Message 105,  Mgr Philippe Christory, Vendredi 22 janvier 2021

 » Le règne de Dieu est tout proche. »

« Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage. » (1Jn 1,2) Comment avons-nous commencé l’année 2021 ? Nous nous sommes souhaités de bons vœux, il y a quelques jours maintenant, mais en quoi nous sommes-nous mis en route ? J’ai commencé à vous parler de l’eucharistie comme notre source et le sommet de notre vie en Christ. La messe est pourtant si souvent considérée comme non nécessaire à de nombreux baptisés. Regardons les catéchumènes : ils découvrent, avec émerveillement, ce si beau sacrement, et témoignent de leur désir d’y assister.

Comment approfondir notre compréhension de ce sacrement si précieux ?

Le Concile Vatican II exprime en une belle phrase toute sa valeur : « sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné. » (Sacrosanctum Concilium 47) Puisque c’est un sacrement, cela signifie que l’eucharistie est un signe visible qui dévoile et communique une réalité plus profonde, invisible à nos yeux, et pourtant bien réelle : la présence de Jésus-Christ qui s’offre en sacrifice pour nous sauver de tout mal et du péché du monde. Le péché du monde, c’est l’influence sur nos personnes de toutes les structures de péché, de la force du mensonge et des œuvres du Malin, des propositions mondaines qui nous éloignent de l’Amour de Dieu. En effet, chacun de nous est fragile, blessé dans sa nature humaine depuis le péché originel, c’est-à-dire à cause de la désobéissance envers Dieu. Nous nous défions de Dieu, car notre vision est trompée et nous nous imaginons libres sans lui. Or il est la source de l’Amour, il est l’Amour. L’Amour vrai est le chemin de la liberté. C’est pourquoi chaque messe devient le signe de l’Amour qui se fait proche par Jésus que nous recevons en chaque communion. Le Concile dit que l’Eucharistie suscite notre unité. C’est le lien de la charité, car la charité est l’échange d’Amour entre nous, inspiré par l’Esprit Saint. Alors l’âme, qui est le souffle de Dieu mis en nous dès l’origine, est comblée. Vivre l’eucharistie en pleine conscience nous transporte vers la joie parfaite. Le voile qui nous sépare du Ciel s’entrouvre pour nous faire goûter ce que sera l’intimité divine. Nos frères et sœurs orthodoxes parlent facilement de l’eucharistie comme de l’antichambre du Ciel ou encore comme la prémisse de la béatitude éternelle. Là, nous anticipons la vie éternelle quand Dieu sera « tout en tous. » (1Co 15,28)

Il est vrai que pour mieux en prendre conscience, il y a encore un effort à faire pour que nos liturgies soient magnifiques. Sommes-nous au Ciel quand nous prions et chantons à la messe ? Ou parfois, n’y a-t-il pas un petit goût de purgatoire ? Chacun fait quelques efforts mais la vraie remise en cause est exigeante car elle déstabilise souvent le zèle de certains, qui se sont habitués à « leur » liturgie. Osons-nous nous remettre en question ! Par exemple, pourquoi ne pas aller en équipe pastorale dans notre église locale pour regarder attentivement tout ce qui pourrait être transformé en vue de cette beauté : mettre de beaux cierges sur tous les autels et les allumer aux messes dominicales, utiliser des tissus de belle qualité, changer les tapis souvent vieux et poussiéreux, faire briller les boiseries avec une bonne cire, ranger ces fonds d’église où l’on trouve de vieilles affiches que personne ne lit jamais et parfois un entassement de chaises où plus personne n’ose s’asseoir, installer une jolie table d’accueil recouverte d’une nappe propre, disposer les documents utiles et jeter les autres, mettre à l’entrée un grand bouquet de fleurs et quelques bougies allumées sans oublier notre flacon de gel hydroalcoolique. Pour la liturgie, ne pourrait-on pas acheter des vêtements liturgiques longs et beaux, ou les fabriquer dans un beau tissu damassé ? Nous pourrions nous demander quelle impression ont les personnes qui arrivent pour la première fois. Quel regard ont-elles sur la maison commune ? Comment voient-elles ce qui valorise l’eucharistie ou dévalorise ? Rappelez-vous l’exigence du saint Curé d’Ars qui, bien que vivant lui-même si pauvrement, disait que rien n’est trop beau pour Dieu, et qui se plaignait que les soieries lyonnaises n’étaient pas assez belles pour confectionner ses chasubles !

L’eucharistie est « le sommet et la source de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11) Cela veut dire que les autres sacrements sont ordonnés à elle, qu’ils trouvent leur force dans la vie eucharistique du chrétien. Le mariage chrétien ne peut être compris sans une relation dominicale avec l’eucharistie. C’est l’oxygène pour l’amour conjugal. C’est pourquoi s’en priver c’est prendre le risque de l’apnée pour se retrouver sans souffle, prêt à suffoquer.

Le vocabulaire que nous utilisons a son importance. Nous parlons de sacrifice eucharistique. Un sacrifice est pour nous un effort, un fait difficile et douloureux, qui ôte de notre vie quelque chose. Quand nous disons que nous nous sacrifions pour une personne, nous voulons dire que nous nous oublions pour être tout à celle-ci. Mais le sens originel est de rendre sacré ou de faire sacré. Un sacrifice transforme ce qui est sacrifié pour le rendre digne de Dieu, pour lui offrir le meilleur. Qui se sacrifie lors de la messe ? C’est Jésus-Christ lui-même. Jésus venu parmi nous enseigner et faire du bien partout où il passait accepta sa passion et offrit lui-même sa vie sur la croix : « ma vie personne ne me la prend, c’est moi qui la donne. » (Jn 10,8) Il devenait le nouvel agneau pascal, celui dont le sang n’est plus étalé sur les montants des portes comme en Égypte avant la sortie du peuple hébreu, mais sur le bois de la croix. Jésus agneau prit sur lui la faute du peuple et nos propres fautes pour nous ramener de la mort à la vie, de l’esclavage à la liberté.

L’eucharistie est aussi le repas du Seigneur. C’est avant sa passion qu’il réunit ses disciples et lors du repas du soir, présenta le pain en disant « prenez et mangez en tous, ceci est mon corps » et « « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. » (Mt 26,26-28) Ceux qui ont fait leur communion, qui croient en vérité en sa présence réelle et dont l’âme est bien disposée viennent recevoir le corps de Jésus, vraiment son corps eucharistique. Ils sont nourris de cette nourriture céleste que nous recevons avec un infini respect. Ceux qui ne le peuvent pas viennent humblement se faire bénir.

Comment l’eucharistie a-t-elle transformé notre relation au Seigneur ? Dans un passé lointain, le peuple hébreu offrait des sacrifices d’animaux qui étaient immolés, brûlés ou mangés pour satisfaire au culte. Ainsi Dieu recevait une part en retour de ce que les hommes recevaient de lui. Avec Jésus tout a changé. C’est Lui qui est devenu l’offrande parfaite à Dieu le Père. C’est Lui qui s’est immolé. Sa Résurrection fut sa victoire face à la mort. C’est pourquoi, par Lui nous sommes tous sauvés. Aussi, nous ne sommes plus justifiés, c’est à dire rendus justes devant Dieu, par des actions à accomplir, par des actes cultuels ou par l’obéissance à la Loi ancienne. Nous recevons la vie de Jésus-Christ. Dorénavant, c’est un sacrifice de louange qui est notre réponse au salut incroyable qu’il a opéré pour chacun de nous. Comme pour le bon larron, au soir de notre vie, nous sommes destinés au paradis, soit la parfaite communion avec Dieu. Mais alors que nous faut-il faire ? Jésus dit « si tu veux être parfait, vends ce que tu as et suis-moi. » Cela signifie ne plus s’attacher aux biens de ce monde ni à des comportements qui selon certains nous garantiraient l’entrée au Ciel. Le Ciel nous est offert par pure grâce, tel un cadeau. Dieu Amour désire nous en faire bénéficier. Le chemin est là, certes étroit, que nous empruntons par notre réponse personnelle à la Miséricorde de Dieu, en faisant miséricorde à notre tour à nos frères et sœurs. L’eucharistie nous redonne sans cesse de vivre avec Jésus, comme membres de l’Église, ce passage de la mort à la vie, dans la louange. Elle appelle de nous un réel assentiment à la volonté divine pour mettre en œuvre le double commandement de l’Amour, aimer Dieu de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers.

Mon vœu serait que quelques jeunes gens expriment le désir de se consacrer au Christ et entrent au séminaire ! Cela est possible…

Vierge Marie,

Mère du Christ Prêtre,

Mère des prêtres du monde entier,

Vous aimez tout particulièrement les prêtres,

Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.

Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,

Et vous l’aidez encore dans le ciel.

Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,

Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.

Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,

Qui nous donnent les sacrements,

Nous expliquent l’Évangile du Christ,

Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.

Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,

Les prêtres dont nous avons tant besoin,

Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,

Obtenez-nous, ô Marie,

Des prêtres qui soient des saints.

Amen

Que nos yeux s’ouvrent ! Quatre vendredis de jeûne et de prière pour sortir d’une bioéthique aveuglée !

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