Lettre du monastère invisible numéro 8

LETTRE DU MONASTÈRE INVISIBLE n°8,  JUIN 2016

 

Derrière toute vocation au sacerdoce ou à la vie consacrée et avant elle, il y a toujours la prière forte et intense de quelqu’un : d’une grand-mère, d’un grand-père, d’une mère, d’un père, d’une communauté… Voilà pourquoi Jésus a dit : « Priez le maître de la moisson – c’est-à-dire Dieu le Père – d’envoyer des ouvriers à sa moisson ! » (Mt 9,38). Les vocations naissent dans la prière et de la prière ; et elles ne peuvent persévérer et porter du fruit que dans la prière.

Pape François (Journée mondiale de prière pour les vocations – 2013)

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Chers amis,

Cette année notre diocèse à la grâce de connaitre une ordination presbytérale et une ordination diaconale en vue du sacerdoce.

En effet, le 26 juin prochain aura lieu à 15H30 en la cathédrale de Chartres l’ordination presbytérale de l’Abbé Jean-Baptiste POPOT. A cette occasion il sera organisé pour ceux qui le souhaite une marche en prières, à partir de 12H, du séminaire des barbelés à la Cathédrale pour assister à l’ordination,

Par ailleurs, le dimanche 12 juin à eu lieu l’ordination diaconale de Nicolas Boucée en l’église St Laurent de Nogent-le-Rotrou.

C’est pourquoi dans ce Monastère invisible nous pourrons lire les témoignages de chacun d’eux afin de nous aider à la prière, afin que notre diocèse connaisse encore plus de vocation.

Comment s’inscrire au monastère invisible ?

 Nous vous rappelons que tout le monde peut s’inscrire en prenant l’engagement de dire une courte prière chaque jeudi soir, prière que nous vous proposons dans la lettre ci-dessous.

C’est très simple, il suffit d’envoyer son nom, son adresse sur l’adresse mail suivante : sdv@diocesechartres.com

La lettre du monastère invisible sera envoyée uniquement par mail, en principe.

 

N’hésitez pas à proposer aux personnes qui vous entourent de s’inscrire !!!

            Commençons donc par le témoignage de l’Abbé Jean-Baptiste Popot :

Popot

Jean-Baptiste Popot, ordonné prêtre le 24 juin 2016.

  1. D’où êtes-vous originaire ?

Né à Dreux le 1 Septembre, j’ai fait toute ma scolarité à Dreux au primaire, collège et Lycée Saint-Pierre Saint Paul. Je vivais à Mézières en Drouais, le plus beau village français.

 

  1. Quand avez-vous été ordonné diacre et où ?

Ordonné diacre le 21 juin 2015, en l’église Saint Lubin de Voves, Paroisse Saint Martin de Beauce

 

  1. Quel a été votre parcours en quelques mots ?

En plus de la scolarité évoquée plus haut, j’ai fait 11 ans de scoutisme à Cherisy, musique, sport.

Après le bac (littéraire en 2005) 5 mois de droit à Paris (FACO), ni le droit ni Paris ne m’ont plu (je suis un gars de la campagne). J’ai demandé à rentrer au séminaire au diocèse de Chartres et Laurent Percerou m’a proposé d’aller me former un peu pour découvrir la vie, un métier… Je suis allé faire un DUT carrières sociales option animation sociale et socio-culturelle (travailler auprès de groupes, particulièrement les marginaux en maison de quartier ou en centres sociaux) à Tourcoing. Vie pleine étudiante à Lille 2 fois par semaine les jeudis soir et le weekend. Puis en 2008 entrée au séminaire à 21 ans. Deux ans de cycle de philosophie, puis deux ans de coopération avec la DCC au Pérou dans un quartier populaire (40000 habitants) de l’Est de Lima, appelé Campoy, auprès du Père Humberto Boulanger. Retour au séminaire en 2012 pour le cycle de théologie. Je finis cette année avec le Bac canonique de théologie à la catho de Paris début Juin. Et attend ma nomination pour l’année prochaine.

 

  1. Comment vous est venu le désir de devenir prêtre ?

D’abord en voyant mon petit curé (le Père Ferdinand lorsque j’étais enfant de chœur), car malgré sa taille quand il parlait à l’homélie toute l’assemblée était pendue à ses lèvres, et il avait des supers pouvoirs, puisqu’il transformait du pain en corps et du vin en sang… Bref, un peu d’orgueil pour devenir un super héros. Ma relation à Dieu a toujours était très simple, puisque je sais pouvoir compter sur Lui tout le temps, l’engueuler, le remercier, lui demander pardon, le supplier pour ceux que j’aime…  ce que j’ai pu vivre dans le scoutisme, avec les copains, avec ma famille… Puis avec le temps je me suis aperçu (surtout pendant mes études à Lille), que quand on n’a plus rien à offrir aux plus pauvres, moi j’avais cette espérance, cette flamme brûlante qui me fait vivre et que je voulais donner… Mais en étant salarié de l’état on n’en n’a pas le droit.

Alors je suis rentré au séminaire avec la résolution de trouver au plus vite LA RAISON qui me permettrait de me dire que Dieu ne m’appelle pas là… J’ai cherché cette raison jusqu’à la 4ème année de séminaire, et lors d’une retraite jésuite, alors que je posais la question depuis le début de semaine la question au Seigneur ce qu’Il attendait de moi… le jeudi m’est venue de très profond en moi la conviction que JE voulais devenir prêtre, pas forcément LUI, mais MOI… Alors il ne me restait plus qu’à attendre la confirmation de cet appel par l’Eglise, ce qui s’est produit l’année dernière.

 

  1. Qu’est-ce qui vous attire dans la mission de prêtre ?

Énormément de choses, mais je n’ai pas les mêmes qualités que les autres, alors ce dont je sais pouvoir vivre c’est de l’Amour inconditionnel pour tout homme, quel que soit son parcours, et cet amour abîme du fait de ma petitesse est une porte ouverte pour annoncer à chacun combien Dieu, par Jésus-Christ l’aime particulièrement lui. C’est principalement cet Amour extrême que je veux annoncer, et je suis sûre que le Salut est là.

Ce qui m’attire encore c’est la proximité d’une vie cœur à cœur avec Dieu, avec la question déterminante. Puisque Dieu existe, qu’est-ce qui est plus beau, plus abouti que de Lui offrir sa vie et de se plonger en Lui : dans les rencontres des frères et sœurs, dans le service des plus pauvres, dans la fréquentation des sacrements, et donc également maintenant dans le don de ces sacrements par l’Eglise.

Ce qui m’attire dans la mission du prêtre c’est qu’elle ne fait qu’un avec sa vie, il n’y a pas deux réalités parallèles, mais une vie vécue à fond, impossible si on ne se base que sur soi-même ou si on s’isole des autres chrétiens.

 

  1. Les études sont à Orléans : comment réussissez-vous à développer des liens avec le diocèse  de Chartres ?

J’avoue que le premier cycle à Orléans a été peu propice à ces liens. Mais le service com a fait un bel effort pendant mes années au Pérou avec des photos envoyées, des nouvelles du diocèse… Aujourd’hui je sais à qui je dois ces années de formation, et quand ça devient barbant, parce que ce sont beaucoup d’heures de cours et de travail intellectuel, je me redis que ce sont mes frères et sœurs baptisés qui me permettent de faire ces études. Et puis La prière est un formidable lien qui ne souffre d’aucune distance, nous séminaristes du diocèse avons l’habitude de prier notre Dame du Sacerdoce pour ne faire qu’un et dans un seul but. Parce qu’on sait ce qu’on reçoit du diocèse. Un homme pense à donner sa vie pour les habitants de son diocèse parce qu’il sait combien il a reçu de lui. LA Foi d’abord… et tout l’accompagnement et la formation. Pour ma part depuis que j’ai 7 ans et que j’ai exprimé mon souhait de devenir prêtre.

 

  1. Vos stages comme séminariste : qu’y avez-vous appris ?

 

Plus que les lieux ce sont les visages qui marquent. Bernard Perthuis est parti il y a deux ans, je suis sûr de savoir tout ce qu’il était et que j’ai envie d’imiter. Et puis la pastorale s’apprend au contact des gens que l’on rencontre, qui sont déjà en place dans les services. Ces personnes-là sont nos premiers formateurs puisque c’est directement l’école de la vie. En plus des personnes je me suis imprégné d’une terre, et Dieu sait que la Beauce est une terre parfumée ! J’apprends à découvrir un territoire et son histoire, aujourd’hui à Châteaudun, en formation à l’hôpital, à la prison, à l’hôpital psychiatrique, en préparation baptêmes, mariages, obsèques, en aumônerie, au caté… Il est beau ce temps où nous prenons peu à peu des responsabilités, épaulés par notre curé. J’ai la chance avec Michel Boisaubert de pouvoir relire mes rencontres et activités, mes réflexions… ce qui constitue une expérience exceptionnelle qu’on m’offre.

 

  1. Quand avez-vous entendu pour la toute première fois l’appel au sacerdoce ?

 

Je n’aime pas trop le mot « appel au sacerdoce», parce que je ne crois pas que chaque jour le Seigneur ouvre son annuaire et dit : bon aujourd’hui c’est au tour de qui ??? Tiens, JB ça va lui faire les pieds… En tout cas pour moi il n’y a pas eu UN jour. Je sais que vers 7 ans, la prière personnelle pour moi se limitait à un notre père et un je vous salue marie le soir pour ne pas faire de cauchemar… Et pourtant je suis sûr que la rencontre profonde d’amour avec Dieu, avec le Christ, s’est faite aussi par-là, comme à travers les belles figures de chrétiens auprès desquelles j’ai grandi sur la paroisse.

 

  1. Quelles expériences/type de personnes vous ont aidé à discerner votre vocation ?

 

Au présent je veux bien répondre à la question, parce qu’elle est sans cesse en discernement et n’est jamais actée, elle a besoin d’un choix permanent. Voca Junior, le service des vocations du diocèse, qu’animait Laurent Percerou et une belle équipe m’a accueilli vers 11, 12 ans, juste un espace pour dire sa foi, ses questions, aucune projection, aucune pression, une belle école de liberté.

Puis c’est surement à travers le scoutisme que je me suis longtemps abreuvé à Dieu, parce que partout ailleurs j’avais honte de dire que j’étais catho.

Et enfin quelques belles figures de prêtres m’ont offert beaucoup de temps de dialogue, et aujourd’hui une équipe de vie, un accompagnateur spirituel, un référent du séminaire…

 

  1. Qu’aimez-vous dans votre diocèse ?

 

La liste va être longue mais surement moins que celle de Nico ! (Nicolas Boucée, ordonné diacre en vue du sacerdoce le 12 juin, NDLR). D’abord c’est le lieu où j’ai reçu la foi, et le baptême et ça c’est le plus beau cadeau, très sincèrement, que Dieu m’ait fait. Le diocèse, et particulièrement à Dreux m’a offert de grandir dans une diversité de populations, de cultures, de langues, de traditions, de religions, alors comment passer à côté de l’immense richesse de Dieu, et sa propre diversité ?

Les champs, je suis petit fils et neveu d’agriculteurs, et je crois avoir été touché de l’amour de cette terre, et plus encore depuis mon passage en Beauce… Sa campagne, ses étendues…

La pleine liberté qu’il m’a toujours donnée, avec Mgr Aubertin et Mgr Pansard. La générosité du diocèse pour me permettre de suivre la plus belle école de formation (humaine, spirituelle, pastorale et intellectuelle) que je souhaite à tout chrétien.

La taille petite et humaine de notre diocèse, et la possibilité de rencontrer tous les frères et sœurs sans trop de problème. Jusqu’à l’évêque se rend disponible facilement.

La magie de la Cathédrale et de son histoire.

 

  1. Comment avez-vous vécu l’annonce de votre vocation, de votre entrée au séminaire, autour de vous ?

 

Je l’ai dit trop tôt et j’ai un peu souffert au collège de l’étiquette « futur curé » alors qu’à l’époque je souhaitais simplement comme tous les ados me fondre dans la masse et qu’on ne me remarque pas.

En famille, les parents ne m’ont jamais poussé, n’ont jamais été intrusifs sur ma vie « sentimentale avec Dieu », ni aucune projection, tout en prenant mes souhaits comme ils prenaient ceux de mes frères et sœurs, avec joie mais sans pression. J’ai eu énormément de chance. Quant à une de mes grands mère, jusqu’à la fin de l’année dernière elle me répétait qu’il fallait bien que je prenne mon temps, que je n’étais pas prêtre encore 😉

Ma marraine par exemple a joué la liberté encore plus loin puisqu’à chaque étape elle m’a accompagné en m’ouvrant d’autres portes que celle du presbytérat.

Mes amis ont longtemps pensé que je n’irai pas jusqu’au bout, disant en riant que j’aimais trop la fête et les copines. Et peu à peu ils m’ont accompagné sans jamais juger alors qu’ils sont loin d’être des cathos pratiquants… Je crois qu’ils sont heureux pour moi.

 

  1. Que voudriez-vous dire à un jeune qui se pose la question de son appel au sacerdoce ?

 

Regarde combien Dieu t’aime, et combien Il aime chacune des personnes qui sont autour de toi. Si tu veux vivre de cet Amour pour Dieu et pour les autres fonce, et cherche sans t’arrêter, quitte à faire des bêtises. Et ne crois jamais que l’appel que tu ressens fait de toi un chrétien meilleur que les autres, mais est une manière d’aimer qui t’est propre.

 

  1. Que voudriez-vous dire aux paroissiens, aux diocésains, au sujet des séminaristes ?

 

D’abord et presque Uniquement MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII, pour votre prière, pour vos conseils, votre accompagnement, vos propres missions ecclésiales qui nous font dire que nous ne serons pas tout seul demain… Et de nous permettre de vivre cette aventure avec Dieu, en nous laissant tant de temps et d’occasions de réflexion sur notre propre vie… Nous avons une chance unique. Quelle autre branche de formation de près de 10 ans peut se vanter de ne demander aucun effort financier à l’étudiant et de lui permettre de se désengager jusqu’à l’avant dernière année, usant de tout ce temps pour discerner ???

 

Continuons avec le témoignage de Nicolas Boucée

 ordination diaconale

  1. Quand as-tu entendu pour la toute première fois l’appel au sacerdoce ?

En retraite de profession de foi au cours d’une discussion avec l’aumônier du collège.

 

  1. Quelles expériences t’ont aidé à discerner ta vocation ?

Pèlerinage à Lourdes après ma profession de foi (cadeau), le service de l’autel, j’ai eu une expérience de 2 ans comme catéchiste à Tréon.

  1. Parle-nous de ton attachement à la cathédrale.

Je risque d’être un peu long… Il suffit de demander aux séminaristes qui me rendent visite, ils s’amusent à compter le nombre de représentation de la cathédrale que j’ai dans ma chambre !

  1. Qu’aimes-tu dans ton diocèse ?

Tout et tous !

  1. Comment as-tu vécu l’annonce de ta vocation, de ton entrée au séminaire, autour de toi ?

Assez bien, je suis assez libre, je n’ai pas eu peur d’affirmer ce que je comptais faire de ma vie. Il s’agit de ma vie. Je n’ai pas eu de pression familiale (sont catho de tradition). Indifférence pour mon père et petite incompréhension pour ma mère. Mais ils acceptent car il s’agit de ma vie et ils ne veulent que mon bonheur. Ils voient que je suis heureux sur le chemin.  Pour mes amis : pas du tout étonné.

 

  1. Quelles études as-tu faites en dehors du séminaire ? as-tu travaillé avant d’entrer au séminaire ?

J’ai fait un BTS par correspondance dans le Sanitaire et social. J’ai travaillé tous les étés de mes 16 ans à 21 ans. Cela va du ramassage d’haricots verts, mise en rayon dans une grande surface, animateur centre aéré, travail dans une exploitation agricole qui cultive le tabac. Puis 2 stages au cours de mes années BTS : Sécurité sociale et établissement privé de service à la personne.

 

  1. Tes stages comme séminariste : les lieux, ce que cela t’a apporté/appris.

Paroisse de la Trinité sur le Chemin de Saint Jacques (2013-2015) , Paroisse Saint Lubin du Perche (2015-2017). Les lieux d’insertion m’ont permis de découvrir les diverses réalités de notre diocèse.

 

  1. Que voudrais-tu dire à un jeune qui se pose la question de son appel au sacerdoce ?

« Prie et le ciel t’aidera »… Parles-en à un prêtre pour qu’il t’aide et t’oriente. Je reprends les mots de Benoît XVI : « N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la vraie vie ». Discours lors de la messe inaugurale de son pontificat.

 

  1. Que voudrais-tu dire aux paroissiens, aux diocésains, au sujet des séminaristes ?

Un grand merci car c’est vous qui financez nos études. Un grand merci pour vos prières. Un grand nombre ne savent pas que nous sommes 7 en formation pour le diocèse de Chartres.

 

Ces ordinations sont l’occasion de relire des extraits de ce texte de la Congrégation pour le clergé du 19 mars 1999, adressée aux ministres ordonnés

“LE PRETRE, MAITRE DE LA PAROLE,

MINISTRE DES SACREMENTS

ET GUIDE DE LA COMMUNAUTÉ EN VUE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE CHRÉTIEN”

INTRODUCTION

Étant née et s’étant développée sur le terrain fertile de la grande tradition catholique, la doctrine qui décrit le prêtre comme maître de la Parole, ministre des sacrements et guide de la communauté chrétienne qui lui est confiée, constitue un chemin de réflexion sur son identité et sur sa mission au sein de l’Église. Toujours identique, mais toujours nouvelle, cette doctrine a besoin d’être méditée aujourd’hui encore avec foi et espérance, en vue de la nouvelle évangélisation à laquelle le Saint-Esprit appelle tous les fidèles à travers la personne et l’autorité du Saint-Père. (…)

Chapitre I AU SERVICE DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

“Je vous ai choisis et établis pour que vous alliez” (Jn 15, 16) (…)

  1. Le rôle nécessaire et irremplaçable des prêtres

Bien que les pasteurs sachent ” qu’ils n’ont pas été institués par le Christ pour assumer à eux seuls tout l’ensemble de la mission salutaire de l’Eglise à l’égard du monde “, ils remplissent un rôle évangélisateur absolument irremplaçable. L’exigence d’une nouvelle évangélisation rend donc pressante la nécessité de trouver une approche de l’exercice du ministère sacerdotal qui corresponde à la situation actuelle, qui l’imprègne de dynamisme et le rende capable de répondre d’une manière adéquate aux circonstances dans lesquelles il doit s’accomplir. Cependant, cela doit se faire en se tournant toujours vers le Christ, notre unique modèle, sans que les conditions de notre époque détournent notre regard de l’objectif final. En effet, ce ne sont pas seulement les circonstances socioculturelles qui doivent nous pousser à un renouveau pastoral valable, mais surtout l’amour ardent du Christ et de son Eglise.

Le but de tous nos efforts n’est autre que le Règne définitif du Christ, la récapitulation en lui de toutes les choses créées. Ce but ne pourra être atteint qu’à la fin des temps, mais dès aujourd’hui ce Règne est présent à travers l’Esprit vivifiant, par lequel Jésus-Christ a constitué son Corps, qui est l’Eglise, comme sacrement universel du salut.

Le Christ, Tête de l’Eglise et Seigneur de toute la création, continue d’agir de façon salvifique parmi les hommes et c’est précisément dans ce cadre d’action que le sacerdoce ministériel trouve sa juste place. Pour attirer tous les hommes à lui (cf. Jn 12, 32), le Christ requiert la participation spéciale de ses prêtres. Nous sommes ici en présence d’un dessein divin (la volonté de Dieu d’impliquer l’Eglise et ses ministres dans l’œuvre de la rédemption), qui peut certes être clairement attesté du point de vue de la doctrine de la foi et de la théologie, mais qui présente de nombreuses difficultés pour être accepté par les hommes de notre temps. De fait, aujourd’hui beaucoup contestent la médiation sacramentelle et la structure hiérarchique de l’Eglise; ils s’interrogent sur sa nécessité et sa motivation.

Comme la vie du Christ, celle du prêtre aussi doit être une vie consacrée, en son nom, à l’annonce autorisée de la volonté aimante du Père (cf. Jn 17, 4; He 10, 7-10). Tel fut le comportement du Messie: les années de sa vie publique furent dédiées à ” faire et à enseigner ” (Ac 1, 1), en prêchant en homme qui a autorité (cf. Mt 7, 29). Cette autorité lui venait, certainement et en premier lieu, de sa condition divine, mais aussi, aux yeux des gens, de sa façon d’agir sincère, sainte et parfaite. De même, le prêtre doit associer à l’autorité spirituelle objective, qu’il possède en vertu de son ordination sacrée, l’autorité subjective provenant de sa vie sincère et sanctifiée, de sa charité pastorale, manifestation de la charité du Christ. L’exhortation que saint Grégoire le Grand adressait à ses prêtres n’a rien perdu de son actualité: ” Il faut qu’il [le pasteur] soit pur de pensée, exemplaire dans l’action, discret dans son silence, utile par sa parole; qu’il soit proche de chacun par sa compassion et qu’il soit, plus que tous, dédié à la contemplation; qu’il soit l’humble allié de qui fait le bien mais, par son zèle pour la justice, qu’il soit inflexible contre les vices des pécheurs; qu’il ne délaisse pas le soin de sa vie intérieure dans ses occupations extérieures, ni ne néglige de pourvoir aux nécessités extérieures pour la sollicitude du bien intérieur “.

(…)

Chapitre II MAÎTRES DE LA PAROLE

” Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création ” (Mc 16, 15)

  1. Les prêtres, maîtres de la Parole ” nomine Christi et nomine Ecclesiae “

Un bon point de départ pour une compréhension correcte du ministère pastoral de la Parole est de considérer la Révélation de Dieu en elle-même. ” Dans cette Révélation le Dieu invisible (cf. Col 1, 15; 1 Tm 1, 17) s’adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu’à des amis (cf. Ex 33, 11; Jn 15, 14-15), il s’entretient avec eux (cf. Ba 3, 38) pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie “. Dans l’Ecriture, l’annonce du Royaume parle non seulement de la gloire de Dieu, mais elle la fait jaillir de l’annonce elle-même. L’Evangile prêché dans l’Eglise n’est pas seulement un message, mais une action divine et salutaire dont font l’expérience ceux qui croient, qui entendent, qui obéissent au message et qui l’accueillent.

Par conséquent, la Révélation ne se limite pas à nous instruire sur la nature de ce Dieu qui vit dans une lumière inaccessible, mais elle nous informe aussi sur ce que Dieu fait pour nous par la grâce. Rendue présente, actualisée ” dans ” et ” par ” l’Eglise, la Parole révélée est un instrument par lequel le Christ agit en nous par son Esprit. Elle est à la fois jugement et grâce. Dans l’écoute de la Parole, la confrontation actuelle avec Dieu lui-même interpelle le cœur des hommes et requiert une décision qui ne se résout pas au niveau de la seule connaissance intellectuelle, mais qui exige la conversion du cœur.

” Les prêtres, comme coopérateurs des évêques, ont pour premier devoir d’annoncer l’Evangile de Dieu à tous les hommes; ainsi (…) ils font naître et grandir le peuple de Dieu “. C’est précisément parce que la prédication de la Parole n’est pas la simple transmission intellectuelle d’un message, mais ” force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit ” (Rm 1, 16), accompli une fois pour toutes dans le Christ, que son annonce dans l’Eglise requiert, chez les prédicateurs, un fondement surnaturel garantissant son authenticité et son efficacité. La prédication de la parole par les ministres sacrés participe, en un certain sens, du caractère salvifique de la Parole elle-même, non par le simple fait qu’ils parlent du Christ, mais bien parce qu’ils annoncent l’Evangile à leurs auditeurs, avec ce pouvoir d’interpeller qui provient de leur participation à la consécration et à la mission du Verbe de Dieu incarné. Ces paroles du Seigneur retentissent encore à l’oreille des ministres: ” Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette ” (Lc 10, 16) et ceux-ci peuvent dire avec saint Paul: ” Nous n’avons pas reçu, nous, l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits. Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par l’humaine sagesse, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles ” (1 Co 2, 12-13).

CHAPITRE III

MINISTRES DES SACREMENTS

” Serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu ” (1 Co 4, 1)

  1. ” In persona Christi Capitis “

” La mission de l’Eglise ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint, mais elle en est le sacrement: par tout son être et dans tous ses membres elle est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre le mystère de la communion de la Sainte Trinité “. Cette dimension sacramentelle de l’ensemble de la mission de l’Eglise jaillit de son être même, comme réalité à la fois ” humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère “. Dans ce contexte de l’Eglise, ” sacrement universel du salut “, dans lequel le Christ ” manifeste et actualise tout à la fois le mystère de l’amour de Dieu pour l’homme “, les sacrements, en tant que moments privilégiés de la communication de la vie divine à l’homme, se trouvent au centre du ministère des prêtres. Ceux-ci sont bien conscients d’être des instruments vivants du Christ Prêtre. Leur fonction est le propre d’hommes habilités par le caractère sacramentel à seconder l’action de Dieu en participant de l’efficacité de l’instrument.

La configuration au Christ à travers la consécration sacramentelle place le prêtre au sein du Peuple de Dieu, le faisant participer à sa manière propre, et en conformité avec la structure organique de la communauté ecclésiale, au triple munus Christi. En agissant in persona Christi Capitis, le prêtre guide le Peuple de Dieu en le conduisant vers la sainteté. Cela fait ressortir la ” nécessité du témoignage de la foi de la part du prêtre dans toute sa vie, mais surtout dans la façon d’apprécier et de célébrer les sacrements “. Il faut tenir compte de la doctrine classique, reprise par le Concile œcuménique Vatican II, selon laquelle ” tout en étant vrai que la grâce de Dieu peut aussi réaliser l’œuvre du salut à travers des ministres indignes, il n’en est pas moins vrai que Dieu, d’ordinaire, préfère manifester ses grandeurs à travers ceux qui, étant plus dociles aux élans et à la direction de l’Esprit Saint, peuvent dire avec l’Apôtre, grâce à leur union intime avec le Christ et à leur sainteté de vie: “Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi” (Ga 2, 20) “.

  1. Ministres de l’Eucharistie: ” le centre même du ministère sacerdotal “

” “Amis”: c’est ainsi que Jésus appela les Apôtres. C’est ainsi qu’il veut nous appeler, nous qui, grâce au sacrement de l’Ordre, participons à son sacerdoce. (…) Jésus pouvait-il nous exprimer son amitié de façon plus éloquente qu’en nous permettant, comme prêtres de la Nouvelle Alliance, d’agir en son nom, in persona Christi Capitis? C’est précisément ce qui se produit dans tout notre service sacerdotal, quand nous administrons les sacrements et spécialement quand nous célébrons l’Eucharistie. Nous redisons les paroles qu’il prononça sur le pain et le vin et, par notre ministère, s’accomplit la même consécration que celle qu’il accomplit. Peut-il y avoir une expression de l’amitié plus complète que celle-là? Elle se situe au centre même de notre ministère sacerdotal “.

La nouvelle évangélisation doit aussi signifier pour les fidèles une nouvelle lumière quant au caractère central du sacrement de l’Eucharistie, sommet de toute la vie chrétienne. D’une part, parce que ” aucune communauté chrétienne ne peut se construire sans trouver sa racine et son pivot dans la célébration de l’Eucharistie “, mais aussi parce que ” les sacrements, ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques, sont tous étroitement liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Eglise “.

Dans le ministère pastoral, elle constitue aussi un objectif. Pour en retirer des fruits, les fidèles doivent être préparés. Si, d’une part, on fomente chez eux la ” digne, attentive et fructueuse ” participation à la liturgie, il est absolument nécessaire, d’autre part, de les rendre conscients qu’ils sont de la sorte ” invités et conduits à offrir, en union avec Lui, leur propre vie, leur travail, toute la création. (Car) l’Eucharistie est bien la source et le sommet de toute évangélisation “. C’est là une vérité dont découlent de nombreuses conséquences pastorales.

Il est fondamental de former les fidèles à ce qui constitue l’essence du saint Sacrifice de l’Autel, et d’encourager leur participation fructueuse à l’Eucharistie. Il est également nécessaire d’insister, sans jamais se lasser et sans crainte, sur l’obligation de suivre le précepte dominical et sur le bienfait d’une participation fréquente, si possible même quotidienne, à la célébration de la messe et à la communion eucharistique. Il faut rappeler le grave devoir de recevoir le Corps du Christ selon les conditions spirituelles et corporelles requises, et donc de commencer par la confession sacramentelle individuelle si l’on a conscience de ne pas être en état de grâce. L’épanouissement de la vie chrétienne dans chaque Eglise particulière et dans toute communauté paroissiale dépend en grande partie de la redécouverte du grand don de l’Eucharistie, dans un esprit de foi et d’adoration. Si, dans l’enseignement doctrinal, dans la prédication et dans la vie, on ne parvient pas à manifester l’union entre vie quotidienne et Eucharistie, la fréquentation eucharistique finit par être négligée.

À cet égard aussi l’exemplarité du prêtre célébrant est fondamentale: ” Bien célébrer, c’est une première et importante catéchèse sur le saint Sacrifice “.

  1. Ministres de la Réconciliation avec Dieu et avec l’Eglise

Dans un monde où le sens du péché a en grande partie tendance à disparaître, il est nécessaire de rappeler avec insistance que c’est précisément le manque d’amour envers Dieu qui empêche de percevoir la réalité du péché dans toute sa malice. L’amorce de la conversion, non seulement comme acte intérieur momentané, mais comme disposition stable, part de la connaissance authentique de l’amour miséricordieux de Dieu. ” Ceux qui arrivent à connaître Dieu ainsi, ceux qui le “voient” ainsi, ne peuvent pas vivre autrement qu’en se convertissant à lui continuellement. Ils vivent donc “en état de conversion” “. La pénitence se trouve alors comme un patrimoine stable dans la vie ecclésiale des baptisés, caractérisée toutefois par l’espérance du pardon: ” Vous qui jadis n’obteniez pas miséricorde, vous avez maintenant obtenu miséricorde ” (1 P 2, 10). (…)

Chapitre IV

PASTEURS AIMANTS DU TROUPEAU QUI LEUR EST CONFIÉ

” Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ” (Jn 10, 11)

  1. Avec le Christ pour incarner et répandre la miséricorde du Père

” L’Eglise vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est dépositaire et dispensatrice “. Cette réalité distingue d’une manière essentielle l’Eglise de toutes les autres institutions agissant en faveur des hommes et qui, bien que pouvant jouer un grand rôle de solidarité et de philanthropie, parfois même empreint d’esprit religieux, ne pourraient jamais se présenter à elles seules comme dispensatrices effectives de la miséricorde de Dieu. Face à un concept sécularisé de la miséricorde, qui ne parvient pas à transformer l’intérieur de l’homme, la miséricorde de Dieu offerte dans l’Eglise se présente à la fois comme pardon et comme médecine salutaire. Pour qu’elle agisse efficacement sur l’homme, celui-ci doit accepter la vérité tout entière sur son être, sur son action et sur sa faute. D’où la nécessité du repentir qui rend urgent de relier l’annonce de la miséricorde à la vérité dans sa plénitude. Ces affirmations revêtent une grande importance en ce qui concerne les prêtres, appelés dans l’Eglise et par l’Eglise, avec une vocation singulière, à dévoiler et, en même temps, à mettre en œuvre le mystère de l’amour du Père à travers leur ministère, vécu ” selon la vérité dans la charité ” (Ep 4, 15) et docile aux mouvements de l’Esprit Saint.

La rencontre avec la miséricorde de Dieu advient dans le Christ en tant que manifestation de l’amour paternel de Dieu. C’est précisément en révélant aux hommes son rôle messianique (cf. Lc 4, 18) que le Christ se présente comme miséricorde du Père envers tous les nécessiteux, spécialement à l’égard des pécheurs qui ont besoin de pardon et de paix intérieure. ” C’est surtout à l’égard de ces hommes que le Messie devient un signe particulièrement lisible du fait que Dieu est amour; il devient un signe du Père. Dans ce signe visible, les hommes de notre époque, tout comme ceux d’alors, peuvent aussi voir le Père “. Dieu qui ” est amour ” (1 Jn 4, 16) ne peut se révéler sinon comme miséricorde. Le Père a voulu s’impliquer par amour à travers le sacrifice de son Fils dans le drame du salut des hommes.

Si, dans la prédication du Christ, la miséricorde acquiert déjà des traits impressionnants qui surpassent toute réalisation humaine — comme le fait ressortir la parabole du fils prodigue (cf. Lc 15, 11-32) — c’est dans le sacrifice de lui-même sur la croix qu’elle se manifeste tout particulièrement. Le Christ crucifié est la révélation radicale de la miséricorde du Père, ” c’est-à-dire de l’amour qui s’oppose à ce qui constitue la racine même du mal dans l’histoire, le péché et la mort “. La tradition spirituelle chrétienne a vu dans le Cœur Très Saint de Jésus, qui attire à lui les cœurs sacerdotaux, une synthèse profonde et mystérieuse de la miséricorde infinie du Père. (…)

  1. ” Sacerdos et hostia “

La nature de don est essentielle à la miséricorde authentique. Elle doit être accueillie comme un don immérité, offert gratuitement, qui ne provient pas de ses propres mérites. Cette libéralité s’insère dans le dessein salvifique du Père car ” en ceci consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés ” (1 Jn 4, 10). Or, c’est précisément dans ce contexte que le ministère ordonné trouve sa raison d’être. Personne ne peut se conférer la grâce: celle-ci doit être donnée et reçue. Cela suppose qu’il y ait des ministres de la grâce, autorisés et habilités par le Christ. La tradition de l’Eglise appelle ” sacrement ” le ministère ordonné à travers lequel les envoyés du Christ accomplissent et offrent comme don de Dieu ce qu’ils ne peuvent ni accomplir ni offrir par eux-mêmes.

Les prêtres doivent donc se considérer comme des signes vivants et porteurs de la miséricorde, qu’ils n’offrent pas comme étant leur, mais comme un don de Dieu. Bien plus, ils sont des serviteurs de l’amour de Dieu pour les hommes, des ministres de la miséricorde. La volonté de service s’insère dans l’exercice du ministère sacerdotal comme élément essentiel qui, à son tour, exige aussi du sujet la disposition morale correspondante. Le prêtre rend Jésus présent aux hommes, lui le pasteur qui ” n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ” (Mt 20, 28). Le prêtre sert en premier lieu le Christ, mais d’une façon qui passe nécessairement par (…)

Le rappel à devenir hostia avec Jésus est également à la base de la cohérence de l’engagement au célibat que comporte le ministère sacerdotal en faveur de l’Eglise. Il s’agit de l’incorporation du prêtre au sacrifice dans lequel ” le Christ a aimé l’Eglise: il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier ” (Ep 5, 25-26). Le prêtre est appelé à être ” l’image vivante de Jésus-Christ, Epoux de l’Eglise “, en faisant de sa vie tout entière une oblation en faveur d’elle. ” Le célibat sacerdotal alors, est don de soi dans et avec le Christ à son Eglise, et il exprime le service rendu par le prêtre à l’Eglise dans et avec le Seigneur “.

 (…)

 

CONCLUSION

” La nouvelle évangélisation a besoin de nouveaux évangélisateurs, et ceux-ci sont les prêtres qui s’engagent à vivre leur sacerdoce comme un chemin spécifique de sainteté “.  Pour qu’il en soit ainsi, il est fondamental que chaque prêtre redécouvre quotidiennement l’absolue nécessité de sa sainteté personnelle. ” Il faut commencer par se purifier soi-même avant de purifier les autres; il faut être instruit pour pouvoir instruire; il faut devenir lumière pour éclairer, se rapprocher de Dieu pour faire en sorte que les autres se rapprochent de lui, être sanctifié pour sanctifier “. Cet effort se concrétise dans la recherche d’une profonde unité de vie qui conduit le prêtre à essayer d’être et de vivre comme un autre Christ dans toutes les circonstances de sa vie.

Les fidèles de la paroisse, ou ceux qui participent aux diverses activités pastorales, voient — ils observent! — et entendent — ils écoutent! — non seulement quand la Parole de Dieu est prêchée, mais aussi quand les différents actes liturgiques sont célébrés, en particulier la sainte messe; quand ils se rendent au bureau paroissial où ils s’attendent à être reçus de façon accueillante et aimable; quand ils voient le prêtre qui mange ou se repose et qu’ils demeurent édifiés par son exemple de sobriété et de tempérance; quand ils vont le trouver chez lui et se réjouissent de la simplicité et de la pauvreté sacerdotales dans lesquelles il vit; quand ils le voient revêtir son habit propre de manière adaptée, ordonnée et complète; quand ils parlent avec lui, même des sujets les plus communs, et qu’ils se sentent confortés en constatant sa vision surnaturelle des choses, sa délicatesse et le style humain avec lequel il traite les personnes — même les plus humbles — avec une noblesse sacerdotale authentique. ” La grâce et la charité de l’autel s’étendent ainsi à l’ambon, au confessionnal, aux archives paroissiales, à l’école, au patronage, dans les maisons et dans les rues, aux hôpitaux, aux moyens de transport et de communication sociale, partout où le prêtre a la possibilité d’accomplir sa tâche de pasteur: dans tous les cas, c’est sa moisson qui s’étend, c’est son union spirituelle avec le Christ Prêtre et Hostie qui le conduit à être — comme disait saint Ignace d’Antioche — froment de Dieu pour être trouvé “pain pur du Christ” (cf. Epist. ad Romanos, IV, 1) pour le bien des frères “.

De cette façon, le prêtre du troisième millénaire permettra que se reproduise de nos jours la réaction des disciples d’Emmaüs qui, après avoir écouté de Jésus, le Divin Maître, l’explication de la Bible, ne peuvent s’empêcher de se demander admiratifs: ” Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Ecritures? ” (Lc 24, 32).

Nous devons nous offrir, nous les pasteurs, à la Reine et Mère de l’Eglise, afin qu’en union avec les intentions du Vicaire du Christ nous sachions découvrir les façons de faire jaillir chez tous les prêtres de l’Eglise un désir sincère de renouveau dans leur fonction de maîtres de la Parole, de ministres des sacrements et de guides de la communauté. Nous demandons à la Reine de l’Evangélisation que l’Eglise d’aujourd’hui sache redécouvrir les chemins que la miséricorde du Père, dans le Christ, par l’Esprit, a préparés depuis toute éternité pour attirer aussi les hommes de notre époque à la communion avec lui.

Rome, Palais des Congrégations, le 19 mars 1999, solennité de S. Joseph,

Patron de l’Eglise universelle.

 

Vous pouvez retrouver l’intégralité de ce texte sur le lien suivant :

 

http://www.clerus.org/clerus/dati/1999-07/17-999999/francese.htm

 

 

Enfin, nous vous proposons cette prière pour les prêtres

 

Prenez vos prêtres, ô mon Dieu,
pleinement, entièrement,
pour aider à accomplir
tout ce que vous voulez d’eux.

Conduisez-les en tout et pour tout.
O mon Dieu, soyez leur force.
O mon Dieu, que toutes leurs actions,
les plus importantes,
les plus minimes,
leur viennent de vous,
dépendent de vous
et s’adressent à vous.
Qu’elles soient toutes pour vous,
ô mon Dieu, pour vous glorifier,
pour vous aimer
et vous faire aimer.

Prière du jeudi

Chers amis, nous vous proposons de prier ensemble le jeudi soir en disant ceci :

« Seigneur, nous Te rendons grâce pour la jeunesse, pour son dynamisme, son entrain, son désir d’universalité. Nous Te rendons grâce pour la jeunesse qui peut changer le monde. Nous Te confions particulièrement les jeunes prêtres de notre diocèse et les séminaristes. Accorde-leur des grâces de joie et de fraternité dans le service de ton Evangile.  Amen »

En union de prières avec vous tous, fraternellement

Sophie et François-Xavier Pinet

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