Chanoine Marc Kibloff

Mot d’accueil de Raphaël Malcuit, Raphaël Malcuit doyen du chapitre cathédral

” Au diocèse de Chartres, la paroisse de Brou a donné 7 prêtres que nous avons connus : le chanoine Kibloff, que nous pleurons ce matin, est le dernier.
Marc Mirone Kibloff y est né le 17 février 1926, baptisé le 4 mars suivant. Ses parents dirigeaient une importante scierie. Après ses études à la Maîtrise Notre Dame de Chartres et au Grand Séminaire il reçoit l’ordination sacerdotale le 29 juin 1949.
Il revient à la Maîtrise comme professeur, licencié es-lettres.
Aumônier scout il est nommé en plus, en 1960, directeur diocésain des Guides de France.
En 1966 il quitte l’enseignement après 17 ans et devient curé de Coltainville, Gasville, Saint Prest. En 1970 il est nommé curé-doyen de la Vallée d’Eure.
En 1972 il devient vicaire à Saint Aignan de Chartres, chargé de la chapelle Ste Thérèse.
En 1977 il rejoint l’équipe sacerdotale de Châteaudun, en résidence à Saint Denis des Ponts.
En 1985 il revient à Chartres au service du Centre Ville , en résidence à la maison de retraite des prêtres, rue de Fourmestraux, puis au 22 Cloître Notre Dame.
Le 6 mars 2007 il est nommé chanoine titulaire de la Cathédrale.
En 2010, il se retire à la maison de retraite de Saint Chéron.
Voilà sommairement esquissée une vie de prêtre aux responsabilités très diverses, toujours animé du souci de l’annonce de l’Evangile.
Marc a laissé le souvenir d’un bon professeur, méticuleux et exigeant, mais très proche de ses élèves, avec qui , en vrai sportif, il tapait volontiers dans le ballon. Professeur mais aussi chapelain de la Cathédrale, chargé de l’accueil à Notre-Dame du Pilier, pour les consécrations d’enfants à la Vierge Marie et les confessions.
Il fut de même un curé ami de ses paroissiens.
Profondément religieux, avec des élans mystiques, propres à son ascendance slave, il a chanté le Seigneur et la Vierge Marie, au temps des splendeurs liturgiques de Mgr Harscouet.
Il fut un confrère enjoué, fraternel et dévoué.

A la demande de son ami, l’archiviste Pierre Bizeau, également de Brou, il réalisa un important travail intellectuel : la traduction en français des 138 lettres écrites en latin par Fulbert, évêque de Chartres, ainsi que des écrits de controverse, de prière et de poésie. Ce travail de longue haleine a produit un ouvrage de 600 pages, édité en 2006 par la Société Archéologique d’Eure et Loir.
Marc écrivait dans la préface de sa traduction : « Puisse-t-elle contribuer à la découverte de la figure si attachante de Fulbert ».
Notre ami Marc ne fut pas épargné par les épreuves : il connut des moments de grave dépression, replié sur lui-même dans une grande souffrance.
Puisse cette douloureuse participation à la Passion du Christ déboucher maintenant sur la Résurrection, dans la lumière et l’amour de Dieu, notre Père.

Je l’imagine retrouver en mémoire, avant sa mort, ces brefs extraits de la longue prière de Saint Fulbert à la Vierge Marie, qu’il avait traduite : « Pieuse Vierge Marie, Reine du ciel, mère du Rédempteur, mère de miséricorde et de piété, suppliant, je me réfugie auprès de vous : de vous et par vous, je demande miséricorde et grâce, afin que je puisse obtenir de votre Fils, mon pardon.
Que par votre intercession le Père tout-puissant m’accorde crainte et son amour, de manière que je l’aime de toute mon âme.
Que par sa miséricorde, après m’être dignement acquitté de mon ministère, je puisse obtenir la vie éternelle.
Très sainte Mère de mon Seigneur Jésus Christ, priez et intercédez pour moi. Je crois fermement, je sais que tout ce que vous voulez, vous pouvez l’obtenir de votre Fils, Notre Seigneur Jésus Christ….
Ce que nous demandons maintenant en cette Eucharistie, pour toi, cher Marc.
Et pour ta famille et tes amis : le courage et l’espérance.”

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