chef d'établissement et formée des élèves, des parents, des personnels d'enseignement d'éducation, administration et de service, des prêtres et des autres personnes qui participent à l'animation pastorale, des gestionnaires, des anciens élèves et, dans la mesure du possible des propriétaires ». Statut de l'Enseignement catholique, art. 3.