Les diacres d’Eure-et-Loir au pays de saint Gilduin et de sainte Jeanne-Jugan

Dans le diocèse de Chartres, le diaconat a été placé sous le patronage de Saint Gilduin et les diacres se retrouvent donc chaque année, le dernier samedi de Janvier pour fêter leur saint patron….

Depuis quelque temps, la fraternité diaconale souhaitait partager un séjour convivial pour prendre du temps entre diacres et épouses… C’est Denis qui soumettra l’idée : pourquoi ne pas aller sur les traces de St Gilduin à Combourg en Ille et Vilaine, lieu de son ministère.

Le Comité Diocésain s’est rapproché de la paroisse Saint Gilduin de Combourg et le père Jean-Pierre, curé de cette paroisse a accueilli avec joie, l’idée de cette rencontre allant jusqu’à nous proposer un hébergement dans les familles de la paroisse…Xavier ROME, diacre de la paroisse, organisait quant à lui, un temps de rencontre avec quelques diacres du Diocèse de Rennes…

Les participants,  treize diacres du Diocèse de Chartres, accompagnés pour la plupart de leurs épouses, ont été très touchés par le formidable accueil organisé par la Paroisse de Combourg … Les visites de la Cathédrale de Dol puis de la Ville de Combourg ont été animées par des personnes passionnées et passionnantes donnant à tous envie de revenir découvrir plus longuement tout ce patrimoine… La rencontre dans les familles de la paroisse a été l’occasion d’échanges fraternels… de même que le temps d’échange avec les trois diacres du Diocèse de Rennes, bien que trop court, a permis de réfléchir sur nos pratiques, en particulier sur le mode de fonctionnement de nos petites fraternités diaconales…

Cerise sur le gâteau, si je puis dire, sur l’idée de Sébastien, notre vicaire général, nous avons quitté la région par un détour de quelques kilomètres  pour découvrir Jeanne Jugan, la fondatrice des Petites Sœurs de Pauvres dont la maison mère se trouve à Saint Pern, à quelques kilomètres de Combourg… Une visite, là aussi passionnante avec un petit musée sur la vie de Jeanne à recommander… et surtout un deuxième témoignage de vie après celui de St Gilduin, de ce que peut vouloir dire «  être doux et humble de cœur « …

Car s’il y a un message que nous pouvons retenir de ce week-end, c’est l’humilité de ces deux personnages : Saint Gilduin qui refuse la nomination à la tête de  l’archevêché parce que cela ne lui semble pas inspiré par la sagesse de Dieu… Sainte Jeanne Jugan qui accepte de s’effacer, et même de se voir spolier de la reconnaissance de son rôle de fondatrice alors que sa communauté connait un essor dont elle aurait pu vouloir tirer une fierté… car Dieu seul est à l’origine de toutes ces vocations…

Voilà deux témoignages d’humilité qui doivent inspirer tout diacre que nous sommes, tout serviteur de l’Eglise à quelque échelon que l’on soit…

Nous ne savions pas bien ce que seraient les fruits de ce week-end…Ils ont été plus beaux et plus savoureux que ce que nous pouvions imaginer ! Merci à chacun pour ce qu’il a donné !

Pierre-Henri Legrand

Retour de témoignages

Brigitte et Dominique :

« D’abord il a été important pour nous de vivre 2 jours (!) avec diacres et épouses, après ces contretemps prolongés et imposés par les conditions sanitaires stoppant, freinant nos rencontres fraternelles de l’année passée.

⇒ Le mot « fraternel » est donc un des mots que nous retenons de manière globale dans ces journées, mais aussi plus sensible encore lors du repas du soir, nous mettant en contact avec notre logeuse, mais aussi l’épouse du diacre Romé et du couple du sacristain… aucunes personnes connues, mais toutes à découvrir. Repas vraiment convivial, chaleureux qui nous a fait sentir que nous étions attendus, on pourrait même dire désirés… ils nous précédaient. Cela nous a rappelé combien il est bon d’être vigilant à l’accueil même dans les petits détails, car l’accueil nous met déjà en relation, engage la fraternité.

      Notre logeuse, Jacqueline A., nous a accueilli dans sa maison le plus simplement du monde en toute authenticité, sans réserve pour que nous nous sentions chez nous. Ce fut réussi, au point que Brigitte et moi nous nous sommes dit que nous avions une sœur en plus ! Se revoir ? Pourquoi pas !

⇒ Notre retard de midi  fut épongé, comme effacé, quand Patrick Amiot (notre guide de la cathédrale de Dol de Bretagne) nous accueille sur le parvis en disant : « 1/2h dans une vie n’est pas grand chose…qu’est-ce qu’1/2h au regard de la construction d’une cathédrale » (ou, quelque chose d’approchant). Un homme entier dans sa passion et son service du patrimoine, un chercheur aussi pour mieux comprendre, mettre en valeur, et … transmettre passionnément son expérience. Le puits double, le ‘trésor’, le chœur dégagé, en sont de bons exemples. Il en est un acteur sans rien en garder pour lui. Un passionné passionnant.

    A Combourg, la guide nous a aussi transmis sa connaissance et son amour de la ville et de son histoire. …

   Bref… accueil, fraternité, partage : au moins 3 évocations de ce we. Et la conclusion modeste est donc bien un très grand MERCI à tous, à ces nouveaux visages.  On ne peut oublier les 3 diacres qui ont partagé quelque chose de leur mission et dont Xavier qui nous a fait don de ses poèmes et expérience pèlerine, le père curé, André si présent, attentionné discret à tous les instants, et tous ces paroissiennes et paroissiens heureux de nous attendre et d’accueillir sans retenue … »

Sophie et Frédérik :

Deux mots me viennent spontanément : joie fraternelle et simplicité et un troisième pour la route…joie partagée avec ceux et celles rencontrées (familles d’accueil, conférenciers(e), paroissien (e),… 

Marie-Jo et Pierre :

Merci à tous pour l’ambiance amicale et fraternelle vécue à Combourg et merci pour l’accueil que les diacres bretons nous ont honorés.

Yvette et Jean-Marie :

Chaque personne a donné le meilleur de lui même pour nous accueillir et nous faire partager  chacun à sa manière  la joie de nous recevoir dans le temps imparti

… j’ai été impressionné par notre premier intervenant Monsieur Amiot qui s’est donné et se donne encore beaucoup à sa ville de Dol de Bretagne et à sa cathédrale afin d’en découvrir tous les secrets. Je reste en admiration devant la restauration pour en faire la salle du trésor

L’accueil à Combourg a été tout aussi chaleureux avec une guide passionnée par le patrimoine et les anecdotes. Il faudra y retourner …

L’accueil du soir avec l’apéro, le repas et l’hospitalité des familles a été remarquablement préparé dans les moindres détails dans une ambiance chaleureuse et bienveillante

Le lendemain lors de la messe beaucoup d’attention à notre égard …

Puis notre dernière visite à Saint Pern où l’on ne peut être qu’en admiration devant les bâtiments des Petites Sœurs des Pauvres et de leur dévouement auprès des plus nécessiteux.

Une excellente visite avec la Sœur coréenne et ses explications à propos de la vie de Jeanne Jugan.

 Marie-Jeanne et Jean-Pierre :

Nous avons été très touchés par cet accueil si chaleureux et si gai .Cela fait chaud au cœur.

La vie de Jeanne JUGAN 1792-1879

La vocation au service des personnes âgées pauvres de Jeanne JUGAN commence en 1839 par l’accueil d’une vieille femme aveugle et âgée à son domicile.. Puis d’accueil en accueil, elle s’entoure d’autres compagnes avec qui elle se met à quêter pour pouvoir subvenir aux besoins de la communauté.  Cette communauté définit sa règle de vie en 1842 . L’œuvre est récompensée alors par l’Académie Française..

Jeanne ( devenue Sœur Martie de la Croix) sera élue supérieure de la première communauté instituée mais un an après, l’aumônier en charge de la Communauté casse l’élection  et va assigner Jeanne à la maison-mère de Saint Pern où elle vivra pendant 27 ans, dépouillée de tout. Elle acceptera ce détachement de toute chose, goûtera à la vraie joie, celle  d’être pauvre et dépendante en tout de Dieu… Message qu’elle fera passer aux novices présentes à la maison-mère… « C’est le bon Dieu qui a tout fait, je suis son humble servante«

Conséquence de cet effacement,  il faudra attendre 1982 pour que Jeanne soit déclarée bienheureuse puis le 11 octobre 2009, elle sera béatifiée.

Sa communauté a essaimé dans une grande partie du monde (plus de 2000 religieuses présentes plus de 30 pays)  portant toujours le charisme de l’attention aux personnes âgées pauvres et de leur accompagnement aimant jusqu’au terme de leur vie.

Saint Gilduin  1052-1077

St Gilduin meurt à 25 ans et cette courte vie créée un trait d’union entre Chartres d’une part, là où il meurt et Combourg/Dol de Bretagne , là où il naquit et où il exerça son ministère… Trait d’union également par sa lignée issue de la Seigneurie de Dol par son père et de la Seigneurie du Puiset ( un petit coin de Beauce en Eure et Loir)…

Fils du Seigneur de de Dol et de Combourg, les paroissiens voulurent qu’il soit nommé à la  tête de l’archevêché de Dol …. Saint Gilduin refusa et alla à Rome, exposer au Pape que l’on voulait le placer là du fait qu’il était le dfils du Seigneur de Dol… Un argument qui compte-tenu de la volonté de l’Eglise à cette époque, d’écarter les seigneurs laïcs du choix des dignitaires ecclésiastiques, fut bien entendu par la Pape qui nomma un autre prêtre… Au retour de Rome, St Gilduin décide de revenir par Le Puiset pour rendre visite à sa famille maternelle… C’est là que tombant malade, il se fait porter auprès des moines de l’abbaye de Saint Père devenue l’église St Pierre de Chartres et où il meurt le 27 Janvier 1077…

 

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