#106 « Venez, crions de joie pour le Seigneur. »

 » Venez, crions de joie pour le Seigneur. »

Alors que ce message vous parvient, je me trouve depuis quatre jours en mission à Oyem au Gabon, un diocèse situé à 370 kilomètres de Libreville, la capitale, vers le Nord-Est. Notre diocèse de Chartres entretient des liens avec l’Église qui est à Oyem depuis de nombreuses années. Le père Abel Eyegue Mba, en mission à Chartres, et le père Jean-Pierre Omva Edou, curé de la paroisse saint Laumer du Perche, viennent de ce lieu. Ils sont maintenant incardinés en Eure-et-Loir, ce qui veut dire que leur vie continuera en notre diocèse. Le père Godefroy de saint Omer N’Koulou, étudiant en liturgie, vient aussi de ce lieu où il a été curé. C’est une joie de collaborer avec Monseigneur Jean-Vincent Ondo Eyene, pour mieux se connaître et voir comment nos Églises locales peuvent s’enrichir mutuellement. Ces relations épiscopales existent avec d’autres diocèses d’Afrique : Nouna au Burkina Faso, Mopti au Mali, Bafia au Cameroun. Mais c’est sans compter certains confrères prêtres qui sont soit étudiants, soit parmi nous en mission fidei donum pour quelques années, et qui viennent d’autres pays africains ou encore de Haïti. C’est pourquoi nous avons conscience que l’Église catholique est très vivante en Afrique et que ces prêtres venus de ces pays sont nécessaires pour la mission dans leur pays d’origine. Si certains resteront avec nous, la plupart repartiront, pour animer leurs communautés très vivantes avec beaucoup de personnes à évangéliser, surtout face à la pression de l’Islam et des églises évangéliques qui cherchent souvent à convertir les catholiques. La foi est vive en Afrique : il y a des centaines de catéchumènes dans chaque paroisse catholique. Voilà pourquoi nous sommes heureux de cette collaboration mais leur présence continuelle ne sera pas la solution à notre manque de vocations. Et pourtant… nos paroisses euréliennes sont riches en prêtres comparativement aux églises brésiliennes par exemple. Nous sommes parfois tentés de nous plaindre de ne plus avoir un prêtre par village. Mais le sens de la vie n’est pas celui-là. Nous voyons croître l’implication des chrétiens laïcs au nom de leur baptême. La catéchèse, la formation, l’animation de la prière, les funérailles et d’autres activités missionnaires peuvent être portées par des fidèles laïcs qui se donneront au nom de Jésus dans la mission. En Corée du Sud, en Chine, au Japon, en Afrique, en Union Soviétique, durant des siècles de persécutions et de vie de l’Église souterraine, ce sont les laïcs qui ont pris en main le destin de la foi ! Mes amis, nos villageois doivent se réveiller dans l’avenir. Des prêtres sont là pour vous apporter les sacrements, leur encouragement par la prédication, leur vie de prière mais vous pouvez tous être des « pierres vivantes ». Formons-nous, prions, regroupons-nous mais ne rêvons pas d’un monde idéal qui serait construit selon des modèles passés qui sont dépassés. Inventons dans la lumière de l’Esprit Saint les chemins nouveaux de la foi.

L’eucharistie, nous en parlions dans mon message précédent. Je vous rappelle que si mes messages ne vous parviennent pas directement, vous pouvez m’adresser quelques lignes pour me les demander. N’hésitez pas à les faire suivre si vous jugez que leur contenu peut aider des amis. Je vous disais que l’eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne. C’est le sacrifice de Jésus-Christ et chacun de nous s’offre avec lui à Dieu le Père. Ce sacrement nous apporte la force dans le combat spirituel et la vie concrète. C’est notre anticipation du Ciel. Jésus aurait pu nous laisser avec un texte sacré ou un livre rempli de bonnes pensées. Sachez qu’il n’a rien écrit. Il savait lire, comme il le montra clairement à la synagogue de Capharnaüm. Il a choisi de nous transmettre ses enseignements verbalement, par la tradition orale, avant que des résumés nommés Évangiles soient rédigés. Au fond ce qu’il a dit par sa prédication et ses enseignements s’est gravé dans le cœur et la mémoire de ses disciples. Ainsi, le christianisme n’est pas une « religion du livre. » Nous suivons une personne, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Il a promis de demeurer parmi nous, et c’est bien sous la forme si modeste de l’hostie consacrée devenue réellement son corps, même si les apparences ne sont pas modifiées, qu’Il est avec nous, qu’il se donne à nous, que nous pouvons le manger pour vivre en sa présence. C’est le miracle de l’eucharistie. Elle n’est pas un symbole mais sa présence réelle ! C’est pourquoi nous parlons du mémorial de sa passion, ce qui signifie que sa passion continue sur l’autel où célèbrent l’évêque et ses collaborateurs les prêtres. Cela surprend, cela peut choquer et certaines personnes refusent de croire en cette réalité si humble. Mais c’est bien le mystère insondable de sa toute-puissance d’amour qui se réalise quand Il décide de s’offrir si simplement. L’homme ne pouvait pas inventer cela. Nous nous prosternons, nous nous agenouillons devant sa présence, car Il est là ! C’est Jésus qui agit par les paroles et les gestes du célébrant pour réaliser ce sacrement au bénéfice de l’assemblée convoquée, c’est-à-dire l’Église. Quand je célèbre la messe et que j’élève lors de la consécration cette hostie faite de pain azyme, ce qui signifie sans levure, devenu le corps eucharistique, je dis à voix basse le mot « Jésus » en le répétant plusieurs fois, et je lui demande de vous rejoindre tous et toutes dans vos joies et vos peines, alors quel étonnement, quelle victoire, quelle espérance ! Oui, il est grand le Mystère de la foi, notre proclamation de la résurrection, notre attente de son retour glorieux.

Depuis que Jésus a dit « faites ceci en mémoire de moi », dans le monde entier, dans d’immenses assemblées ou dans des lieux cachés comme des cellules de prison, en chaque instant du jour et de la nuit, quelque part un prêtre élève le corps et le sang vers Dieu le Père avec ces mêmes paroles dites au nom de Jésus. « La messe sur le monde » selon les termes de 1923 du théologien et prêtre Pierre Teilhard de Chardin, entoure l’humanité d’une couronne de grâce et toute l’humanité est embrassée et sauvée. Sur la patène, ce petit disque de vermeil qui porte l’hostie, nous déposons aussi toutes les intentions, les attentes, les morts et les vivants, les enfants attendus et le moribonds qui nous quittent, le travail des hommes et des femmes, les blessés de la vie et les anciens diminués. En cet instant les Cieux s’ouvrent pour accueillir les prières de l’Église qui relient toute l’humanité dans un commun acte d’adoration et de supplication.

Dans les siècles lointains, l’offertoire, qui est ce moment liturgique de l’offrande des dons, alors que sont apportés le pain et le vin nécessaires pour la célébration du culte, était accompagné de dons en nature qui étaient transmis aux pauvres et servaient de nourriture pour le clergé. Maintenant, la quête a remplacé des dons en nourriture. La quête reste un acte d’offrande auquel chaque fidèle s’associe par un don d’argent. Depuis quelques années, nos poches n’emportent plus de pièces ni de billets, mais bien des cartes de crédit et un smartphone. C’est pourquoi l’application « La Quête » permet de donner directement en ligne sa contribution dominicale pour la paroisse de son choix et cela partout en France. En effet, l’Église vit et finance ses œuvres que grâce aux offrandes des fidèles. Il n’est donc pas incongru de donner de l’argent lors de la messe car notre offrande ne peut pas être que spirituelle, elle engage une part de ce que nous possédons. L’Église est nôtre, pour tous les baptisés, son financement nous revient ! Je voudrais vous sensibiliser sur votre responsabilité quant aux moyens dont nous avons besoin. L’Église n’est pas riche en argent, elle est même pauvre. L’immobilier doit être adapté et entretenu. Les salaires, souvent modestes, des laïcs, le traitement financier des clercs, tous les coûts ne sont supportés que par vous. C’est votre maison, et tout chrétien confirmé devrait se sentir concerné. Combien donner alors ? La Bible parle de la dîme, soit la première part des moissons, dix pour cent des revenus destinés au Seigneur. Chacun peut calculer l’ensemble de ses dons sur une année et apprécier ce que peut être une juste dîme dans la situation familiale et financière qui est la sienne.

Bien entendu, notre vraie richesse c’est nous ensemble qui associons nos talents et nos charismes pour la mission de l’Église. Continuons à demander la lumière de l’Esprit Saint pour discerner comment s’engager. Une vraie priorité est l’enseignement de la foi aux nouvelles générations, leur révéler la beauté de l’eucharistie, leur dévoiler la sagesse de la Parole de Dieu. Ce sera un beau chemin pour l’année 2021.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers. Nous pouvons persévérer dans cette prière. Le Seigneur l’exaucera. Notre Espérance ne peut pas fléchir car elle est un don de Dieu.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen

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