Message 87 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 18 septembre 2020

« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Quelle belle promesse que celle-ci ! Jésus, pourrais-tu le dire à chacun de nous ? Nous avons tellement besoin d’Espérance dès maintenant.

Voici deux semaines, nous était donné l’Évangile de la correction fraternelle. Plusieurs personnes me demandèrent les notes de ma méditation, aussi j’en reprends quelques idées. Dans ce passage Jésus nous dit : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. » (Mt 18, 15-16). Nous n’aimons pas que l’on nous fasse la morale. Nous n’apprécions pas les reproches. Que veut nous dire Jésus ? Il rappelle que nous sommes faits pour la sainteté. Or mutuellement, dans une véritable amitié, nous pouvons nous aider à grandir dans la vérité, la justesse des actes, l’amour. Se tromper advient régulièrement. Avoir un ami qui ose dire une parole vraie et encourageante, c’est réellement bénéfique. Il est précieux de noter ici que le récit qui précède est celui de la brebis égaré. Un berger qui aime ses cent brebis les laisse pour aller rechercher celle qui s’est perdue, qui est possiblement capricieuse et qu’il veut sauver. Cette parabole nous explique que Dieu, présenté comme un bon Berger, veut le salut de chacun et particulièrement de celui qui se perd. C’est donc la miséricorde divine qui permet que la correction fraternelle ne soit pas blessante mais constructive. On note que le passage suivant parle du pardon à donner à son frère qui nous a offensé. Pardonner est si important que l’on ne pardonnera pas seulement sept fois mais soixante-dix fois sept fois. Il y a comme une folie dans le pardon, car il s’agit de restaurer l’amour. Et l’amour c’est ce qui comble notre cœur. Aussi, la correction fraternelle peut aboutir à un pardon mutuel. Dans un différent, par exemple au sein d’un couple, qui a tort ? N’est-ce pas un peu les deux protagonistes ? Par exemple l’un se fâche, or l’autre n’a pas été attentionné. Ou encore l’un parle sans écouter l’autre et celui-ci n’a pas répondu au besoin de service. Être capable de se parler, de se dire avec courage ce qui n’allait pas, s’écouter et se pardonner, quel cadeau pour renouer une relation entre conjoints ou entre amis. Car l’Écriture dit de ne jamais se coucher sur sa colère. Enfin quand le pardon est donné, on peut se tourner ensemble vers Dieu et le prier dans une action de grâce profonde. C’est lui la source de ce pardon. C’est lui qui donne la joie qui en découle. Dans nos foyers, nos espaces de travail, nos paroisses, nos lieux de vie et de service, osons vivre la correction fraternelle et nous verrons combien la communion des cœurs nous remplit de bonheur.

Dans ce message, j’aimerais évoquer une nouvelle fois le sujet des funérailles qui continue à alimenter certaines discussions dans nos paroisses. Les questions fondamentales qui sont derrière cette problématique sont diverses. J’en formule quelques-unes. Y a-t-il une vie après la mort ? Chacun de nous est-il destiné à la vie éternelle ? Faut-il mériter le Ciel ? Le Christ n’a-t-il pas offert sa propre vie pour que nous soyons sauvés ? Comment accueillir le deuil des autres ? Comment les accompagner jusqu’à l’Église et le cimetière ?

Dans toutes les cultures, les chercheurs observent que l’un des premiers signes d’humanisation est l’usage de sépultures. Les communautés humaines, souvent de tradition agricole, inhumaient le corps des défunts et utilisaient différents rites pour cela. Pour le peuple hébreu, la conscience d’une résurrection personnelle est venue tardivement. Jésus-Christ confirme qu’il y a une vie après la mort en disant « heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5, 8) L’invitation à prier pour les morts est particulièrement claire dans le livre des Maccabées. On y raconte que des soldats sont morts au combat, mais que l’on a trouvé des amulettes païennes sur eux. Aussi, les vivants décident d’intercéder pour leur vie éternelle. Dieu se révèle miséricordieux au cours de la vie terrestre, jusqu’à proposer une vie après la mort. Celle-ci se présente comme un cœur à cœur avec Dieu, une vision de Dieu, une plongée dans l’amour absolu. Et comme l’homme ne meurt qu’une fois (Hb 9, 27), nous croyons urgent de nous préparer à cette vie éternelle puisque nous aurons personnellement à rendre compte de l’amour que nous aurons offert aux autres. La révélation biblique précise qu’il y aura un jugement personnel. Certains parmi nous, et nous espérons une grande majorité, accéderont à la plénitude de vie dans la Gloire du Ciel, en présence de Dieu. D’autres se verront peut-être refuser l’entrée et iront « là où il y a des pleurs et des grincements de dents. » (Mt 13, 42)

Cela peut nous laisser indifférent ou au contraire beaucoup nous inquiéter. L’Amour divin se révèle dans le fait que l’homme est libre de choisir le bien et rejeter le mal. Ainsi il se prépare à entrer dans la vie éternelle. Nous ne croyons pas à une prédestination automatique qui serait imposée par le destin. Le karma n’est pas un concept chrétien. Dieu a déposé entre nos mains le choix de le suivre ou de le refuser. Individuellement, nous sommes responsables tout au long de notre vie de l’amour que nous offrons aux autres.

Mais il existe aussi une solidarité ecclésiale face à notre avenir. À cause de cela nous prions ensemble pour nos défunts. Quand nous célébrons les funérailles d’un proche, l’église intercède pour cette personne décédée pour « que lui soit pardonné ce qu’il a pu faire de mal et que soit reconnu ce qu’il a fait de bon » (Rituel des funérailles catholiques). Dieu entend la prière de l’Église. Il la respecte. En effet nous sommes le Corps du Christ, nous sommes son Corps. Le Christ lui-même, tête de l’Église, est venu parmi nous. Il a offert sa vie pour chacun de nous afin que nous vivions en son Royaume. Le premier à en bénéficier fut celui qu’on nomme le bon larron, peut-être un criminel, qui fut crucifié à côté de Jésus. Cet homme se savait coupable et cependant dit à Jésus « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » (Lc 23, 42) Jésus lui répondit aussitôt « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23, 43)

Nos célébrations de funérailles, qui rassemblent des familles et des amis du défunt, permettent d’évoquer sa vie. Mais elles sont avant tout la supplication vers le Seigneur d’une communauté chrétienne qui demande la miséricorde pour cette personne. Quand la messe peut être célébrée, le sacrifice eucharistique porte vers Dieu le Père la demande pressante de sauver la personne des conséquences de son péché. C’est un grand acte de compassion car la sainte messe apporte le salut éternel. Il est vrai que beaucoup de participants venus par amitié ou par liens familiaux ne comprennent pas cela parce qu’ils n’ont pas la foi. Aussi l’homélie leur explique ces enjeux. Elle aide à comprendre que la tristesse due à la séparation peut être transformée en Espérance lorsque l’on s’ouvre vraiment à l’existence de Dieu Miséricorde. Ces personnes peuvent être touchées et pour certaines amener à accueillir Jésus dans leur vie. Je ne peux que les y encourager.

Comme dans tous mes messages, je vous invite à ce que nous nous confions à la Vierge Marie. Comme la Mère de Jésus est précieuse pour chacun de nous. Cette semaine était célébrée la fête de « Notre Dame des Douleurs. » Ces douleurs qui ont marqué profondément sa vie sont rapportées par l’Écriture Sainte : la prophétie du vieillard Siméon, la fuite en Égypte, la disparition de Jésus au temple à l’âge de 12 ans, la rencontre de Jésus portant sa Croix, Marie debout au pied de la Croix, la descente de Jésus de la Croix et la remise à sa Mère, la mise au tombeau de Jésus. Jésus aurait pu épargner à sa mère toutes les souffrances de sa passion, éviter qu’elle soit témoin de ces supplices. Mais alors à qui pouvait-il confier ce mystère insondable de son sacrifice ? Marie sera le témoin présent auprès des premiers disciples au début Église.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

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