Homélie du 15 août

Homélie du 15 août 2016 à la Cathédrale Notre-Dame de Chartrescathédrale de Chartres

 

Frères et sœurs bien aimés de Dieu,

 

Nous vivons depuis plusieurs mois dans notre pays en état d’urgence

avec l’inquiétude que de nouveaux attentats de Daech viennent à nouveau meurtrir la nation. Nous faisons la triste expérience que ce que le Pape François appelle régulièrement « une guerre par morceaux » à l’échelle de notre planète ne nous épargne pas. Bien d’autres défis économiques et sociaux obscurcissent aussi l’horizon. C’est dans ce contexte que nous célébrons l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, non pour nous faire échapper pendant quelques instants à la dure réalité de notre monde, mais pour y trouver de quoi raviver notre espérance ici et maintenant, en nous rappelant que ce n’est pas hors de conflits et des drames de notre monde mais à travers eux que Dieu trace son chemin d’alliance.

Nous sommes disciples de Jésus Christ dont la vie a été marquée par de l’affrontement, du refus, de la violence injuste qui se déchaine sur l’innocent, et qui affronte l’ultime ennemi qu’est la mort en tenant bon dans la fidélité à Dieu, à l’amour de Dieu, à la miséricorde de Dieu. Par sa vie donnée par amour pour nous, Il témoigne de l’engagement de Dieu malgré toutes les infidélités des hommes. Sa résurrection d’entre les morts atteste que ce chemin est un chemin de vie véritable.

Marie, la mère du Seigneur, choisie entre toutes les femmes, a connu elle aussi des heures dramatiques,15 août

que ce soit la menace mortelle envers son enfant avec le massacre des enfants innocents l’obligeant à fuir son pays avec Joseph, que ce soit l’étonnement devant certaines paroles et comportements de son Fils, que ce soit ce vendredi saint où elle accompagne Jésus sur le chemin de croix, et se tient debout à coté du bois sanglant où son fils cloué étouffe et meurt comme le chante ce cantique, « quand Jésus mourrait au calvaire, rejeté par toute la terre, debout la vierge sa mère souffrait auprès de lui. » Aujourd’hui nous confessons que celle qui toute sa vie a dit oui, celle qui toute sa vie « a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur », celle qui connait l’œuvre de Dieu « qui renverse les puissants de leur trônes et élève les humbles », celle qui a enfanté le sauveur et l’a suivi jusqu’au bout, Marie la mère du Seigneur l’a rejoint dans sa résurrection.

Au cœur même de l’adversité

Dans un langage codé, le livre de l’apocalypse décrit la violences des persécutions contre les premiers chrétiens. Cette communauté qui enfante un monde nouveau voulu par le Christ va-t-elle être balayée, dévorée par le dragon ? Au cœur même de l’adversité, l’apocalypse chante la victoire certaine du Christ et de ceux qui lui font confiance : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ ». Est-ce totalement étranger à ce que vivent nombre de nos contemporains et des chrétiens qui perdent confiance et se demande où est Dieu, que fait Dieu dans ce monde où règne tant de violence, de haine et d’injustice ?

En ce jour où nous rappelons la mort du Seigneur, nous proclamons sa résurrection, nous proclamons la victoire de Jésus le Christ qui a eu le courage de tenir dans l’amour de son Père et des hommes, nous proclamons la victoire de ceux qui ont le courage de tenir dans l’amour, comme Marie sa mère, comme tant de saints..

Où puiser la justesse de l’action à mener ?

Frères et sœurs, en ces temps troublés, il faut le redire avec force : assassiner ne demande pas de courage, c’est de la folie. Mais il en faut du courage, pour tenir dans l’amour à la suite du Christ sans utiliser d’autres moyens que les siens Il faut du courage pour bâtir l’unité du genre humain et la fraternité avec des gens différents de nous. C’est le combat que nous avons à mener au moment où nous sommes confrontés à une nouvelle forme de guerre, jamais pratiquée chez nous.

Au moment où une diversité de sentiments peut habiter nos cœurs et nos intelligences devant la barbarie. Où allons-nous puiser le justesse de l’action que nous avons à mener sinon auprès de Celui qui est le Seigneur de nos vies?

Demander la juste attitude dans le combat à mener

A l’école de la Vierge Marie demandons à l’Esprit Saint la juste attitude dans le combat à mener, car cette violence veut nous entrainer sur son terrain, nous diviser, nous opposer. Il me revient en mémoire cet appel de l’apôtre Paul:

” Autant que possible, pour ce qui dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes. Bien-aimés, ne vous faites pas justice vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu. Car l’Écriture dit : C’est à moi de faire justice, c’est moi qui rendrai à chacun ce qui lui revient, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire : en agissant ainsi, tu entasseras sur sa tête des charbons ardents. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien”. Rm 12, 18-19

 

Et prions en ce jour pour notre pays son unité et son bien commun.

Prions pour les victimes des attentats, pour les responsables de la nation, les forces de sécurités. Prions pour nos familles aux générations multiples, pour ceux qui sont les plus fragiles dans notre sociétéMgr Pansard homélie. Prions aussi pour nos frères et sœurs chrétiens qui subissent la  violence restent ferme dans la foi, lucide dans l’espérance et actifs dans la charité. Amen

 

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