Message Fraternel de Mgr Christory

Retrouvez le Message Fraternel hebdomadaire de Mgr Philippe Christory

Monseigneur Philippe Christory s’adresse à vous chaque semaine pour évoquer les sujets qui lui tiennent à cœur ou encore traiter de l’actualité.

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Message 88 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 25 septembre 2020———————-

Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : «Le Christ, le Messie de Dieu. »  (Lc 9, 18-20)

Voici le cœur de notre foi, accueillir Jésus comme Messie de Dieu, il est Verbe divin fait chair en Marie. Sa présence nous est promise. Par la puissance de l’Esprit Saint, Jésus communique sa grâce à chacun de nous. Mais ne sommes-nous pas négligents en oubliant qu’il est présent ? Ne sommes-nous pas accaparés par les multiples activités journalières ? J’aimerais vous interroger sur le temps. Que faire du temps que nous avons ? Il y a « le temps pour aimer et le temps pour ne pas aimer » dit le livre de Qohelet (Ec, 3, 8).

Ce matin du premier jour de l’automne, lundi 21 septembre, je me suis réveillé admiratif d’un beau soleil sur Chartres. Il faisait si beau. Cette belle lumière de fin d’été, qui passe avec les saisons, n’est-elle pas une invitation à la contemplation et à la méditation ? Récemment, je marchais seul en forêt entre Happonvilliers et Les Corvées-les-Lys. J’ai pris plaisir à être à l’écoute des bruits que font les glands de chênes en tombant, à écouter le chant des oiseaux, à entendre le murmure du vent dans les cimes des arbres. J’ai choisi de m’arrêter. Ce ne fut pas si simple pour un habitué comme moi de rythmes effrénés. Je regardais les arbres, je foulais le sol poussiéreux, je contemplais les perspectives offertes par les longs chemins qui traversent ces bois. Quelle beauté se découvrait. Ne réalise-t-on pas alors que chaque jour mériterait de prendre plus soin de soi, en méditant et en priant, en occupant mieux l’espace autour de soi, en exprimant de la gratitude envers ceux et celles qui œuvrent pour que ma vie soit possible. Ensemble, nous formons une chaîne humaine et sommes reliés les uns aux autres. Par exemple, comment manger ma nourriture sans penser à ceux qui la cultivent, la transforment et la transportent jusqu’à moi ? Comment téléphoner à un proche aimé sans penser que des techniciens ont inventé ces fantastiques réseaux de communication ? Comment porter des vêtements sans penser aux bergers ou aux planteurs de coton, à ceux qui tissent le fil et à ceux qui conçoivent ces habits ? Oui, Seigneur, en ce jour d’automne je veux te bénir pour la solidarité humaine qui m’entoure. Je choisis d’être en joie pour ce qu’il m’est donné d’avoir pour vivre.

Ainsi le Seigneur nous donne ce jour pour aimer. L’amour passe mais il renait chaque matin. Hier, si je n’avais pas aimé, il serait trop tard pour me reprendre. Peut-être qu’alors mon ultime acte d’amour serait de demander pardon à la personne que j’aurais pu offenser par ce manque d’amour. Quant à demain, nous verrons. Le propre de l’enfant est de ne pas prévoir. Voyez comment les parents s’y prennent en avance pour préparer un voyage ou des vacances. L’enfant ne sait rien de cela, il vit chaque jour sans se soucier du lendemain. Certains adultes a contrario sont tellement dans l’anticipation qu’ils ne savent plus profiter du temps présent. Le Christ nous dit « si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux » (Mt 18, 3). Être comme un enfant, n’est-ce pas entrer dans la confiance, sans s’inquiéter pour demain ? « Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6, 34) Demain veillera sur lui-même.

Ce renoncement à l’inquiétude du lendemain peut sembler irresponsable. Ne faut-il, au contraire prévoir ? Préparer par exemple la rentrée scolaire ? Cela est vrai et nécessaire. Mais il y a une liberté à cultiver dans le fait de prévoir et simultanément ne pas être soucieux. C’est à cette condition, à la mesure de cette liberté que nous pouvons accueillir l’instant présent, comme un espace pour aimer et vivre dans la paix. Dire oui à la surprise, accepter l’invitation spontanée à m’arrêter avec quelqu’un, prendre le temps pour écouter et découvrir. Si par exemple, dans la rue, quelqu’un propose de répondre à des questions pour un sondage, beaucoup diront « je n’ai pas le temps » n’osant pas dire « cela ne m’intéresse pas ». Or Jésus s’est souvent laissé aborder. Il allait sur les chemins pour être interrompu comme avec Zachée perché sur son sycomore. Son occupation était plutôt de ne pas en avoir pour se laisser surprendre. Jésus disait « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » (Mt 8, 20). Tel ce groupe de jeunes hommes partis avec un prêtre depuis Paris vers Paray-le-Monial, deux par deux, sans argent ni nourriture et… pieds nus ! Ils avaient choisi de vivre en totale dépendance des rencontres qu’ils feraient. Cette tentation de la prévoyance nous stresse souvent, car tout ne peut pas être prévu. En d’autres cultures, faute de moyens, les gens apprennent la confiance. Un reportage télévisé montrait des familles indiennes dorénavant sans aucun argent puisque la pandémie avait eu comme effet de supprimer tous les petits métiers quotidiens. Elles continuaient à vivre, dans la solidarité, avec rien, juste un peu de riz, se confiant à Dieu. Cela peut s’appeler de la résignation. Mais on peut y lire un espoir au-delà de toute espérance. Comment une telle attitude peut-elle nous inspirer une vie plus équilibrée, plus pacifiée, plus humaine ? Si nous vivons le quotidien comme l’unique espace temporel possible pour aimer, alors nous pouvons croire en la Providence divine pour demain et notre avenir. Jésus insiste sur cet art de vivre : « C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Mt 6, 25-26) Aussi, avec l’automne qui est là, nous pourrions nous arrêter et méditer sur ce qui est l’essentiel à nos yeux, et que nous n’honorons pas toujours. Comment vivre cet essentiel ? Quelles occupations transformer pour atteindre ce but ? Comment vivre avec plus de gratitude le quotidien dans la lumière du Christ vivant ?

Il est si difficile de ralentir le rythme de nos sociétés. Le confinement laissait entrevoir un changement. A-t-il réellement eu lieu ? Certes, sur certains points, une évolution existe. Certains parents ont fait le choix d’enseigner leurs enfants à domicile. D’autres ont adopté le télétravail. Beaucoup de ceux qui ont un jardin le cultivent dorénavant. C’est la prière qui nous dispose à ce nouvel art de vivre. J’ai pu souvent vous y encourager. Où en êtes-vous de vos rendez-vous quotidiens ? Quel moment et quel temps consacrez-vous au Seigneur ? Le chapelet est-il devenu un ami quotidien lors de vos déplacements ? Si vous avez faibli, ne baissez pas les bras. Remettez l’ouvrage sur le métier. Priez souvent et en tout lieu, au travail et dans vos espaces de vie sociale.

Ce vendredi 25 septembre s’ouvre à Paris le « Congrès Mission » qui permettra de découvrir les initiatives missionnaires de l’Église catholique en France. Par des conférences, des ateliers, des rencontres nous découvrirons beaucoup de projets magnifiques et créatifs, pour annoncer le Royaume de Dieu. L’Église est par nature missionnaire. Sa vocation est d’annoncer l’Évangile, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle rapportée par les quatre évangélistes dans le Nouveau Testament. Chacun d’eux s’est adressé à une communauté différente avec sa propre culture. Il a raconté ce que Jésus enseignait, le bien qu’il faisait partout où il passait, comment il guérissait les malades et invitait les hommes à la conversion et à l’amour mutuel. Sa mission était simple. Saint Luc rapporte : « en ce temps-là, il arrivera que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la bonne nouvelle du Règne de Dieu. Les douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avait été guéries de maladies et d’esprits mauvais. » (Lc 8, 1-3). Ainsi, tout homme et toute femme peut connaître Jésus et choisir de le suivre quelle que soit sa situation, mais à condition qu’un ami de Jésus le lui présente.

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire et livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.


Message 87 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 18 septembre 2020———————

« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Quelle belle promesse que celle-ci ! Jésus, pourrais-tu le dire à chacun de nous ? Nous avons tellement besoin d’Espérance dès maintenant.

Voici deux semaines, nous était donné l’Évangile de la correction fraternelle. Plusieurs personnes me demandèrent les notes de ma méditation, aussi j’en reprends quelques idées. Dans ce passage Jésus nous dit : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. » (Mt 18, 15-16). Nous n’aimons pas que l’on nous fasse la morale. Nous n’apprécions pas les reproches. Que veut nous dire Jésus ? Il rappelle que nous sommes faits pour la sainteté. Or mutuellement, dans une véritable amitié, nous pouvons nous aider à grandir dans la vérité, la justesse des actes, l’amour. Se tromper advient régulièrement. Avoir un ami qui ose dire une parole vraie et encourageante, c’est réellement bénéfique. Il est précieux de noter ici que le récit qui précède est celui de la brebis égaré. Un berger qui aime ses cent brebis les laisse pour aller rechercher celle qui s’est perdue, qui est possiblement capricieuse et qu’il veut sauver. Cette parabole nous explique que Dieu, présenté comme un bon Berger, veut le salut de chacun et particulièrement de celui qui se perd. C’est donc la miséricorde divine qui permet que la correction fraternelle ne soit pas blessante mais constructive. On note que le passage suivant parle du pardon à donner à son frère qui nous a offensé. Pardonner est si important que l’on ne pardonnera pas seulement sept fois mais soixante-dix fois sept fois. Il y a comme une folie dans le pardon, car il s’agit de restaurer l’amour. Et l’amour c’est ce qui comble notre cœur. Aussi, la correction fraternelle peut aboutir à un pardon mutuel. Dans un différent, par exemple au sein d’un couple, qui a tort ? N’est-ce pas un peu les deux protagonistes ? Par exemple l’un se fâche, or l’autre n’a pas été attentionné. Ou encore l’un parle sans écouter l’autre et celui-ci n’a pas répondu au besoin de service. Être capable de se parler, de se dire avec courage ce qui n’allait pas, s’écouter et se pardonner, quel cadeau pour renouer une relation entre conjoints ou entre amis. Car l’Écriture dit de ne jamais se coucher sur sa colère. Enfin quand le pardon est donné, on peut se tourner ensemble vers Dieu et le prier dans une action de grâce profonde. C’est lui la source de ce pardon. C’est lui qui donne la joie qui en découle. Dans nos foyers, nos espaces de travail, nos paroisses, nos lieux de vie et de service, osons vivre la correction fraternelle et nous verrons combien la communion des cœurs nous remplit de bonheur.

Dans ce message, j’aimerais évoquer une nouvelle fois le sujet des funérailles qui continue à alimenter certaines discussions dans nos paroisses. Les questions fondamentales qui sont derrière cette problématique sont diverses. J’en formule quelques-unes. Y a-t-il une vie après la mort ? Chacun de nous est-il destiné à la vie éternelle ? Faut-il mériter le Ciel ? Le Christ n’a-t-il pas offert sa propre vie pour que nous soyons sauvés ? Comment accueillir le deuil des autres ? Comment les accompagner jusqu’à l’Église et le cimetière ?

Dans toutes les cultures, les chercheurs observent que l’un des premiers signes d’humanisation est l’usage de sépultures. Les communautés humaines, souvent de tradition agricole, inhumaient le corps des défunts et utilisaient différents rites pour cela. Pour le peuple hébreu, la conscience d’une résurrection personnelle est venue tardivement. Jésus-Christ confirme qu’il y a une vie après la mort en disant « heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5, 8) L’invitation à prier pour les morts est particulièrement claire dans le livre des Maccabées. On y raconte que des soldats sont morts au combat, mais que l’on a trouvé des amulettes païennes sur eux. Aussi, les vivants décident d’intercéder pour leur vie éternelle. Dieu se révèle miséricordieux au cours de la vie terrestre, jusqu’à proposer une vie après la mort. Celle-ci se présente comme un cœur à cœur avec Dieu, une vision de Dieu, une plongée dans l’amour absolu. Et comme l’homme ne meurt qu’une fois (Hb 9, 27), nous croyons urgent de nous préparer à cette vie éternelle puisque nous aurons personnellement à rendre compte de l’amour que nous aurons offert aux autres. La révélation biblique précise qu’il y aura un jugement personnel. Certains parmi nous, et nous espérons une grande majorité, accéderont à la plénitude de vie dans la Gloire du Ciel, en présence de Dieu. D’autres se verront peut-être refuser l’entrée et iront « là où il y a des pleurs et des grincements de dents. » (Mt 13, 42)

Cela peut nous laisser indifférent ou au contraire beaucoup nous inquiéter. L’Amour divin se révèle dans le fait que l’homme est libre de choisir le bien et rejeter le mal. Ainsi il se prépare à entrer dans la vie éternelle. Nous ne croyons pas à une prédestination automatique qui serait imposée par le destin. Le karma n’est pas un concept chrétien. Dieu a déposé entre nos mains le choix de le suivre ou de le refuser. Individuellement, nous sommes responsables tout au long de notre vie de l’amour que nous offrons aux autres.

Mais il existe aussi une solidarité ecclésiale face à notre avenir. À cause de cela nous prions ensemble pour nos défunts. Quand nous célébrons les funérailles d’un proche, l’église intercède pour cette personne décédée pour « que lui soit pardonné ce qu’il a pu faire de mal et que soit reconnu ce qu’il a fait de bon » (Rituel des funérailles catholiques). Dieu entend la prière de l’Église. Il la respecte. En effet nous sommes le Corps du Christ, nous sommes son Corps. Le Christ lui-même, tête de l’Église, est venu parmi nous. Il a offert sa vie pour chacun de nous afin que nous vivions en son Royaume. Le premier à en bénéficier fut celui qu’on nomme le bon larron, peut-être un criminel, qui fut crucifié à côté de Jésus. Cet homme se savait coupable et cependant dit à Jésus « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » (Lc 23, 42) Jésus lui répondit aussitôt « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23, 43)

Nos célébrations de funérailles, qui rassemblent des familles et des amis du défunt, permettent d’évoquer sa vie. Mais elles sont avant tout la supplication vers le Seigneur d’une communauté chrétienne qui demande la miséricorde pour cette personne. Quand la messe peut être célébrée, le sacrifice eucharistique porte vers Dieu le Père la demande pressante de sauver la personne des conséquences de son péché. C’est un grand acte de compassion car la sainte messe apporte le salut éternel. Il est vrai que beaucoup de participants venus par amitié ou par liens familiaux ne comprennent pas cela parce qu’ils n’ont pas la foi. Aussi l’homélie leur explique ces enjeux. Elle aide à comprendre que la tristesse due à la séparation peut être transformée en Espérance lorsque l’on s’ouvre vraiment à l’existence de Dieu Miséricorde. Ces personnes peuvent être touchées et pour certaines amener à accueillir Jésus dans leur vie. Je ne peux que les y encourager.

Comme dans tous mes messages, je vous invite à ce que nous nous confions à la Vierge Marie. Comme la Mère de Jésus est précieuse pour chacun de nous. Cette semaine était célébrée la fête de « Notre Dame des Douleurs. » Ces douleurs qui ont marqué profondément sa vie sont rapportées par l’Écriture Sainte : la prophétie du vieillard Siméon, la fuite en Égypte, la disparition de Jésus au temple à l’âge de 12 ans, la rencontre de Jésus portant sa Croix, Marie debout au pied de la Croix, la descente de Jésus de la Croix et la remise à sa Mère, la mise au tombeau de Jésus. Jésus aurait pu épargner à sa mère toutes les souffrances de sa passion, éviter qu’elle soit témoin de ces supplices. Mais alors à qui pouvait-il confier ce mystère insondable de son sacrifice ? Marie sera le témoin présent auprès des premiers disciples au début Église.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.


Message 86 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 11 septembre 2020———————

« Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. » (Rm 13,10)

Chacun de nous a soif d’amour. Être aimé et pouvoir aimer quelqu’un est tellement important ! Cela nous différencie des créatures vivantes, dont la mémoire instinctive, celle de leurs gènes, commande leur agir. Ainsi le Tisserin fait-il un nid extraordinaire sans qu’on lui ait appris. L’homme a certes un corps, mais il a aussi une âme et un esprit qui lui permettent d’exercer sa volonté. Il peut faire le choix, libre, d’aimer, de se donner, gratuitement, pour le bonheur des autres ou d’un autre dans le cadre du couple. C’est ce que saint Jean-Paul II appelait la vocation sponsale, qui est inscrite dans le cœur de tout homme, qu’il soit ou non marié. L’homme est un être de relation et de don. Toutes les lois du peuple juif comme celles de notre code civil balisent un cadre pour un vivre-ensemble harmonieux, mais elles sont inférieures dans leur statut face à la vocation à l’amour qui les surpasse toutes. Si l’un de nous aimait parfaitement, alors la plupart des lois civiles ne le concerneraient pas car il ne ferait rien aux dépens des autres. Seul Jésus-Christ fut capable d’un tel amour dans sa vie terrestre. C’est en raison de cette vocation à l’amour que l’éducation de l’enfant cherche à épanouir sa capacité à aimer et à se donner pour le bien des autres. Nos écoles catholiques ont cette mission spirituelle. Elles s’organisent pour apporter une sagesse, c’est à dire faire connaitre Jésus-Christ, source et modèle de tout amour.

Le lundi 31 août, nous inaugurions le bâtiment Charles Péguy au sein du lycée Notre-Dame de Chartres. Ce projet veut favoriser l’enrichissement culturel et artistique des élèves. Au cœur de ce lieu, se trouve un bel oratoire qui possède un vitrail nouveau conçu par une classe d’arts plastiques. Les élèves ont œuvré avec la Maison Loir dont le savoir-faire est connu de tous les amateurs de vitrail. Cette œuvre présente, dans un style contemporain lumineux et coloré, une Vierge Marie accroupie et penchée vers Jésus. Il est représenté comme un enfant de quatre ans. L’attitude de la Vierge est celle de l’accueil, de la tendresse et de la douceur, de la vigilance envers son enfant et de la confiance qu’elle lui donne. Ce nouveau lieu de prière est empreint de paix pour méditer et prier. Les lycéens qui viennent étudier en cet établissement sont ainsi conduits au plein de développement de tout leur être, corps, esprit et âme. La force de l’éducation catholique est d’offrir la possibilité de l’intériorité sans la masquer ou la réserver à la sphère privée de la vie personnelle. Ouvrir son âme à la grâce, laisser son cœur être rempli par la Parole divine, recevoir d’en haut une sagesse qui viendra éclairer les connaissances acquises par l’étude, voici un projet digne de tout être humain. Issu d’un milieu simple, le grand poète Charles Péguy, familier de Chartres où il vint en pèlerinage à plusieurs reprises, notamment en 1912 et 1913, fut saisi par le Christ. Ses textes admirables méritent d’être lus. Habité par le Seigneur, il partit à la guerre en 1914 pour défendre son Pays la France et fut tué cette même année. Tombé trop jeune, il laisse un héritage littéraire magnifique. Qu’un bâtiment scolaire porte son nom n’est pas anodin, et qu’un oratoire en soit le cœur ne l’est pas davantage.

Ces lycéens sont le présent de l’Église mais aussi son avenir. Si l’un d’eux lit mes lignes, je lui dis toute ma confiance pour qu’il se mette à l’écoute de l’Esprit Saint avec ses amis chrétiens pour proposer des voies nouvelles pour la mission. Les disciples que Jésus appela en Palestine étaient des hommes jeunes qui avaient l’âge des étudiants d’aujourd’hui. Parfois l’iconographie tardive les a peints avec une barbe blanche, mais n’était-ce pas pour exprimer la sagesse et l’autorité ? Dans les faits, le Christ continue à appeler des adolescents et des jeunes adultes pour leur proposer de tout lui sacrifier, de lui offrir leur vie, de partir vers cette société pour annoncer l’Évangile et soulager les pauvres dans la misère. Chers jeunes, dans ma prière et plus particulièrement mon chapelet, je vous confie à Marie. Si vous vous mettez à son école, elle vous gardera dans la vérité et la pureté, elle vous enseignera le don de soi, elle vous protègera des tentations du monde, elle vous portera vers la vraie liberté qui consiste à aimer sans condition. Cette vie lumineuse est possible dans tous les états de vie. Cependant, ceux qui donneront tout sans demeurer attachés aux biens matériels et au confort expérimenteront la vraie joie, fruit de l’Esprit, spécialement dans la rencontre des autres.

Ces lignes, vous comprendrez qu’il me faut plusieurs jours pour les écrire. C’est devenu un plaisir de vous écrire. Presque une découverte. C’est une joie de demander au Saint Esprit de passer par moi, par mes mots pour qu’il nous parle et que nous puissions devenir, toujours plus, ces chrétiens engagés, ces témoins envoyés par Jésus-Christ à la rencontre des hommes et des femmes de ce monde. Or il s’avère que ce 86ème message est écrit en le jour de la fête de sainte Teresa de Calcutta, appelée couramment Mère Teresa. De nombreux écrits décrivent sa vie religieuse, son « appel dans l’appel », c’est à dire, pour elle qui était une merveilleuse enseignante au sein de l’école des Sœurs de Lorette de Calcutta, un appel à tout quitter pour une œuvre nouvelle. Quelle œuvre le Seigneur lui demanda-t-il ? Fonder une congrégation de sœurs indiennes, les missionnaires de la Charité, habillées comme des indiennes, pauvres et ne possédant rien pas même des bâtiments, pour aller chercher dit-elle « au fond de leur trou » dans les bidonvilles de l’Inde et du monde, les âmes et les sauver en leur dévoilant l’Amour du Seigneur. Cet appel a retenti en elle par des voix et à travers sa rencontre de personnes très pauvres qu’elle servait en allant les visiter. Cet appel, elle l’a soumis à son père spirituel et à Monseigneur Périer, évêque de Calcutta, car elle ne voulait agir et partir que dans une totale obéissance à Dieu et à son Église. Elle ne retenait rien pour elle. Elle ne prétendait rien d’elle-même. Elle désirait seulement répondre à un appel en voyant ces millions de pauvres affligés par la vie et les maladies, mourant parfois comme des chiens. Elle attendit longtemps, plusieurs années, car son évêque, homme sage et expérimenté, voulait être assuré que ce projet était absolument de Dieu. Cette longue épreuve de l’attente a muri en elle l’offrande et le sacrifice. Son cœur était totalement donné à Dieu, cependant qu’un désir fort et urgent l’envahissait. À son évêque qui lui demandait sa profonde motivation, elle écrivit simplement : « le salut des âmes, l’apaisement de la soif d’amour et des âmes du Christ, n’est-ce pas assez grave ? »

La figure de cette femme marqua plusieurs générations depuis les années cinquante. Par elle, le Seigneur réveilla bien des consciences politiques pour faire justice aux pauvres, aux abandonnés, aux oubliés. Nous savons que les jeunes chrétiens d’aujourd’hui portent en eux une réelle générosité pour prendre soin des autres et leur annoncer le Christ. Mère Teresa ne prétendait pas convertir les non chrétiens, mais son seul trésor était Jésus-Christ à qui elle offrait tout. Aussi sa vie devenait Parole divine, son regard laissait voir celui de Jésus compatissant, sa tendresse bouleversait. Elle était le visage de l’Église sans frontière, penchée sur les souffrances de tout homme sans distinction de croyance.

Pour conclure ce message spirituel, je voudrais rendre hommage à une femme qui fit beaucoup parler des curés de paroisse et surtout des personnes qui donnent du temps pour aider les prêtres dans leur quotidien. Vous aurez compris que je veux nommer Annie Cordy qui a chanté « je suis la bonne du curé ». Cette chanson, les plus jeunes ne l’ont peut-être pas entonnée, mais les séniors l’ont souvent fredonnée. Pour activer notre mémoire, voici le premier couplet « C’est point commode / C’est d’être à la mode / Quand on est bonne du curé / C’est pas facile d’avoir du style / Quand on est une fille comme moué / Entre la cure et les figures / Des grenouilles de bénitier / La vie est dure / Quand on aime rigoler. » Notre ami Stéphane Bern l’appelle « la fée de la bonne humeur. » Elle offrait merveilleusement son sourire. Belge, elle avait dans le cœur la chaleur des gens du Nord. J’émets le vœu qu’au sein de nos communautés paroissiales, nous ayons toujours sa joie à partager. Certains ont des talents artistiques bien utiles pour l’offrir. Mais tous, en choisissant la joie du cœur, nous contribuons à embellir l’Église et le monde autour de nous. Soyons généreux, car ce peut être un péché que d’être triste ! La joie est contagieuse, Annie Cordy la vivait. Elle doit faire rire les anges et les saints maintenant.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message 85 de Mgr Philippe Christory, vendredi 4 septembre 2020 ————————

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40)

Un homme français vient de gagner 157 millions d’euros à la loterie. Faut-il le féliciter ou le plaindre ? Une personne me disait que si c’était elle, elle donnerait au diocèse la moitié. Ce serait la fin des soucis ! Mais comme cette personne ne joue pas au loto, cela n’arrivera pas. Et c’est bien mieux ainsi ! Le pape François, si proche des pauvres quand il était évêque en Argentine, nous met en garde sur la puissance de l’argent. Il veut ouvrir nos yeux à la richesse que sont les pauvres. Déjà le diacre saint Laurent au IIIème siècle, sommé par l’empereur Valérien d’apporter l’argent de l’Église distribuait ses maigres réserves aux personnes démunies de Rome et affirmait que les pauvres sont la vraie richesse de l’Église. À sa suite, d’autres saints ont rappelé combien les pauvres nous enseignent. Ainsi, saint Jean Chrysostome « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu… », ou encore saint Vincent de Paul « les pauvres sont nos maîtres ». Le pape François précise que « celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple, surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. » Or la pauvreté prend de nombreux visages. Monseigneur André Vingt-Trois indiquait qu’une des nouvelles pauvretés du temps présent est la situation d’adultes en situation de handicap, notamment lorsque leurs parents décèdent. La pauvreté atteint les gens par des causes nombreuses, rappelle le saint Père : « par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme… ». En Eure et Loir, nous constatons aussi la pauvreté rurale, particulièrement de certains éleveurs ou agriculteurs qui ne reçoivent qu’un maigre revenu pour un lourd travail. C’est surtout au travers d’événements comme la journée des pauvres qu’il nous apparait de plus en plus que les pauvres ne sont pas le problème mais la solution et que toute initiative envers eux ne peut aboutir qu’à partir d’eux.

À ce sujet, en ce début septembre, un évènement passe plutôt inaperçu mais j’aimerais le mentionner car il m’importe beaucoup. Voici plusieurs dizaines d’années, naissait à Chartres la communauté des Compagnons du Partage, un groupe de personnes vivant souvent dans la précarité et qui choisirent de partager un espace de vie et de travail. C’est dans la petite commune de Bailleau-l’Evêque que leur domaine fraternel s’est installé, à côté des bois et des champs. Depuis mon arrivée en Eure et Loir, j’ai bénéficié à plusieurs reprises de leur accueil et d’une assiette bien garnie à leur table. Une femme, Nicole, qui a accompagné ce beau projet depuis fort longtemps, les quitte. Sa volonté de discrétion est mise un peu à mal par mon message, mais comment ne pas honorer sa gentillesse, sa persévérance, sa simplicité, son entraide auprès de chacun ? Même l’État le reconnut quand elle reçut la légion d’honneur pour son engagement. Nicole laisse la place à d’autres personnes. Elle laisse la place au Seigneur Jésus-Christ à qui elle a toujours confié son engagement, car « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain. » (Ps 126, 1) Nicole, nous vous remercions, vous dont le franc parler fait tant plaisir car il cache votre grande sensibilité et votre bel amour pour tous.

Cette belle mission des Compagnons du Partage rappelle ce que l’Église appelle « l’option préférentielle pour les pauvres » qui est un principe élaboré par la doctrine sociale de l’Église inspirée par l’Évangile de Jésus-Christ. Elle encourage à donner la priorité à ceux et celles qui ont le plus besoin de notre solidarité, qui souvent ne peuvent pas se procurer par eux-mêmes ce qui est dû à toute personne : un toit, un repas, un travail, une éducation, un avenir. L’Église veut accompagner tout l’homme. Depuis son origine, elle œuvre pour les plus pauvres, les malades et les laissés-pour-compte. Jésus-Christ nous l’a enseigné : l’option préférentielle des pauvres est au cœur de la vie ecclésiale « car les pauvres vous les aurez toujours avec vous. » (Mt 14, 7). L’Église est présente auprès des pauvres dans le monde entier, là où il y a un bidonville ou des quartiers défavorisés, par quelques laïcs, volontaires, clercs ou religieuses. En effet, le Christ « lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. » (2 Co 8, 9) Jésus s’est fait proche de tous les plus pauvres, comme sainte Teresa de Calcutta le vécut dans son service des plus pauvres, en soignant les mourants et les lépreux. Mais cette belle mission de solidarité ne peut pas se limiter aux soins et à l’entraide matérielle, car bien qu’étant à la marge de la société, tout homme a le droit de rencontrer le visage de Jésus-Christ. Elle ne cherche pas seulement à œuvrer pour un secours matériel mais aussi pour répondre aux besoins spirituels. Ne pas connaître le Christ est une autre pauvreté ! L’homme, tout homme, même inconsciemment, a soif de Dieu, de l’amour de Dieu. Cet amour n’est pas annoncé par les services sociaux et les initiatives laïques, si belles soient-elles, qui s’occupent des plus pauvres. L’Église doit continuer à s’engager pour porter le Christ car l’amour des pauvres s’inspire des béatitudes et révèle celles-ci à tout homme. Je l’ai un peu compris lorsque, jeune converti, je voulus donner de l’argent et des médailles de la rue du Bac à quatre hommes mendiants à la porte d’une église. Et voici que l’un d’eux, oubliant l’argent, se précipita sur moi pour m’embrasser en me remerciant pour ce cadeau de la Vierge Marie.

Ce thème de l’accueil des personnes en situation de pauvreté rejoint une thématique évoquée dans mon dernier message : la question des funérailles en nos églises. Vos échos à mes propos me sont revenus nombreux et c’est tant mieux. En effet, la question revêt une gravité toute particulière et vos réactions le prouvent. Beaucoup de gens se sont habitués à une réponse positive dès que l’on appelle l’accueil paroissial pour une date de funérailles. Souvent les pompes funèbres nous contactent en présence de la famille endeuillée pour dire que la célébration est demandée à telle date, à telle heure et dans tel village, que c’est ainsi puisqu’ils sont contraints par leurs horaires, la transport du corps et l’heure de fermeture du cimetière ou du crématorium. Un prêtre me disait il y a quelques jours que souvent l’Église est sollicitée comme prestataire d’un service funèbre. Régulièrement des familles demandent des musiques profanes, veulent dire des messages personnels mais ne sont pas spécialement désireuses du rituel. Une fois, il me fut demandé de ne pas utiliser de textes bibliques. Sommes-nous un prestataire ou une communauté croyante et vivante de Dieu ? Ce que nous célébrons lors des funérailles constitue une profonde prière pour demander au Seigneur le Salut de l’âme du défunt. C’est réellement plus important que de remémorer les bons moments du passé. Nous supplions Dieu de lui pardonner ses péchés, de lui ouvrir le Ciel et lui donner la Vie éternelle qui n’est pas acquise d’avance. Que faire quand l’assemblée ne croit pas, ne communie pas à la foi de l’Église ? Or les prêtres constatent qu’il est de plus en plus difficile d’être disponible, et que nos bénévoles laïcs si généreux pour animer les funérailles vieillissent. Les nouvelles générations ont tant d’obligations familiales et professionnelles qu’elles ne sont pas disponibles avec la même régularité. Nous avons moins de prêtres pour les célébrations même si nous pouvons compter sur des diacres en certaines paroisses.

En d’autres cultures on fait les choses différemment. Un prêtre ayant vécu au Pérou expliquait que dans les villages de montagne, lors d’un décès, c’est toute la population qui se rassemble à l’église, qui veille le corps, qui anime une longue prière, qui porte le corps en terre et qui entoure la famille. Tous assistent les personnes dans la peine comme tous savent qu’ils seront entourés lorsqu’un membre de leur famille décédera. Qu’en est-il chez nous ? Où sont les communautés villageoises lors d’un deuil ? Quelles sont les initiatives qu’elles pourraient assumer ? On pourrait imaginer que des fidèles prennent eux-mêmes en charge une veillée à l’église, animent des chants et guident la prière, coordonnent la célébration et président à la dépose du corps au cimetière. Souvent les proches ne souhaitent pas lire un bref texte biblique, aussi comment demander plus ? Si ma réflexion vous interpelle, j’aimerais vous entendre. C’est là une invitation que je vous envoie. En réalité, nous devons penser maintenant à l’avenir et faire toute chose nouvelle sous la conduite du Saint Esprit, avant de devoir refuser faute de personnes formées et disponibles. Mes amis, il en va de votre responsabilité de croyants. Rappelons-nous que la vocation de tout baptisé est d’annoncer la Parole à temps et à contretemps, et non pas d’écouter passivement l’homélie du curé pour s’en retourner chez soi en oubliant ce qu’il a dit. Prions pour être éclairés sur ces chemins nouveaux.

Heureusement l’Espérance est là. Celle qui nous fait voir le Ciel comme notre futur certain, puisque par le baptême, nous avons reçu notre laissez-passer pour l’éternité. Choisissons l’Espérance, et fixons-nous à elle car elle ne déçoit pas. Rappelons-nous que partout des frères et des sœurs prient pour nous, comme nous prions pour eux. Des contemplatifs offrent leur vie pour nous qui sommes aux croisés des chemins. Nous ne sommes pas seuls dans l’Église du Seigneur.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message du  vendredi 28 aout 2020 ——————————————

 

« Heureux êtes-vous, si vous le faites » (Jn 13, 17)

« Heureux êtes-vous » dit Jésus aux apôtres alors qu’il va les quitter pour subir sa passion. De quoi parle-t-il ? Du geste du lavement des pieds qu’il vient de faire aux douze, si surpris de son abaissement. Être envoyé par Lui signifie vivre au service de nos frères, dans le partage de leurs joies et de leurs peines, avec humilité. Quand on va en pèlerinage à Lourdes, c’est l’expérience merveilleuse qui est faite et qui ouvre les cœurs desquels sortent toutes sortes de bienfaits : la gentillesse, la bonté, la joie et le partage.

Nous revenons de Lourdes, belle cité pyrénéenne où la Vierge Marie est venue rencontrer la jeune Bernadette en 1858. A la suite de ces apparitions si touchantes, le lieu est devenu un grand sanctuaire mondialement connu : il suffit de voir combien de copies de la grotte de Lourdes ont pu être édifiées aux quatre coins du monde par des communautés catholiques. Normalement des millions de pèlerins viennent chaque année. En 2020, suite à la crise sanitaire, tant de groupes ont annulé leur venue. À Chartres, nous avions misé sur une accalmie de l’épidémie, nous avions osé penser qu’il serait possible de vivre quatre jours ici tous ensemble. Et effectivement l’hospitalité chartraine fut la première à venir avec treize malades âgés et assez autonomes. La météo s’est faite douce et propice au recueillement. Nos pèlerins ont pu vivre la messe chaque jour avec la belle animation assurée par la chorale de l’hospitalité, particulièrement mardi dernier à la grotte avec le diocèse de Rouen. En ce lieu où Marie est apparue et a parlé à Bernadette, nous avons célébré Jésus-Christ, le fils de Marie. Nous avons écouté sa Parole. Nous avons communié à son corps précieux. Il est touchant de voir tant de visiteurs étrangers. Ils sont nombreux, comme les indiens et les tamouls toujours vêtus de belles robes et de saris. Ou encore les espagnols ou les italiens dont la langue chantante se fait forte pour dire le chapelet. Nous voyons quelques familles musulmanes qui doivent aussi aimer Marie que le Coran nomme la plus belle femme. Elle les attire à son fils Jésus qui est là pour leur donner l’Évangile de la vie. Je suis heureux de voir combien les adolescents et les jeunes sont aussi au rendez-vous de Lourdes. Leur groupe comptait plus de quarante personnes, toujours pleines d’énergie. L’hospitalité rassemblait une centaine de membres dont une trentaine de jeunes adultes. Certains sont maintenant désireux de devenir des membres fidèles de l’hospitalité au service des malades, que ce soit à Lourdes ou dans leur vie habituelle. N’est-ce pas merveilleux de constater leur désir de se donner ? Maÿlis âgée de 19 ans me disait « « Voir la fragilité de la personne, voir Jésus dans les malades, cela a changé ma vie radicalement à Lourdes » et Emeric ajoutait : « Si maintenant je réfléchis à des études dans la santé, c’est grâce à cela. » Lourdes nous transforme. Lourdes façonne les cœurs de tous ceux qui viennent ici, et nous espérons que 2021 se fera sans contrainte sanitaire, avec la joie de venir nombreux pour entourer les malades.

Que retenir après ces jours de pèlerinage ? La rencontre du Ciel et de la terre, assurément. Si la Vierge Marie apparait, c’est que son Fils maintenant élevé au Ciel l’envoie comme messagère. Dans l’histoire du peuple hébreu, les anges furent des messagers privilégiés. Les prophètes étaient aussi des messagers, donnant leur voix à la Parole divine. Beaucoup de saints et des saintes ont été tellement habités par la grâce qu’ils manifestaient la présence de Jésus vivant, souvent en guérissant en son nom. Cependant, les apparitions de la Vierge Marie sont des cadeaux très particuliers. Marie vient avec douceur. Elle parle clairement en invitant à la conversion pour suivre son fils Jésus. Elle choisit des personnes simples, humbles et généralement jeunes. Ici à Lourdes, Marie parle toujours à nos cœurs. Les fidèles ne s’y trompent pas, eux qui se déplacent parfois de l’étranger pour la prier. Il est si bon de connaitre notre maman du Ciel et de découvrir la réalité du Ciel, car il est notre « à venir ». Nous revenons tous enchantés d’être venus en ce lieu et d’y avoir vécu quatre journées très fraternelles. C’est décidé, l’année prochaine, nous reviendrons nombreux avec des amis et nos familles. J’invite chaque personne à découvrir Lourdes, à venir avec nous. Ce sera fin août 2021, les dates seront précisées rapidement. En attendant, heureux de ces moments, nous rentrons en Eure-et-Loir pour être des témoins du Christ.

Dans son texte La joie de l’Évangile, le saint Père François nous interpelle : « Soyez disciples-missionnaires. » (n°24) Oui, mais envers qui ? Vers qui Jésus nous envoie-t-il quand il dit « allez de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. » (Mt 28, 19) La croissance du nombre de catéchumènes montre que nos contemporains sont ouverts à la parole de Jésus-Christ. La mission n’est-elle pas nouvelle ? Nos paroisses vont devoir se laisser transformer. Elles existent pour sortir d’elles-mêmes et aller vers le monde. Par exemple, nous ne pourrons plus célébrer des funérailles pour des personnes qui certes sont chrétiennes que par le baptême mais n’ont rien vécu avec l’Église. Une équipe de trois personnes dévouées et bénévoles, mais souvent âgées, ne peut assurer les funérailles de dizaines de personnes qui, elles, n’étaient jamais là pour nous apporter leur aide. Certes les paroissiens accueilleront encore les souffrances des personnes, ils les écouteront. Bien entendu, l’Église doit être sans cesse un lieu d’accueil. Mais il faut un renouvellement. La paroisse est une communauté vivante qui annonce la Parole de Vie, l’Évangile, en toutes occasions. Les apôtres ont choisi des hommes pour servir les tables et prendre soin des veuves esseulées (Voir Act 6, 1-6). Les apôtres voulaient recentrer leur mission sur la prière et l’annonce de la Parole. Car dit Saint Paul « comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? » (Rm 10, 14) Vos prêtres sont là pour être serviteurs de la Parole du Christ dans la célébration des sacrements et la catéchèse. Les laïcs sont envoyés pour être un peuple actif et vivant dans la mission. Trop souvent nous souffrons de voir des fidèles qui sont passifs alors qu’ils sont talentueux. Un chrétien ne peut pas être un consommateur passif. Le baptême donne des responsabilités.

La pandémie a encouragé notre besoin de fraternité et d’entraide. Elle nous a fait réfléchir sur la dimension spirituelle de la vie qui est plus nécessaire que la satisfaction de nos désirs trop humains. Le mot « frugalité » est soudainement réapparu. Les expressions « vie simple », ou encore « vie locale et amicale » résonnent plus souvent. Chacun peut-il s’interroger sur sa vie ecclésiale et spirituelle ? En regardant Jésus, nous le voyons prendre beaucoup de temps pour prier, nuit et jour. Notre union à Dieu le Père, dans l’écoute de l’Esprit Saint, est le premier fondement de toute vie chrétienne. Là Dieu nous parle par des motions intérieures. Là il nous encourage. Là il nous apaise. Alors la grâce de charité que nous recevons peut passer par nos actes. La première des charités est l’annonce du Royaume, faire découvrir le visage de Jésus, faire aimer l’Église notre famille. Une paroisse a un cœur, car elle est définie comme communauté stable de fidèles. Comment les personnes extérieures vont-elles découvrir ce cœur ? Où et en quelles occasions ? Sur ce point, ne sommes-nous pas timides voire tièdes, peu concrets ? Car comment parler de fraternité hors de toute rencontre fraternelle ? Pour cette rentrée, réfléchissons à la mission vers le monde, surtout vers ceux que la pandémie a révélé comme plus fragiles. Préparons le mois d’octobre, mois missionnaire placé sous la protection de la Vierge Marie.

Le 26 août, nous fêtions une belle figure chrétienne du VIème siècle, saint Césaire, évêque d’Arles. Il défendit la foi en la sainte Trinité et la force de la grâce précédant tout acte humain bon. Il eut soin des pauvres. Il partait souvent, à l’instar d’un saint Paul, sur les chemins pour rencontrer les habitants souvent païens et leur parler de Jésus. Il œuvra pour l’unité politique du pays, divisé par la présence de plusieurs peuples barbares. Il fit construire des églises et des monastères. Il fut critiqué et jalousé. Mais sa prédication simple et encourageante, qui nous est parvenue par de nombreux manuscrits, touchait les petites gens. Le peuple l’aimait. Dieu guérit de nombreuses personnes par son intercession. Très tôt, on le reconnut comme un saint.

En tant qu’évêque de Chartres, comment ne pas être interrogé par sa vie toute au service de la prédication ? Puisse Notre-Dame nous soutenir pour que nous parlions de Jésus à tous ceux vers qui l’Esprit nous envoie.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’angélus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message du  vendredi 21 aout 2020 ——————————————

 

« Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l’Esprit ! »

Ce cri de Saint Paul (2 Co 3,8) nous ouvre des perspectives nouvelles pour notre Église, spécialement en Eure-et-Loire. Comme l’avait souhaité le saint Pape Jean XXIII en ouvrant le Concile Vatican II, c’est une effusion de l’Esprit que nous appelons de nos vœux par nos supplications adressées à Dieu. Nous verrons la Gloire de Dieu, affirme saint Paul. Jésus l’a promis : après son ascension, nous verrons des œuvres plus grandes que celles qu’il a faites parce que l’Esprit Saint nous a été donné. Amen, Alléluia !

Lors de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, célébrée le 15 août, notre union à Dieu a été renforcée. Ce fut une belle journée, haute en couleurs, à Chartres avec la grand-messe et la procession qui partit de la maison diocésaine de la Visitation pour remonter par la butte des charbonniers jusqu’à la cathédrale. Le reliquaire que nous portions témoignait de l’histoire de Chartres, le voile qu’il contient ayant été donné en l’an 876 par le roi Charles le Chauve aux chanoines du chapitre. Nous portions aussi la statue de Notre-Dame de Chartres, une Vierge assise, « trône de la sagesse » qui nous présente son fils Jésus. Nous avons chanté les vêpres, sous les si belles voûtes de la nef, accompagnées par le grand orgue. Il était bon d’honorer ainsi la Vierge, la Mère de Dieu. Elle est bénie entre toutes les femmes et nous nous appuyons sur sa présence parmi les saints et les saintes du Ciel pour lui demander son intercession en toutes circonstances, dans les joies comme dans les épreuves. Sa prière est puissante et elle nous encourage à la fidélité.

Les messes paroissiales nous rassemblent, plus ou moins nombreux selon les églises. Tous les fidèles ne sont pas revenus, certains s’abstenant d’être présents dans l’assemblée à cause de leur fragilité physique et préférant suivre la messe sur Radio Grand Ciel ou à la télévision. La liturgie catholique reçut du Concile Vatican II un nouvel élan pour être celle de tout le peuple de Dieu qui célèbre et loue d’un seul cœur Dieu le Père. C’est Jésus qui œuvre pour faire du pain et du vin offerts lors du sacrifice eucharistique son corps et son sang. Tous ensemble, nous formons son peuple saint. Ce don est essentiel à notre vie, et Jésus a promis la vie éternelle : « je suis le pain vivant venu du ciel, si quelqu’un mange de ce pain il vivra éternellement. » (Jn 6, 51) Notre communion joyeuse est particulièrement exprimée dans les réponses chantées ensemble. Le chantre (ou l’animateur) est là pour nous entraîner mais il n’occupe pas l’espace sonore puisqu’il s’efface autant que possible afin que chacun soit libre d’ajouter sa voix au chœur commun. Si nous participons personnellement, nous le faisons en communion avec tous ceux qui sont là. Nous associons aussi les absents pour lesquels nous prions, particulièrement les malades et les mourants. Faudrait-il plus d’intériorité à nos liturgies ? Possiblement mais ce n’est pas tant le cadre ni la forme du rite qui garantissent l’intériorité, mais bien le choix libre et voulu par chacun qui ouvre la voie à la profondeur de ce que nous vivons. J’aimerais vous donner quelques clés utiles pour entrer plus avant dans la louange eucharistique et l’intimité de Dieu. Vous savez qu’aucun sportif ne court une épreuve sans un long échauffement. Son corps et son esprit s’y préparent. Pareillement, nous pouvons nous préparer à vivre la messe. Comment ? En méditant les textes bibliques la veille ou le matin pour désirer entendre le commentaire du prédicateur. En arrivant en avance pour nous mettre en présence du Christ avec des prières intérieures de confiance et d’abandon. En priant le chapelet en chemin vers l’église pour qu’avec la Vierge Marie, notre cœur se dispose au Mystère de la vie du Christ. En choisissant de chanter même si nous connaissons peu les chants pour accompagner l’assemblée. En remerciant le Seigneur pour ceux et celles qui nous entourent au sein de l’assemblée. Enfin, en nous avançant vers la communion préparée consciemment à recevoir le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, notre Dieu et sauveur Jésus-Christ. Cela appelle une véritable prostration intérieure devant la grandeur de Dieu. Nous connaissons tous la force d’une liturgie bien animée et chaleureuse. Cependant nous n’aurons pas toujours cela spécialement dans des lieux reculés où peu de personnes sont présentes. Mais ce sera la même eucharistie, source de grâces, si nous nous y engageons de tout notre cœur, en louant Dieu pour le prêtre qui officie et les quelques fidèles présents. Sortir de la routine est d’abord un choix du cœur et de la volonté. Êtes-vous prêts ?

La rentrée scolaire approche. Elle sera particulière. Tous les enfants reprendront-ils le chemin de l’école ? Les parents retrouveront-ils leur lieu de travail ?. Certains seront au chômage malheureusement, d’autres resteront en télétravail. Les conditions sanitaires sont en discussion. Le masque s’impose au travail dès que nous sommes deux personnes. Les conseils des grands professeurs de médecine sont parfois contradictoires : nous ne savons plus s’il faut un surcroît de protection ou au contraire nous détendre face au virus. Ce flou peut susciter une forme d’inquiétude. Soyons prudents, mais si les gestes barrières sont nécessaires, la fraternité doit trouver toutes les formes possibles pour se déployer notamment vers ceux qui sont isolés. Un appel téléphonique peut faire tant de bien !

Avec la rentrée des écoles, viendra aussi la reprise du catéchisme et des aumôneries. Le premier est pour les enfants du primaire, les aumôneries pour nos collégiens et lycéens. Beaucoup y retrouveront leurs amis, les animateurs et animatrices. On les appelle souvent catéchistes. Mais si les plus motivés ont déjà noté ces rendez-vous dans leur agenda, tous n’ont pas aisément accès aux informations et tardent à inscrire leurs enfants. Aussi, par ce message, par Radio Grand Ciel, surtout par chacun de nous qui pouvons informer nos proches et nos voisins, il est urgent de faire connaitre cette belle proposition. Découvrir la Bible, suivre la vie de Jésus dans les Évangiles, recevoir le baptême et faire sa communion, que de belles richesses. La Parole de Dieu est lumineuse et encourage à vivre dans le respect et l’amour de soi et des autres. Elle fait découvrir combien nous avons de la valeur aux yeux de Dieu, elle nous donne confiance en nous-même car oui, Il nous aime infiniment. Elle montre que la nature est un don précieux et demande un soin nouveau pour la préserver. Idéalement une rencontre hebdomadaire de catéchisme d’une heure et demie voire de deux heures est nécessaire. Ce moment s’inscrit pleinement dans la vie puisque le cycle des semaines fonde notre rythme naturel. Dans certains villages, des parents créent eux-mêmes des équipes de catéchisme à domicile ou dans une salle paroissiale ou communale. Cela peut apparaître complexe à mettre en place, mais les parcours existants donnent des outils, des textes et des images, tout un support pédagogique et de prière pour aider ceux et celles qui s’y engagent. Je les en félicite car notre vie de foi est celle d’une famille, notre Église. La solidarité est transversale lorsque chacun apporte ses talents à l’œuvre commune.

Quand ce message vous parviendra, beaucoup seront en route vers Lourdes pour le pèlerinage annuel qui regroupe des adolescents, des pèlerins et l’hospitalité chartraine. Cette année, treize malades feront le voyage au lieu des 120 habituels. Nous savons combien beaucoup de malades sont déçus de ne pas venir, car ce pèlerinage est souvent pour eux le voyage de l’année, entourés de l’affection de tous. Mais personne ne sera oublié. Nous prierons à la grotte de Massabielle pour chacun, des cartes seront envoyées, Radio Grand Ciel donnera des messages et permettra de suivre quelques moments. Comme saint Paul l’écrit aux habitants de Corinthe, j’aimerais dire à tous : « De toute évidence, vous êtes cette lettre du Christ, produite par notre ministère, écrite non pas avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non pas, comme la Loi, sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs. » (2 Co 3, 3) Nous écrirons dans nos cœurs les noms de tous nos amis, malades ou bien-portants, afin qu’en chaque célébration et prière, avec vous, nous soyons reliés par Jésus au Père éternel. Et nous vous remercions de nous garder en vos cœurs et vos prières.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

 

Message du  vendredi 14 aout 2020 ——————————————

 

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance. »

Demain 15 août, nous célébrerons l’Assomption de la Vierge Marie. Mais nos pensées et nos prières vont tout d’abord vers le Liban, le pays du Cèdre, où Notre-Dame du Liban est tant priée par les chrétiens maronites. Ces frères et sœurs catholiques ont pour la divine liturgie le rite maronite et, depuis le Ier siècle sont fidèles au Christ et vivent leur foi en lien avec Rome. L’Église libanaise s’est, a u cours des siècles, fait remarquer par son courage : elle a tenu ferme, notamment face à l’Islam. Dans les années 1980 le pays fut éprouvé par la guerre qui suscita des divisions alors que les religions y vivaient en relative harmonie. J’ai eu la chance de le visiter avec un groupe de l’association Aide à l’Église en détresse (AED) en octobre 2017. Ce voyage nous a permis de rencontrer des acteurs de la charité œuvrant dans des quartiers très défavorisés de Beyrouth, des sœurs qui animent des écoles catholiques admirables recevant des élèves de toutes confessions, des patriarches qui guident les communautés et favorisent l’entraide. Depuis les guerres en Irak et en Syrie, plus d’un million et demi de personnes s’y sont réfugiées, ajoutant une charge économique considérable pour ce petit pays.

Or voici que le quartier du port explose. Une enquête détaillée doit être conduite. Mais il semble que la cause soit due à un stockage inconscient de produits hautement explosifs, et cela malgré les mises en garde nombreuses faites aux autorités. Le laisser-faire, les arrangements douteux, le poids de l’argent et d’autres ingrédients d’une aberrante mauvaise gestion ont conduit à un drame. Le quartier chrétien tout proche paie un lourd tribut, une douzaine d’églises sont détruites. Une vidéo montre un prêtre célébrant la messe lorsque l’église s’effondre sur lui. Trois grands hôpitaux chrétiens sont endommagés. Nous ne pouvons pas rester insensibles et notre soutien spirituel et financier doit s’exprimer non pas uniquement par une aumône mais par une véritable aide. Si plusieurs ONG aident les libanais, à titre personnel, j’encourage volontiers l’AED. Les pieuses pensées ne suffisent pas et ceux qui portent la responsabilité du monde doivent s’engager résolument, non pour leur avantage mais parce que nous sommes humains et solidaires.

Le drame de Beyrouth s’est déroulé à quelques jours de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. L’État français accorde un jour férié : il nous faut entrer dans la juste compréhension du repos auquel nous sommes invités ce jour-là. La Vierge Marie a accompagné son fils Jésus durant sa vie, trente années cachées à Nazareth, puis trois années de vie publique. Elle l’a accompagné sur le chemin du calvaire, a assisté à sa crucifixion sur la Croix infâme, puis l’a retrouvé ressuscité jusqu’à son ascension. Ensuite elle a vécu, comme un disciple, auprès des apôtres, dans la prière, à l’écoute de la Parole, confortant par sa présence rassurante les premiers chrétiens, jusqu’à la fin de sa vie. Les dernières années de la vie de Marie ne sont pas décrites dans le Nouveau Testament mais des traditions rapportent qu’elle s’est endormie dans la mort sans que son corps ne se corrompe car elle était sans péché. Alors Dieu l’a élevée au Ciel avec son corps. Les apôtres avaient été prévenus et purent entourer son départ. Nos frères orientaux appellent ce moment la dormition. Cette tradition, très ancienne, a été reconnue par l’Église lors de la proclamation du dogme de l’Assomption en 1950. Un dogme est une expression concise d’une vérité que nous croyons fermement. On peut dire que le dogme est à la foi ce que le diamant est au carbone. Un concentré assuré. Ce dogme nous fait espérer notre propre chemin au Ciel. Puisque Marie est entrée dans la Gloire divine, voici notre projet : la rejoindre auprès de Dieu. Elle a eu ce privilège car elle fut en toutes choses associée au pèlerinage terrestre de son Fils Jésus. Elle a bénéficié du Salut par anticipation. De cette fête, nous entendons l’appel pressent de l’Esprit Saint à la conversion afin de rejeter tout mal et nous fier à notre maman du Ciel. Elle redit inlassablement les paroles prononcées à Cana « Faites tout ce qu’il vous dira ! ». (Jn 2, 5). À Chartres, nous portons en procession le reliquaire du Voile de la Vierge, offert en 876 par le roi Charles le Chauve au chapitre de la cathédrale. Nous aimons chanter à Notre-Dame notre confiance par cette prière du IIIème siècle : « sous ton voile de tendresse, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. » La vraie dévotion envers Marie honore son Fils, notre Seigneur, et touche le cœur de Dieu. Les cœurs de Marie et de Jésus sont intimement unis, tellement que l’on a pu parler du « cœur de Marie et de Jésus ». Ils vivent à l’unisson accueillant en leur cœur les enfants de Dieu qui ont foi. Utilisons quotidiennement notre chapelet pour prier Jésus en présence de la Vierge.

C’est à la Vierge Marie que nous confions notre pays, la France. À la suite du vœu du roi Louis XIII, consacrons-le à Marie. Implorons Marie de protéger notre pays, et de nous garder du mal. Comment en évoquant cela, ne pas penser aux choix dramatiques de nos décideurs politiques comme l’amendement voté dans la discrétion, à la va-vite et de nuit, autorisant la mise à mort de bébés parfaitement sains, au seul motif que la mère serait dans une situation de « détresse psychosociale », et cela jusqu’au terme de la grossesse soit neuf mois. Comment pourra-t-on tuer par empoisonnement un enfant pesant ses quatre kilos, juste parce que nous ne savons pas aider cette maman ? Où se situe le problème ? L’enfant est une personne humaine, pas un problème. L’argent peut manquer voilà le problème. La solitude ou l’isolement voilà le problème. Le rejet familial voilà le problème. Des études à achever voilà le problème. Notre société a soudainement trouvé des milliards d’euros face à la pandémie et ne saurait trouver comme solution que le crime. Et qui alors ira accompagner ces femmes oubliées avec leur souffrance post-avortement ? Qui ira les consoler quand elles seront seules ? Sûrement pas nos députés libertaires et inconscients qui créent des boulevards toujours plus larges pour la culture de mort. Car on ne règle pas un mal en en suscitant un autre. Il restera l’Église et ses prêtres pour offrir la consolation qu’apporte l’expérience de la Miséricorde divine. Il y aura ces frères et sœurs laïques qui écoutent et entourent celles qui sont laissées à leurs larmes. Voici pour nous un grand sujet d’engagement et de prière. Comment nous taire ? Nous sommes peu à espérer qu’une autre voie est possible, c’est la raison pour laquelle tous nous devons nous battre pour la Vie car elle est toujours un don à recevoir ensemble.

Ce 10 août, nous fêtions saint Laurent, mort assassiné brûlé vif. Diacre connu pour son extrême charité envers les pauvres, il nous montre que nos vies sont offertes si nous sommes disciples de Jésus. Le témoignage de la foi consiste en l’amour donné sans réserve aux autres. Si la société française doit évoluer, c’est vers plus d’amour et de fraternité. Que ces jours d’été soient emplis d’actes simples et beaux manifestant tout l’amour que le Seigneur vous donne pour, qu’à votre tour, vous l’offriez autour de vous.

Enfin, je suis heureux d’ajouter nos encouragements pour Monseigneur Laurent Percerou, jusqu’à présent évêque de Moulins, qui est nommé évêque de Nantes, grand diocèse très vivant, mais dont nous avons le souvenir récent de l’incendie de sa cathédrale. Monseigneur Percerou fut prêtre en notre diocèse de Chartres et sa nomination honore notre Eglise locale. Que Notre-Dame de Chartres veille sur lui et qu’il soit un évêque bon pasteur pour tous, voici ce que nous lui souhaitons.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

 

Message du  vendredi 07 aout 2020 ——————————————

 

« Si vous avez de l’amour les uns pour les autres ! »

« Je suis venu allumer un feu sur la terre, et comme je voudrais le voir déjà allumé ! » dit Jésus (Lc 12,49). De quel feu parle-t-il ? Nous avons chaque été notre lot de feux de forêts et de moissons. La canicule, les hautes températures, tout cela attise le feu. Mais qu’en est-il du feu que désire Jésus ? Nous nous rappelons que la première manifestation de Dieu à Moïse eut lieu dans un buisson en feu. Chose extraordinaire, Moïse voit que le buisson ne se consume pas. Dieu lui parle et lui révèle son nom avant de l’envoyer en mission vers ses frères et sœurs hébreux opprimés par Pharaon. « Je suis celui qui suis », voici mon nom dit la voix (Ex 3,14). Que cela est étrange, car dans ce nom rien n’est dit. Aucun qualificatif ne nous aide à comprendre la nature divine. Rien n’est dit, mais tout est dit, car dans ce « je suis », l’homme approche le mystère de l’existence et de la vie éternelle que nous recevons chacun d’en haut. Or l’« être divin » se révèle être un pluriel, tel un « nous » qui crée, la Trinité entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Dieu nous partage sa vie en prenant corps dans l’humanité par le sein de la Vierge Marie. Non seulement il vient nous enseigner mais il se fait solidaire pour nous tirer de la mort et par sa résurrection nous associer à sa vie éternelle. Jésus offre les moyens pour parvenir à l’union avec Dieu, soit la Parole et les sacrements. Par-dessus tout cela, il promet de demeurer avec nous tous les jours en nous envoyant le Saint Esprit. C’est bien celui-ci qui est appelé feu. Ne s’est-il manifesté en abondance sur la Vierge Marie, les apôtres et les disciples, le jour de la Pentecôte sous l’apparence de flammes de feu posées sur chacun ? Avec l’Esprit, c’est un amour brûlant, une vive flamme d’amour dira saint Jean de la Croix, qui bouscule nos résistances et nos froideurs et qui nous embrase de charité. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » dit Jésus aux hommes et femmes qui le suivent (Jn 13,35). « Car l’amour est fort comme la Mort, la passion, implacable comme l’Abîme : ses flammes sont des flammes de feu, fournaise divine. Les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter. » (Ct 8,6-7). Ce mois d’août, ne passons pas à côté de tous les petits actes d’amour possibles qui allument ce grand feu souhaité par Jésus.

Ces dernières semaines la presse ecclésiale s’est fait l’écho de la demande de femmes d’être mieux considérées en accédant aux postes à responsabilité dans l’Église. Sept femmes ont même demandé à Rome d’être ordonnées prêtres. Le sujet nécessite d’être traité avec délicatesse. Nous le savons, trop souvent, les femmes voient leurs droits bafoués et sont sujettes à des violences physiques ou des paroles blessantes et insultantes. De tels actes et de telles attitudes sont inacceptables et indignes d’une culture qui se veut évoluée. La réponse à ces graves désordres est assurément l’éducation et la collaboration mutuelle. Voici quelques jours, je rencontrais au bord d’un canal à Tourcoing une quinzaine d’adolescents non chrétiens mais qui sont vite entrés en dialogue tellement surpris de rencontrer un évêque se promener, casquette sur la tête de surcroît. Nous avons échangé sur leur avenir, sur Dieu, et l’un d’eux, Enzo, est même revenu demander la prière pour son entrée en troisième. J’ai pu dire à deux jeunes filles du groupe combien elles étaient précieuses et aux garçons combien ils pouvaient être pour elles des chevaliers respectueux. Ce langage était sûrement inhabituel pour eux, mais il me semble qu’ils étaient à l’écoute. Oui, la femme est précieuse et mérite notre respect. Est-elle accueillie pleinement dans l’Église ? Nombre d’entre elles me disent leur bonheur d’y être bien à leur place. La question de l’ordination des femmes revient cependant régulièrement, notamment dans les médias. La reconnaissance des femmes consiste-t-elle à être ordonnées prêtres ? Faudrait-il cléricaliser les femmes pour qu’elles soient reconnues ? Le sommet de la vie de l’Église est-il d’accéder derrière l’autel ? Ne voit-on pas dans l’Église de nombreux laïcs, hommes comme femmes, assumer des responsabilités, au sein des diocèses, des associations et des mouvements ? Dans l’Écriture, combien de figures de femmes admirables ont joué un rôle décisif ! Aujourd’hui encore, combien de femmes se mettent courageusement au service de la foi et de l’Église ! À Chartres depuis début juillet, la nouvelle économe est une femme, Valérie Michelet. C’est une joie de pouvoir collaborer avec elle. La conduite des projets missionnaires, l’animation des paroisses et des aumôneries, l’enseignement de la foi, toutes ces missions, absolument nécessaires à la vie même de l’Église peuvent être portées par des femmes. Le sacerdoce ministériel est le propre des hommes : le Christ lui-même l’a voulu ainsi. Le prêtre est au service du peuple : sa charge est le service de la foi des fidèles par la célébration des sacrements et la prédication de la Parole. Le sacerdoce ministériel n’est donc pas un pouvoir. C’est un service. Et ce service, le prêtre le porte, pour et avec tous les fidèles, membres d’un même corps. Comme je vous ai lavé les pieds, faites de même les uns pour les autres, demande Jésus (Jn 13,14-15). Hommes ou femmes, prêtres, diacres, mariés, célibataires, jeunes ou vieux ; tous nous sommes appelés à prendre la tenue de service, dans une juste complémentarité entre les vocations et les talents. Le Seigneur a besoin de nous tous. Il attend de nouveaux disciples, hommes et femmes. Que vous soyez homme ou femme, bienvenue dans l’Église du diocèse de Chartres où tous vos talents et charismes sont espérés !

Dans quelques jours, nous serons à Lourdes (22 au 26 août), et là auprès de la Vierge Marie, nous prierons pour les malades. Beaucoup d’entre eux auraient tellement aimé vivre ces jours avec nous, mais les conditions sanitaires en ont décidé autrement. Tous, malades et bien portants, vous serez avec nous en nos cœurs. Ensemble, nous constituerons le même peuple qui vient aux pieds de Notre-Dame de Lourdes, accompagné par sainte Bernadette, et nous nous mettrons en prière, avec le chapelet, pour nous confier mutuellement à notre mère du Ciel. Lourdes est la ville du cœur de Marie et du cœur des petits. Là, les puissants apprennent le service des autres et, humblement, deviennent des personnes meilleures. Là la Vierge nous regarde « comme on regarde une personne » pour reprendre les mots de sainte Bernadette, elle qui était jugée et condamnée par tous comme la fille du voleur. Durant ces journées lourdaises, nous remercierons Valérie Gaujard qui a présidé l’hospitalité de Chartres depuis quelques années. Une belle figure de femme au service de l’Église !

En ces jours d’été, nous nous reposons physiquement et nous nous recueillons spirituellement auprès du Seigneur. Chaque voyage nous offre la chance de découvrir non seulement des églises et leur beauté, mais des communautés chrétiennes qui célèbrent l’eucharistie. Personnellement, le dimanche, j’ai toujours souhaité aller à la rencontre des paroisses, de m’y plonger dans la prière pour participer au sacrifice du Christ et à son offrande qui rachète le monde. Chanter d’autres chants, écouter une autre voix commenter les textes, être accueilli par des fidèles heureux de montrer qu’ici on vit l’esprit de communion. Cela est inspirant, cela déplace nos propres options, cela renouvelle nos regards et notre expérience. Je remercie tous les fidèles laïcs impliqués en ces lieux de vacances, particulièrement les chorales et les familles qui animent les célébrations. Nous avons ressenti si cruellement de ne pouvoir vivre ensemble la messe pendant le confinement. Nous l’avons retrouvée maintenant. Certes, dans certains lieux, il sera nécessaire de faire vingt kilomètres pour rejoindre une église. Nous parcourons souvent des distances bien plus grandes pour nous divertir. Je me remémore Antoine, catéchumène au Congo, qui marchait cinquante kilomètres à pied pour aller à ses rendez-vous de formation chrétienne. Dois-je préciser cinquante aller simple ? Restait le retour après ! Que ne ferait-on pas pour une messe quand on est un authentique pratiquant ? L’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne. Ne l’oublions pas, en ce temps de repos, où nous changeons nos habitudes et bouleversons nos rythmes.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur. Amen

 

 

 

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