Homélie de l’ordination diaconale de Bertrand Naveau

Ordination diaconale

de Bertrand Naveau

samedi 18 septembre 2021

Cathédrale Notre-Dame de Chartres

Cher Bertrand, pour notre joie et pour la gloire de Dieu, vous voici arrivé à cette étape décisive pour recevoir le don de Dieu qui désire vous appeler et faire de vous un diacre selon son cœur de serviteur. Dès l’origine de l’Église, le Seigneur associa au ministère épiscopal des apôtres des hommes qui serviraient leurs frères et leurs sœurs, notamment les veuves venues de la diaspora grecque, et qui annonçaient le Royaume de Dieu. Ces hommes furent choisis parmi ceux qui avaient connu Jésus et dont la réputation de probité ne faisait aucun doute. Si certains dans l’histoire de l’Église ont vu dans le choix de ces sept serviteurs l’appel de prêtres, la grande tradition de l’église a reconnu qu’il s’agissait des sept premiers diacres. Nous savons que parmi eux, il y eut le premier martyr nommé Étienne, lapidé pour avoir proclamé la résurrection de Jésus-Christ et avoir affirmé publiquement sa vision de la gloire de Dieu et du Ciel ouvert. Cela signifie que la vocation diaconale existe avant tout en vue d’un témoignage du Christ vivant et que l’audace des témoins peut conduire certains d’entre eux à offrir leur vie, comme ce fut aussi le cas du diacre St Laurent, une autre figure majeure de la vocation diaconale et mort martyr.

Dans sa première lettre que nous avons lue, l’apôtre Pierre écrit « à ceux qui ont été choisis par Dieu ». Certes l’amour de Dieu n’est jamais exclusif et personne ne peut en vérité se croire exclu d’avance. En réalité, dans la révélation chrétienne, il n’existe pas de séparation entre certains qui seraient bénis et d’autres qui seraient bannis. L’écriture dit qu’avant d’avoir été tissés dans le sein maternel, Dieu nous a connus personnellement. Néanmoins, il existe un choix de prédilection sur certaines personnes qui les conduit à reconnaître un appel personnel et particulier à se donner dans le service de leurs frères et sœurs au sein de l’Eglise. C’est pour cela que l’Eglise vous a accompagné cher Bertrand dans ce chemin de discernement, avec votre épouse Marie-Agnès. L’homme appelé à être diacre manifestera dans sa vie ordinaire une charité, une générosité et un amour de l’Église et de ses frères. A ces personnes, l’apôtre Pierre espère que soit accordées en abondance la grâce et la paix. Nous vous le souhaitons en cette journée, dès à présent et pour votre vie conjugale, parentale et ecclésiale.

Si l’apôtre Pierre écrit dans un élan d’action de grâces, rappelons que Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, dans sa grande miséricorde, nous a fait connaître son projet pour une vivante Espérance grâce à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts. L’apôtre reconnaît que le chemin peut être marqué par toutes sortes d’épreuves. Effectivement elles sont là et nous pourrions en être affligés dit-il, cependant ces épreuves vérifient la valeur de notre foi qui a bien plus de prix que l’or.

Bertrand, avec Marie-Agnès, il convient de vous rappeler que votre premier appel est de prier, quotidiennement et souvent, avec persévérance pour vous unir à Jésus, dans la puissance de l’Esprit saint, en vivant souvent des temps d’adoration auprès de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint. Vous le ferez avec toute l’Église notamment par la liturgie des heures, vous unissant ainsi aux religieux, religieuses et prêtres, aux évêques, mais aussi aux nombreux fidèles laïcs. Ce sera là, dans l’union intime de votre personne avec notre Seigneur, que vous puiserez les forces pour aimer, servir vos frères, et pour entendre leurs appels au jour le jour, pour accueillir le projet dans lequel il vous demande de vous donner. C’est là qu’il vous enseignera les mots intérieurs nécessaires pour consoler ceux qui souffrent, pour accompagner les familles endeuillés, pour illuminer les fiancés dans leur quête du bonheur en leur montrant que la source de tout amour, c’est le cœur de Jésus.

L’Évangile que vous avez choisi rappelle l’envoi en mission que Jésus fait à ses apôtres, leur proposant de se rendre dans les villages et de frapper aux portes pour annoncer le Règne de Dieu. Jésus inaugure leur mission et celle des disciples ici au nombre de 72. Jésus manifeste là la confiance qu’il met en eux. Pareillement Bertrand par votre ordination en ce jour, Jésus exprime profondément sa confiance en vous. Simultanément, Jésus les dépossède des moyens matériels et de toute forme de garantie. Se faire disciple en vérité nécessite un abandon entre les mains de la providence et une disposition permanente à l’écoute des signes de l’Esprit Saint. Jésus leur demande d’oser prier pour la guérison des malades. Les hommes et les femmes de ce temps recherchent la paix mais le monde actuel, troublé par la pandémie et d’autres difficultés, ajoute un surcroît d’inquiétude. Bertrand apportez-leur la paix. Le Christ est notre paix.

Concluons ces méditations par le psaume du bon berger qui a été chanté par le chantre. Ce berger est la figure du Christ qui s’est fait proche par son incarnation de toute personne désireuse de vivre guidée par ses enseignements et de les mettre en pratique. Ce berger conduit ses brebis vers de verts pâturages qui représentent la maison de Dieu où elles peuvent trouver assistance et repos. Bertrand, ce sera toujours vers le bon Berger que vous mènerez les fidèles, car c’est lui, notre consolateur. Bertrand, vous aurez à proclamer la Parole et à l’enseigner. Rappelez-vous que vous êtes seulement la voix qui annonce la Parole, au-delà même des textes lus. C’est toujours le Christ qui parle par les ministres à condition que ces derniers soient transparents et humbles pour que sa Parole ne soit pas filtrée voire déformée par nos résistances à la vivre en vérité. Nous savons que nous annonçons un Évangile qui est difficile à mettre en pratique par nous-mêmes. Mais nous sommes serviteurs de la Parole vivante auprès des fidèles qui parfois auront avec le Christ une connaissance et une intimité plus grandes que les nôtres. Son Esprit vient au secours de nos faiblesses, et c’est même dans nos faiblesses que se manifeste la puissance de son amour, et que nous devenons signe de la miséricorde de Dieu. Pour ceci, nous ne craignons pas d’être faible, car nous laissons la grâce passer, nous deviendrons plus serviteur de Dieu.

Comme la Vierge Marie, entrons dans la louange et l’action de grâce pour les bienfaits de Dieu, afin que tout le peuple à nous confié soit entraîné à bénir et à espérer. Bertrand que votre joie d’être diacre s’exprime par cette attitude spirituelle. Que votre amour, Bertrand et Marie-Agnès s’en trouve renouvelé. Amen.

 

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