Message Fraternel – Lundi 6.04.2020

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Mise à jour du 06.04.2020 ——————————————

Message 24 de Monseigneur Philippe Christory. Lundi 6 avril.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Béthanie, où vivent Marie, Marthe et Lazare, représente l’amitié et l’accueil. Nous savons que Jésus aimait y venir. Plusieurs épisodes bibliques s’y déroulent. Lazare est celui qui fut ressuscité par Jésus. De Béthanie, on peut contempler Jérusalem vers l’ouest, particulièrement le matin quand le soleil éclaire la grande ville de rose et de jaune. Le repas eut-il lieu dans la maison des trois frères et sœurs ou chez Simon le lépreux (Cf. Mt 26,6-13 et Mc 14,3-9) ? Ce qui est certain, c’est que beaucoup y sont présents ce qui n’ôte pas à Marie son humble audace pour honorer Jésus.

Dans nos maisons personnelles, où vous résidez confinés en famille ou seul tout en étant reliés à d’autres depuis plus de trois semaines, vous avez accueilli Jésus avec amitié. L’amitié, « philo » en grec, est un amour de réciprocité : j’accueille l’ami qui m’accueille à son tour. Je partage de belles choses avec lui et c’est un amour gratuit qui recherche le bien de l’autre, l’ami. C’est un amour partagé par ceux qui se rendent présents dans les peines et les épreuves. L’amitié peut durer une vie entière quand on sait l’entretenir comme vous le faites actuellement par la communication téléphonique ou grâce aux messages et aux photos. Depuis ce confinement, nos maisons ont évolué à l’image de celle de Béthanie, et devenir ainsi ces lieux où Jésus trouve une plus grande place, où il est considéré de par la prière que l’on vit quotidiennement et la fraternité.

Dans le texte de Saint Jean de ce jour au chapitre 12, qu’on appelle l’onction à Béthanie, Marthe accueille et sert. Nous connaissons déjà son appétence pour le service, elle aime préparer les repas. Marthe a besoin d’être active pour dire l’amour qu’elle porte aux autres et il ne faudrait pas la blâmer même si parfois elle est agitée et inquiète (Cf. Lc 10, 40-41). Combien de mamans expriment ainsi leur amour par toutes les tâches quotidiennes et souvent répétitives qu’elles assument avec cœur pour que leur conjoint et ses enfants aillent bien. Peut-être aujourd’hui faudrait-il honorer ces femmes par une parole ou un geste de remerciement ?

Marie est une âme contemplative et passionnée. Elle aime à se tenir au pied du Maître pour l’écouter : Marthe « avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. » (Lc 10, 39) Mais ce jour là, alors que des convives sont venus à Béthanie, elle ose un geste d’une profonde délicatesse et d’un grand engagement du cœur. Elle verse un « parfum très pur et de très grande valeur » (Jn 12, 3) sur les pieds de Jésus qu’elle parfume avec cette huile apaisante, puis « elle les essuie avec ses propres cheveux ». Marc et Matthieu ajoute qu’elle casse le vase pour verser tout le liquide aussi sur les cheveux de Jésus. C’est là une communication du cœur très sensible mais aussi très chaste, un don de soi entier dans l’amitié authentique. Il n’y a que le cœur triste  et dur de Judas pour ne pas y voir le bien qui s’échange là et faire une remarque matérielle : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » (Jn 12,5) Le texte précise que Judas n’a pas tant soin des pauvres que de garder la bourse commune dont il saura faire un usage assez personnel ! Il désapprouve, il se formalise parce qu’il ne peut pas concevoir le sentiment divin qui habite le cœur de cette âme si pieuse et aimante. Pire, il n’est pas capable de faire confiance à Jésus qui sait lui ce que Marie réalise par son geste.

En effet, Marie ne le sait pas mais elle anticipe le drame de la passion qui est proche et qui va conduire à la mort de Jésus. Son geste prend une signification particulière car il exprime tout le respect que l’on fait au cadavre lors de l’ensevelissement alors qu’on le dépose dans une tombe : « D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. » (Mc 14, 8-9)

Comment envisager ce qu’elle fait et faire un lien avec notre vie actuelle ? Cette huile parfumée peut symboliser la charité. N’est-ce pas d’ailleurs le sens qu’on peut lui appliquer dans la parabole des vierges sages et des vierges folles. (Mt 25,1-12) Rappelez-vous : les folles n’ont pas d’huile dans leur lampe pour accueillir l’époux quand il arrive. Les sages ne peuvent pas partager la leur; certes on pourrait être choqué de ce refus de solidarité. Mais l’huile de la lampe symbolise l’amour que chacun aura suscité durant sa vie et dont il lui faudra rendre compte. Saint-Jean de La Croix ne disait-il pas qu’au soir de la vie nous serons chacun jugés sur l’amour ? Chacun présentera son âme à Dieu qui en pèsera le poids d’amour. Chiara Lubich, femme merveilleuse qui a fondé le mouvement italien des focolari ajoute : « et agissons pour que ce jour-là, nous ne regrettions pas d’avoir aimé trop peu ! »

Pour nous, verser du parfum sur les pieds de Jésus, c’est choisir de nous parfumer d’amour les uns les autres : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40) Ainsi en va-t-il de la maman qui prend soin d’aider les enfants pour le travail scolaire. Ainsi en va-t-il du papa qui baigne son bébé et qui prépare un repas. Ainsi en va-t-il des enfants qui prennent du temps pour aider leurs parents dans les tâches ménagères. Ainsi en va-t-il de tous ces échanges d’amour qui se vivent avec les autres soit dans la maison soit vers l’extérieur par les moyens de communication afin de se donner courage, pour se soutenir, pour être proche et pour dire que l’on s’aime. L’amour est dans l’excès parce qu’il est gratuit et excessif comme ce parfum fort onéreux versé sur les pieds. Il n’est jamais trop grand et il n’est jamais trop tard pour l’exprimer.

La semaine qui s’ouvre à nous est appelée Semaine Sainte. Comment sera-t-elle concrètement sainte ? Si nous accueillions celui qui est saint, Jésus, et qui nous communique sa sainteté par le don de l’Esprit Saint. Comment ? Comme Marie, en rencontrant le Seigneur par nos prières simples et lancées vers Dieu, prière d’action de grâce, mais aussi nos supplications et nos demandes, par le calme de la méditation de la Parole. En attirant le Saint Esprit par notre charité en acte.

« Jésus fait toute chose nouvelle. » (Cf. Ap 21, 5) Il continue à le faire aujourd’hui en appliquant à nos vies les mérites de sa passion et de sa croix et en nous faisant participer à sa Résurrection. Un monde nouveau est déjà né et continue à se déployer, à l’image de « l’arbre qui grandit à partir d’une petite graine et qui abrite une multitude d’oiseaux. » (Mc 4, 32) Ainsi en va-t-il du Royaume de Dieu et de l’Eglise. Nous sommes ses membres et nous continuerons chaque jour durant cette semaine à nous unir à Jésus pour arriver dimanche prochain à la fête de sa Résurrection.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angélus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur
R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair
R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :
Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

Belle semaine Sainte. Ce dimanche des Rameaux, un problème technique de transmission de la messe en vidéo a empêché la réception du son, sauf sur Radio Grand Ciel que nous remercions vivement. Cependant l’équipe de Chartres.live fait le nécessaire pour que vous bénéficiez des belles célébrations dès jeudi à 20h et les jours suivants. Nous demandons pardon à ceux parmi vous qui ont eu des difficultés à suivre le messe hier. A demain.

Mise à jour du 05.04.2020 ——————————————

Message 23 de Monseigneur Philippe Christory. Dimanche 5 avril. Homélie des Rameaux

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Après l’écoute du récit de la Passion, nous entrons de plein pied dans le sacrifice de Jésus. Mais avant de méditer un bref instant sur la violence de ce drame et l’oeuvre de Salut que Jésus réalise, ayons une pensée pour les malades et les morts, ceux du virus, mais aussi tous les autres, car les autres maladies continuent leurs effets. 

Vous nous avez rejoints pour cette eucharistie sans frontières. Nous formons la grande famille de Dieu, réunie autour de Jésus, et comme durant les premiers siècles où les persécutions revenaient régulièrement comme des vagues violentes, la Maison familiale étaient alors l’église domestique. Ce matin, où que vous soyez, seul ou en fratrie, le Seigneur est là et vous rejoint par sa grâce puisque Dieu n’est limité en rien. Faisons lui confiance pour ce que nous avons à vivre et à supporter. 

Maintenant, nous pouvons nous poser une question : pourquoi tant de mal ? 

On a pourtant vu Jésus, monté sur un petit âne, acclamé par la foule qui agite des rameaux, qui dispose des manteaux sous ses pieds, dans une liesse extraordinaire, qui l’accueille comme un héros. Cette foule aimait son autorité emplie d’amour. Il les guérissait, il ressuscitait leurs morts, il accueillait tous les exclus, il partageait leur pauvre vie, il bénissait.

Alors pourquoi tant de mal ? Pourquoi une arrestation aussi violente ? 

Ce Jésus, homme parfait par l’amour, Dieu caché dans l’humanité afin d’être proche des hommes, qui partage la condition des hommes pour les enseigner et les ramener vers Dieu le Père, est maintenant frappé. Il est condamné parce qu’il dit être Dieu. Ses œuvres le prouvent, seul Dieu peut sauver de la mort, mais les autorités ont le coeur endurci et les yeux aveuglés. 

Alors on l’arrête, on l’insulte, on le flagelle avec de terribles fouets, on le coiffe d’une couronne d’épines, on le condamne à porter une croix si lourde, on l’oblige à monter le chemin du calvaire. Là Jésus expérimente l’abandon total : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il n’y a plus aucune présence ni aucun soutien. « Mon âme est triste à en mourrir ! » Tout est accompli. Jésus remet son esprit au Père. Il est mort. 

Cependant la croix dressée maculée de sang, terrible supplice, devient son trône de Gloire car il offre sa vie pour sauver l’humanité. Seul Dieu pouvait prendre la place des hommes et payer pour eux la rançon du péché afin qu’ils vivent. A Pâques, nous fêterons sa résurrection et nous célébrerons son offrande qui redonne la vie. 

Avec la pandémie, n’est-ce pas le sort des malades, des personnes âgées dans les maisons de retraite ou à leur propre domicile qui font l’expérience de l’abandon et de la solitude, voire de la mort sans être accompagnés par leurs proches ? N’est-ce pas l’expérience des soignants qui se mettent tellement en peine devant la fragilité humaine pour soulager ? L’expérience aussi d’autres personnes qui souffrent parce que leur vie a toujours été difficile ?

Ce drame sanitaire terrible pour l’humanité est heureusement éclairé par la présence de Jésus ressuscité qui est vivant à nos côtés et qui, par son Esprit Saint, se fait le soutien de chacun d’entre nous. Mes amis, frères et soeurs, ne doutons pas de sa présence et de sa tendresse. Accueillons-le. Nous irons plus avant dans la prière, nous mettant à l’écoute de la Parole, si possible en famille ou avec des amis. Oui le Seigneur est là avec nous. 

Amen

Chers amis qui recevez ce message, vous l’aurez compris que ce texte est l’homélie de la messe de ce dimanche en la cathédrale de Chartres. Quelle sensation si particulière de célébrer cette si belle fête des Rameaux sans assemblée de fidèles. Une émotion m’a étreint alors que nous préparions la liturgie avec les prises de vue pour la télévision. Mais il y a cependant cette joie de vous savoir reliés par Internet et donc l’existence de cette prière commune, fantastique réseau de louanges et de chants, dans vos maisons et dans tout ce département d’Eure & Loir, voire au-delà. Nous sommes unis pour porter les intentions de l’humanité, particulièrement les victimes du virus. Beaucoup de vous sont dans une situation complexe qui rend difficile un confinement serein : le veuvage, la séparation conjugale, la maladie ou la dépendance, le logement trop étroit, l’éloignement de ses proches, etc. Mais vous voilà courageux parce que vous avez la foi. Posons ensemble un acte d’espérance et de confiance en la présence du Seigneur qui vient vers nous pour faire sa demeure chez nous. Ouvrez lui la porte et vivez de l’Evangile de la joie en cette belle semaine sainte qui s’ouvre à nous. 

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. 

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen. 

En ce dimanche, comme à chaque messe, vous apportez votre offrande pour la quête, signe de votre participation à la vie de l’Eglise. Vous suivez nos célébrations et vous pouvez faire ce geste avec l’application La Quête qui orientera votre don vers votre paroisse, facile à charger sur votre téléphone ou le site jedonnealeglise.fr. Merci de soutenir votre paroisse qui a besoin de votre générosité pour sa mission. C’est facile et cela remplace les pièces !  Alors osez.

 

Mise à jour du 04.04.2020 ——————————————

Message 22 de Monseigneur Philippe Christory. Samedi 4 avril. 

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

En lisant ce samedi de carême l’évangile selon Saint Jean, nous comprenons combien le sort en est jeté pour Jésus, le complot est en place et il n’est plus question de justice mais d’exécution. Caïphe qui appartient au Conseil Suprême dit clairement sa pensée : « Vous n’y comprenez rien, vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ;mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. » (Jn 11, 49-50) C’est le drame terrible qui s’organise contre Jésus et qui le conduit à sa passion et sa mort. Mais le coeur de ce passage johannique est l’affirmation de l’unité, du besoin de rassembler les enfants de Dieu dispersés. A cette époque, beaucoup de juifs forment la diaspora qui s’est disséminée dans tout l’empire romain, depuis l’exil à Babylone quelques 600 années plus tôt. C’est une vraie dispersion avec toujours le rêve de revenir à Jérusalem en pèlerinage, voire y mourir. Mais la dispersion est aussi autre : celle due aux opposions théologiques et aux péchés des hommes. Pour la première, les courants de pensée ne manquent pas et on verra comment saint Paul lui-même en usera pour opposer pharisiens et sadducéens sur la question de la résurrection. (Act 23, 6-8) Il demeure aussi le schisme entre les juifs et les samaritains qui a créé deux clans farouchement opposés. Et il y a enfin ce péché qui divise notre coeur, notre vie intérieure, nos relations humaines, notre société. Le diable est un diviseur et un séparateur. La tentation vise toujours à nous désolidariser les uns des autres en nous attirant par diverses formes de séduction – même se mettre en colère peut nous sembler désirable pour imposer notre ego ! – et nous faire chuter, ce qui a comme conséquence de nous rendre finalement blessé et triste, isolé et seul. 

Quelle lutte et quel chemin pour retrouver l’unité ! C’est un combat à la hauteur de notre vocation de baptisé. Le Christ prie le Père pour que nous soyons UN (Jn 17). Tout le plan du Salut que bâtit Jésus vise à nous tirer loin de ce péché car celui-ci conduit à la mort, et à nous ramener dans l’unique bercail, son Eglise à la fois terrestre où elle doit se purifier mais où elle goûte déjà des joies du Royaume et encore céleste où la Gloire divine devient la vie de ceux et celles qui sont mort physiquement et sont vivants en Dieu. Savez vous ce que sera le Ciel ? Quel mystère tout de même ! Mais si nous lisons l’Apocalypse de saint Jean, nous trouvons quelques belles visions : « Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! » Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » (Ap 7, 9-10.12) Ce qui est affirmé ici est l’unité. De partout, de toutes les nations, les fidèles seront unis puisque tous auront revêtu le vêtement des noces, ce qui veut dire l’Amour divin, la Charité de Dieu, sa Miséricorde : « la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Ap 21, 4).  Le Seigneur l’affirme « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » (Ap 21, 5). Ce qui sera nouveau, c’est l’unité parfaite de l’Eglise unie dans un même amour et une même louange à notre Dieu. 

Peut-on construire l’unité ici dès maintenant ? Les nouvelles du 20 heures semblent contredire cet espoir. Mais nous, chrétiens, portons en nous une forme d’utopie, car l’Esprit Saint nous dit d’espérer au delà de toute espérance. Aussi, nous cherchons cette unité déjà au sein de l’Eglise, et c’est le chemin irréversible de l’oecuménisme tellement encouragé par le Concile Vatican II que nous devons tous entreprendre. Le pape Saint Jean-Paul II dit que l’engagement œcuménique est « un impératif de la conscience chrétienne éclairée par la foi et guidée par la charité » (Ut Unum Sint 8). Certes, il n’est pas facile d’en être acteur, soit parce que nous ne connaissons pas vraiment de personnes protestantes ou orthodoxes, ou parce que nous avons encore l’idée d’une unité uniforme ! Le pape François dit clairement ce risque à Cuba : « Il est fréquent de confondre l’unité avec l’uniformité, avec le fait que tous font, sentent et disent la même chose. Cela n’est pas l’unité, c’est l’homogénéité. C’est tuer la vie de l’Esprit, c’est tuer les charismes qu’il a distribués pour le bien de son peuple. L’unité se trouve menacée chaque fois que nous voulons faire les autres à notre image et ressemblance. C’est pourquoi l’unité est un don » (Homélie 20/09/2015). Aussi l’unité que nous recherchons se vivra dans la diversité des rites et des cultures. Le coeur en est la personne de Jésus-Christ et son Evangile, assurément pas telle mode de vie ecclésiale figé car le Saint Esprit nous a conduit là au cours des siècles et qu’aujourd’hui nous nous reconnaissons comme des frères et des soeurs en Christ. Le chemin de cette unité sera encore long mais l’étape première, nécessaire et possible, est la prière, non seulement durant la semaine pour l’unité des chrétiens qui se situe en janvier, mais au long de l’année. Une autre étape consiste à découvrir la richesse cultuelle des églises notamment d’Orient; la guerre en Syrie et en Irak a été l’occasion dramatique de nous intéresser à leur sort, mais nous pouvons lire et prier pour ces chrétiens courageux dont les racines remontent aux apôtres. Le Concile dit encore « il est juste et salutaire de reconnaitre les richesses du Christ et les effets de sa puissance dans la vie d’autres qui portent témoignage du Christ, parfois jusqu’à l’effusion du sang; car Dieu est toujours admirable et il doit être admiré dans ses oeuvres » (CVII, décret sur l’unité 4). A Chartres, nous avons la joie d’avoir une chapelle absidiale nommée chapelle oecuménique présentant une belle icône orthodoxe, une grande Bible, une croix copte, et actuellement la relique du Voile de Marie. C’est un lieu précieux pour demander, par l’intercession de la Vierge Marie, cette unité.

Voici donc une transition pour évoquer celle que l’Eglise reconnait comme Mère de Dieu, car elle enfante bien celui qui est Dieu fait homme, et comme Mère de l’Eglise (titre confirmé par saint Paul VI) ce qui veut dire Mère de tous les croyants, i.c. nos frères évangéliques et protestants qui souvent la laissent un peu dans l’ombre. Or Marie est profondément évangélique et par sa fidélité à son fils, par son obéissance à l’ange, par ses paroles précieuses et engageantes, par sa présence au pied de la Croix, par l’effusion de l’Esprit qu’elle vit au Cénacle lors de la Pentecôte, Marie est bien disciple plus encore que Mère. Or le rôle d’une mère au sein d’une famille n’est-elle pas d’accueillir, quoi qu’il se passe, l’ensemble de la fratrie, de la nourrir, de la consoler et d’en prendre soin ? Si le père ajoute ses talents à ces tâches, nous voyons combien la femme adoucit les moeurs et promeut la paix. Aussi nous prions Marie pour que tous soient UN. En confiant son jeune disciple Jean à sa mère lors de sa crucifixion, Jésus nous confiait tous à elle. Marie, quand nous nous réfugions sous son voile de tendresse, attire sur nous l’Esprit, elle qui est comme la demeure de l’Esprit continue du haut du Ciel à enfanter des enfants à Dieu Père pour la Gloire de son Nom et l’Eglise, corps du Christ. Marie oriente vers le bien celui ou celle qui lui fait confiance dans sa consécration baptismale. Et ce bien ne peut être éloigné de l’unité entre tous. 

En ce temps de confinement, nous persévérons à prier la Vierge, avec le chapelet et l’Angelus. L’avez-vous redécouvert ? Le priez-vous chaque jour trois fois, pour marquer le temps, quand sonnent les cloches ? L’Angelus rappelle l’incarnation, la venue du Verbe divin en Marie, la naissance de Jésus, sa présence parmi nous, la proximité de Dieu. Là est déjà l’expression de la Miséricorde divine, Dieu qui se penche sur nos êtres et désire notre unité en vue de notre joie. Avec Marie, nous supplions Dieu pour la guérison des malades, pour la paix de l’âme des morts. Avec Marie, mère de l’Espérance, nous patientons dans la paix attendant l’avènement de jours plus faciles tout en rendant grâce à Dieu pour cette retraite spirituelle imposée mais qui devient un chemin de sainteté. En ce samedi, préparons nous à la semaine sainte et à la fête des Rameaux. 

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. 

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen. 

Une bonne nouvelle à ajouter : notre messe des Rameaux et celle du dimanche de Pâques à 11h comme nos célébrations des jeudi, vendredi et samedi saints à 20h seront retransmises depuis la cathédrale, toutes sur Radio Grand Ciel, mais aussi en video sur le site du diocèse, sur chartres.live, sur le canal 346 de la Box Orange, et le canal 369 de la box Bouygues. Ces informations, et d’autres encore pour les retransmissions, sont à retrouver sur le site du diocèse de Chartres. 

 

Mise à jour du 03.04.2020 ——————————————

Message 21 de Monseigneur Philippe Christory. Vendredi 3 avril.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Nous sommes un vendredi de carême, donc un jour particulier pour nous unir au Christ qui entre dans sa passion, assurément par la prière et par le jeûne – une bonne soupe et un quignon de pain !

Chaque jour, nous écoutons les médias publics – pensez plus à vos radios chrétiennes comme Radio Grand Ciel qui parlent d’autres choses que du coronavirus ! – et voici que vient la question du baccalauréat des terminales. Je pense à vous lycéens qui êtes inquiets sur la fin de votre programme et votre avenir. Dites vous que, puisqu’il n’y a pas le choix, il faut dans la foi accueillir le réel de la vie sans soucis et avancer. Vous avez un avenir, n’en doutez pas !

En ce vendredi de carême, juste avant la fête des Rameaux, nous avons un passage du prophète Jérémie. C’est un grand prophète dans l’histoire du peuple juif.  Et pourtant lui peut vraiment se plaindre de voir son avenir fermé. Il expérimente une situation très douloureuse quand le roi ne veut pas entendre la voix de Dieu, qu’il est contraint de se taire sous peine de mort, qu’il doit suivre la route imposée au peuple dirigé par des hommes politiques indignes malgré qu’il sache par la voix de Dieu qui lui parle que ce n’est pas le chemin voulu par le Seigneur. Il finira ainsi sa vie assez misérablement en exil à Babylone par la faute des autres.

Pourtant dans cette situation affreuse, Jérémie espère et transmets à ceux qui veulent bien écouter des paroles fortes et encourageantes : « Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. » (Je 20, 12-13) Ainsi, le vrai prophète n’est pas un charlatan qui annoncerait un avenir radieux pour plaire aux auditeurs, mais l’homme qui écoute l’Esprit Saint et interprète la Parole de Dieu pour illuminer le temps présent et encourager les hommes. Il ose dire la vérité au risque du refus, ose indiquer une voie difficile mais qui conduit à la lumière, il fait lui-même le choix de la fidélité pour être signe dans la société de la présence de Dieu. En ce sens, Jésus-Christ est le prophète par excellence, proche des hommes en se faisant homme lui-même, uni au Père du Ciel, manifestant la Gloire divine par ses oeuvres : « Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. » (Jn 14, 11)

Hier, nous parlions de « garder la Parole » comme source d’union à Dieu à vivre dans l’Esprit et comme cause de la vraie joie. Notre vocation de baptisé fait de nous des prophètes pour dire au monde actuel dans cette crise sanitaire la parole d’encouragement qui vient de Dieu. Rappelons-nous le merveilleux appel du pape Saint Jean Paul II « N’ayez pas peur ! », qu’il fit retentir le 22 octobre 1978 au balcon de la basilique Saint Pierre. Il venait du monde communiste, système politique abject qui fit des dizaines de millions de morts, il apportait une parole de liberté et d’espérance, il fit tomber les murs ouvrant la porte au Christ dans un bloc soviétique qui refusait la foi chrétienne. Avons-nous retenu cela ? Qu’avons-nous fait de son interpellation ? La maladie peut nous menacer. Mais la peur ne sert à rien, aussi osons chaque jour un acte de foi : « Seigneur tu es là, je crois en ta victoire sur la mort, je te fais confiance, je prie pour nos malades et pour la conversion de la France ». Le pape François dans « l’Evangile de la joie » dit : « Sa résurrection n’est pas un fait relevant du passé; elle est une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble mort, de partout, les germes de résurrection réapparaissent. » (EG 276) Chers amis, le Royaume est là !

L’Evangile de ce vendredi est tiré du chapitre 10 de saint Jean. Jésus insiste auprès des pharisiens sur son intimité avec Dieu le Père : « vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » (Jn 10, 38) Il est bien le Fils de Dieu, et par lui nous découvrons le Père. Par lui, rayonne le vrai visage de Dieu, visage de miséricorde et de compassion pour l’humanité entière.

Je me réjouis de prendre connaissance des belles initiatives portées par beaucoup de fidèles et particulièrement les bénévoles du service évangélique des malades qui demeurent en contact par le téléphone et rendent service auprès des personnes isolées. D’autres parmi vous sont disponibles auprès d’organismes caritatifs pour distribuer de la nourriture aux plus nécessiteux ou accompagner des personnes en difficulté comme au sein de l’association le Bercail ouverte aux femmes en détresse avec leurs enfants. Vous êtes l’Eglise qui exprime cette compassion de Dieu pour les autres. Vous êtes son regard et ses mains. Notre église vit ainsi sa mission à travers vous chers frères et sœurs. Elle est présente aussi par le ministère des prêtres et des diacres, aidés par des laïcs, qui célèbrent des funérailles dans l’intimité d’une famille souvent directement au cimetière. Offrez des paroles de douceur et d’espérance à ces proches souvent désemparés par le deuil et malheureusement trop peu croyants. Ouvrez les à la vie de Dieu par des mots que l’Esprit vous mettra dans le coeur.

Si ces temps sont durs, et pourtant pas aussi dramatiques que ce que subit Jérémie quand tout son pays fut détruit, ceux et celles qui se laissent conduire par la vraie charité élèvent l’humanité et participent à son Salut. Nous continuons à croire que l’amour véritable est l’authentique levier du bonheur.

Les fêtes de Pâques approchent. J’encourage tous les catholiques à vivre profondément ce chemin de la passion avec Jésus, vers sa Résurrection. La Parole de Dieu est un baume pour le cœur, et notre fraternité fait rayonner la beauté de Pâques par la grâce de la vie qui coule du coeur de Jésus-Christ ressuscité. Nous verrons bientôt des hommes et des femmes revenir à lui, touchés par notre fidélité et notre constance dans la prière et le don de nous-mêmes. Persévérons dans la joie d’être ensemble auprès du Seigneur.
Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur
R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair
R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :
Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

Une bonne nouvelle à ajouter : nos messes des dimanches à venir à 11h comme nos célébrations des jeudi, vendredi et samedi saints à 20h seront retransmises depuis la cathédrale, toutes sur Radio Grand Ciel, mais aussi en video sur le site du diocèse, sur chartres.live, sur le canal 346 de la Box Orange, et le canal 369 de la box SFR. Information à transmettre dans vos paroisses que vous retrouvez sur le site du diocèse de Chartres.


Mise à jour du 02.04.2020 ——————————————

Message 20 de Monseigneur Philippe Christory. Jeudi 2 avril. 

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Pourquoi le pape appelle-t-il son exhortation « l’Évangile de la joie » ? Le mot Évangile, à l’origine en grec,  signifie une nouvelle que quelqu’un transmet et qui dit que quelque chose advient « maintenant ». Le pape Benoît XVI insistait sur ce sens subtile du « maintenant ». Par exemple un messager courait d’une ville à l’autre en Grèce pour apporter une nouvelle qui pouvait être bonne ou mauvaise, par exemple une victoire ou une défaite.

L’Évangile de la joie signifie ainsi la Nouvelle de la joie qui advient maintenant. Sommes-nous, en tant que chrétiens, des naïfs qui, à force de dire le mot joie, pensons que nous serons joyeux ? Que nenni. C’est bien un don de l’Esprit Saint dont parle Saint-Paul dans son épître : « voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » (Gl 5, 22) La vie dans l’Esprit suscite en nous la joie. Certes non pas l’excitation, ni le rire extérieur comme lorsqu’on écoute un humoriste, mais cette joie subtile et intérieure dans l’âme. Ainsi, « demeurer dans la Parole » (Jn 8, 31), comme le demande Jésus, permet de goûter cette joie dont la source est Jésus-Christ lui-même : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11) Une joie parfaite est-elle possible ? Ici-bas, notre cœur est blessé par le péché, et la perfection ne peut advenir, mais nous pouvons vraiment y tendre dans la confiance que la Miséricorde de Dieu est plus grande que notre péché et que la grâce ne manque pas à ceux qui mettent leur confiance en Dieu. Nous aurons aussi besoin d’une foi qui s’incarne en charité, comme le vivent ceux et celles qui prennent soin de autres en cette crise sanitaire et je pense aux proches d’une personne en situation de handicap que l’on garde à la maison, demandant des soins et de la tendresse à tout instant.

Dans le passage de saint Jean lu ce jour à la messe, Jésus dit : « si quelqu’un garde ma Parole, jamais il ne verra la mort. »  (Jn 8, 51) Quelle promesse étonnante ! Le corps va mourir, mais l’âme est destinée éternellement à la Gloire de Dieu. La Parole vivante, c’est Jésus-Christ, le Verbe divin, qui vient habiter le cœur du croyant et le met définitivement en relation avec Dieu le Père. Ce lien est éternel. Il commence au baptême, est nourri par les sacrements, est entretenu par l’union à Dieu dans la prière. Le Seigneur recherche des adorateurs, il veut les combler de sa joie et de sa paix.

Que signifie « garder la Parole » ? Le christianisme n’est pas une religion du livre. Nous n’adulons pas un livre. Nous affirmons que l’écriture a Dieu pour auteur qui, par l’Esprit, inspira des hommes pour mettre par écrit l’essentiel des paroles et des faits, dans une expression liée à leur culture et leur histoire, signifiant la présence de Dieu effectivement à l’œuvre. L’Ecriture Sainte lue dans l’Esprit Saint, ce qui sous-entend avec la foi, dévoile non seulement un message mais une présence. Quand le croyant-lecteur entre en relation avec cette présence, celle-ci suscite la joie intérieure de l’âme. Certes la Parole peut être décapante car « elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. » (Hb 4, 12) C’est donc une expérience quotidienne du croyant que d’entrer en relation avec Jésus-Christ à travers la méditation et la mémorisation de la Parole. La Parole est ce trésor que nous portons en nous, elle est le cœur de la vie chrétienne, voici pourquoi nous prenons au sérieux la demande de Jésus de garder sa Parole.

Nul doute que la Vierge Marie nous soit présentée par l’évangéliste Saint Luc comme la première disciple car « elle gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 19.51) ce qui veut dire toutes les paroles qui lui furent dites de la part de Dieu. Certes, durant sa vie, l’Évangile n’est pas déjà un texte écrit. Mais la Bonne Nouvelle se déploie devant ses yeux depuis l’Annonciation. Elle est maîtresse de vie spirituelle dans cette attitude à se laisser habiter par la Parole, que lui dévoile l’Esprit Saint, jusqu’à être témoin auprès des disciples. Aussi « toutes les générations la disent bienheureuse. » (Lc 1, 48)

L’exhortation du Saint Père François invite à recevoir la joie pour annoncer l’Évangile. Cela passe par notre familiarité avec la Parole sans laquelle il n’est pas possible de penser l’évangélisation. Celle-ci est certes un témoignage de vie , mais appelle notre intelligence fondée sur la maturation en nous de la Parole. Évangéliser n’est pas la transmission d’une émotion personnelle, mais d’une habitation intérieure de l’Esprit, source de vraie joie et de paix, qui devient irrésistible pour qui est rejoint par ce témoignage. Nous pourrions comparer cela avec un pianiste qui a tellement intériorisé sa partition qu’il est capable de la jouer de mémoire, laissant jaillir de lui-même la musique avec justesse mais surtout avec sa sensibilité et son expression particulières. Ainsi en va-t-il du saint qui joue la partition de l’Évangile avec son propre charisme intérieur soit éducatif, soit caritatif, soit mystique, etc. Le pape dit que « la présence de l’Esprit donne aux chrétiens une certaine connaturalité avec les réalités divines et une sagesse qui leur permet de les comprendre de manière intuitive. » (EG 119) La samaritaine touche ainsi les habitants de son village par son rayonnement personnel suite à sa conversation avec Jésus au bord du puits, mais ceux-ci diront après : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. » (Jn 4, 42) C’est bien l’accueil de la Parole de Jésus qui change leur vie ! L’Esprit Saint nous emmène au Ciel et nous donne la Lumière qui se concrétise en joie. Soyons en les hérauts auprès des gens que nous pouvons appeler par téléphone pour qu’ils connaissent Jésus-Christ et son Eglise.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. 

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen. 


Mise à jour du 01.04.2020 ——————————————

Message 18 de Monseigneur Philippe Christory. Mercredi 1 avril. 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

La « joie de l’Evangile » (EG), titre de l’exhortation apostolique du Pape François, développe l’idée que c’est l’annonce qui suscite cette joie. Rappelez vous le merveilleux passage de l’Evangile quand Jésus, et nous sommes bien avant la Résurrection, envoie deux par deux les disciples, sans bâton, ni sac, ni pain, ni argent pour annoncer le Royaume. Le soir venu, tous retrouvent et que dit le texte ? « Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » (Lc 10, 17). Or Jésus cherchera à les faire entrer dans la joie du Ciel plus grande que celle due à nos rencontres humaines : « Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » (Lc 10, 20) La pape rappelle que la première tâche de l’Église est l’annonce à ceux qui sont éloignés du Christ. C’est là le plus grand défi pour l’Eglise. (Cf. EG 15) Pourquoi est-ce si important ? Car nous avons reçu le trésor de la foi et que nous ne pouvons pas le garder pour nous seuls. Il en va de la Vie des autres. Comme il est heureux de vivre les béatitudes, les uns unis aux autres (Mt 5, 1-11). Elles nous élèvent plus haut que la vision mondaine du bonheur. Elles nous font expérimenter le chemin emprunté et proposée par Jésus lui-même. Pourquoi ne pas rêver d’un monde résolument nouveau dans ses relations, dans ses fondements en vue de vivre simplement hommes et femmes plus en harmonie, dans la Lumière de Dieu notre créateur ? Sommes nous prêts à envisager un mode de vie simplifié pour qu’il soit plus riche d’humanité, dans le respect de toute vie humaine ? Avec une attention forte à la création, notre maison commune, cette planète Terre ?

L’Évangile de ce mercredi est la suite du chapitre 8 de Saint-Jean. Jésus dévoile comment être libre. En ces jours de confinement, nous expérimentons probablement un ressenti opposé à celui de la liberté. Nous aimerions sortir comme nous l’entendons, rencontrer nos amis, aller travailler normalement. Peut-on dire qu’il n’y a plus de liberté ? Pour ceux qui considèrent que la liberté consiste à faire ce que l’on veut quand on veut, qui défendent l’adage de la révolution récente « Il est interdit d’interdire », assurément l’expérience mondaine de cette situation est celle de la non liberté. Or Jésus parle d’une autre liberté : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8, 31-32)  C’est à l’écoute de la Parole, guidé par l’Esprit, celle du Dieu vivant qui se communique pour saisir toute sa vie de croyant, comme il enveloppa la Vierge Marie « de son ombre », que l’homme reçoit la libération du péché et trouve la vraie liberté. Cette présence divine par la Parole qui descend en chacun de nous quand nous sommes ouverts à l’action de l’Esprit Saint et à l’écoute de l’Évangile fait de nous des hommes et des femmes libres. Nous devenons ce que nous sommes par vocation, des êtres d’amour. Or c’est bien l’expérience de l’amour qui nous fait découvrir la véritable liberté. Demeurer entre quatre murs, tout en priant et en aimant concrètement ceux et celles qui espèrent de nous une relation authentique, permet la rencontre de Dieu et l’expérience de son amour entre nous et avec Lui.

Aussi j’aimerais dire un mot aux adolescents. Le pape François a écrit il y a quelques mois une exhortation apostolique qui vous est destinée. Son titre est « il vit le Christ » (Christus vivit). Comme vous êtes tous très connectés, vous n’aurez aucune difficulté à retrouver ce texte notamment sur le site du Vatican. C’est donc un texte d’encouragement : « Il vit le Christ, notre espérance, et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Les premières paroles que je voudrais adresser à chacun des jeunes chrétiens sont donc : Il vit et il te veut vivant ! » (CV 1) Toi qui es jeune, tu liras l’exemple de beaucoup de jeunes personnages bibliques et de jeunes saints imprégnés par la foi et qui ont transformé le monde qui les entourait. Être chrétien, c’est un défi, non pas tant parce qu’il faudrait être parfait, mais parce que nous avons reçu le trésor de la foi, qui nous illumine et change notre vie, et parce que nous sommes envoyés l’annoncer. Ton cœur est une « terre sacrée » dit le Pape, « porteuse de semences de vie » que l’Esprit veut ensemencer d’amour et de courage évangélique. Dans son style plutôt direct, voici ce que le pape ajoute au N° 143 : « Jeunes, ne renoncez pas au meilleur de votre jeunesse, ne regardez pas la vie à partir d’un balcon. Ne confondez pas le bonheur avec un divan et ne vivez pas toute votre vie derrière un écran. Ne devenez pas le triste spectacle d’un véhicule abandonné. Ne soyez pas des voitures stationnées. Il vaut mieux que vous laissiez germer les rêves et que vous preniez des décisions. Prenez des risques, même si vous vous trompez. Ne survivez pas avec l’âme anesthésiée, et ne regardez pas le monde en touristes. Faites du bruit ! Repoussez dehors les craintes qui vous paralysent, afin de ne pas être changés en jeunes momifiés. Vivez ! Donnez-vous à ce qu’il y a de mieux dans la vie ! Ouvrez la porte de la cage et sortez voler ! S’il vous plaît, ne prenez pas votre retraite avant l’heure ! » Jeunes gens, vous êtes ceux et celles qui seront « non des évangélisateurs tristes et découragés, impatients et anxieux, mais des ministres de évangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ » (St Paul VI – EN 80)

Aussi, je vous propose de lire certains passages de ce beau texte et de les partager avec vos parents ou vos amis. L’église, le Pape et moi évêque, savons, que si l’avenir de notre société demeure assez incertain, ce sera bientôt entre vos mains qu’elle sera confiée : la politique, l’économie, les relations sociales, l’éducation, la sécurité, l’organisation administrative et la production, les syndicats et les associations, surtout (last but not least !) l’Église Catholique et l’annonce de la foi. Travaillez aujourd’hui non pas tant pour réussir que pour vous préparer à œuvrer pour le bien commun, la joie de chacun, la liberté. Il en va de votre responsabilité de jeunes gens. Mettez y le meilleur de vous-mêmes car vous avez beaucoup de talents que vous pourrez déployer par des initiatives de proximité et d’amitié. Priez souvent pour être éclairés sur ce chemin et ne vous découragez pas. L’échec lui-même est toujours une opportunité pour quelque chose de positif que l’on ne voit pas mais qui est déjà presque présent.

Chers amis, en guise de conclusion, je vous propose d’intensifier les contacts téléphoniques avec les personnes seules, les personnes âgées. Chacun connait quelques personnes dans son entourage social ou géographique. Pourriez-vous, après discernement, donner leurs coordonnées au curé de votre paroisse pour qu’il les appelle de temps en temps ? Un encouragement à la vie spirituelle, à la persévérance, à la patience dans la prière fait beaucoup de bien. Quelques mots gentils donnent le sourire pour une journée entière. Soyons généreux pour les autres, au nom de Jésus.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la Vierge Marie, avec l’angélus :

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

 

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

Pour information, vous pourrez bientôt retrouver sur le site diocésain les horaires de toutes les célébrations proposées dès les Rameaux, à vivre certes à distance mais bien en communion, soit par Radio Grand Ciel, soit en vidéo sur chartres.live, soit en podcast à l’heure qui vous conviendra avec vos proches. Nous désirons que chacun et tous vivent intensément ces jours saints du Triduum pascal. Ne vous découragez pas mais acceptez que cela porte de nombreuses grâces. 

 

Mise à jour du 31.03.2020 ——————————————

Message 17 de Monseigneur Philippe Christory / Mardi 31 mars.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Hier, nous commencions à relire l’exhortation apostolique « La joie de l’Evangile » (Evangelii Gaudium) écrite par le Pape François en 2014, et j’aimerais vous redonner cette belle parole de Jésus « Vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie » (Jn 16,20). Cela va être vécu par la Vierge Marie, par les saintes femmes qui servaient Jésus, par les apôtres et tous les disciples en ces jours de la passion, mais la joie leur sera donnée le jour de la Résurrection. Pour nous c’est ainsi. Nous apprenons le décès de personnes proches de nous, dans le diocèse, dans notre paroisse ou notre famille. Puisse votre tristesse se changer en joie, par la lumière que donne la foi, lorsque le Ciel s’ouvre pour accueillir nos défunts et réentendre de manière personnelle la voix du Père « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. ! » (Mt 3, 17)

Nous nous rapprochons des fêtes pascales précédées par le dimanche des Rameaux. La lecture de « l’Évangile de la Joie » du Pape François nous fait percevoir le contraste entre un chemin de croix douloureux pour Jésus et la joie du Salut qu’il nous offre et nous demande de partager, en commençant par tous nos actes de charité du quotidien.
L’Évangile selon saint Jean est celui qui donne à méditer les profondes considérations de Jésus avant son arrestation, notamment le chapitre 17 que l’on appelle la prière sacerdotale de Jésus qu’il formule vers son Père, dans laquelle nous pouvons retenir comme idées importantes « le Père et moi sommes UN » et « que tous soient un, comme toi et moi sommes UN » (Jn 17, 20-26). Jésus n’a de cesse de se mettre en présence du Père et de nous rapprocher les uns des autres dans un véritable amour. Quand les soignants servent les malades, ils participent à cette oeuvre de salut et d’unité. Quand ils peuvent en plus, parce qu’ils sont chrétiens, prier en soignant et présenter chaque malade à la miséricorde de Dieu, même si cela se fait discrètement dans le cœur, ils appellent la consolation divine sur chacun et les unissent spirituellement à Dieu. C’est une grande oeuvre, qui donne courage pour ceux qui sont alités, et qui prépare à la Rencontre avec le Seigneur ceux et celles qui mourront.

En ce mardi, l’Évangile est tiré du chapitre 8 de saint Jean duquel était extrait hier le récit de la femme adultère et du pardon octroyé par Jésus. Ici la controverse avec les pharisiens continue et il leur répond de manière énigmatique : « Jésus leur déclara : Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jn 8, 28-29)

L’expression «JE SUIS » nous reporte à l’expérience de Moïse dans le désert face au buisson ardent qui brûle et dans lequel la voix de Dieu se fait entendre : JE SUIS. (Ex 3, 1-7) C’est le nom même de Dieu, un nom imprononçable pour les juifs de l’époque. Une affirmation de sa divinité. Ici nous sommes prévenus que la révélation de sa nature divine passera par son élévation, mot qui signifie sa crucifixion. Dans cette abaissement total, Jésus « lui de condition divine s’abaissant jusqu’à mourir » (Ph 2, 6) par cette atroce torture et cette mort ignominieuse, remet son Esprit au Père, passe par la mort et la mise au tombeau, puis par sa résurrection il manifeste sa gloire, « gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 14)

La croix est un châtiment terrible. Parfois nous préférerions une religion du gentil bonheur. Mais le Christ nous dit que c’est par elle que se rétablit la communion entre l’humanité et Dieu le Père, par elle que le péché du monde est racheté, par elle que nous sommes sauvés. La croix devient le signe de la Bonne Nouvelle du salut. Elle devient dorénavant le signe de l’Amour divin livré pour nous, l’Amour divin qui nous est remis pour que « nous nous aimions les uns les autres » comme le Christ le fit : « Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. » (Cf Eph 5, 2). La Croix demeure un scandale incompris pas beaucoup de personnes, pourtant nous pouvons y contempler le don de Jésus. J’ai en mémoire cette femme musulmane d’une quarantaine d’années qui, entrant dans une église, voit un calvaire suspendu à la voûte présentant un grand Christ douloureux, et tombe sous le choc en disant « Mais pourquoi t’ont-ils fait cela ? »; elle se convertit et reçoit le baptême. Ainsi la foi en Jésus-Christ nous fait comprendre que la vie croît à mesure qu’elle est donnée aux autres, comme Jésus l’offrit, et que la joie de l’Evangile est dans cette découverte « qu’il y a toujours plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » (Act 20, 35)

Le Pape François constate que le bonheur n’a de cesse de se communiquer : « Chaque expérience authentique de vérité et de beauté cherche par elle-même son expansion, et chaque personne qui vit une profonde libération acquiert une plus grande sensibilité devant les besoins des autres. » (EG 9) Aussi « l’Amour du Christ nous presse » (2Co 5, 14) et nous sommes encouragés à partager la foi qui nous habite et nous réjouit. Tirons parti du temps présent pour communiquer la Vie, celle qui a pour nom Jésus, à ceux et celles qui sont avec nous, présents en notre cœur. La joie du Christ grandit en étant partagée : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » (Mt 28, 19)

J’aimerais ajouter que nous sommes heureux de recevoir vos intentions de prière et pour quotidiennement les présenter au Seigneur lors de la Sainte eucharistie. N’hésitez pas à les adresser au curé de votre paroisse, ou à moi-même. De manière invisible et bien réelle, se forme une chaîne de prière magnifique en ces jours de confinement. Quelle joie de voir tant de fidèles prendre ce temps de la prière reliés aux amis, aux personnes âgées tellement isolées dans les maisons de retraite ou à domicile, aux familles et aux enfants. Chaque appel que nous pouvons donner ou recevoir manifeste le soin que nous prenons les uns pour les autres. Quelle est belle notre Eglise ! Elle se rassemble auprès du Seigneur d’un même cœur et d’une même âme.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la Vierge Marie, avec l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.


Mise à jour du 30.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message 16 de Monseigneur Philippe Christory. Lundi 30 mars.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Nous entrons dans la troisième semaine de confinement. Vous êtes nombreux à vivre la messe grâce à Radio Grand Ciel ou par vidéo. Oui, la vie ecclésiale continue avec Jésus-Christ, à l’écoute de sa Parole, en présence de Marie notre Mère céleste. Aujourd’hui, laissez moi vous dire un mot de la joie et du pardon.

Dans son exhortation apostolique « La Joie de l’Évangile » le Pape François commence par : « la joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. » (EG 1)

Voici que ce lundi, lors de la messe, nous contemplons une des scènes les plus touchantes de l’Évangile : la femme adultère libérée par le pardon de Jésus. (Jn 8, 1-11) Qui d’entre nous dans la vie habituelle n’a pas entendu quelqu’un dire l’expression « je ne lui jette pas la pierre ». Cette péricope de l’Ecriture Sainte nous place devant la violence de ceux qui accusent, convaincus que la loi de Moïse est inaliénable et que cette femme adultère mérite la mort par lapidation. C’est aussi un piège tendu à Jésus. Or son silence, son attitude abaissée et humble, exprime toute la tendresse d’un Dieu qui se penche sur l’homme pêcheur. Les accusateurs ne comprennent pas cela. La femme le ressent mais que peut-elle espérer ? « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » (Jn 8, 7) Jésus met chaque personne devant la vérité de sa vie. Oui nous sommes tous pêcheurs. Nous avons besoin du pardon de Dieu.

En ces jours avant Pâques, beaucoup de vous aspirent à pouvoir se confesser. Quelle conscience avons-nous de notre péché face à Dieu ? Pour beaucoup de catholiques, la confession n’est plus pratiquée. On ne voit plus son péché, ou on le considère comme banal, pas si grave. Cependant certains apprécient aller voir un prêtre et disent « cela me fait du bien » de me confesser. Mais la confession n’est pas d’abord une libération psychologique. C’est un acte de justice devant la grandeur de Dieu et devant mes frères et sœurs car mon péché abaisse l’Humanité et me détourne du projet divin. Surtout, le Christ a dit aux apôtres : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » (Jn 20, 23). Quelle belle promesse de savoir que l’Eglise a reçu mission de pardonner au nom de Dieu. Et nous n’en ferions pas cas ? Le pardon est la voie vers la sainteté de l’Eglise.

L’Église, consciente que l’exigence du confinement ne peut pas être diminuée par charité vis à vis de ceux qui attraperaient ce virus et en deviendraient les transmetteurs auprès de personnes vulnérables qui en mouraient, demande de repousser la démarche sacramentelle du pardon à des jours plus propices. L’exigence est de se confesser au moins une fois par an, sauf en cas de péchés graves. Le saint Père François rappelle que « l’impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession » (CEC 1484) et qu’en nous mettant en présence de Dieu, en lui disant ainsi la vérité, en lui demandant pardon, avec un « acte de contrition bien fait », la « grâce de Dieu » agira et « notre âme redeviendra blanche comme la neige ». Puis nous pourrons faire acte de pénitence, par exemple en lisant un chapitre de l’Évangile ou en récitant un chapelet pour confier à Dieu par Marie votre profond désir de conversion.

L’épidémie que nous subissons peut impulser un vrai désir de conversion de vie, c’est-à-dire de nouveaux rapports humains faits de générosité, de partage et d’attention aux autres. Il n’est pas sûr néanmoins que les hommes de ce temps y arrivent. La tentation de l’égoïsme et de la consommation demeurera forte après ce drame sanitaire. Nous devons trouver auprès du Seigneur, par la prière et la vie ecclésiale partagée, la force pour opérer ce changement en vue d’une vie nouvelle. « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » dit Jésus à la femme (Jn 8, 11). Nous savons d’expérience qui n’est pas facile de changer de vie. Des choix s’imposent mais il faut les nommer, décider ce que mon quotidien sera dorénavant d’abord avec le conjoint pour celui ou celle qui vit en couple, avec les enfants et tous les proches, avec les personnes avec qui nous travaillons. Il nous faut opter pour des temps réaménagés afin de mettre l’essentiel au premier plan. N’est-ce pas un merveilleux projet qui appelle notre décision responsable ? Que ferons-nous ?

C’est un chemin difficile que la conversion. Le pardon est une force. Il est cette lumière qui ouvre le Ciel et qui donne l’espérance que nos efforts ne sont pas vains. C’est un chemin de sainteté. La sainteté consiste à toujours plus ajuster notre vie au projet de Dieu, à sans cesse tendre vers la ressemblance et l’image du créateur. Interrogeons-nous en vérité sur le juste chemin à emprunter. La vie chrétienne ne consiste pas en une simple coloration spirituelle comme on répandrait un coulis de framboises sur une charlotte, la sainteté c’est laisser l’Esprit Saint infiltrer de ses dons tous les lieux de ma vie intérieure et extérieure. Cela implique de ne pas se décourager devant ses propres fragilités et imperfections : « Dieu ne se fatiguent jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde… Il nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie ». (Pape François EG 3)

Voici que la joie de l’Évangile alors rayonnera dans nos vies. Le pape, dans le même texte, dit encore : « j’invite chaque chrétien, en quelques lieux et situations où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. » (EG 3)

Choisissons de vivre aujourd’hui une journée de joie spirituelle, encouragé par le pape (EG 6) : Jésus promet aux disciples : « vous serez tristes mais votre tristesse se changera en joie » (Jean 16, 20) et il insiste : « je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » (Jean 16,22).

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la Vierge Marie, avec l’angelus :
V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.
Je vous salue Marie, ….
V. Voici la Servante du Seigneur
R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.
Je vous salue Marie…
V. Et le Verbe s’est fait chair
R/ Et il a habité parmi nous.
Je vous salue Marie…
V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
Prions :
Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.
R/ Amen.
Je confie à vos prières les défunts atteints par le virus, particulièrement les prêtres, dont le père Marc Frasez, 74 ans, qui exerçait dans les Yvelines dont les funérailles sont ce lundi à Chartres. Demandons au Seigneur en famille des vocations sacerdotales, pour que de jeunes garçons s’ouvrent à ce bel appel. Bonne journée.

Mise à jour du 29.03.2020 ————————————–

Message vidéo de Monseigneur Philippe Christory. Dimanche 29 mars

Messe à la cathédrale de Chartres

(publicité au démarrage, patientez une bonne minute avant le début de la messe)

Mise à jour du 28.03.2020 à 11h00 ————————————–

Message 14 de Monseigneur Philippe Christory. Samedi 28 mars. 

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Le saint Père François nous a enseignés hier vendredi soir depuis la place saint Pierre, puis il nous a bénis avec le saint Sacrement en traçant le signe de la Croix vers la ville de Rome et le monde entier, ubi et orbi. Etonnement, alors qu’en Eure & Loir, nous étions gratifiés d’un beau soleil, une tempête de pluie s’abattait sur la place saint Pierre où le pape se tenait seul. L’Evangile qu’il a commenté fut celui de la tempête apaisée (Mc 4, 35-41). Jésus est dans la barque avec les disciples apeurés affrontant le vent sur le lac de Galilée. Le Seigneur dort et semble désintéressé des émotions de peur qui envahissent les disciples. Chacun est très seul au fond de lui-même s’ils forment une équipe de marins expérimentés. Le danger est grand. N’est-ce pas parfois le sentiment des soignants qui voient combien leur équipe médicale est nécessaire pour faire face à l’afflux des malades mais qui pourtant peuvent être seuls au fond d’eux-mêmes devant la souffrance et la maladie d’un patient jusqu’à le voir mourir ?

En ces semaines de confinement, il y a évidemment la peine de ceux qui ne peuvent pas visiter un proche dans une maison de retraite ou à l’hôpital et qui se sentent tellement impuissants et laissés de côté. Pourtant notre tradition n’est-elle pas d’accompagner la fin de vie pour apporter du réconfort ?

Ce samedi, j’ai pensé qu’il était plus avisé de vous proposer quelques passages du saint Père François car cette célébration était destinée à apporter de l’Espérance au monde entier, et que beaucoup n’ont pas pu l’entendre en direct. Relisons le ou écoutons le :

L’Evangile commence par « Le soir venu » (Mc 4, 35). Le pape nous dit : « Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. »

Le pape explique : « La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. » 

François nous entraine à nous tourner vers Dieu : « Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissés absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”. »

Alors le pape parle du temps du choix, celui de la vie, de la vérité, de la fraternité. Il nomme ceux et celles qui oeuvrent pour les autres, soignants certes mais aussi tant de professionnels dont l’activité demeure nécessaire à la nation. Il cite saint Jean « Que tous soient un » (Jn 17, 21) et ajoute : « Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insufflent l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la coresponsabilité ! » 

Et voici la question centrale du Christ aux disciples : « Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». 

« Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs avaient besoin des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. »

Le pape mentionne ensuite la Croix. La Croix généralement, nous la repoussons. Pourtant le Christ a dit aux disciples « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Mt 16, 24) Aussi le Pape François commente : « Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. » 

Il explique : « Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. »

Que retenir pour nous-mêmes de ces propos du Pape François ?

Il y a une tempête certes. Mais nous sommes ensemble et Jésus est bien présent, nous laissant le soin de nous unir autour de sa Parole, et de choisir de marcher avec lui pour les soins aux personnes et les tâches à accomplir en vue du bien commun. Aller jusqu’à embrasser la croix – je me souviens de sainte Rita qui priait un crucifix en main en y voyant tout l’Evangile et en embrassant le Christ son bien-aimé – car la croix est devenue le signe de l’Amour total offert pour nous sauver. Ô Seigneur, par ta croix, tu nous rends la vie ! 

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. 

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen. 

Ce dimanche, vous aurez la messe audiovisuelle prévue par plusieurs paroisses du diocèse. Nous espérons peut-être – technique en cours d’installation – la retransmettre depuis la cathédrale de Chartres sur le site chartres.live. Vous pourrez la suivre sans faute sur Radio Grand Ciel à 11h. 

Il vous est dorénavant possible de donner à la quête en ligne, soit depuis l’application smartphone la Quête, soit sur le site https://jedonnealeglise.fr/9543f879-0216-41e0-9001-6ec1d7f02831, où vous indiquerez votre paroisse et le montant. Simple et tellement important pour les paroisses qui ont vu leurs ressources tomber presque à zéro. Bon dimanche demain. 

Mise à jour du 27.03.2020 à 11h00 ————————————–

Message 13 de Monseigneur Philippe Christory. Vendredi 27 mars. 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Nous sommes vendredi de carême. Vous rendez vous compte que le dimanche des Rameaux sera célébré dans huit jours ? Nous vous donnerons, via vos paroisses, des indications pour vivre au mieux ce moment liturgique. Certes nous regrettons avec vous de ne pas pouvoir nous rassembler pour accompagner l’entrée de Jésus à Jérusalem et pour écouter le récit de la passion dans l’Evangile de selon Matthieu (Mt 26, 14 – 27, 66). Comment vivre la bénédiction des rameaux ? Nous proposerons à tous les fidèles de trouver des rameaux, si possible dans leur jardin – si vous avez un jardin ! – ou dans la campagne, de les préparer et nous bénirons ceux-ci à distance, un peu comme le Pape bénit la ville de Rome et le monde à distance dans les grandes occasions. Ces rameaux pourront ensuite être mis sur vos crucifix comme de coutume, mais aussi faire partie de ce « jardin de Pâques » que nous proposons à tous de concevoir et de créer dans le salon, avec des cailloux, du carton, des tissus, en y mettant un calvaire et une tombe. Place à l’inventivité à laquelle, si vous êtes en famille, chacun apportera son savoir. Ce sera un beau support pour vivre chaque jour la semaine sainte et lire en famille les évangiles des célébrations. Un papa témoignait ces jours-ci qu’il lit l’Évangile tous les soirs durant trois quarts d’heure à ses enfants qui l’apprécient beaucoup, ce qui était aussi une redécouverte pour lui ! Voilà comment le foyer devient réellement l’Eglise domestique, cellule fondamentale de la vie ecclésiale.

Chaque vendredi est un jour spécial pour commémorer la passion de Jésus, en mémoire de son arrestation par Pilate, de son jugement au matin puis sa montée vers le Golgotha où il fut crucifié. C’est ce jour-là qu’il meurt. Enfin, il est descendu de la croix et mis au tombeau à proximité, juste avant que le shabbat ne commence.

Normalement, en temps normal, chaque vendredi de carême nous revivons le chemin de croix dans nos églises. Pour moi personnellement, comment ne pas me rappeler celui que j’ai vécu avec un groupe de pèlerins à Jérusalem en novembre 2019 ? Partout il y avait du monde, on entendait des cris et nous subissions quelques bousculades, des marchands étaient installés à moitié sur la chaussée, quelques animaux comme des ânes passaient par là. Nous aurions aimé le silence d’une église pour mettre un genou à terre pour dire « nous t’adorons au Christ et nous te bénissons car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix. » Mais là, bien au contraire, une agitation sonore nous était imposée peu propice au recueillement. Mais voici que l’Esprit Saint nous fit comprendre que Jésus a gravi ces ruelles en portant sa croix dans ces conditions-là, que les marchands continuaient leurs affaires juste avant le shabbat qui serait le soir, certains curieux, certains indifférents, certains vindicatifs contre ce condamné à mort. Jésus silencieux, dans cette déréliction absolue où tous l’avaient abandonné sauf quelques-unes comme Véronique qui selon la tradition lui essuya le visage avec un linge. Alors avec ces pèlerins, nous sommes montés vers le Saint-Sépulcre comme lui-même avait parcouru Jérusalem. Notre propre vie de foi se passe souvent au cœur du monde, dans son agitation, loin du silence bénédictin des abbayes. C’est là que le Christ a promis d’être avec nous, et nous ne fuyons pas ce monde, nous nous y plongeons de toute notre humanité pour l’élever alors vers Dieu le Père en intercédant pour chacun et tous, comme actuellement pour les victimes et les soignants, pour ceux et celles dont la situation de vie va être très bouleversée.

Méditer le chemin de croix, ce n’est pas un acte de dévotion pour regarder en arrière, pour nous battre incessamment la coulpe même si nous sommes effectivement pêcheur et que le Christ a offert sa vie afin de nous délier des liens du péché et nous conduire à la vraie vie. La prière postcommunion de la messe de ce jour dit : « fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir, mets en nous un Esprit nouveau ». N’est-ce pas une belle prière ? Celle du croyant qui a confiance dans le secours du Seigneur, dans la présence maternelle et aimante de la Vierge Marie et de tous les saints, et qui marche à la suite de Jésus dans la confiance, témoin de son Évangile au cœur de cette société, particulièrement en ces jours auprès des malades, des mourants et des familles endeuillés.

Ce vendredi de carême, nous nous privons partiellement de nourriture. Ce jeûne a pour but une union à Dieu plus profonde et plus intime. Il n’est pas un défi physique, un exercice acétique même si parfois se priver de nourriture est un véritable effort. Nous pouvons choisir cette modération pour un plus grand élan d’amour, pour nous porter vers ceux ou celles qui attendent de nous un appel téléphonique. Nous offrons le temps libéré pour prier. Pourquoi ne pas reprendre un chemin de croix à la maison ? Pourquoi ne pas utiliser un petit livret de prière où nous parcourrons les 14 stations avec notre famille ou des amis grâce à Skype ou un autre média ?

Il est probable que pour vous qui lisez mes quelques lignes, la croix soit présente dans votre quotidien soit dans la solitude, soit la maladie et la souffrance, soit l’abandon et le rejet, ou bien par l’accompagnement d’un proche malade ou mourant, d’un autre en situation de handicap ou vivant de lourdes difficultés sociales, soit encore en soignant ceux et celles qui sont atteints par le virus. Cette croix, vous la portez courageusement en donnant le meilleur de vous-même; aussi pouvez-vous vous associer à Jésus qui continue à souffrir en sacrifice quand nous célébrons chaque jour, nous prêtres du Seigneur, l’eucharistie pour vous et avec vous, même si vous n’y êtes pas présent physiquement. Chaque eucharistie rassemble toute l’Église visible et invisible. Y sont particulièrement présentés à la Miséricorde du Père éternel les vivants et les défunts.

Le chemin de croix est une prière profonde qui nous relie à l’essentiel. Il nous transforme par l’accueil de l’Amour absolu. Voulons-nous rester dans l’obscurité du petit coin que nous nous sommes fabriqués pour vivoter en ce monde ou voulons-nous nous mettre en route pour être le témoin heureux de Dieu, Lui qui nous conduira à la vie éternelle ? Levons les yeux, accueillons la lumière qui vient. Osons un acte de confiance envers Jésus qui a offert sa vie et qui demeure présent avec nous comme il nous l’a promis. Osons lui dire que nous voulons être son disciple. Osons lui dire simplement : « Jésus, je t’aime », il n’est pas de prière plus belle.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

Information complémentaire : il est prévu que la messe de 11h à la cathédrale de Chartres ce dimanche 29 mars, déjà retransmise en audio sur RadioGrandCiel, soit diffusée en video sur le site https://www.chartres.live.fr

Mise à jour du 26.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message 12 de Monseigneur Philippe Christory. Jeudi 26 mars. 

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Nous avons vécu une belle fête de l’Annonciation. J’espère que ce fut le cas pour vous. Les cloches ont sonné hier soir. Nous avons mis quand c’était possible des bougies à nos fenêtres. Nous avons égrené le chapelet et prié l’Angelus matin, midi et soir. Le Seigneur a accueilli toutes nos prières présentées par sa Mère. Continuons !

Nous sommes toujours chez nous mais je découvre dans l’attestation de déplacement qu’une « promenade » est possible entre « personnes regroupées dans un même domicile », pour une heure maximum, dans un rayon de 1 km. Cela ouvre des perspectives. Le beau temps étant persistant, pourquoi ne pas en profiter ? Cependant bien entendu, la situation demeure grave et je ne peux que vous engager à ne pas côtoyer d’autres personnes pour nous protéger mutuellement. Le personnel soignant mérite vraiment notre bienveillance, nos prières et nos gestes comme les cloches qui ont sonné pour la Fête de l’Annonciation en signe de solidarité. Bravo à tous ceux qui travaillent dans les hôpitaux et les cliniques, bravo à nos médecins qui accueillent les patients.

Le confinement continue mais peut-être pour vous comme pour moi, nous entrons peu à peu dans une saine habitude de vivre dans un espace clos et pourtant ouvert à la transcendance et à toutes les formes de relations que nous créons par téléphone et par les réseaux. Il nous faut demeurer vivant, alerte, conserver la forme comme nous le disons parfois.

J’ai reçu le témoignage touchant d’une tante âgée qui vit en maison de retraite. Elle me disait que son grand-père avait été officier d’artillerie durant la première guerre mondiale et que plus tard en 1943 il fut arrêté par les allemands parce qu’un résistant avait avec lui sa propre adresse. Il avait alors 75 ans. Mis dans une toute petite cellule, cet homme vaillant qui sortira vivant de ce drame – je vous le dis dès maintenant pour que vous n’ayez pas une émotion forte en imaginant le pire – il a raconté avoir fait chaque jour entre ces quatre murs 5 km à pied pour ne pas finir grabataire. Aussi ma tante, encouragée par cette histoire familiale, m’a dit avoir décidé de faire tous les jours dans sa chambre de maison de retraite 2 km à pied pour être capable de continuer à marcher et à vivre !

La vie chrétienne appelle notre engagement pour nous mettre en route. Plusieurs fois le Christ croise des futurs disciples et leur dit « Venez et Voyez » (Jn 1, 39) ou « Venez à ma suite et je vous ferez pécheurs d’hommes » (Mt 4, 19) ou « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » (Mt 19, 21), suite à quoi « ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. » (Lc 5, 11). Ne pas regarder en arrière mais se mettre en route à la suite du maître, le Christ, voici la réponse à la grâce qui nous touche et qui fait de nous des hommes et des femmes de foi.

L’antienne du début de la messe de ce jour est : « Soyez dans la joie, vous qui cherchez Dieu. Cherchez le Seigneur et sa force, sans vous lasser, rechercher son visage. » Chercher Dieu, c’est pour Saint-Paul comme une course à pied. Il dira lui-même qu’il court, tendu en avant, pour gagner la couronne du vainqueur. Oui nous le recherchons sans attendre un gain matériel. Nous recherchons la Vie avec Dieu maintenant et bientôt dans l’éternité; le Christ a promis cela « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » (Jn 10, 10)

Dans quelle direction marcher maintenant ? Souvent, nous ne savons pas avec qui marcher, qui suivre, vers où. Beaucoup cherchent des guides et vous trouvez tant de livres dans les gares ou les librairies qui vantent des méthodes de bien-être, des voies plus ou moins illuminées pour satisfaire son ego. On y mélange les sciences humaines, les méditations orientales, la spiritualité sans religion, la médecine douce ou chinoise – on dit chinoise pour donner valeur à ce dont on ne connait pas l’origine comme toute parole de sagesse doit venir de Confucius ! – les vertus d’une diététique écologique, etc. Mais souvent point de rencontre qu’avec soi-même au risque de tourner en rond autour de soi. Or Jésus nous dit « je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jn 14, 6). C’est en marchant avec lui, à son écoute alors qu’il leur explique les Saintes Écritures, que les deux pèlerins d’Emmaüs, qui quittaient Jérusalem affligés et attristés par la mort de Jésus en croix, vont retrouver la joie et la chaleur du cœur et ils diront : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » (Lc 24, 32). Avec cette joie en soi, fruit de l’Esprit Saint, nous trouvons la direction : le Ciel dont nous avons les prémisses ici-bas dans nos relations humaines pleines d’amour, et un jour à venir la place qui nous y est préparée.

Dans l’Évangile selon saint Jean que nous lisons à la messe aujourd’hui, Jésus explicite auprès de ses auditeurs juifs, de qui il reçoit un témoignage. Un témoin doit être idoine. Il doit être reconnu digne de témoigner. Il doit s’engager dans la vérité et seulement dire la vérité.

Jésus affirme que beaucoup témoignent en sa faveur : Jean le Baptiste; les œuvres qu’il accomplit; Dieu le Père lui-même; les Écritures Saintes jusqu’à Moïse qui de manière prophétique a écrit sur lui. Or à l’époque de Jésus, toute personne a besoin de deux témoins pour obtenir gain de cause. Mais faut-il encore que les auditeurs accueillent ces témoignages !

Comment nous, en tant que chrétiens, accueillons-nous ce témoignage ? Toute la tradition chrétienne nous invite à lire et scruter les écritures, à méditer l’Évangile avec un cœur ouvert, en priant l’Esprit Saint de nous révéler ce qu’il voulait dire du Mystère de Dieu. Nous ne pouvons pas nous contenter d’un catéchisme pauvre, enfantin alors que nous sommes devenus des chrétiens adultes. La méditation quotidienne de l’Évangile est enrichie par les autres textes bibliques comme les actes des apôtres qui présentent la vie de l’Eglise naissante, les lettres de Saint-Paul qui répondent aux questions concrètes des premières communautés du pourtours méditerranéen, l’Apocalypse de saint Jean, écrit complexe mais fantastique pour ouvrir une fenêtre vers la béatitude céleste, tout ceci nous fait goûter à la présence de Jésus vivant avec nous. Alors ouvrons le livre des Saintes Écritures, et buvons à la source de la Vie.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’Angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

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Mise à jour du 25.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message 11 de Monseigneur Philippe Christory. Mercredi 25 mars.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

L’Annonciation faite à Marie, rapportée par l’évangéliste saint Luc, est une fête magnifique d’un événement tellement discret : un ange nommé Gabriel visite une jeune fille dans une maison inconnue, un village tout simple, parmi des gens fidèles au Seigneur qui lui rendent amour pour amour, ceux que la tradition juive nomme les anawims, que l’on traduit par les « pauvres du Seigneur ». L’ange lui annonce qu’elle sera la mère du Sauveur si elle l’accepte.

C’est le surgissement d’une parole de vie, la Parole divine elle-même, celle par qui tout fut fait, qui vient déposer la vie dans le sein maternel de Marie.

Comment parler de la présence divine en Marie ?

L’Esprit Saint descend sur elle, la troisième personne de la Sainte Trinité, comme la nuée sur la tente de la rencontre quand Moïse pérégrinait dans le désert, dans laquelle était placée l’Arche d’alliance, qui contenait les deux tables de la loi. Cette histoire lointaine qui se déroula 1400 années plus tôt préparait la venue du Verbe divin. La nuée se posait sur la demeure de Dieu ou sur Israël en marche. C’est bien l’Esprit Saint, dit Isaïe qui guidait le peuple vers son repos : « Comme on fait descendre le bétail dans la vallée, l’Esprit du Seigneur les menait au repos. » (Is 63,14)

Puis les prophètes ont annoncé que Dieu habiterait de manière stable parmi son peuple, et l’invitait à la joie : « Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi – oracle du Seigneur » (Za 2, 14) et encore « je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Ez 37, 26b–27). Cette présence, en hébreu la Shekinah, la Demeure du Seigneur, était symbolisée dans l’Ancien Testament par la nuée, la tente de la rencontre, le temple de Jérusalem, le mont Sinaï, là où réside la Gloire du Seigneur. Le judaïsme affirme « alors le temple se remplit de la nuée de la Gloire du Seigneur. » En réalité la Gloire du Seigneur, c’est le Seigneur lui-même.

Peut-on affirmer et comprendre que Marie est le nouveau Temple empli de la nuée de la Gloire du Seigneur ?

Oui, car le texte de saint Luc reprend le même verbe utilisé dans l’Ancien Testament pour nous dire ici : « L’ange lui répondit : l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1, 35)

La nuée, c’est l’Esprit Saint qui vient remplir Marie. Aussi Marie devient la nouvelle Arche qui accueille la Gloire du Seigneur, le Verbe qui prend chair en elle. Nous pouvons nous réjouir car elle est dorénavant la demeure de Dieu parmi les hommes, elle est la nouvelle « fille de Sion ».

La conséquence immédiate de l’enveloppement de Marie par l’Esprit, dès son acquiescement par son oui – « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » (Lc 1, 38) –  sera la conception virginale en son sein d’un être divin, sans le concours d’un homme – elle le dit elle-même à l’ange « Je ne connais pas d’homme » (Lc 1, 34) – , et c’est pour cela que celui qui naîtra sera appelé « Saint » et « Fils de Dieu ». Il sera donc le premier-né de la nouvelle création, création sauvée et réconciliée qui donnera à toute l’humanité de former le nouveau peuple dont le Christ est la tête, peuple qui est son corps, l’église, elle-même enseignée et conduite par l’Esprit Saint qui lui donne vie : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » (Jn 16,13)

C’est l’infinie délicatesse de Dieu qui se propose et ne s’impose pas, elle est même l’expression ultime de la toute puissance créatrice de Dieu qui rejoint l’humanité qu’Il a accompagnée depuis tant de siècles à travers ce peuple choisi, le peuple juif, venant faire sa demeure parmi les hommes. Mystère de présence qui va perdurer jusqu’à nous. Le Seigneur est dorénavant avec nous, il accompagne nos vies, il vient frapper à la porte de notre cœur et si nous sommes disposés à l’accueillir, il vient chez nous : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » (Jn 14, 23)

Chez nous faire sa demeure, c’est participer à notre quotidien, mais surtout et de manière extraordinaire, c’est nous offrir le repas eucharistique lorsque son corps est livré pour le salut de chacun de nous. En ces jours de confinement, l’absence de l’eucharistie se fait sentir et certains expérimentent un véritable jeûne. Mais cette distance d’avec la Sainte Messe ne nous éloigne pas de Lui, aussi nous ne doutons pas de sa présence car il a promis : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20b). Sa présence remplit nos cœurs et nous l’expérimentons différemment, non par les sens mais par la foi. Elle nous élève vers une maturité plus adulte de notre foi pour l’accueillir et lui répéter jour après jour : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » (Jn 6, 68-69)

Ne laissons pas échapper ce temps en vaines activités. Recentrons-nous sur l’essentiel, l’accueil de Dieu comme la Vierge le fit par son fiat, et que cela puisse susciter un déploiement dans notre relation les uns avec les autres, par téléphone ou par les réseaux Internet.

Ces jours, circulent des demandes de consécration de la France à la Vierge Marie. C’est une louable demande mais qui appelle une préparation pour que tout le peuple catholique y soit associé. Aujourd’hui, confinés dans nos maisons, c’est le temps de la consécration à Jésus-Christ par la Vierge Marie de nos propres foyers, de nos églises domestiques que sont nos familles et nos groupes fraternels. Habitons ce quotidien par nos prières lancées vers Dieu et sa Parole. Et continuons à prier le chapelet, l’angelus, etc.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.


Mise à jour du 24.03.2020 à 12h00 ————————————–

Message 10 de Monseigneur Philippe Christory. Mardi 24 mars.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Ce matin, en ouvrant les yeux, il nous fut donné de voir un merveilleux lever de soleil. Cela dépend bien entendu de l’orientation de nos fenêtres, mais quel beau signe que la création qui s’éveille et s’illumine. Ce jour sera-t-il un jour nouveau ? L’avons-nous confié à Dieu, en le louant par des chants, en priant la Vierge Marie, ? – Hier un nouveau groupe WhatsApp s’est créé à Lucé pour prier le chapelet, quelle joie ! -Ou encore en reprenant la belle prière que nous adressons à saint Joseph pour tous nos travaux, salariés comme domestiques.

Ô glorieux saint Joseph, chef de la Sainte Famille de Nazareth, si zélé à pourvoir à tous ses besoins ; étends sur notre foyer, notre paroisse, notre famille, notre diocèse ta tendre sollicitude ; prends sous ta conduite toutes les affaires spirituelles et temporelles qui les concernent  et fais que leur issue soit pour la gloire de Dieu et le salut de nos âmes. Ainsi soit-il. 

L’Évangile de ce mardi vient de saint Jean et nous emmène dans un lieu très beau, la piscine de Bethesda ou encore Bezatha, ce qui veut dire « « maison des deux flots » car il y avait deux sources, piscine qui date du VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Il y a là la belle église sainte Anne reconstruite par les croisées sur les ruines d’une basilique byzantine. Ce lieu est porteur d’une histoire très particulière, tirée du Protévangile de Jacques présentant Marie et ses parents vivant à proximité du temple. Ainsi plusieurs Pères de l’Eglise du haut Moyen-âge rapportèrent que c’était là la maison de Marie enfant.

C’est aujourd’hui une terre française située au nord du Temple, au bord des murailles de Jérusalem côté est, donc orientée vers la vallée du Jourdain qui est près de 1000 mètres plus bas. Elle fut offerte à l’empereur Napoléon III par le sultan ottoman Abdülmecid Ier, en 1856 en remerciement de l’intervention française lors de la guerre de Crimée qui venait de s’achever.

A l’époque de Jésus, la piscine était très fréquentée, avec quatre bassins et cinq portiques, lieu important construit par Hérode le Grand dont on connait les ouvrages comme la reconstruction du Temple lui-même. L’eau qui y coulait avait réputation d’être miraculeuse. Mais il fallait s’y plonger quand elle bouillonnait pour bénéficier de ce pouvoir.

Or un homme était là allongé sur un grabat, malade depuis 38 années, autrement dit pour l’époque, toute sa vie. Comment pouvait-il se traîner jusqu’à l’eau alors que beaucoup guettaient le moment propice ? Là aussi, Jésus voit cet homme – Je le disais dans un message précédent, Jésus a toujours ce charisme du Saint Esprit de voir ceux qui sont ignorés, ceux qui deviennent comme le décor de la vie commune, on s’habitue à les voir, presque comme si ce fut son karma ! – Jésus lui demande simplement « veux-tu guérir ? » et curieusement n’attend pas la réponse. Que pouvait répondre ce pauvre dans son état ? Pouvait-il juste espérer guérir ? Jésus ne provoque pas la foi de cet homme, ne demande point à ce grabataire de se prononcer, et sa guérison advient miraculeusement sans même une prière audible faite par Jésus vers son Père. Juste un commandement « prends ton grabat et marche ». Jésus vient et lui offre une vie nouvelle.

L’eau est souvent présente dans les histoires bibliques. Il faut dire que dans un pays chaud et sec comme la Terre Sainte, elle a une grande valeur. Nous aussi commençons à mieux veiller sur notre consommation. Jésus rencontre au puits la samaritaine pour lui donner son eau vive. Nous aussi sommes baptisés dans l’eau et nous en recevons une vie nouvelle. Ce mardi nous lisons comme première lecture de la messe la vision donnée par le prophète Ezéchiel de l’eau qui coule du côté oriental du Temple et qui s’en va vers la Mer Morte tout en fertilisant la vallée de Ein Guedi, lieu où le roi David écrivit le Cantique des Cantiques, ode à l’amour humain entre un homme et sa bien-aimée, préfiguration de l’Amour que notre âme recherche auprès du Seigneur, son bien-aimé. Cette vision du prophète anticipe la mort dramatique de Jésus crucifié quand le soldat voulant vérifier sa mort lui transperce de sa lance le côté droit et va jusqu’au cœur. Alors par la plaie béante couleront du sang et de l’eau, signe du don de la vie fait aux croyants par les sacrements. Le côté de Jésus est bien devenu le côté du vrai Temple, son corps, qui s’offre en sacrifice pour nous donner sa vie et nous conduire à travers la mort jusqu’à la résurrection. C’est déjà dans la mort de Jésus le signe que la Vie a la victoire sur la mort. La résurrection et les apparitions aux disciples seront le sommet de la passion, commencement d’une humanité réconciliée et promise à la Vie Éternelle.

Prenons le temps de nous rappeler notre baptême. Pour ceux qui sont en famille, pourriez-vous ressortir les photos du baptême de vos enfants pour leur commenter et expliquer quel don ils reçurent ? Le baptême est une réalité bien présente. Nous sommes baptisés et la grâce nous est donné pour ce jour. Accueillons la.

J’aimerais ajouter une intention pour cette journée. Nous avons prié pour les soignants et devons continuer. Prions pour les personnes qui nous servent, notamment dans les magasins restés ouverts, qui réapprovisionnent ou qui sont aux caisses. Si nous y passons, ayons pour elles une belle parole de remerciement.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

Mise à jour du 23.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message 9 de Monseigneur Philippe Christory. Lundi 23 mars.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Chaque matin, au premier office des lectures, lorsque le jour se lève, nous chantons le Beneditus. C’est la prière de Zacharie, lorsque son fils tant espéré naît, qu’il est circoncis et qu’il lui donne, en tant que père, le nom de Jean. Ce prénom est inhabituel pour cette famille, mais c’est celui que l’ange lui avait indiqué alors qu’il lui révélait que Elisabeth son épouse âgée et stérile serait mère. Cette longue prière (Luc 2, 68-79) commence par « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple ». Chaque matin, disait saint Vincent de Paul, j’ai une certitude, la miséricorde de Dieu s’est levée avant le jour. Dieu nous regarde ouvrir les yeux sur la journée qui advient, il nous voit d’un regard aimant, il veut déjà nous dire de ne pas craindre et de mettre notre confiance en lui. Alors la belle formule de sainte Thérèse de Lisieux nous guide : « la prière c’est un simple regard vers le Ciel ». Disons lui simplement « je t’aime et te confie tout ce jour ». Ce matin, la ciel est très bleu sur l’Eure et Loir. Il fait froid dehors mais c’est le printemps. Oui, c’est le printemps depuis samedi ! Il est possible que confinés nous n’en ayons pas pris conscience.

Une nouvelle semaine de confinement arrive donc. Il a été peut-être difficile de prendre un rythme et de structurer nos premières journées. Mais nous y sommes tenus dorénavant, particulièrement ceux qui sont seuls afin de ne pas se laisser aller, mais aussi les familles avec des enfants afin que tout se déroule aimablement et que soient profitables ces journées ensemble.

« Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? » dit l’Ecriture (Ps 94,7).

Aussi, lisons plus avant le Benedictus, où nous trouvons :

« Il a fait surgir la force qui nous sauve

dans la maison de David, son serviteur,

comme il l’avait dit par la bouche des saints,

par ses prophètes, depuis les temps anciens :

salut qui nous arrache à l’ennemi,

à la main de tous nos oppresseurs,

amour qu’il montre envers nos pères,

mémoire de son alliance sainte. »

Quelle est notre force ? Nous chantons parfois « Dieu fort, Dieu immortel ». Si Dieu est créateur et tout-puissant, que sa Sagesse englobe toute chose, y compris ce que les sciences de l’homme recherchent, sa force passe par sa miséricorde, par sa tendresse, par sa bonté. « Dieu seul est bon » disait Jésus (Lc 18,19). Sa force est annoncée par les prophètes, proclamée par Jean-Baptiste, transmise par Jésus. La force est en réalité l’Amour qui ne peut être vaincu : « les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter » (Ct 8,7). Par l’annonce de cet amour et de sa force, est reçue la foi, pas seulement le fait que Dieu exista, car nous ne sommes pas des déistes, mais la certitude qu’il vient nous sauver du péché et de la conséquence funeste du péché, c’est à dire la mort. Celui qu’annonce la grande prière de Zacharie est Jésus-Christ dont Jean-Baptiste en tant qu’ultime prophète est précurseur : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale ».(Jn 1,26-27). Ainsi Jésus récapitule toutes les prophéties et répond à toutes les attentes du peuple hébreu, ici et partout, maintenant et toujours, puisqu’il vient sauver tout homme et tous les êtres humains, hommes et femmes. Avec tous les enfants ! Même ceux qui vous fatiguent en ces journées assez longues à la maison !

Alors la prière nous invite à une vie nouvelle :

« Afin que, délivrés de la main des ennemis, 

nous le servions dans la justice et la sainteté,

en sa présence, tout au long de nos jours. »

En accueillant en vérité Jésus comme Seigneur et Sauveur, ce que fait Jean le Baptiste, nous entrons dans ce chemin de sainteté et de justice, c’est à dire que nous décidons de répondre à notre vocation chrétienne, que nous cherchons à ressembler à Dieu par l’Amour exprimé envers nos proches, et cela « tout au long de nos jours ». Comment vivra-t-on cette attitude en ce lundi en notre appartement ou en notre maison, seul ou avec quelques parents et enfants ? Que voudra dire cet appel pour soi ? Comment le savoir ? C’est en prenant du recul dans le silence (si cela est possible), en nous isolant des bruits ambiants et en invoquant l’Esprit Saint pour entendre intérieurement un appel à poser un acte d’amour nouveau.

Dans la lecture du prophète Isaïe, de la messe de ce jour (Is 60,17) il est écrit « ainsi parle le Seigneur : oui, voici : je vais créer un ciel nouveau, une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit. Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin pour ce que je crée. » Quelle promesse ! Quelle invitation !

Si je prends conscience du Salut qu’offre Jésus, si je choisis – car l’amour croît par la volonté en acte – d’accueillir sa présence et d’être alors un être de don aujourd’hui, oui le ciel va être nouveau et la terre sera renouvelée pour porter du fruit. La vie chrétienne s’incarne aujourd’hui. Elle ne fuit pas la réalité pour un nirvana introuvable, elle ne regarde pas ailleurs, elle découvre l’espace concret qui est celui donné pour nous aimer les uns les autres. Certes cela demande du courage, mais vous en avez, n’est-ce pas ? Et s’il venait à vous manquer, composez le numéro de téléphone d’un ami sur qui compter et qui partage la foi afin de prier ensemble, de louer ensemble, et demandez ensemble au Seigneur cette nouveauté merveilleuse de sa présence au cœur de vos activités et le don de la joie.

Dieu veut créer en France un ciel nouveau et une terre nouvelle. Il veut être avec nous assurément. Il veut que nous levions les yeux. Nous intercédons pour que nos responsables politiques cessent d’ignorer la présence de Jésus qui nous sauve. « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4).

La fin de cette grande prière du Benedictus, la voici :

« Tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, 

pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

Dans cette finale est dit le désir de Dieu de faire connaître sa venue, d’offrir « le salut pour la rémission des péchés », et enfin il désire illuminer ceux qui « habitent les ténèbres et l’ombre de le mort pour conduire nos pas au chemin de la paix ». Nous désirons la lumière, quitter les peurs – elles croissent en ces jours de coronavirus pour beaucoup de citoyens – et « marcher sur un chemin de paix. »

La paix a un nom, la lumière a un nom, le salut a un nom, la joie a un nom. Vous le connaissez, c’est Jésus, lui notre joie.

En ce lundi, je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous prions comme chaque jour (matin, midi et soir, n’est-ce pas maintenant !) l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

 

Mise à jour du 22.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message – Homélie de la messe de Monseigneur Philippe Christory. Dimanche 22 mars. 

Photo par P. ChristoryChers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Nous vivons le quatrième dimanche du carême. Il a une coloration particulière, c’est en effet le dimanche de Laetare. Ce nom provient de l’invitation spirituelle « Laetare Jerusalem » – Réjouis-toi, Jérusalem. C’est comme une pause au cœur du carême pour voir le chemin parcouru et avancer vers la Fête de Pâques. Nous voulons nous réjouir du don de Dieu, tout en demeurant attentif à ceux et celles qui souffrent. 

C’est le premier dimanche de confinement total et cependant, grâce aux médias beaucoup vont être reliés en ce jour autour de l’eucharistie soit par la télévision soit par Internet soit par la radio et les réseaux sociaux. Dans ce temps de grave crise sanitaire, des liens se tissent, des solidarités humaines s’organisent comme ces rendez-vous du soir pour applaudir le personnel soignant tellement engagé pour sauver des vies, ou ces chaînes d’appels téléphoniques et d’entraide pour rejoindre les plus fragilisés.

C’est normalement un dimanche des scrutins des catéchumènes qui devaient être baptisés lors de la Vigile pascale. Un scrutin est une prière appelée aussi exorcisme qui demande à Dieu d’ôter le mal qui demeure dans le cœur du futur baptisé et d’y faire grandir le bien. Lié à l’Evangile que nous venons d’entendre, celui de l’Aveugle-né, il s’agit de prier pour que nos aveuglements cessent et que nous voyons avec les yeux du cœur, afin d’aimer davantage.

C’est donc une bonne nouvelle que cet Évangile. Un homme ne voyait pas depuis sa naissance. Il croise le chemin de Jésus et dorénavant va voir. 

Ces jours, nous arrivent des témoignages de belles histoires. J’aimerais reprendre un extrait de l’un d’eux, celui de Lulian, médecin italien de 38 ans, qui soigne en Lombardie, en Italie. Écoutons le : 

« Jamais dans les cauchemars les plus sombres je n’ai imaginé que je pourrais voir et vivre ce qui se passe dans notre hôpital depuis trois semaines. Le cauchemar. Au début, certains sont venus, puis des dizaines, puis des centaines et maintenant nous ne sommes plus médecins mais sommes devenus des trieurs qui décident qui doit vivre et qui doit être renvoyé chez lui pour mourir.

Nous devons admettre que, en tant qu’êtres humains, nous avons atteint nos limites, nous ne pouvons pas faire plus. Il y a de plus en plus de gens qui meurent chaque jour… nous sommes épuisés, deux collègues sont morts et d’autres ont été infectés.

Jusqu’à il y a deux semaines, mes collègues et moi étions athées; c’était normal parce que nous sommes médecins et nous avons appris que la science exclut la présence de Dieu. J’ai toujours ri de mes parents qui allaient à l’église.

Il y a neuf jours, un homme de 75 ans est venu nous voir;  C’était un homme gentil, il avait de graves problèmes respiratoires mais il avait une Bible avec lui et il nous a impressionnés parce qu’il l’a lue aux mourants et les a tenus par la main.

Nous étions tous des médecins fatigués, découragés, psychologiquement et physiquement finis, quand nous avons pris le temps de l’écouter.

Nous avons réalisé que là où finit ce que l’homme peut faire, nous avons besoin de Dieu et nous avons commencé à Lui demander de l’aide quand nous avons quelques minutes de libres;  Nous parlons ensemble et nous ne pouvons pas croire qu’en tant qu’athées féroces, nous sommes maintenant à la recherche de notre paix, demandant au Seigneur de nous aider à résister afin que nous puissions prendre soin des malades.  

Hier, ce pasteur de 75 ans est décédé. Le berger est allé vers le Seigneur.

Malgré plus de 120 morts en 3 semaines ici et notre épuisement, il a réussi à nous apporter une paix que nous n’espérions plus retrouver.

Je ne suis pas rentré chez moi depuis 6 jours, je ne sais pas quand j’ai mangé pour la dernière fois, et je me rends compte de mon inutilité sur cette terre et je veux prendre mon dernier souffle pour aider les autres. 

Je suis heureux d’être revenu à Dieu pendant que je suis entouré par la souffrance et la mort de mes semblables. “

Ce témoignage est à la fois rempli de désespoir mais une renaissance advient. Comme ces fleurs qui percent la terre en premier avant même le printemps pour éblouir nos cœur d’hommes par leur beauté.

L’Évangile de ce dimanche est une scène incroyable racontée par Saint Jean. On pourrait même se demander comment tant de détails ont pu être conservés dans la mémoire jusqu’à ce qu’il soit écrit. Mais nous-mêmes ne prenons-nous pas le temps de raconter telle rencontre faite avec un ami, les mots qu’il nous a dit et nos propres réponses ? À l’époque de Jésus, il y a pas d’écrit pour le peuple, mais la mémoire est grande, tous se racontant les histoires de famille. Ce récit de la guérison de ce jeune homme né aveugle est édifiant.

Tout d’abord Jésus le voit. Souvent dans l’Évangile Jésus voit des personnes que personne d’autre ne voit : tel grabataire, telle femme malade, tel pauvre oublié de tous, tel lépreux rejeté. Les yeux de Jésus exprime la grandeur de son cœur. Il est tout tendu vers l’autre. Un autre récit montre très bien cela, celui du jeune homme riche : « Jésus le vit et il l’aima. »

Le regard de Jésus sur nous est celui de l’Amour, pas du jugement. 

Jésus pose un geste quasiment sacramentel. Il utilise la Terre, il ajoute sa salive pour signifier sa propre vie, et il lui dit de se laver à la piscine de Siloé. L’homme répond à cette invitation, et il est guéri, il voit parfaitement.

Va alors s’en suivre une dispute avec les pharisiens qui ne supportent plus Jésus car il outrepasse les lois établies, et qui  fait cette guérison, guérison qui est un travail, interdit le jour du sabbat. Pour ces religieux, c’est un grave irrespect de Dieu. 

Dans ce long récit, nous voyons ensuite la rencontre de Jésus qui revoie plus tard l’homme devenu voyant.

Reprenons cette scène merveilleuse :

Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »

Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »

Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »

Il dit : « Je crois, Seigneur ! »

Et il se prosterna devant lui.

L’expression « Fils de l’homme » tire son origine dans le livre de Daniel et exprime l’habitation divine. 

« Crois-tu au Fils de l’homme ? » Cet homme plein de bon sens répond avec justesse : « Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus se révèle à lui : « tu le vois je le suis. » 

Alors cet homme guéri n’a qu’un cri : « je crois Seigneur »

Et il se prosterne devant lui, faisant ce geste d’adoration réservée à Dieu.

Comme pour ces médecins italiens, comme pour nos catéchumènes bientôt baptisés, comme pour les recommençants qui rouvrent la Bible, Dieu se révèle doucement, leur ouvre les yeux, suppriment leurs aveuglements. 

Dans notre société française pourtant bénie par une histoire chrétienne emplie de sainteté, beaucoup de personnes sont aveugles. Il y a certes bien des mal-voyants physiques. Mais il y a les aveugles du cœur, ceux qui ne voient plus l’autre comme un être aimable, qui sont enfermés dans leurs égoïsmes, leur clan, leurs certitudes. Nous sommes confinés dans nos logements, mais peut-être avions-nous déjà le cœur confiné ?

En ce carême, c’est à eux que Jésus redit : « convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » 

Toi qui écoute ces mots, ne crains pas d’ouvrir ton coeur à Jésus, de le laisser entrer dans ta vie, de lui dire – même si c’est avec hésitation – : « Je crois Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ». 

En ce dimanche, découvrons la liberté que donne l’Amour manifesté par Jésus. Laissons nous toucher par lui à travers la lecture de l’Evangile. Choisissons de devenir ses disciples. « Jésus ne prend rien, il donne tout » disait le pape Benoît XVI. 

Vivons la joie de ce dimanche de Laetare. Réjouissons-nous ! Je vous bénis tous. Amen.

 

Mise à jour du 21.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message 7 de Monseigneur Philippe Christory. Samedi 21 mars.

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Bonjour à vous tous qui êtes confinés. Nous sommes samedi et la tradition de l’Eglise est d’honorer particulièrement la Vierge le samedi, car elle précède la venue de Jésus-Christ qui est fêté chaque dimanche – le Jour du Seigneur – dans sa résurrection dont je vous parlais hier.

Vous avez pu prier avec moi l’Angelus que j’ai mis en fin de message. J’aime cette prière qui est ancienne et qui rappelle l’incarnation : Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Je voudrais vous en dire quelques mots. C’est une prière que nous disons trois fois par jour, normalement à la « première » heure du jour, à la sixième puis à la douzième. Si nous comptons 12 heures de jour, cela veut dire que nous la prions à 6h du matin, 12h et 18h. Normalement les cloches des villages sonnent alors par trois fois pour les trois invocations entre lesquelles est dit un Ave, puis elles battent à la volée pour la prière finale. Bien entendu, pour respecter le sommeil des personnes qui ne vont pas toutes aux champs dès l’aurore, les cloches sonnent souvent l’angelus vers 8h du matin voire 9h !

Certes, cette prière a été oubliée par beaucoup. Or nos papes l’ont ré-adoptée, surtout depuis Pie XI, et qui va à Rome aime se retrouver place Saint Pierre à midi pour l’Angelus avec le Saint Père qui ajoute alors un bref message. J’aimerais vous lire les propos du pape Saint Paul VI dans son exhortation « Marialis Cultus » de 1974, assurément un des plus profond texte marial du XXème siècle :

L’Angélus

41. « Nos propos sur l’Angélus veulent être seulement une simple mais vive exhortation à conserver l’habitude de le réciter, lorsque et là où c’est possible. Cette prière n’a pas besoin d’être rénovée : sa structure simple, son caractère biblique, son origine historique qui la relie à la demande de sauvegarde dans la paix, son rythme quasi liturgique qui sanctifie divers moments de la journée, son ouverture au mystère pascal qui nous amène, tout en commémorant l’Incarnation du Fils de Dieu, à demander d’être conduits « par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection », font que, à des siècles de distance, elle conserve inaltérée sa valeur et intacte sa fraîcheur. »

Historiquement, dès que l’Eglise a approfondi sa compréhension de la personne de Jésus, elle a compris que sa Mère avait un destin unique. Quand l’Eglise voulut affirmer que Jésus est Dieu fait homme, alors elle donna à Marie le titre « Θεοτόκος – Mère de Dieu » au Concile d’Ephèse en 431. Les chrétiens du IVème et Vème siècles introduisirent dans leurs prières la salutation faite par l’ange à Marie. Un graffiti à Nazareth du Ier ou du IIème siècle dit « kairé Maria » soit « je vous salue Marie ». Ce salut apparaît dans la prière de l’Ave qui nous est si familière maintenant. Les gens simples qui ne pouvaient réciter les psaumes en latin disaient 150 Ave formant la première couronne pour Marie qui deviendra peu à peu notre rosaire. Quant à prier l’Angelus, ce fut progressif au bas-Moyen Âge, tout d’abord celui du soir, puis du matin, puis du milieu du jour entre le XIII et le XVème siècle. L’art soutenait cette attention à ce moment unique de la rencontre de l’Ange et de la Vierge. Comment ne pas penser à Fra Angelico, aux peintres italiens, flamands ou français ? Ce fut aussi dans le contexte de la lutte contre les turcs envahissant l’est de l’Europe que s’est accrue la foi que la Vierge nous protégeait d’un tel mal. La victoire de Lépante en 1571 sera vue comme celle du pape priant le chapelet avec toute l’Eglise.

Ces prières vers Marie nous protègent. Si certains ont pensé que la dévotion mariale était récente, il faut écarter cette fausse idée. Un papyrus du IIIème siècle porte la prière du « Sub Tuum praesidium »; voici une traduction de ce texte grec « A l’abri de votre miséricorde nous nous réfugions, Mère de Dieu, ne repoussez point les demandes de notre indigence, mais sauvez-nous du péril, ô vous, seule chaste et bénie. » Ainsi nous voyons que les premiers chrétiens expérimentaient la force de l’intercession de Marie face aux calamités. Saint Irénée mort en 202 appelait Marie « notre avocate » pour bien signifier sa protection. Or nous y sommes avec le coronavirus. Nous demandons à Marie sa protection pour la France qui lui est consacrée. Mais comment la recevoir si la France ne se convertie pas ? « France, qu’as-tu fait de ton baptême ? » disait Saint Jean-Paul II.

Pourquoi insister sur la place de Marie au XXIème siècle ? Elle nous conduit à Jésus, dans la vérité de sa personne, homme et Dieu. Elle nous dit qu’elle a accueilli le Sauveur pour nous et pour toute l’humanité. Elle nous rend familier l’Evangile qu’elle a médité et gardé en son coeur de Mère. Plus nous sommes proches d’elle, plus nous sommes avec Jésus, et gardés de l’erreur. Elle a tout reçu de Lui et notre vie chrétienne consiste, comme pour elle, à ouvrir notre coeur afin qu’il soit le réceptacle de toutes les grâces et que par elle nous apprenions à aimer toujours plus.

En ce samedi, vous comprendrez pourquoi j’insiste sur notre prière du chapelet et de l’Angelus. Je voudrais vous dire que dans cette grave épreuve sanitaire, il y a des gens en grande détresse : Les sans-logis, les SDF – certains ont même été verbalisés ! – qui ne savent pas où trouver refuge. Beaucoup de lieux d’accueil sont fermés. Curé, à la Sainte Trinité à Paris, nous y avions quatre repas par jour, avec 200 personnes par jour, où vont-ils maintenant ? Je pense aussi aux hommes et femmes sans papier. L’un d’eux me disaient hier par téléphone : « Père Philippe, comment peut-on vivre ? Nous n’avons pas de papier, pas de justificatif à montrer à la police, nous vivons dans des lieux insalubres chez des marchands de sommeil, nous sommes exploités comme esclave moderne, aujourd’hui il ne nous reste rien ». Je prie et remercie tous ceux et celles qui oeuvrent dans des structures d’accueil face à la précarité. Je me souviens du gite de Dreux où en appelant le 115, 25 personnes trouvaient un lit pour un soir. Je pense au FAC, le Foyer Accueil Chartrain, dont les responsables m’ont si aimablement accueilli où logent de nombreuses personnes en précarité. Je revoie cette femme vivant seule avec trois enfants très blessés pour un père qui les avaient violentés et qui venait retirer un grand panier de fruits, de légumes et de conserves dans une association de Courville car elle touchait environ 450 euros par mois. Que deviennent ces personnes ?

Merci à tous ceux qui vont continuer de se rendre proche des pauvres, des anciens, des malades. En priant la Vierge Marie, décuplons notre attention envers eux.

En ce samedi je vous bénis au nom du  Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous prions l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

Mise à jour du 20.03.2020 à 13h00 ————————————–

Message 6 de Monseigneur Philippe Christory. Vendredi 20 mars 2020.

 

 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

« Aimer à perdre la raison

Aimer à n’en savoir que dire

À n’avoir que toi d’horizon

Et ne connaître de saisons

Que par la douleur du partir

Aimer à perdre la raison » 

N’est-elle pas belle cette chanson de Jean Ferrat qui a marqué notre jeunesse !

Oui mes amis, l’amour est merveilleux. L’amour est un oxygène nécessaire à la Vie. « Sans Amour, Je ne suis rien » (1Co 13)

Que nous dit l’Evangile de ce vendredi ? Ecoutons :

Un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier :

Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.

Et voici le second :

Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

Comme vous êtes comme moi confiné, je vous espère avec des gens que vous aimez. Des gens avec qui il est heureux le matin de se réveiller, de préparer ensemble un petit déjeuner, de regarder le soleil se lever depuis votre fenêtre quand cela est possible. Il est bon de se dire chaque matin « je t’aime ». L’avez-vous dit ce jour ?

Le carême, soit quarante jours de cheminement spirituel vers le triduum pascal, est bien sûr transformé par le confinement à cause du Coronavirus. Cependant il demeure un chemin de conversion qui aboutira à la fête de Pâques c’est-à-dire la fête de la résurrection de Jésus-Christ. Et cette conversion n’a de sens que vers plus l’amour. 

Nous évoquons la Résurrection;  c’est le plus important dogme chrétien. Jésus, fils de Dieu, Verbe divin fait chair par la Vierge Marie, a partagé notre humanité, a vécu trente années de vie cachée à Nazareth, puis trois années de vie publique, faite de prédications et de gestes puissants de guérison, de vie missionnaire avec les douze apôtres, de nombreux disciples hommes et femmes, jusqu’à son arrestation, sa passion et sa mort crucifié tel un maudit. Jésus s’est offert lui-même comme un agneau conduit à l’abattoir sans cri et sans résistance, choisissant l’opprobre et l’humiliation, se refusant à toute forme de violence. Après trois jours au tombeau où son corps reposait dans la mort, il est ressuscité, sorti vivant, puis est apparu durant quarante jours aux disciples, aux femmes, et à plus de 500 personnes, avant son ascension. 

Sa résurrection ouvre la voie pour la nôtre, il nous précède là où il nous a préparé une place, près du Père Eternel. Ne doutons pas de cela comme ceux qui n’ont pas d’Espérance. C’est ce qui fait dire à Saint Paul « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ;et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. » (1Co 15, 17-18)

Nous sommes dans la foi assurés de sa résurrection. Nous mettons toute notre vie en jeu dans cette Espérance que nous sommes attendus dans l’au-delà de la mort du corps. Car l’Amour de Dieu ne peut pas nous faire disparaître dans le néant, au contraire il désire nous ramener dans l’Amour véritable. L’amour a vaincu la mort et c’est pour cela que nous chantons l’Amour. 

Cela est merveilleux, mais j’ai conscience que le confinement dans un même lieu, parfois petit, avec les enfants qui aspirent à sortir et à courir, peut être très difficile. Je pense aux familles qui ont accueilli un enfant avec un handicap ou une personne adulte qui elle-même est dépendante. Habituellement ces familles s’appuient sur des structures d’accueil où des personnes compétentes prennent en charge avec délicatesse nos frères et sœurs diminués. Maintenant 24 heures sur 24, vous assumez la présence de l’autre, vous prenez en charge les tâches les plus simples du quotidien comme la nourriture et la toilette. J’aimerais vous dire mon admiration, vous encourager à trouver le courage dans la prière chaque jour pour recevoir force et amour, pour donner le meilleur de vous-mêmes. Et quand vous constaterez vos limites, ne désespérez pas. Levez encore les yeux vers le Seigneur. Prenez en main Marie et dites lui de vous accompagner.

Bravo à ces familles où l’on prend soin les uns des autres, bravo à ceux qui ont décidé demeurer avec des parents âgés pour s’en occuper. Tout acte d’amour élève notre humanité. Il faut multiplier les occasions d’aimer, de tout son cœur et de toute sa force. 

En ce vendredi de carême, jour de jeûne afin d’être plus disponible pour Dieu, prenons le temps d’ouvrir la Bible. J’aimerais vous suggérer de lire un des petits livres de l’Ancien Testament souvent moins connus, mais très savoureux et inspirants de par la foi et le courage des protagonistes. Je vous suggère soit les livres de Ruth, d’Esther, ou encore le libre de Judith. Ce sont des femmes qui en sont les héroïnes. A méditer lentement et en profondeur. 

J’ajoute une bonne nouvelle : vous pouvez prier en direct , grâce à SOS Prière, avec un frère ou une soeur qui accueillera votre appel téléphonique en tout anonymat. 

Comment est-ce possible ? Jour et nuit au 0 972 302 999. 

Je vous bénis pour votre journée au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions maintenant l’Angélus : 

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen. 

Mise à jour du 19.03.2020 à 14h30 ————————————–

Message 5 de Monseigneur Christory, jeudi 19 mars 2020, Solennité de saint Joseph

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Au cœur du carême, quelques moments existent pour nous réjouir de manière singulière et ce jour en est un. Nous entrons dans le mystère de la Sainte Famille et le dévoilement de la personne de Joseph, l’époux de Marie, le Fils de David.

Quand on pense à lui, on se rappelle qu’il est le papa de Jésus. Même si la culture a bien changé, c’est une bonne occasion de remercier tous les papas pour leur rôle singulier, unique et si nécessaire auprès de leurs enfants, à côté de la maman. Bravo à tous les papas qui, confinés à la maison, retrouve le temps d’accompagner leurs enfants pour le travail scolaire, des jeux de société, des histoires qu’on se raconte, de bons fous rires, des gâteaux cuisinés ensemble, etc.

A l’évêché aussi nous travaillons mais aussi nous nous divertissons. Oui, enfin, c’est fait, avec Franck, hier nous avons semé des radis. L’intérêt des radis, c’est qu’ils sont sensés pousser en 18 jours ! Alors qu’il va falloir attendre l’été pour les courgettes. En temps de pénurie, cela fait long. Maintenant il nous faudrait des graines de laitues, mais nous n’en avons pas ! Ici à l’évêché la vie spirituelle est dans le concret, car l’Amour passe dans les petites choses du quotidien.

Revenons à notre fête : Saint Joseph était promis en mariage à la Vierge Marie. Joseph, c’est un peu l’homme du silence, le juste. Il est vrai que les évangiles ne rapportent aucune de ses paroles. Qu’a-t-il dit à Bethléem ? Comment a-t-il exprimé son bonheur d’être père ? Aux bergers qui arrivaient à la crèche, il devait demander un peu de calme et leur dire : « ô c’est tout le portrait de sa mère ! ». Effectivement, pour Jésus, lui ressembler, ce n’était pas possible. Mais ensuite, pour cet enfant devenu un jeune garçon, combien l’exemple de Joseph a dû l’aider pour grandir, pour apprendre les coutumes de son peuple, pour connaitre le métier de charpentier, même pour prier les prières juives afin de parler à Dieu son Père dans les mots de son peuple. C’est un aspect du Mystère de l’Incarnation qui est si émouvant : Jésus a reçu de Marie l’humanité, pour la vivre bien réellement, dans l’intimité d’un couple, au sein d’une maison où la pauvreté ne faisait pas obstacle au bonheur, où l’accueil et l’entraide n’étaient pas des mots inconsistants. Joseph fut fidèle à sa vocation unique donnée par l’Ange Gabriel :

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1,20-21)

Toute sa vie serait dorénavant tournée vers la Vierge et son Fils, qu’il emmène en Egypte pour les soutirer à la violence des sbires d’Hérode, qu’il ramène à Nazareth pour une vie sobre dans la lumière de Dieu au milieu des païens grecs et romains, qu’il accompagne à Jérusalem pour les grands pèlerinages et les fêtes juives, notamment lorsque Jésus à l’âge de 12 ans restera au Temple pour parler aux savants.

Ensuite qu’es-tu devenu Joseph ? Pourquoi as-tu disparu de la vie de Marie et de Jésus tôt ? Es-tu mort d’une maladie ? Beaucoup ont imaginé que tu épousas Marie à un âge avancé pour expliquer ta disparition précoce. Mais comment penser ainsi ? Pourquoi toi et Marie n’auriez-vous pas été un beau et jeune couple amoureux ? Marie devait-elle épouser un « vieux » ? Joseph, je préfère t’imaginer tel un jeune homme plein de feu, délicat et pourtant fort, aimant le dur travail du bois, bâtissant des maisons où les hommes et les femmes trouveraient un havre de paix pour eux et leurs enfants.

Joseph, certes les artistes t’ont souvent réalisé en peinture ou disposé sur leurs vitraux – note que tu dois bien t’amuser au Ciel en visitant nos églises et nos musées pour voir comment chacun t’a imaginé – mais l’important est que tu sois avec nous et nous aimons te prier pour nos recherches de logements, nos travaux et nos familles, car avec Marie vous êtes devenus la « Sainte Famille ». Dans notre culture postmoderne, traversée par des conceptions anthropologiques sans fondement, où la biologie est souvent manipulatrice, quand la vie devient un bien de consommation, comment ne pas aimer voir dans votre couple le projet de Dieu qui créa l’être humain homme et femme à son image pour leur communiquer sa Vie, et offrir la joie d’enfanter l’enfant ? Cette fête, ta fête ô Saint Joseph, est une joie merveilleuse.

Aussi chers amis, je vous propose la belle prière suivante :

“Ô glorieux Saint Joseph, chef de la Sainte Famille de Nazareth, si zélé à pourvoir à tous ses besoins, 

Étends sur nos familles, nos proches et nos communautés ta tendre sollicitude, 

Prends sous ta conduite toutes les affaires spirituelles et temporelles qui les concernent, 

Et fais que leur issue soit pour la gloire de Dieu et le salut de nos âmes. Amen.”

Pour conclure, j’aimerais adresser un remerciement spécial. Saint Joseph travailleur nous donne une belle occasion de prier et de remercier ceux que l’on nomme les « travailleurs sociaux ». Ils œuvrent dans divers cadres, moins en vue que d’autres spécialités, souvent peu rémunérés, mais tellement nécessaires pour le bien des ceux qui sont plus dépendants. Merci à vous les travailleurs sociaux en ces jours de grave crise sanitaire. Vous êtes en nos cœurs et Saint Joseph, le saint de la discrétion, doit beaucoup vous aimer. Merci d’exister !

En cette belle journée, emplie de soleil presque de printemps, je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Mgr Philippe Christory

mgr Christory ordination évêqueJe vous invite à prier maintenant l’angélus

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

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Mise à jour du 18.03.2020 à 14h30

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Message 4 de Monseigneur Philippe Christory, mercredi 18 mars.

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Levons-nous et vivons ! Je vous propose de commencer la journée par des chants de louange. Sur Youtube vous aurez tous les best-off. Et chaque jour, sur Radiograndciel, par les ondes ou sur le web, à 8h20, la messe est retransmise en audio depuis la cathédrale de Chartres, avec une homélie. Accédez par leur site Internet Radiograndciel. J’en profite pour remercier toute l’équipe de la radio et les bénévoles qui continuent à produire des émissions. Vous aurez aussi le chapelet à 15h30 et des podcasts (ce sont des enregistrements disponibles librement à l’écoute) pour vous enrichir au fil du temps.

Nous y sommes à ce confinement. Certains sont très seuls. Osons une première étape : pourrions-nous dans chaque paroisse nous charger des personnes âgées et isolées ? Les équipes pastorales paroissiales peuvent-elles constituer des listes de toutes ces personnes, répartir les noms entre paroissiens afin que ces derniers appellent matin et soir ces proches isolés ? Ne laissons aucune personne sans nouvelles, enfermée dans la solitude. Voici une beau projet de carême !

Pour être plus détendu, j’ai glané quelques propositions heureuses d’activités : par exemple vider toute la garde-robe et trier, faire des concours de grimaces, redécouvrir la belote ou le scrabble, rire sans modération, faire des vidéos sketch, allumer une bougie à la fenêtre par solidarité avec les soignants, prendre un apéro avec un ami par FaceTime, etc… Envoyez nous vos propres créations pour que nous les partagions sur la bourse aux initiatives. Je vous encourage à consulter notre site Internet, notamment le page des news et des initiatives qui sera mise à jour à 14h30 chaque jour. Merci à l’équipe com ! Voir : https://www.diocese-chartres.com/bourse-aux-initiatives-dans-nos-paroisses/

A l’évêché, nous voici comme vous confinés. Plus pour moi qui était en Italie la semaine passée. Rome était totalement vide, mais les transports en avion et en train entre Paris et Chartres pouvaient donner lieu à quelques rapprochements surtout quand je fus contrôlé dans le train et que je dus retrouver ma carte de réduction Sénior, celle que l’on ne sait jamais où on l’a mise. A croire que je ne fais pas Senior car la dame faisant bien son job ne voulait pas quitter le poste sans la contempler de visu. J’espère ne pas l’avoir contaminée car elle n’avait pas de masque, et réciproquement ! En réalité j’espère ne pas avoir du tout ce minuscule virus qui bouleverse notre planète. C’est réellement sérieux au fond la vie, surtout quand nos habitudes sont bouleversées. Oui la Vie est belle, raison de plus pour la savourer, même confinés.

Méditons la Parole. Ce mercredi 17 mars, l’Evangile parle de la Loi. Ces jours-ci, elle ne nous fait pas rire la loi ! Elle nous contraint au confinement et bientôt à payer de lourdes amendes si nous ne savons pas justifier pourquoi nous sommes dehors. Personnellement j’ai décidé de faire un tour à pied énergique, le temps d’un chapelet, très tôt chaque matin pour ne voir personne. C’est mon sport, soit la cinquième case sur l’attestation. Peut-être devrai-je mettre mon gilet fluorescent de vélo pour faire plus sportif ? A mon âge, je dois pouvoir faire du sport sans courir, n’est-ce-pas ?

Mais la loi dont parle le Christ, c’est celle que l’Esprit grave dorénavant en notre cœur. Certes l’ancienne loi n’est pas abolie par Jésus mais la Charité ressaisit tout en deux commandements : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mc 12,29-31). Aussi le livre du Deutéronome demande de méditer : « mes décrets et mes ordonnances seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples…. Mais prends garde à toi : garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils » (Dt 4, 5-9).

Ici, en ce carême, se trouve donc un bel encouragement à méditer avec la Bible et surtout l’Evangile qui déroule la vie et les paroles de Jésus. L’Ecriture est une nourriture pour l’âme et pour l’intelligence. Elle communique la Sagesse. Et on reçoit ici une forte invitation à enseigner nos enfants. Oui, c’est bien la mission des parents d’enseigner les belles histoires de la vie de Jésus. On pourra le faire avec de belles vidéos comme celles que crée chaque jour Benoît et que vous trouverez sur notre site et sur la chaîne « Pastorale Sainte Marie Chartres » sur Youtube. On pourra faire des mimes de ces récits à la maison. Les enfants aiment raconter des histoires, ils aiment être conteur à condition que nous les écoutions tout ouïs et tout ébahis. En ce jour, puissiez vous partager la joie avec ces moments spirituels.

Je vous bénis bien volontiers au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la  Vierge Marie, avec l’angelus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.Je vous salue Marie, ….

V. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.Je vous salue Marie…

V.Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.Je vous salue Marie…

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.


Mise à jour du 17/03/2020 à 14h30 —————————————————–

Message de Monseigneur Philippe Christory. mardi 17 mars.

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Une vie nouvelle s’installe. Elle va être difficile et longue. Comment faire face aux nombres de malades ? Comment s’occuper de plusieurs enfants à faire étudier, tout en faisant du télétravail ? Comment demeurer entre quatre murs quand il n’y a pas d’espace ? Que vont devenir ceux et celles dont la vie était déjà précaire, et je pense aux personnes accueillies par « Hiver Solidaire » dans les paroisses ?

Cependant, avec Espérance, nous choisissons une « vraie vie ». Nous organiserons des moments de qualité, au cœur desquels nous prendrons rendez-vous avec le Seigneur. Avez-vous pu commencer cela ?

Les messages de l’État ne mentionnent pas Dieu. Or nous savons que c’est lui qui agit. Le grand chirurgien Ambroise Paré (XVIème siècle) disait « J’opère, et Dieu guérit ». Croyant, c’est avec les armes spirituelles que nous voulons lutter.

« Nous sommes en guerre » a répété six fois notre président de la République. Certes, ce virus est un ennemi pour la santé. Mais est-ce contre lui que nous faisons la guerre ? D’ailleurs, nous-mêmes, avec quelles armes pouvons-nous nous battre contre le virus ? L’arme directe serait un bon vaccin, mais là il nous faut attendre en acceptant pleinement les mesures de confinement. S’il y a guerre, c’est contre le mal, contre le refus d’aimer, contre l’absence de compassion et de solidarité, contre l’indifférence et contre tous les égoïsmes.

L’apôtre Saint Paul parle de l’ennemi. Dans l’épitre aux Éphésiens, chapitre 6, 10-13, il dit de ce combat :

« Enfin, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force.

Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable.

Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. Pour cela, prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon. »

Ainsi nous avons un équipement de combat à revêtir. En ce mardi 17 mars, les textes bibliques de la messe nous présentent une puissante arme. Ils parlent du pardon. Le pardon est un don au delà de l’offense subie. C’est un acte d’Amour dont l’origine est en Dieu. Quand des hommes apportent à Jésus un homme grabataire, voici ce qui se passe :

Luc 5, 20-21

Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »

Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ?

Ce pardon est dorénavant donné à l’Église et par l’Église. Jésus dit aux apôtres (Jn 20,23) : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ».

A Pierre qui le questionne, Jésus ouvre un nouveau chemin d’amour (Mt 18, 21-22) :

« Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Le pardon est devenu l’arme de la Victoire. rLes chercheurs et les médecins cherchent une arme contre le virus. C’est important. Nous, nous sommes engagés pour la victoire de l’Amour véritable en usant du pardon. Ce mardi, demandons nous « Ô Esprit Saint, à qui dois-je demander pardon ? » et encore « A qui puis-je donner mon pardon ? ».

Maintenant, je vous bénis tous, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions encore la Vierge Marie avec l’angélus, cette belle prière qui nous fait méditer l’Incarnation par le Oui de Marie.

 

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

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Mise à jour du 16/03/2020 à 12h 00 

Chers amis et diocésains d’Eure et Loir,

Notre chemin de carême s’approfondit en cette troisième semaine mais les rumeurs d’un confinement total amplifient l’inquiétude. Or, nous sommes attachés à Jésus-Christ. En notre Cathédrale Notre-Dame, comme hier dimanche, l’adoration eucharistique continue toute la journée de ce lundi et à chaque heure un chapelet est récité. C’est une joie toute intérieure de prier dans le calme et de faire confiance à notre Mère du Ciel, elle qui a dit pleinement oui à l’appel de Dieu. C’est un peu le doux climat silencieux de Bethléem qui enveloppe notre cathédrale, lorsque Marie et Joseph contemplaient leur enfant nouveau-né dormant et qu’ils priaient les psaumes pour remercier le Seigneur. Alors, la Vierge Marie ne reprenait-elle en son cœur pas son Magnificat ?

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur,

Car il s’est penché sur son humble servante. »

Puisons de son exemple une énergie toute spirituelle pour nous unir à Dieu en ce lundi.

Si nous sommes à la maison, nous allons devoir nous organiser. Tout d’abord les parents avec vos enfants. L’école nouvelle formule se met en place en ce lundi. Les professeurs (que je suggère de remercier par un petit message) donneront la marche à suivre.

Pourquoi ne pas envisager un programme bien établi pour chaque journée ? Il y aura bien entendu les repas, les rangements, la détente (bienheureux ceux qui ont un jardin !) et les jeux de société (Que de bonheur autour du bon vieux Monopoly !), mais aussi fixons des temps de prière en famille voire avec des amis, via Internet, pour ceux et celles qui vivent seuls. Planifions des rendez-vous, pour un office de la liturgie des heures, pour un chapelet, pour lire l’Évangile.

En ce jour, les textes de la messe nous donnent de découvrir Naaman, officier du roi de Syrie, lépreux, visitant le prophète Élisée qui lui propose de se plonger sept fois dans le Jourdain pour être guéri. Dans un premier réflexe, l’orgueilleux Naaman trouve le remède bien médiocre, mais bien conseillé il accepte de faire ce geste simple et humble et il sera guéri de sa lèpre.

Le Seigneur ne nous demande pas de faire des exploits. Sa présence à nos côtés est le signe qu’il s’intéresse à notre quotidien et c’est là qu’il nous bénit. Que chaque activité toute simple, que nous ferons ce jour, soit vécue en sa présence, dans la conscience qu’il veille sur nous et nos proches. Bénissons le pour le repas, les échanges, les tâches à accomplir et tout le reste. Bonne journée de carême.

Je vous bénis maintenant, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions ensemble maintenant l’angélus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

 

Mise à jour du 16/03/2020 à 10h 30 ———————————————————-

Une « Pastorale de la Prière » et une « Pastorale de la Charité » pour recevoir les événements comme une chance d’aimer davantage !

Le coronavirus a bouleversé le monde. Pourquoi ne pas y voir une belle opportunité de vivre différemment notre foi ? D’entrer avec joie dans le mystérieux plan de Dieu, qui nous accompagnera ces prochaines semaines ? Jésus n’a-t-il pas dit qu’Il était avec nous tous les jours ?

Seul l’Amour donnera du sens à ce que nous traverserons. Cet Amour les uns pour les autres nous impose des gestes-barrières, des mesures d’hygiène et de confinement, nous demande de changer nos habitudes ecclésiales. Pour le bien des personnes plus vulnérables, nous le ferons de tout cœur.

Aussi nous ne sommes pas abattus même si beaucoup d’activités sont suspendues.

Dans nos paroisses, nous allons passer à une pastorale de la prière, faire halte à l’église pour notre prière personnelle, une lectio divina à partir de l’Évangile, un chapelet ou encore un temps d’adoration eucharistique. Chaque équipe pastorale est invitée à une vraie créativité. Chaque communauté peut s’unir même à distance pour faire monter vers Dieu sa louange. J’encourage les familles à découvrir le chapelet à la maison si possible chaque jour. C’est facile et c’est une belle prière envers la Vierge Marie. Nous avons une mission d’intercession pour notre société et pour toutes les personnes malades.

Nous pouvons encore développer une pastorale de la charité. Par exemple appeler au téléphone nos proches plus âgés, apporter la communion à domicile, multiplier les petits actes qui exprimeront notre amour pour ceux et celles qui vivent autour de nous, certains étant très isolés. Les enfants aidés de leurs parents continueront leurs parcours de catéchisme. Par les paroisses, ils recevront des propositions chaque semaine. Nous pourrons aussi écrire de belles lettres, faire des dessins ou des vidéos que nos anciens retenus en maison de retraite recevront avec tellement de bonheur. Je souhaite que notre communication soit emplie de mots d’amour notamment sur les réseaux sociaux.

Durant ce carême, vivez à domicile, en famille ou seuls, le parcours proposé sur le site Internet du diocèse. Des fiches et des messages audio vous aideront. Le thème en est la gratitude.

Je suis persuadé que vous trouverez des initiatives tout à fait originales pour déployer la vie d’Église avec une nouvelle vitalité. L’Esprit Saint saura nous inspirer. Soyons d’autant plus attentifs aux autres un peu comme quand on donne son bonjour ou que l’on fait le signe de la paix à la messe sans pour autant se toucher les mains. Bon chemin vers Pâques.

Monseigneur Philippe Christory

Mise à jour du 15/03/2020 à 10h ———————————————————-

La cathédrale sera ouverte toute la journée pour passer et prier le chapelet (le chapelet est prié toutes les heures).

La messe sera retransmise à 11h comme d’habitude sur RGC.

Le Saint Sacrement est déposé toute la journée vous pouvez faire une halte.

Le voile de la Vierge a été déposé ce matin au centre de la cathédrale devant l’autel.

A défaut de communion sacramentelle, soyons unis dans la communion spirituelle.

  • Confions nous à Marie.
  • Confions notre pays.
  • Confions tous les malades et le personnel soignant à notre prière.

D’autres initiatives ont lieu dans d’autres églises.

Message de Mgr Christory en ce dimanche 15 mars 2020 :


Officiel samedi 14 mars soir. Changement de programme, à partir de minuit.

  • Tous les rassemblements sont désormais interdits en France.
  • Les lieux de culte pourront être ouverts.
  • Pas de messe publique dorénavant.

Prions pour notre pays, les soignants, les malades, soyons les gardiens de nos frères.

Nous vous encourageons à participer à la neuvaine nationale qui aura lieu du 17 au 25 mars :

  • Pour participer à cette chaîne de prière pour le monde qui prend sa source à la Grotte de Lourdes, il suffit de s’associer à la prière proposée à la Grotte durant 9 jours, à 15h30 à l’heure du Chapelet, du 17 au 25 mars 2020, par votre radio chrétienne, KTO, TVLourdes ou les réseaux sociaux du Sanctuaire.
  • En donnant votre adresse mail par le formulaire internet sur le site web du Sanctuaire, vous recevez chaque jour un message qui vous permet de vous associer à la prière du jour, soit en direct avec la Grotte de Lourdes, soit à un autre moment qui vous convient grâce à la vidéo en replay. Il vous est possible de faire déposer chaque jour une intention à la Grotte ainsi qu’un cierge.
  • Cette prière de 9 jours est une « neuvaine » qui se conclue le 25 mars, fête de l’Annonciation, et jour de la 16ème apparition de la Vierge Marie à la Grotte. Ce jour-là, elle déclare à Bernadette « Je suis l’Immaculée Conception ». Invoquer l’Immaculée Conception, c’est demander à Marie sa protection : « Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous »

> Pour en savoir plus et vous inscrire à cette neuvaine : cliquez ici

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Message de notre évêque Monseigneur Christory

Chers frères et sœurs catholiques,

Notre Église a vocation à être une famille priante et proche de tous, particulièrement envers les personnes les plus fragiles. L’épisode sanitaire difficile pour notre pays, mais aussi de par le monde, nous oblige à une attitude de grande vigilance. Celle-ci ne doit pas nous éloigner les uns des autres, et je pense spécialement à nos aînés, souvent isolés, qui risquent de l’être encore plus durant les prochaines semaines.

Avant de vous donner quelques nouvelles, je tiens à remercier ceux et celles qui prennent soin des autres : aides-soignants, infirmières, médecins, etc. Vous êtes à notre service et votre charge va s’accroître. Nous prions pour vous. Vous êtes dans nos cœurs et vous remercions pour votre générosité.

Avec la fermeture des écoles, je pense aux familles et aux parents qui vont garder les enfants à la maison, ce qui va totalement bousculer la vie, le travail, tout en faisant la classe en famille. Je prie particulièrement pour vous tous.

Nous avons suivi depuis quelques semaines les recommandations de l’Etat français, notamment pour les “gestes – barrières” afin de ne pas risquer de propager le virus. Parfois cela a pu nous apparaître comme superflu, mais nous devons tous comprendre que si les plus jeunes ne risquent pas leur vie semble-t-il, nous pouvons être un maillon de la chaîne de transmission qui atteindra ultimement une personne fragile incapable de faire face à la maladie et qui pourra en mourir.

Cette considération doit nous faire vivre une plus grande solidarité, dans l’oubli de nous-mêmes et de nos habitudes ecclésiales.

Ce soir, le gouvernement a pris des mesures plus fermes, demandant que soient fermés les lieux publics comme les bars et les restaurants. Les lieux de culte pourront être ouverts pour accueillir les fidèles qui viendront y prier. Mais il n’y a plus de messes jusqu’à nouvel ordre. Nous allons réfléchir et prendre conseil pour les funérailles, les célébrations de Pâques tout particulièrement. Tout cela est très douloureux pour nous catholiques qui attendons ce moment dominical avec ferveur. Ne pas avoir de messe nous oblige à un jeûne imprévu que nous pourrons transformer en acte d’offrande pour la guérison des malades et la lutte contre cette pandémie.

Chacun pourra suivre la Sainte Messe grâce à France 2 – Le Jour du Seigneur – ou des chaînes sur le Net qui vont la transmettre.

Également, chacun pourra aussi écouter la messe du France Culture ou encore le chapelet de Lourdes sur Radio Grand Ciel ou Radio Notre Dame.

Dans les églises, les fidèles se tiendront éloignés les uns des autres, physiquement mais bien entendu, pourront intensifier la prière les uns pour les autres. Ils pourront le faire unis aux catéchumènes pour qui nous prions très spécialement en ce carême. La grâce de Dieu ne manque pas car Il se donne à nous par bien des voies.

Pour les enfants, les écoles étant fermées, par cohérence les réunions de catéchisme sont suspendues. Mais les équipes, que je remercie pour leur zèle, transmettront par les moyens adaptés, des contenus pour les aider à prier à la maison, à lire la Bible, à étudier les parcours. Les parents seront encouragés à être catéchistes à la maison.

Les enfants risquent peu face à cette maladie mais peuvent la transmettre facilement même sans symptômes. Les réunions scoutes sont suspendues. Nous proposons à tous les responsables d’activités catholiques destinées aux enfants et adolescents de bien se préparer à la reprise quand celle-ci sera possible.

Surtout la vie sociale doit continuer. Même si le gouvernement demande de supprimer toutes les rencontres non indispensables. A tous, pasteurs comme fidèles, il est demandé un surcroît de charité : appels téléphoniques, visites à domicile pour porter la communion, soutien mutuel aux familles pour les enfants à garder, messages par courrier, etc.

Dans nos églises, nous pouvons bien entendu nous rassembler pour prier. On ouvrira les églises le plus possible. Il est probable que des personnes non chrétiennes souhaitent y faire halte pour trouver un peu de paix.

  • Pourquoi ne pas proposer dans chaque paroisse des temps hebdomadaires d’adoration eucharistique pour demander à Dieu son aide face à cette pandémie ?*
  • Ou encore le chapelet dans nos églises à une heure fixe pour que tous puissent passer de temps en temps s’y joindre ? (Tout en gardant les règles requises d’hygiène).*
  • Puisque des activités sont suspendues, cela pourra nous offrir du temps pour ces moments de prière. En plus, nous reprendrons le jeûne comme Jésus-Christ le demande. *

Nous chrétiens sommes invités à chanter chaque jour “un chant nouveau”. Nous le faisons pour l’Eglise et pour le monde. Gardons la foi. Demeurons dans la joie du Salut. Cet événement appelle notre société si fière de sa science et de son pouvoir à plus d’humilité. Suscitons au nom de Jésus plus de lien, d’amour, d’entraide, de bienveillance.

Vivons nous-mêmes dans la gratitude en sachant recevoir la vie au quotidien comme un don de Dieu. Je prie avec vous et vous recommande notre diocèse qui continue sa mission d’annoncer le Royaume de Dieu.

Mgr Christory denier 2019A Chartres, samedi 14 mars – 21h00

Monseigneur Philippe Christory

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*——- Toutes les initiatives locales peuvent être transmises au service communication : communication@diocesechartres.fr, ainsi nous pourrons relayer vos prières et actions d’entraides.
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