Homélie pour le pèlerinage des familles

Homélie pour le pèlerinage des familles, 11 septembre 2016

Dans son exhortation sur la famille, le Pape François rappelle que la Parole de Dieu n’est pas une série de thèse ou de vérités abstraites mais une compagne de voyage pour tous (n°22). Il poursuit un peu plus loin :

“le message de l’Église sur le mariage et la famille est un reflet clair de la prédication et des attitudes de Jésus, qui, en même temps qu’il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec les personnes fragiles,(n°34)”

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Pèlerinage des familles 11 sept 216

Au terme de cette journée de pèlerinage, quelle a été notre attitude intérieure à la lecture de l’évangile?familles

  • Avons-nous décroché très vite, en se disant, je connais cette histoire de la brebis perdue, et n’ai plus besoin d’écouter?
  • Avons-nous partagé la récrimination des pharisiens et des scribes devant l’accueil de Jésus aux pécheurs de tout poil? A quoi bon déployer des effort, à quoi bon se décarcasser pour être fidèle, à quoi bon essayer de rester dans la bergerie ou dans la maison du Père et ne pas se perdre?

A quoi bon essayer de tenir dans la fidélité, l’attention à l’autre, le respect et le pardon envers l’autre dans un couple ou dans la famille ?

  • Avons-nous régit intérieurement comme le Fils ainé de la parabole. C’est bien joli la miséricorde, mais trop c’est trop?
  • Nous avons pu aussi entendre cet évangile comme une parole consolante, en nous identifiant à la brebis perdue que le Seigneur retrouve et qu’il porte sur ses épaules? Car comme malgré nos beaux efforts nous sommes tous pécheurs ; ces paraboles peuvent nous consoler et nous rassurer, mais peut-être à trop bon compte.

Entrer dans l’histoire de la Miséricorde de Dieu.

Les 2 premiers versets de ce chapitre 15 de l’évangile de Luc nous donnent la clé: « Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter . Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : cet homme fait bon accueil aux pécheurs et ils mangent avec eux. Alors, il leur dit cette parabole. »

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La parabole est adressée aux pharisien et aux scribes. Attention à nos caricatures des pharisiens! Ils essaient d’être les meilleurs dans le respect de la loi,  les plus fidèles. Ils passent du temps à comprendre les écritures qui portent la loi d’alliance de Dieu pour lui obéir. Ils sont réguliers dans leurs pratiques religieuses ?  Ces pharisiens, ne nous ressemblent-ils pas! Et voilà qu’ils récriminent, ils râlent. Jamais ils ne le font quand Jésus est exigeant.

Jésus ne va pas leur clouer le bec, mais il va leur faire découvrir qu’ils ne sont pas les spectateurs et les juges de la scène qui se déroule sous leurs yeux : Jésus en train de manger avec des pécheurs. Il ne va pas chercher à les piéger comme eux le cherchent parfois. Il veut les arracher à leur fauteuil de juges pour les faire entrer dans l’histoire de la miséricorde de Dieu qui est aussi leur histoire.

Alors, Il leur dit: Est-il un seul homme parmi vous qui…? Autrement dit, vous êtes dans le coup. Quand Jésus est à table avec ces pécheurs publics, pécheurs de tous poils, sans qu’ils le sachent, leur consolation est là.

Est-il un homme parmi vous…  comme il dira plus tard quelle femme… quel Père… Nous le savons l’homme de la parabole, la femme, le Père c’est Dieu lui-même. Dans les paraboles Jésus ne cesse de nous parler de Dieu en le comparant à une créature: un semeur, un propriétaire, une pauvre femme, un Père avec deux Fils, un ami qui a sommeil, à un juge ne croyant ni en Dieu ni en Diable… Pour parler de Dieu, nous nous éloignons souvent et trop vite des paraboles que nous prenons pour des petites historiettes alors qu’au dire de Jésus lui-même elles contiennent les mystère du Royaume.

Dieu ressemble à ce qu’il y a de meilleur en nous

A trop parler, à trop focaliser sur Dieu Autre, tout Autre, nous pouvons passer à coté de la surprise de découvrir que Dieu ressemble à ce qu’il y a de meilleurs en nous. Ces pharisiens quand il leur arrivait de perdre une brebis, se mettaient à la recherche. Ce qui leur semblait normal, ils avaient du mal à concevoir que cela puisse être encore plus normal pour Dieu. Que ce qui était une belle attitude humaine puise à plus forte raison être une attitude divine.  Est-il un homme… A plus forte raison Dieu. « Si vous qui êtes mauvais, savez donner… combien plus le Père » cf Lc 11.

Abandonner ne serait-ce qu’un seul, c’est dire que l’on ne tient à personne

Poursuivons la comparaison. Quand l’un d’entre vous a cent brebis, il n’accepte pas de devenir un berger avec 99 brebis. Il se met en quatre pour retrouver celle qui manque. Et s’il ne faisait pas cela vous le trouveriez indigne d’avoir 100 brebis, ou 10 ou même une seule. En effet imaginons l’impensable à savoir qu’un berger dise  : « il me manque une brebis. Il m’en reste 99 ! Tans pis pour celle qui est perdue ». Cela signifierait qu’il se retrouvera bientôt avec 98… puis 97… jusqu’au jour où la bergerie sera vide. Abandonner la brebis perdue signifierait que cet homme ne tient vraiment à aucune. Est-il un père, une mère parmi vous qui ayant deux enfants accepterait de devenir le père ou la mère d’un seul.. A plus forte raison Dieu !

A plus forte raison Dieu ne consentira à devenir l’homme au 99 brebis puis aux 98 …          Si Dieu abandonnait un seul homme, cela voudrait dire qu’il ne tient vraiment à aucun. Et les pharisiens et les scribes eux-mêmes, ceux qui se croient justes pourraient aussi se retrouver délaissés.

La Bonne Nouvelle ? La certitude de l’amour de Dieu !

Voilà la Bonne Nouvelle entendue dans toute les lectures de ce jour : la certitude de l’attention de Dieu, de l’amour de Dieu, du salut de Dieu, du don de Dieu, du pardon de Dieu, le don par delà le premier don pour la brebis égarée, pour le fils perdu fonde la certitude de son attention, de son amour, de son salut pour tous, pour nos familles et pour moi. La joie d’avoir retrouvé la brebis perdue devient la joie de tous.

Une dernière question : comment accueillons-nous cela pour-nous même, pour nos familles et en vivons-nous pour les autres?

« Beaucoup ne sentent pas que le message de l’Église sur le mariage et la famille est un reflet clair de la prédication et des attitudes de Jésus, qui, en même temps qu’il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec les personnes fragiles, comme la samaritaine ou la femme adultère. » n°38 d’AL Amen

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