L’option préférentielle pour les pauvres

L’option préférentielle pour les pauvres

La question de la pauvreté, et de l’option préférentielle pour les pauvres, est un thème transversal aux trois chantiers de la démarche synodale

pauvre synode synodale

Mercredi 18 octobre 2017, 20h30 à la Visitation à Chartres (pour tous)

Marcel Remon, jésuite, directeur du CERAS, viendra nous préciser en quoi consiste cet appel fait à notre conscience de croyant.

L’option préférentielle pour les pauvres a été pleinement intégrée à l’enseignement social de l’Eglise par saint Jean Paul II. Elle plonge ses racines au cœur même de la foi au Christ et concerne tous les croyants. Elle est inséparablement l’expression de la justice et de la charité au sein des relations personnelles et sociétales. Le pape François nous rappelle dans La Joie de l’Evangile que c’est « la mise en oeuvre du commandement majeur du Seigneur ». « Il s’agit de mettre l’Eglise en mouvement de sortie de soi, de mission centrée en Jésus Christ, d’engagement envers les pauvres »… Il ne s’agit pas d’une mission réservée à quelques uns »… « C’est de notre foi que découle la préoccupation pour le développement intégral des plus abandonnés de la société ».

 

Un thème transversal aux 3 chantiers de la démarche synodale

Que signifie l’expression “option préférentielle pour les pauvres” ?

SOURCE

Cette expression est d’origine latino-américaine. Elle vient en premier lieu du courant de la “théologie de la libération”. Mais que signifie vraiment ce terme et qui sont les pauvres ,

Cette expression est notamment issue des réflexions, dans les années 1960-1970, de la Conférence Episcopale d’Amérique Latine et des Caraïbes qui a beaucoup travaillé à donner une priorité aux milieux sociaux les plus pauvres et les plus nécessiteux. Cette expression a  été intégrée officiellement à l’enseignement social de l’Eglise par le Pape Jean-Paul II.

En 1962, peu avant l’ouverture du Concile Vatican II, le Pape Jean XXIII avait déclaré que : “L’Eglise se présente telle qu’elle est et veut être : l’Eglise de tous et particulièrement l’Eglise des pauvres”. L’expression “option prioritaire pour les pauvres”, qui nous vient du continent latino-américain, manifeste justement l’engagement de l’Eglise en faveur des pauvres. Dans les années 1960, l’Amérique latine était profondément marquée par la présence massive des pauvres. C’est l’époque où sévissaient de nombreuses dictatures qui utilisaient des méthodes répressives à l’égard des mouvements populaires. C’est dans ce contexte que les chrétiens se sont mis à penser la foi chrétienne en l’articulant à une pratique sociale et politique qui favorise la libération des pauvres.

Communautés de base

La Bible est-même était lue et relue à partir de la situation des pauvres. Dans les villages et quartiers peuplés de pauvres, se mettent en place les “Communautés Ecclésiales de Base” (CEB). Au sein de ces communautés, l’annonce de l’Evangile, la célébration de l’Eucharistie et les attitudes de vie se rejoignent dans un témoignage communautaire. La priorité est donnée à l’accompagnement des couches sociales les plus démunis dans la prise en charge de toute leur vie. L’option pour les pauvres est ainsi prise.

Mais qui sont les pauvres ? Si on regarde dans les textes majeurs de l’Eglise, on trouve de nombreux éléments, de nombreuses références, qui précisent que les pauvres sont ceux qui souffrent de conditions inhumaines en matière d’alimentation, de logement, d’accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi et aux libertés de base. Il s’agit d’une privation grave de biens matériels, sociaux, culturels. Une privation qui porte atteinte à la dignité de la personne. Et comme la pauvreté comporte de multiples dimensions, sont considérés comme pauvres par l’Eglise, tous ceux qui sont opprimés, les marginaux, les personnes âgées, les malades, les petits, tous ceux qui sont traités comme les “derniers” dans nos sociétés. La pauvreté ne se limite donc pas à la pauvreté matérielle.

Pas de rejet des riches

Il y a aussi la pauvreté relationnelle, la pauvreté morale et spirituelle. En fonction des circonstances et des lieux, seront nommés aussi pauvres, les femmes victimes de discrimination et de violence, les enfants, les sans-terres, les sans-abri, les migrants, les réfugiés, les minorités ethniques, etc. Ce qui justifie cette option prioritaire pour les pauvres est lié au cœur même de la foi chrétienne, qui invite le chrétien à imiter la vie du Christ. En effet, Jésus-Christ s’est identifié d’une façon spéciale aux plus pauvres (Cf. Matthieu 25, 40).

Dans la personne des pauvres, il y a une présence spéciale du Fils de Dieu qui impose à l’Eglise une option préférentielle pour eux. Cette option n’implique pas un rejet de ceux qui ne seraient pas pauvres. Il s’agit seulement de se rendre compte que les pauvres ont la première place dans les préoccupations des croyants. C’est une option qui s’étend au vaste champ de nos responsabilités sociales et concerne les décisions que nous prenons au sujet de l’usage des biens. C’est dire combien, nous avons à travailler pour changer les structures économiques et sociales qui favorisent la pauvreté. Car, finalement, l’option pour les pauvres est l’expression de la justice et de la charité au sein des relations entre les hommes dans la société. Donc, d’origine latino-américaine, l’option préférentielle pour les pauvres est l’affaire de tous !

P. Jean-Paul Sagadou, assomptionniste, 2012, article paru dans le quotidien burkinabè l’Observateur Paalga
Croire.com

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