Message 98, Mgr Philippe Christory Vendredi 4 décembre 2020

« Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra « 

Le chemin de l’’Avent nous est donné comme un temps de préparation à la rencontre de l’Enfant Jésus. Cet enfant est Dieu qui vient parmi nous. Il nous révèle le pur amour divin. Il donne à voir l’infini et l’invisible par son humanité concrète que les quatre évangiles nous rapportent. Oui « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14)

Par ce message, je souhaite vous le faire découvrir un peu plus. Cela peut sembler complexe, mais le choix de Dieu de venir habiter notre humanité nous le rend particulièrement accessible.

Où l’histoire commence-t-elle ? À Bethléem, un petit village, retiré à quinze kilomètres de Jérusalem. La nuit où règnent l’obscurité et le silence, est une invitation à l’adoration. Dans ce bourg va naître Jésus. En prenant chair, en se faisant homme, le Verbe répond à cette interrogation : comment adorer Dieu que je ne vois pas ? À Dieu seul est permise notre adoration. En lisant les écrits sur l’enfance du Verbe fait chair, nous découvrons que l’adoration véritable passe par la simplicité. Jésus est là, offert à notre contemplation. Il est un nouveau-né, un tout petit, un enfant, et cet enfant est Dieu fait homme. Aujourd’hui, il demeure avec nous car il a promis d’être avec nous. Nous lui parlons. Nous lui confions tout. Nous espérons tout de lui. Ce cœur à cœur simple est le fondement de la prière chrétienne, plus marquée par le fait de demeurer en sa présence que d’accomplir des rites ou réciter des textes.

En ces semaines d’Avent, nous avons un moyen merveilleux de vivre cette adoration, c’est la crèche. Quel enfant n’est pas émerveillé par la crèche ? À Janville en Beauce, une petite entreprise perpétue la tradition des santons de Provence, l’Atelier Cassegrain. Quelle beauté que toutes ces figurines peintes à la main qui sont autant de personnages venus auprès de la Sainte Famille adorer l’enfant Jésus. C’est une belle coutume de mettre sa crèche en sa maison. La crèche nous rappelle qu’à Bethléem, la Vierge Marie met au monde son fils, le couche dans la mangeoire des animaux qui devient ainsi le berceau du Fils. Joseph, père adoptif, époux de la jeune maman, prend soin de l’enfant. Des bergers arrivent avec leurs bêtes pour adorer ce Messie qu’ils attendaient et dont les anges leur ont annoncé la venue.

Mais d’où vient la belle idée de mettre ainsi en scène les personnages pour que tous en contemplent la beauté ? Saint François d’Assise en est l’inventeur. On raconte qu’il appela un homme prénommé Jean pour qu’il l’aide à représenter l’enfant nouveau-né dans une grotte de Greggio, dans la vallée de Rieti, en 1223. François, le poverello d’Assise voulait que soient visibles les souffrances endurées par la Sainte Famille : la pauvreté du lieu et les difficiles conditions matérielles de la naissance. Ce fut la première crèche, les paysans étaient venus nombreux chanter et c’est eux qui figurèrent les personnages en se costumant, un prêtre célébra la messe de Noël sur la mangeoire, tous expérimentèrent une joie merveilleuse. Ce fut une crèche vivante. Cela fut rapporté par le biographe de saint François, Thomas de Celano.

La crèche est belle. Elle peut être développée comme en Provence avec des santons nombreux, des rivières et des maisons, mais il y a toujours ce lieu intime de la naissance, vers où les yeux sont attirés. Le mystère présenté est celui de l’incarnation : la venue, dans la chair, du Verbe divin, le Fils de Dieu. Y a-t-il de plus grand mystère que Dieu qui se fait homme, pauvrement, humblement ? Qui s’abaisse jusqu’à nous ? L’infini vient dans le fini. Le pur Esprit prend un corps. Dieu s’unit à l’homme. L’Enfant-Dieu rejoint l’humanité dans l’humilité d’une crèche. La tendresse de Dieu se fait proche. Dieu vient réjouir et consoler les hommes et les femmes qui s’ouvrent à sa présence. L’arrivée des bergers, les premiers prévenus par les anges, manifeste le désir de Dieu de se révéler en premier aux petits et aux pauvres, à ceux dont le cœur n’est pas encombré par les richesses et les soucis. Le pape François dit que « la crèche est une invitation à « sentir » et à « toucher » la pauvreté que le Fils de Dieu a choisie pour lui-même dans son incarnation. » Aussi, le disciple bien-aimé Jean peut-il affirmer « voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. » (1Jn 4,7) Dieu vient vers nous avant même que nous pensions qu’il est là.

Cet événement si discret qu’aucune chronique locale ne rapporte, la Vierge Marie le conservait dans son cœur pour en faire plus tard le récit aux apôtres. Il est un bouleversement extraordinaire pour toute l’humanité. Non seulement cette sainte Famille expérimente la joie, les bergers chantent la louange du Seigneur, toute « la création qui attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19) peut enfin espérer le Salut. L’homme est sauvé du péché et de ses conséquences, car cet enfant prend sur lui, par son saint sacrifice, tout le poids du mal. Il est l’agneau qui enlève le péché du monde. Certes, nous demeurons des êtres pécheurs tentés par le mal et « la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. » (Rm 8,22) Mais la lumière vient. Elle est là. Au Temple, prenant dans ses bras l’enfant Dieu, nouveau-né, le vieillard Syméon chante et s’exclame « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc 2,30-32). Dorénavant, ceux qui lèveront les yeux vers Lui ne seront plus dans les ténèbres. Jésus l’affirmera « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8,12) Cette belle lumière qui brille dans l’obscurité du monde, nous aimons l’ajouter à la crèche par l’étoile brillant dans la nuit, par les bougies et les guirlandes.

Ajoutons un point important pour les enfants. La crèche est une catéchèse. La Sainte Famille y manifeste l’amour familial et l’accueil de la vie. Les bergers disent la place des pauvres, des petits, des marginaux et des exclus invités à adorer le Seigneur. Les divers personnages expriment que Dieu vient demeurer au cœur de toutes vies et se rend présent au sein de nos activités. Les Rois mages dévoilent que les puissants et les savants ont à recevoir de cet enfant la vraie Sagesse et à s’y soumettre. Dans nos foyers, il est bien que chaque enfant ait son propre mouton qu’il fera avancer jour après jour, pour arriver à la crèche auprès de Jésus le soir de Noël, l’enfant le faisant progresser en fonction de ses bonnes actions. En face de la crèche, le cœur des enfants mais aussi celui de tout fidèle est rejoint et on se sent aimé. L’homme peut prendre sa place aux côtés des pauvres venus s’approcher de Jésus, il peut lui parler, lui confier ses peines. Il peut lui demander la grâce d’une véritable conversion, le désir d’être un homme meilleur, une personne aimante. Qui aurait peur devant une crèche ? Le mystère divin devient accessible à ceux qui ont le cœur pur. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5,8) Certes nous verrons Dieu au Ciel, mais à la crèche, déjà, sa présence est dévoilée. Il est là, offert à notre adoration. Le Seigneur vient en nous faire sa demeure.

La crèche finalement nous parle d’une histoire d’amour. L’amour d’un homme François qui offrit toute sa vie à Jésus pour rebâtir sa maison. L’amour des chrétiens qui voulurent faire connaitre le grand mystère de Noël. L’amour de Dieu communiqué par l’Église à tous ceux qui veulent le recevoir par les sacrements. L’amour des parents qui font découvrir à leurs enfants, au cœur de la prière familiale la beauté de sa venue. L’amour que tous peuvent se partager mutuellement pour que ce monde, illuminé par Jésus-Christ enfant, soit meilleur et plus humain.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

BONNE NOUVELLE POUR LES CÉLÉBRATIONS : TOUS PEUVENT VENIR !
Nous devons espacer les personnes qui ne vivent pas ensemble de deux chaises, soit un espace vide d’un bon mètre. Occuper un rang sur deux, ce qui correspond à 1,30 mètre entre des fidèles qui sont l’un à la suite de l’autre.
Comment s’organiser ? Les Equipes Paroissiales accueilleront les fidèles et placeront les personnes. On écartera les bancs, on occupera l’espace voire le chœur pour les fidèles. Masques pour tous et gel à l’entrée.
L’important est de nous retrouver et de célébrer la sainte eucharistie.
Nous pourrons continuer les adorations eucharistiques, les chapelets, etc…

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