Édito de mars

Urgence prière !

L’Ukraine, vaste pays de l’Est de l’Europe, ouvert à la liberté, libéré du joug soviétique, est attaqué par l’armée russe conduite par un pouvoir politique rêvant du retour au vaste empire tsariste ou soviétique.

Comment accepter en ce XXIe siècle un fait de guerre si dramatique alors que des siècles d’expérience nous ont démontré ce que produisent de tels conflits, que nos peuples sont interconnectés, que les étudiants vont d’un pays à l’autre, que la culture propre de chacun côtoie celle des autres ? Faut-il reconnaître là l’incapacité des hommes à vivre ensemble sagement en paix ? Faut-il baisser les bras en considérant que nous sommes des rivaux et non pas des alliés ?

Le fragile équilibre du monde se manifeste ainsi. Nous croyons que depuis la seconde guerre mondiale et surtout la chute du communisme – qui pourtant maintient sa main de fer en Chine et en quelques dictatures – le modèle politique et économique de l’Occident s’imposerait à toutes les nations éclairées. Or il n’en est rien, les nationalismes resurgissent, l’Islam veut imposer la charria, les opportunistes veulent garder le pouvoir acquis démocratiquement en jetant aux orties la démocratie, ceux qui possèdent des armes veulent les utiliser pour fortifier leur clan ou leurs intérêts.

Notre Occident est perdu devant l’échec de l’adoption de la démocratie par tous les états, devant la perte de sens même s’il vante ses « valeurs » mais lesquelles ? Son modèle fondé sur la consommation montre ses limites et beaucoup de personnes sont en recherche de plus d’humanité, de nature, de spiritualité et de relation.

Sainte Mère Teresa de Calcutta disait « tant que les hommes tueront l’enfant dans le sein maternel, ils feront la guerre. » Parole prophétique ! Notre culture est une culture de mort disait saint Jean-Paul II. Sous le régime soviétique, l’avortement était le mode habituel de régulation des naissances.

Nous, chrétiens avec nos frères protestants et orthodoxes, pouvons témoigner d’une Espérance fondée sur la présence de Jésus-Christ et de son message d’amour et de pardon. Oui, nous espérons que la Sagesse peut avoir le dernier mot. Oui, nous espérons que nos dirigeants modifieront leurs désirs et leurs décisions vers un avenir de paix. Nous, redoublons de prière et faisons le choix du jeûne, car « ce genre de démon n’est chassé que par le jeûne et la prière » (Mt 17, 21). Faisons aussi la paix entre nous, sans jugement les uns sur les autres, sans médire sur les réseaux.

Aimons chaque instant comme on sème des graines en terre pour récolter des fruits de vie, pour que cesse la guerre.

✚ Mgr Philippe Christory, évêque de Chartres

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