Message Fraternel de Mgr Christory

Retrouvez le Message Fraternel hebdomadaire de Mgr Philippe Christory

Monseigneur Philippe Christory s’adresse à vous chaque semaine pour évoquer les sujets qui lui tiennent à cœur ou encore traiter de l’actualité.

Version audio disponible en cliquant sur le triangle du lecteur noir

Message 104, Mgr Philippe Christory, Vendredi 15 janvier 2021

” Il leur dit : Venez, et vous verrez.”

Depuis lundi, nous sommes entrés dans le « temps liturgique ordinaire ». Ce mot « ordinaire » a en français un sens dépréciatif. Avoir une tenue ordinaire ou être une personne ordinaire, ce n’est pas très avantageux. Au contraire, pour notre liturgie, la forme ordinaire du rite latin de la messe est celle qui est universelle, celle de tous, celle que l’Église a appelé de ses vœux sous l’inspiration du Saint Esprit à la suite du Concile Vatican II. La réforme liturgique au cours du XXème siècle avait préparé la voie. Les recherches sur les manuscrits anciens, ceux des Pères de l’Église, ont permis d’exhumer des bibliothèques du monde entier des trésors liturgiques encore inconnus. Tant d’ouvrages recopiés avec soin par les moines du Moyen-Âge furent traduits et étudiés. Aussi le rituel de la forme ordinaire s’est enrichi de toutes ces prières, hymnes et surtout le lectionnaire des messes a intégré beaucoup de textes bibliques qui n’étaient pas lus auparavant. Le temps « ordinaire » nous offre un enrichissement personnel en nous invitant à prendre la Parole en main, à la méditer, à l’apprendre, à en faire notre nourriture spirituelle. C’est d’abord dans la familiarité avec la Parole que nous serons aptes à discerner les appels de Dieu. « La Vierge Marie gardait toutes ces choses en son cœur » (Lc 2, 19 et 51), elle est notre modèle. En semaine, nous déroulerons les grands textes de l’Ancien Testament, des lettres des apôtres et dès maintenant l’Évangile de saint Marc. Le dimanche, en cette année B, nous lirons l’Évangile de saint Jean. Je vous suggère de trouver une introduction à la lecture des Évangiles ou un livre sur un de ces deux Évangiles pour approfondir vos connaissances. Rappelez-vous l’adage de saint Jérôme « l’ignorance des Écritures, c’est l’ignorance du Christ. » Peut-être pourriez-vous faire ce parcours au fil de l’eau, par visioconférence, avec des amis ?

Notre vie peut nous sembler ordinaire. Pour beaucoup, c’est même une vie inquiétante. Rien n’est sûr. Le travail manquera pour beaucoup. Le virus est là. Or dans la lumière de la foi, la vie ne peut pas être ordinaire. J’aime cette parole de l’Apocalypse « je fais toutes choses nouvelles. » (Ap 21, 5) L’Esprit est à l’œuvre en nous et entre nous. La pandémie a ajouté un facteur de gravité à la vie. La mort survient parfois, plus vite qu’on ne l’aurait imaginé possible. Mais la mort n’est-elle pas le passage vers l’éternité ? Ces circonstances ont modifié notre perception de ce qui est essentiel. Se parler, visiter nos aînés, se relier et se soutenir, cela est tellement important, d’autant plus lorsque des personnes dépendantes sont cloîtrées et n’ont que si peu de contacts humains. Ajouter de la vie à chaque journée, voici notre vocation. Notre vie, nous la recevons de Dieu. Personne, en effet, ne se donne sa propre vie. Si nos parents nous ont mis au monde par leur union physique, leur propre capacité à enfanter les dépasse. Si l’on dit parfois « faire un enfant », nous voyons combien c’est une erreur de langage. Les parents accueillent un enfant, mais ils ne le fabriquent pas. L’enfant est toujours un don, une grâce même lorsque sa venue n’est pas prévue. Un enfant offre une nouvelle image de Dieu. Il porte en lui quelque chose de divin, une vie précieuse et nouvelle. Nous sommes chacun unique dans le Cœur de Dieu.

Or en tant d’occasions la vie fragile et innocente est rejetée sous prétexte d’une prétendue liberté de la femme à disposer de son corps. L’avortement est un drame, surtout pour celui ou celle que nous n’entendrons pas crier car sa mort est exécutée dans le sein maternel, ce lieu de la vie qui devient l’espace de la mort. Le pape François contemple Jésus et dit « le Fils de Dieu est né rejeté pour nous dire que toute personne rejetée est un enfant de Dieu. Il est venu au monde comme un enfant vient au monde, faible et fragile, afin que nous puissions accepter nos faiblesses avec tendresse. » (29/12/20) Le corps de l’enfant appartient à l’enfant, il n’est pas le corps de la mère, son ADN n’a rien à voir avec celui de ses parents. Il est lui, unique et irréductible. Il n’a besoin que d’amour et de nourriture. En rien il ne mérite cette mort si violente. Les députés ont proposé que soit élargi l’accès à l’avortement prétextant que les restrictions dus au confinement du printemps en limitaient l’accès. Ils ont décidé de l’allongement de l’avortement médicamenteux à domicile à sept semaines et de la suppression de tout délai en cas de détresse psycho-sociale ce qui donne droit à tuer un enfant parfaitement sain sous le motif que sa mère vit difficilement sa venue. Aidera-t-on cette femme à mieux vivre quand sera mort celui qu’elle aura porté si longtemps ? Quand, réalisant son acte, la détresse, l’angoisse, la douleur l’envahiront ? Nous ne le pensons pas un seul instant. La loi donne le droit aux sages-femmes de pratiquer des avortements. Pharaon avait déjà en son temps obligé les sages-femmes à tuer les nouveau-nés mâles des hébreux, alors qu’elles vouaient leur travail à accueillir l’enfant. Tant de couples espèrent adopter, donner et partager l’amour qui croît au sein de leur couple. Pourquoi ne pas favoriser l’adoption ? De nombreuses familles seraient ouvertes à accueillir un enfant de plus. La culture de mort n’apporte rien à l’humanité, elle la fait souffrir jusqu’au suicide parfois. Le planning familial est une œuvre de déshumanisation, une organisation à laquelle nous ne pouvons donner aucune caution. C’est pourtant lui qui organise la formation des adolescents à la vie sexuelle dans les établissements scolaires. Nous demandons aux responsables politiques d’offrir des espaces ouverts à la vie, où chaque mère enceinte dans des conditions difficiles trouvera l’écoute, le soutien, l’encouragement à garder l’enfant qu’elle porte, soit pour l’aimer et l’élever, soit pour le confier à un couple qui le chérira. Nous désirons aussi des formations à la vie, à l’éducation, au sens de la sexualité comme espace d’amour et de respect. Sexualité et fécondité sont des dons de Dieu à recevoir avec humilité et admiration.

Ce dimanche 17 janvier a lieu la marche pour la Vie à Paris. Nous soutenons pleinement cette initiative.

Vivre en notre société est un défi. Des choses magnifiques se passent. En allant dans des écoles, je vois des jeunes qui ont des projets et des désirs. Ils sont notre espérance. Mais si certaines personnes s’en sortent bien, et vivent même dans une relative aisance financière, pour la majorité il n’en va de même. Combien d’artistes sont sans travail ? Combien de comédiens ne montent plus sur les planches ? Combien de restaurateurs ferment boutique définitivement ? Il y a ceux dont le salaire tombe tout naturellement sur leur compte en banque, et ceux qui n’ont plus rien. Chacun peut décider en son âme et conscience des pas à faire vers les autres. Mais nous ne pouvons pas enfouir nos talents en attendant le retour d’une époque idéale, et profiter de notre confort. En réalité pour beaucoup de personnes la vie n’est pas simple. C’est un état de fait. Comme chrétiens, la prière et les sacrements sont notre force et ouvrent à l’œuvre puissante de Dieu. Mardi 10 janvier, nous fêtions une femme merveilleuse, sainte Marguerite Bourgeoys. En 1653 elle laisse tout pour suivre l’appel de Dieu, elle part au Québec dans le village nommé Ville-Marie, qui deviendra Montréal, pour s’occuper des enfants de colons et indiens. Elle fait trois fois le voyage aller et retour en France. Animée d’un zèle charitable sans bornes, elle est portée par son amour de la sainte Eucharistie. Sa vie fut une aventure incroyable.

L’eucharistie, quel merveilleux sacrement ! C’est le sacrifice de Jésus qui s’offre continuellement à Dieu le Père pour notre salut et qui nous envoie en mission porteur de ses grâces. Le mot messe vient du mot latin envoyer. « Ite missa est » signifie « je vous envoie, la messe est finie. » Personne ne devrait quitter la sainte messe sans un élan intérieur missionnaire. Si nous voulons que le temps ordinaire sorte de l’ordinaire, que des personnes se mettent ensemble pour bâtir des projets de développement et d’entraide, inspirons-nous de ces témoins de la foi. Le Christ avait dit à Marguerite « Va, je ne t’abandonnerai pas ». Il en va de même pour chacun de nous. Communiant au Corps de Jésus, nous le portons. « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi » s’exclame saint Paul (Gl 2, 20). L’Église est enrichie de toutes ces histoires, que dis-je, de ces héros de l’amour. Les médias n’en parlent pas mais ils existent bien en tous pays où des femmes et des hommes se livrent à l’amour et font quelque chose pour un monde meilleur. L’eucharistie, c’est le corps de Dieu, c’est son sang, c’est sa parole donnée en partage. C’est notre source de vie. C’est le sommet de ce que nous vivons. En y puisant toutes grâces au quotidien quand cela est possible, nous serons aptes à défendre la vie, depuis sa conception. Ayons foi que cela n’est pas un rêve irréalisable mais un chemin escarpé à prendre ensemble sans nous inquiéter de ce que nous aurons à dire à la face des hommes. L’Esprit nous donnera les mots qui toucheront les cœurs s’ils expriment que nous les aimons chacun.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers.

Mon vœu serait que quelques jeunes gens expriment le désir de se consacrer au Christ et entrent au séminaire ! Cela est possible…

Vierge Marie,

Mère du Christ Prêtre,

Mère des prêtres du monde entier,

Vous aimez tout particulièrement les prêtres,

Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.

Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,

Et vous l’aidez encore dans le ciel.

Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,

Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.

Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,

Qui nous donnent les sacrements,

Nous expliquent l’Évangile du Christ,

Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.

Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,

Les prêtres dont nous avons tant besoin,

Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,

Obtenez-nous, ô Marie,

Des prêtres qui soient des saints.

Amen.

Que nos yeux s’ouvrent ! Quatre vendredis de jeûne et de prière pour sortir d’une bioéthique aveuglée !

Message 103, Mgr Philippe Christory, Vendredi 8 janvier 2021

” Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. “

Il est toujours temps de se souhaiter une bonne année 2021. Nous fêtions dimanche dernier l’Épiphanie. Ce mot signifie la « manifestation. » Pour notre foi, c’est la manifestation de Dieu par sa descente dans le sein de la Vierge Marie. « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14) L’enfant Jésus est adoré par les mages qui viennent d’Orient et lui apportent trois présents, l’or, la myrrhe et l’encens. Ces mages représentent les nations, et leur venue réalise la promesse des prophètes qui annonçaient que tous viendraient remettre des offrandes au Messie. Nous aussi pouvons lui apporter nos présents, nos joies et nos peines, nos belles actions comme nos péchés. Il prend sur lui le mal pour que nous soyons libres de vivre pleinement dans sa lumière

Pour la Vierge Marie et son époux saint Joseph, ces événements sont des surprises inattendues. Dans l’Ancien Testament, il était fréquent de voir comment Dieu bouleversait la vie des hommes et des femmes à qui Il demandait de collaborer à son projet de salut. À Abram, Dieu dit « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai, je ferai de toi une grande nation, je te bénirai. » (Gn 12,2-3) À Moïse Dieu demande de guider son peuple hors d’Égypte. À David il demande de guider son troupeau, à Jérémie qui le supplie d’appeler quelqu’un d’autre car il n’est encore qu’un enfant, il confie son peuple. La Vierge Marie aussi vit la surprise de l’inouï lorsque l’ange Gabriel lui annonce qu’elle sera mère d’un enfant, le Sauveur, sans avoir connu d’homme, mais par l’action du Saint Esprit qui la couvrirait de son ombre, c’est-à-dire la présence même de Dieu sur elle. À Bethléem, l’inattendu advient lorsque les anges appellent les bergers, et quand des mages guidés par une étoile mouvante arrivent à la crèche. Ces hommes découvrent l’enfant, né dans la plus grande pauvreté, couché dans une mangeoire. Il lui rendent hommage puis reprennent un nouveau chemin avertis en songe que le roi Hérode rumine un plan macabre pour faire disparaître ce nouveau-né en qui ils ont reconnu leur sauveur. La rencontre de Jésus conduit à une vie nouvelle. Les mages, eux qui sont des païens, vont devenir les témoins et les porte-parole de la nouveauté advenue en Palestine.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. L’inattendu s’est fait bouleversement. En janvier, personne n’aurait imaginé le tsunami qui balaya le monde entier à cause d’un virus inconnu et invisible. Nous étions plutôt sûrs de notre avenir. Consommer mieux était un slogan. Consommer aussi pour faire marcher l’économie, sans laquelle point de loisirs et donc point de plaisirs. La guerre semblait loin. La faim ne nous concernait pas. Les autres étaient acceptés mais trop près de chez soi, surtout les immigrés tolérés mais indésirables. Le système de santé nous promettait une longévité toujours plus grande, même si elle conduisait beaucoup à vivre leurs dernières années en EHPAD. Et voici que la pandémie met à terre tout cela. Elle nous coupe les uns des autres. Les politiques tentent de nous expliquer la méthode mais naviguent comme le pêcheur de crustacés de Concarneau, un coup de barre à droite puis un coup à gauche pour éviter les récifs. Les scientifiques tombent de leur piédestal et se contredisent sans cesse. Les médias nous noient par les mauvaises nouvelles et le nombre de victimes. On ferme les magasins et les restaurants non essentiels. On interdit les messes puisque la vie spirituelle est devenue une option privée. Coup de massue. Télétravail. Isolement des anciens et des personnes en situation de handicap comme à la fondation d’Aligre. Souffrance, abattement et sentiment d’abandon. Masqués, nous ne pouvons désormais plus voir nos visages, et si difficilement nous rencontrer. Cela ne semble pas finir…

Mais voici qu’un réveil s’opère. Une occasion de vivre différemment émerge. On peut travailler chez soi, en étant proche de ses enfants. Les chrétiens prennent conscience que leur maison est une église domestique, que Jésus veut y demeurer, que l’on peut aménager un espace pour la prière et suivre la messe sur écran. Les fidèles engagés vont visiter les esseulés, ils appellent pour prendre des nouvelles. Certes on se bat pour le droit fondamental de la liberté de culte. Mais la prière est possible dans les églises qu’il faut ouvrir largement car il y est bon de prier et de trouver la paix que Dieu nous donne. Les connexions s’établissent, Zoom devient incontournable, les visioconférences permettent de se parler, de prier, de se former et même de prendre ensemble l’apéritif à distance. On fait la cuisine grâce à Marmiton, on plante des légumes dans les jardins, on retrouve les bienfaits de la lecture, spirituelle quand c’est possible. On se prend à aimer vivre simplement, là sans courir en vacances au bout du monde. Les animaux et les oiseaux retrouvent un espace plus calme et l’on goûte à nouveau la joie simple de les écouter le matin. L’inattendu advient par la force des choses mais aussi par notre réponse à l’appel de Dieu afin de vivre de manière nouvelle. L’Église est en effet un peuple en marche porté par sa foi au Christ. Elle n’est pas un lieu, un parc d’attractions, un espace figé pour y vivre comme toujours. Elle est libre des murs que les hommes construisent pour se protéger. Elle est invitée à quitter son pays comme Abram pour aller à la rencontre des autres en utilisant tous les moyens. L’Esprit la pousse à l’innovation. Elle est Lumière car le Christ en est la tête. Alors les fidèles ont vocation à y être les pierres vivantes par l’exercice de leurs charismes en vue du bien commun. Cette année 2020 semble être un grand échec. Mais tout échec devient une opportunité pour ceux qui regardent en avant. 2021 sera une opportunité pour l’Église en Eure-et-Loir, pour nous tous baptisés. Rejoindre chacun, les enfants dans nos écoles où la rencontre de Jésus-Christ doit être favorisée, les célibataires qui sont libres et instruits pour bâtir des projets même si leur vocation n’est pas encore établie, les couples et les familles comme lieux de paix, d’amour et d’éducation, les pauvres qui souffrent, nos frères et nos sœurs en humanité. Beaucoup de chemins sont ouverts. En 2021, lequel serez-vous disposé à prendre ? Oserez-vous sortir d’une vie installée pour annoncer le Royaume ? Quelques soient les incertitudes et les difficultés à venir, nous pouvons sourire, entrer en relation et agir, avec l’aide de Dieu.

Depuis quelques semaines, le thème présenté dans ces messages est le baptême. Ce merveilleux sacrement nous fait entrer dans la vie d’enfant de Dieu. Il confère le pardon des péchés et ouvre la porte du Ciel. Or ce dimanche 10 janvier, nous vivons la belle fête du baptême de Jésus. C’est son cousin Jean le Baptiste, surnommé ainsi car Jean baptisait ses contemporains pour les inviter à la conversion, qui voit Jésus parmi les hommes venus vers lui. Jésus avec humilité lui demande de le baptiser. Or Jean dans un premier élan refuse, affirmant que ce serait à Jésus de le baptiser. Jésus partage en toute chose notre humanité à l’exception du péché malgré l’épreuve des tentations dans le désert. Il n’y a pas succombé. Ce qui pousse Jésus à demander ce signe, c’est sa solidarité avec tout homme. Il vient partager notre condition en acceptant de côtoyer et de cheminer avec ceux et celles dont il partage la vie depuis une trentaine d’années. C’est bien là le miracle de l’incarnation, sa participation effective et sa présence avec nous tous. Cette étape est l’occasion pour Jean de le désigner comme « l’agneau de Dieu » qui sera immolé sur la croix pour le rachat de tous. Intrigués par les encouragements de leur maître, plusieurs disciples de Jean rejoignent Jésus et voient où il vit. Jean s’efface pour laisser son cousin Jésus commencer son ministère public. Ce baptême de Jésus sanctifie l’eau du Jourdain pour toujours, cette eau que nous ne bénissons pas depuis lors quand une personne est baptisée avec elle. Nous qui sommes baptisés, nous sommes consacrés dans le Saint Esprit. Vivons de ses dons et mettons-nous en mouvement pour la mission, disposés à l’inattendu de Dieu.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers.

Mon vœu serait que quelques jeunes gens expriment le désir de se consacrer au Christ et entrent au séminaire ! Cela est possible…

Vierge Marie,

Mère du Christ Prêtre,

Mère des prêtres du monde entier,

Vous aimez tout particulièrement les prêtres,

Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.

Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,

Et vous l’aidez encore dans le ciel.

Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,

Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.

Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,

Qui nous donnent les sacrements,

Nous expliquent l’Évangile du Christ,

Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.

Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,

Les prêtres dont nous avons tant besoin,

Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,

Obtenez-nous, ô Marie,

Des prêtres qui soient des saints.

Amen

Message 102, Mgr Philippe Christory, Vendredi 1er  janvier 2021

” Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. “

Meilleurs vœux pour l’année 2021 ! Ce matin, le soleil se lève-t-il sur un avenir serein ? Voici mon vœu pour nous tous ! Une nouvelle année commence. C’est comme le volet de la fenêtre que l’on ouvre pour regarder le temps qu’il fera. Si un beau rayon de soleil matinal illumine, nous sourions de bonheur ; mais s’il pleut nous pestons ! Ce matin du 1er janvier, quelle est la météo intérieure de notre âme ? Comment nous réveillons-nous après une année 2020 éprouvante, dont les conséquences, graves parfois, sont encore là ? Saurons-nous sourire intérieurement et louer Dieu pour la vie que nous recevons, signe de promesses nouvelles ?

C’est un jour de vœux échangés. J’aimerais vous formuler les miens, pour l’Église et pour notre société.

« Et surtout la santé ! » se disent les gens généralement. S’il est vrai que les jeunes ne sont pas forcément sensibles à ce besoin de bonne santé, quand on prend de l’âge, on apprécie un corps et un psychisme en bonne santé car ils sont comme un trésor précieux. Notre corps n’est-il pas notre plus fidèle compagnon ? Notre cœur irrigue tous les membres et organes y apportant les éléments nécessaires pour que nous marchions et allions à la rencontre les uns des autres. N’est-ce pas merveilleux ? À l’heure de l’obsolescence programmée et du jetable, c’est un miracle que ce muscle fait de chair ne se soit jamais arrêté. La santé peut passer par une nourriture bonne et adaptée à nos besoins réels. Mes vœux vont aux cultivateurs et aux éleveurs qui produisent pour nous, particulièrement en Eure-et-Loir, cette nourriture si nécessaire dont nous apprécions la provenance locale quand cela est possible.

Alors que la pandémie se poursuit et que nous avons pris l’habitude désagréable de nous masquer et de ne plus se toucher pour nous saluer, mes vœux vont vers les soignants qui continuent à accueillir les malades. Nous ne savons pas toujours qui est vraiment atteint de la Covid, certains passant à travers sans symptômes, d’autres en mourant. Quel curieux et terrible virus que celui qui sélectionne ses victimes, sans que nous ne parvenions à comprendre réellement comment. Médecins, infirmières et aides-soignants continuent fidèlement leur travail. Qu’ils soient remerciés pour leur zèle et leur humanité. Chaque personne souffrante n’est-elle pas la présence de Jésus lui-même qui espère amour et fraternité authentiques ?

Notre Église ne s’est pas arrêtée en 2020 même lorsque les célébrations et les rencontres furent profondément bouleversées. Les équipes pastorales et économiques ont continué, avec des effectifs réduits, l’animation des catéchèses, le soutien fraternel et les sacrements. Nous nous sommes saisis des moyens nouveaux de la technique, des visioconférences, des réseaux et des newsletters. Cela ne pouvait pas remplacer le café partagé « en présentiel » dans la salle commune de la maison. Mais ces médias nous ont tout de même permis de nous voir et de communiquer. Sortir de la solitude est nécessaire. Tuer le « virus de l’indifférence », pour reprendre cette expression du pape François, est une nécessité. Mes vœux vont vers tous les acteurs de la vie de l’Église, vers les fidèles qui ont compris que le chrétien n’est pas un spectateur de la mission mais qu’il est une « pierre vivante » de la construction. L’Église devra descendre de ses balcons pour entrer toujours plus avant en dialogue avec le monde et les acteurs de la société civile, pour écouter leurs peines et leurs joies, pour leur témoigner de l’incroyable amour que Jésus a pour chacun de nous.

En 2020, nos prêtres et diacres ont multiplié les initiatives pour célébrer, visiter et soutenir le peuple de Dieu. Pour Noël, des messes ont été ajoutées. Au long des confinements, l’Église a expliqué que la foi catholique repose sur l’eucharistie, sacrifice de Jésus-Christ auquel tous les fidèles se joignent pour faire monter la louange vers Dieu le Père. Les vidéos des retransmissions furent créatives et belles mais demeuraient un pis-aller et ne remplaçaient pas l’assemblée communautaire. Mes vœux vont à mes frères consacrés, prêtres et diacres, médiateurs de la grâce divine par les sacrements qu’ils célèbrent. Je les remercie du fond de mon cœur de Père. Un élan de prière pour les vocations continuera. Beaucoup prient Notre-Dame du Sacerdoce quotidiennement : « Vierge Marie, demandez pour nous au Père du Ciel des prêtres qui soient des saints. » Ayant présidé une merveilleuse veillée de Noël chez les sœurs de saint Paul de Chartres, je demande au Saint Esprit de réveiller en France l’appel de vocations contemplatives et apostoliques consacrées et religieuses. N’est-ce pas une incroyable vie que d’y répondre en vue de l’éducation des enfants et de l’entraide des pauvres ? C’est à genoux, en prière, par l’adoration, par le chapelet, par la lectio divina que l’Église trouvera une nouvelle fécondité. Nous ne sommes pas en train de fermer la maison. L’Esprit Saint nous demande d’oser de nouveaux chemins, de faire confiance aux jeunes, d’appeler des frères et sœurs à servir ensemble, d’accueillir les recommençants comme prophètes d’une Église qui « chante un chant nouveau », au sens propre comme au sens figuré. (Cf. Ps 39,4) Que notre action de grâce monte vers Dieu en ces jours de nouvelle année pour tout ce que l’Esprit nous promet de grand.

Mes vœux, en cette année nouvelle vont aussi à tous ceux qui sont seuls, isolés, délaissés, qui vivent une forme de pauvreté, matérielle ou humaine, et qui peinent à rencontrer des hommes et des femmes qui leur apportent soutien, réconfort, aide, fraternité. Un simple sourire, parfois, illumine une journée. Je souhaite que nous soyons, en 2021, plus attentifs aux pauvres, aux petits, à ceux qui souffrent, quelle que soit cette souffrance. Que nous portions l’Amour du Christ à tous.

Dans ce message, je souhaitais parler des sacrements et spécialement du baptême qui fait d’un homme un chrétien. Je dis aux catéchumènes ma joie de les savoir en chemin vers leur baptême. Pour certains, selon le discernement qui s’imposera, 2021 sera l’année de leur baptême. Ils seront plongés dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Lors du baptême, le candidat est revêtu du Christ, abandonnant son ancienne vie au fond de l’eau. Il devient néophyte. Il naît pour une vie nouvelle dans la lumière du Seigneur. Ce sacrement marque sa vie comme un sceau imprime une marque définitive. C’est la marque de l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde et qui sauve le baptisé de la sentence de mort qui le frappait à cause de son péché. Le baptême c’est le pardon de tous les péchés passés. C’est le vêtement des noces lavé dans le sang de l’agneau dont il est dorénavant revêtu. Réalisons-nous la portée du baptême ? C’est tellement plus grand que ce que nous voyons et croyons comprendre ! C’est un chemin nouveau avec le Christ pour vivre dans la communion de l’Esprit Saint. C’est un lien définitif avec Dieu le Père pour vivre ici-bas de son Amour avant d’entrer un jour dans sa Gloire éternelle. Le baptême c’est un projet à découvrir chaque jour, un cadeau qui illumine la vie. C’est une force pour affronter les épreuves et même la mort quand elle frappe à la porte. Car le baptême c’est la porte lumineuse qui s’ouvre entre la terre et le ciel. Meilleurs vœux à tous ceux qui seront baptisés cette année. Et à tous ceux qui, cette année, entendront l’appel à demander le baptême et y répondront !

Ce 1er janvier, nous fêtons la Vierge Marie sous le vocable « Mère de Dieu » en grec Theotokos, « celle qui porte Dieu ». Par sa maternité, elle donne un corps au Verbe divin descendu en elle. L’enfant Jésus est homme et Dieu, deux natures dans une même personne. C’est par ce titre que l’Église au Concile d’Éphèse en 431 affirma la divinité de Jésus. Marie, simple femme de Palestine, est associée au Salut que Jésus offre à tous. C’est une belle occasion de prendre en main notre chapelet.

Par ce message, j’aimerais vous redire ma joie d’avoir été appelé comme évêque de Chartres. Après deux années et demi à Chartres, la rencontre de nombreuses personnes qui portent notre mission me donne une joie profonde. J’aimerais vous dire que chacun a une grande valeur pour le Seigneur et pour le ministre que je suis. Je sais que vous avez des talents magnifiques, naturels ou acquis par l’expérience de la vie. Mettons nos talents en commun. Alors nul doute que nous serons riches de ces biens spirituels et humains et capables d’aller en mission vers les personnes qui vivent ici à nos côtés. Avec saint Paul dont j’ose reprendre les mots si forts, j’émets le vœu que vos « cœurs soient remplis de courage et pour que, rassemblés dans l’amour, ils accèdent à la plénitude de l’intelligence dans toute sa richesse, et à la vraie connaissance du mystère de Dieu. Ce mystère, c’est le Christ en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. » (Col 2,2-3)

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales. Mon vœu est que quelques jeunes gens expriment le désir de se consacrer au Christ et entrent au séminaire !

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

Mercredi 6 janvier à 18h15 – Fête de Sainte Geneviève – Sainte patronne de la Gendarmerie
Vous pouvez participer à cette messe en la Cathédrale de Chartres. Après la mort de Rémi, Arno et Cyrille, gendarmes, nous sommes sensibles à porter dans notre prière leur vie offerte, leurs proches et leurs collègues. Nous prierons pour les gendarmes et policiers blessés ou décédés en 2020. Merci de venir avec le masque, le gel et en se plaçant à deux chaises des autres.

Message 101, Mgr Philippe Christory, Vendredi 25 décembre 2020

 

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)

Ce matin c’est Noël. Noël ! que le mot est doux ! Il vient du latin Nativitas qui veut dire naissance. La Vierge Marie donne naissance à Jésus, l’enveloppe de langes et le dépose dans une mangeoire. Joseph veille sur sa petite famille. Nos prières vont être teintées d’émerveillement. À genoux, nous pouvons nous retrouver et bénir Dieu pour sa venue. Dieu est là et il a promis de demeurer tous les jours avec nous. Dans la confiance nous lui présentons nos proches, ceux qui espéraient nous voir en cette fête et que nous ne verrons pas par prudence, ceux à qui nous disons combien nous les aimons.

Je vous ai écrit l’expression « à genoux ». Elle appartient en effet à la tradition catholique. Il est intéressant de réfléchir à cette position. N’avons-nous pas vu souvent nos papes à genoux face à une icône de la Vierge ? Je me remémore saint Jean-Paul II au pied de Notre-Dame de Fatima un an après l’attentat de 1981. À genoux. C’est l’une des positions associées à la prière. Combien de peintres ont saisi cet instant de recueillement, comme Rembrandt dans le fils prodigue à genoux devant son Père qui le serre dans ses bras. À Lourdes, sainte Bernadette s’agenouillait dans la grotte de Massabielle face à l’apparition de Notre-Dame. Notre prière peut utiliser de nombreuses positions physiques, comme l’orant debout qui lève les bras vers le Ciel. La liturgie invite à se mettre à genoux durant la consécration eucharistique. En effet la consécration rend présent Dieu dans le corps du Christ, pain consacré par le prêtre. C’est en réalité Jésus-Christ lui-même qui s’offre à Dieu le Père quand le prêtre élève le saint sacrement vers l’assemblée pour ce moment d’intense adoration. Être à genoux n’est pas humiliant : c’est être ajusté à la grandeur de Dieu qui nous donne tout, sa miséricorde et sa vie en vue de l’éternité bienheureuse. Dans nos crèches, Joseph est souvent représenté debout tel celui qui veille sur sa famille. Marie est à genoux, comme une maman aime faire à côté du berceau de son bébé. Elle le contemple.

Ce jour de Noël, nous entrons dans l’octave de la nativité. Ce mot n’est pas familier à tous. Octave signifie huit, soit huit jours de fête pour prolonger Noël. Les offices de la liturgie des heures reprendront les mêmes psaumes très joyeux. Les hymnes rappelleront la venue du messie. Les textes bibliques nourriront notre compréhension du sens de cette fête. Plusieurs grandes fêtes seront célébrées : le 26 la saint Étienne, premier martyr pour Jésus ; le dimanche 27 la fête de la sainte Famille ; le 28 les saints innocents, ces enfants massacrés par le roi Hérode qui pensait ainsi faire périr Jésus ; le 29 saint Thomas Becket homme moins connu mais qui mérite un grand respect pour sa défense de l’Église face au roi d’Angleterre qui le fit assassiner ; enfin le 1er janvier un jour pour honorer la Vierge « Marie Mère de Dieu ». Ce sera un beau parcours de foi et de prière, dans l’action de grâce, pour refuser la morosité et l’angoisse face à la pandémie et au confinement.

Dans mon dernier message, nous parlions du rôle central de l’Esprit Saint dans l’efficacité des sacrements et je désire continuer sur ce thème. Le sacrement est un rite, mais c’est l’Esprit qui agit, promis par Jésus-Christ avant son ascension auprès de Dieu. Cependant l’Esprit agit avec puissance quand il rencontre un cœur pur et ouvert à son action. Alors il se pose sur ce cœur et vient l’envelopper d’amour et de tendresse. Quand ce cœur l’accueille en vérité, la grâce divine fait ce pour quoi elle est donnée. C’est un peu comme un bel objet qui, exposé à la lumière du soleil, devient pleinement lumineux.

Le premier des sept sacrements institués par Jésus-Christ est le baptême. Notez que l’institution des sacrements par Jésus vient du fait que toute grâce a sa source en lui, et qu’il a dit et réalisé durant sa vie publique les paroles et les gestes qui fondent nos sacrements, même si c’est au cours des siècles suivants que la forme des sacrements s’est explicitée. Nous avons tous le beau souvenir du baptême d’un petit enfant. L’eau est versée sur le front, l’enfant pleure parfois, les parents, le parrain, la marraine sourient d’émerveillement. On lui passe la robe blanche. L’onction d’huile est faite sur le front et un cierge est allumé au Cierge Pascal, qui représente Jésus vraie lumière. Ce rite baptismal des enfants est aussi celui des adultes, nombreux à venir vers l’Église pour demander le baptême. Lors de la Vigile pascale, alors que l’Église célèbre la résurrection de Jésus, ces catéchumènes expérimentent le bouleversement de leur vie humaine et spirituelle. L’expérience spirituelle est proportionnelle à leur désir souvent bien grand.

Mais n’y avait-il pas déjà un baptême avant la venue de Jésus, celui que Jean le Baptiste proposait ? En effet, Jean baptisait dans le Jourdain pour inviter à la conversion des péchés. À son époque comme aujourd’hui, l’homme est tenté par le mal. Pourquoi sommes-nous si faibles devant le mal ? Car nous sommes des êtres capables du bien mais blessés donc fragiles. Le péché est séduisant et nous nous laissons séduire. Ce que nous révèle la Parole de Dieu dans le livre de la Genèse est un projet divin de pleine communion entre les êtres humains et Dieu comme entre nous. Mais cette communion fut brisée par la désobéissance d’Adam et Ève appelée le péché originel. L’Esprit Saint a inspiré ce récit pour nous enseigner comment Dieu désirait dès le commencement partager sa vie aux hommes et que la liberté offerte fut perdue par le choix orgueilleux de ne pas se fier aux commandements divins. De génération en génération, nous sommes marqués par ce péché originel et par la fragilité qui en découle. Faire le bien nous est proposé et nous faisons souvent le contraire. Il nous fallait donc un renouveau, une guérison, une libération. Un tel bienfait nous est donné par le baptême dans l’Esprit annoncé par Jean le Baptiste lui-même à ses disciples en leur parlant de Jésus : « Lui vous baptisera dans l’eau et l’Esprit Saint ». Recevoir le baptême de Jésus nous offre le pardon et nous lave du péché. Nous disons alors que les nouveaux baptisés sont re-nés ! C’est une renaissance, une nouvelle naissance, ouverte à la joie. Les néophytes, c’est à dire les adultes nouvellement baptisés, témoignent que leur vie est bouleversée. Ils restent des êtres fragiles mais, désormais, ils possèdent des ressources spirituelles. En effet, tout baptisé devient membre de l’Église, « pierre vivante », et il prend sa place dans la communauté des croyants. Ses charismes et ses talents s’ajoutent à ceux de ses frères et sœurs en vue de la mission. Le baptisé reçoit d’eux la prière et à son tour s’engage dans la chaine quotidienne de prière et d’intercession. La Parole de Dieu devient en lui la source de la Sagesse. Les saints et les saintes sont ses nouveaux amis, lui inspirant comment mettre en musique l’Évangile selon son expérience de vie et ses talents.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des dons du baptême, le nouveau baptisé reçoit la promesse de la vie éternelle. Elle est donnée pour être accueillie jour après jour dans la fidélité à l’appel reçu. Parler de la vie éternelle est d’une importance majeure car la laïcité, excluant toujours plus le contenu de la foi chrétienne hors de l’espace public, laisse sans espérance tant de personnes face à la mort ou la maladie. Comment nous préparer à la mort s’il n’y a rien après elle, si c’est un trou noir ? Le baptême est justement le signe que la vie éternelle suit la mort. La mort, dans la tradition chrétienne, est le dies natalis, le jour de la naissance. Certains fuient cette certitude finale dans la consommation et les loisirs, d’autres promeuvent l’euthanasie pour en accélérer l’inéluctable échéance, d’autres encore rêvent de modifier l’homme pour le rendre immortel. Pour le chrétien, la mort du corps est le passage vers l’éternité bienheureuse où l’âme rencontre la Miséricorde divine. Au jugement dernier, il lui sera rendu un corps glorieux, pour vivre un éternel présent dans l’Amour et le face à face avec Dieu. Noël nous rappelle que notre vie est accompagnée, illuminée par Dieu. Là d’où il vient il nous emmènera un jour. Notre baptême est une espérance folle. C’est le plus beau cadeau de Noël.

Il est bon de faire mémoire de son baptême en ce temps présent de notre vie et de celle de l’Église. Quelle responsabilité en découle alors ? Comment dois-je vivre de mon baptême vingt, quarante ou soixante années plus tard ? Est-il réellement une source de vie en nous ? Réjouissons-nous en ces jours car il est grand ce Mystère et tellement heureux !

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales. Prions tout particulièrement pour le père Philippe-Jacques Protot décédé le 15 décembre. Qu’il repose en paix.

Vierge Marie,

Mère du Christ Prêtre,

Mère des prêtres du monde entier,

Vous aimez tout particulièrement les prêtres,

Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.

Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,

Et vous l’aidez encore dans le ciel.

Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,

Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.

Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,

Qui nous donnent les sacrements,

Nous expliquent l’Évangile du Christ,

Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.

Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,

Les prêtres dont nous avons tant besoin,

Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,

Obtenez-nous, ô Marie,

Des prêtres qui soient des saints.

Amen.

Message 100, Mgr Philippe Christory, Vendredi 18 décembre 2020

” Marie dit alors : Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. “

Ce message est le centième depuis le début du confinement. Était-ce une bonne inspiration ? À vous de me le dire ! Sachez que je prends plaisir à rédiger ces lignes car ces messages me relient à vous tous. Ce n’est pas ma spécialité, comme ingénieur je suis plus expert en boulons et écrous qu’en belles lettres. Mais cela me permet d’être en lien avec les fidèles du diocèse. Un lien qui m’est cher. Pour la petite histoire, avec l’aide de mes cousins – que je remercie – la terrasse en bois de l’évêché est enfin finie, prête pour vous accueillir pour un échange et le partage d’un bon verre. Les plantes sont en terre, ce qui créera au printemps un cadre champêtre adapté au recueillement.

Dans quelques jours, Noël. Avons-nous préparé activement notre cœur ? Oui si l’on en croit le soin apporté au décor des maisons : le sapin, la crèche viennent égayer les intérieurs. Oui si l’on en croit les signes d’affection : quelques belles cartes de vœux envoyées à des proches, la participation, même virtuelle, à un moment de partage, en famille ou avec des amis.

Il est probable que nous pourrions faire un peu plus. Une femme de 91 ans m’a écrit me disant sa solitude. Personne de l’église ne l’a appelée ni visitée depuis le confinement. Je lui ai fait la surprise de sonner à sa porte. Comment nos communautés accompagnent-elles ces frères et sœurs qui ont parfois donné beaucoup à leur paroisse quand elles étaient vaillantes ?

Chers amis, la bonne nouvelle est qu’il n’est pas trop tard. Prenons le temps de prier en silence pour demander à l’Esprit Saint de nous montrer comment exprimer notre amour par un moyen concret. Chaque soir, le couvre-feu nous oblige à être chez soi à 20h. Est-ce pour mieux ingurgiter le journal télévisé et ces publicités qui n’en finissent pas ? Pouvons-nous prendre un peu de ce temps pour lire la Bible, un bon livre spirituel, ou prier le chapelet ? Des enfants m’ont dit qu’ils n’ont pas le temps le soir pour prier. Comment est-il possible qu’entre 17 heures et 21 heures, un enfant n’ait pas quelques minutes pour prier ? Le manque de temps est à la mesure de nos manques d’amour. Pas le temps d’écrire. Pas le temps de prier. Pas le temps d’aimer ! Pourtant nous trouvons le temps pour faire du sport, danser, jouer d’un instrument. Et surtout nous perdons tant de temps ! Comment ces jours avant Noël donneront-ils la possibilité de prendre du temps pour ceux qui nous sont si importants à commencer par la ou les personnes avec qui je partage ma vie ?

Vous rappelez-vous que j’ai commencé à vous parler des sacrements, et comment Jésus a choisi de les instituer pour nous communiquer sa propre vie et toutes grâce en vue du salut ? Le catéchisme de l’Église dit des sacrements qu’ils sont les « chefs d’œuvre de Dieu. » Aujourd’hui je désire que nous approfondissions la place du Saint Esprit qui donne aux sacrements leur efficacité et leur puissance. L’Esprit Saint est la troisième personne de la Sainte Trinité. L’Esprit Saint est Dieu, comme le Père est Dieu, comme le Fils est Dieu. À eux trois, ils sont le Dieu unique ! La somme des trois fait un. En Dieu, Dieu le Père engendre le Fils, le Fils se reçoit du Père et cet échange infini d’Amour est l’Esprit qui nous est envoyé pour nous faire vivre de sa vie, pour nous communiquer la Vie divine, en plénitude. Au fond, c’est assez simple et comme le disait le grand saint orthodoxe, saint Séraphin de Sarov, le but de la vie chrétienne c’est l’acquisition de l’Esprit Saint. Sommes-nous bien sûrs de le recevoir ? Jésus répond à cette question « ô combien le père donnera-t-il l’Esprit à ceux qui le lui demandent. » (Lc 11,13) Nous sommes certains de le recevoir si notre intention est pure et notre cœur libéré du mal.

Dans la liturgie, l’action de l’Esprit Saint est de relier le Christ et l’assemblée. L’Esprit a ainsi plusieurs rôles, il rappelle le mystère du Christ, il actualise ce mystère pour le temps contemporain, et il opère la communion au sein de l’Église. Quel est le mystère du Christ ? Dans la tradition, un mystère est une réalité spirituelle toujours plus vaste que ce que nous en percevons. Dans les sacrements, le mystère est la présence de Jésus vivant et agissant. Par exemple lors d’un baptême, c’est le Christ lui-même qui baptise. Quand nous proclamons l’Évangile durant la messe, c’est Jésus qui parle et enseigne. Sa parole est vivante. Quand nous chantons et prions ensemble, il est là au milieu de nous. C’est aussi l’Esprit qui révèle comment les grands événements de la vie du peuple hébreu ont été des préfigurations des œuvres de Jésus. Par exemple comment la traversée de la mer rouge par le peuple hébreu qui quitte l’Égypte préfigure le baptême qui nous donne la vraie liberté loin de l’esclavage du péché et de la mort. Il est touchant de prendre conscience que, par l’action de l’Esprit, notre compréhension de la Parole évolue avec les années, qu’elle devient une source inépuisable de sagesse et d’encouragement. La liturgie actualise ce mystère du Christ. Certes les célébrations sont nouvelles chaque jour, mais c’est la même présence, la même transmission de grâce depuis l’origine qui continue. L’assemblée a alors vocation à être unie en une même louange pour rendre grâce à Dieu de ses dons. C’est pour cela que nous ne pouvons pas vivre notre foi catholique sans nous rassembler : nous sommes le corps du Christ, il est la tête. Ensemble nous sommes tournés vers Dieu le Père par la puissance de l’Esprit Saint.

Communiant au même Corps, croyant au même Seigneur Jésus-Christ, nous sommes l’Église. C’est l’Esprit Saint qui, à travers les actions sacramentelles, fait la communion de l’Église. Malheureusement c’est aussi le lieu de la tension entre les fidèles attachés parfois aux traditions mises en avant plus qu’à l’Évangile, Parole vivante qui nous convoque dans l’unité. Nous ne pourrons jamais comprendre pleinement l’infini désir de Dieu que tous soyons un. C’est là la supplication de Jésus tourné vers le Père dans le chapitre 17 de saint Jean que nous nommons la prière sacerdotale de Jésus. « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21) Trop souvent, nous sommes tombés dans la rupture de la communion, au long des siècles certes, mais aussi dans nos propres commentaires et attitudes au sein de nos communautés. Le tentateur est un diviseur, ainsi signe-t-il ses œuvres obscures. Nous devrions être capables de discerner cela, or nous tombons dans ses filets en jugeant, en comparant ou en critiquant. J’émets le vœu qu’en ces jours de Nativité, nos pensées s’unissent avec tous nos frères et sœurs partageant la joie de la venue de Dieu en Jésus. Puissions-nous réaliser que tous n’ont pas ce que nous avons. Que pour beaucoup Noël sera signe de solitude et de pauvreté, voire de persécution. Aussi soyons fidèles et attentifs, nous pourrions encore soulager quelques misères par notre sollicitude. Il n’est pas trop tard.

Invoquons, en présence de la Vierge Marie, l’Esprit Saint en tout moment. Sa mission est de préparer l’assemblée à rencontrer son Fils Jésus-Christ. Ce sera la façon merveilleuse de la remercier pour sa vie donnée en vue de notre salut et de la vie éternelle.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales. Prions tout particulièrement pour le père Philippe-Jacques Protot décédé cette semaine. Qu’il repose en paix sauvé par la Miséricorde de Dieu.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

BONNE NOUVELLE POUR LES CÉLÉBRATIONS DE NOËL
Les règles sanitaires ne changent pas. Les chrétiens sont invités à se manifester auprès des prêtres pour aider à l’accueil lors des messes de Noël, offrir du gel, demander le port du masque, et placer les personnes à plus d’un mètre de distance, devant et de côté. Ouvrons nos cœurs et les portes pour tous ceux qui seront de passage. Montrons un visage joyeux de l’Église. Le sourire sera notre sésame pour disposer les gens à la fraternité. Joyeuses célébrations !

 

Message 99, Mgr Philippe Christory, Vendredi 11 décembre 2020

” Il est fidèle, Celui qui vous appelle : tout cela, il le fera. “

Ce dimanche 6 décembre, l’Église fêtait saint Nicolas, si cher aux enfants, qui fut au IIIe siècle évêque de la ville de Myre dans l’actuelle Turquie, et qui est connu pour le soin qu’il avait des plus pauvres. Or en Eure et Loir, nous avons commémoré les 150 ans de la bataille héroïque de Loigny. Près de 9 000 hommes moururent dans les plaines de Beauce. Loigny fut une défaite pour la France face aux troupes prussiennes. Le combat se déroula le 2 décembre 1870 par -20°C ! Mais il demeure le témoignage de la bravoure absolue, surtout des 300 zouaves pontificaux menés par le général Louis-Gaston de Sonis, homme en odeur de sainteté pour l’Église. Un merveilleux musée fort bien présenté vous attend à côté de l’église communale. Là, dans une crypte, reposent les restes de 1 300 soldats français et allemands, un lieu du souvenir et du recueillement à visiter. Là aussi est la tombe de Louis-Gaston de Sonis.

Ce qui conduisait cet homme était sa foi au Christ, sa vie au service de la France sa patrie, son amour de sa femme et de ses enfants. À Tadjourna en Algérie, en 1865, il écrivait : « Oui, je me sens fidèle ; je me sens fidèle à Dieu, je me sens fidèle à mes princes, à tout ce qui mérite fidélité. Je me sens fidèle à mes amis qui ne seraient point tels s’ils n’étaient d’abord les amis de Dieu. Je me prends chaque jour davantage d’un grand amour pour l’Église. » Il est aujourd’hui une grande figure d’homme chrétien, d’époux, de soldat, de citoyen : un personnage inspirant pour notre jeunesse. La présence des scouts à cette cérémonie en était le témoignage.

Louis-Gaston de Sonis survécut à une nuit d’horreur dans le gel et le vent, une jambe fracassée que l’on amputa le lendemain. Sa vie continua avec cette terrible blessure : elle était portée par une profonde foi, et il passa chaque anniversaire du 2 décembre toute la nuit en prière dans l’adoration eucharistique.

Nous poursuivons ensemble notre itinéraire par ces messages hebdomadaires : n’hésitez pas à me retourner vos questionnements, soit par le site Internet de Radio Grand Ciel soit par courriel. Cela m’enrichira et me permettra de mieux répondre à vos besoins. Pour les semaines à venir, nous approfondirons ce qui est appelée l’économie sacramentelle et les sept sacrements de l’Église. Ils sont un cadeau merveilleux de Jésus-Christ, ils sont comme des passerelles pour la grâce divine qui nous rejoint et nous guide sur la route comme disciple-missionnaire. Ils sont notre force en vue de la vie éternelle qui est devant nous.

Rappelons-nous comment Jésus a commencé son ministère publique. Les quatre Évangiles en donnent plusieurs descriptions. L’évangéliste saint Marc dit qu’après son baptême et son séjour au désert Jésus guérit la belle-mère de son disciple Simon puis de nombreuses personnes. Relisons ensemble ce passage qui nous conduit à l’émerveillement devant l’œuvre de Dieu : « Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons. » (Mc 1,32-33). Pourquoi Jésus avait-il une telle autorité ? Parce que sa parole était accompagnée d’actes vrais. Jésus a vu ces gens harassés et abattus. Qui aidait ces pauvres qui n’avaient ni hôpitaux, ni médecins, ni sécurité sociale, ni mutuelle ? Personne en réalité. Jésus les soulage. Il leur disait « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11,28) Quelle joie pour les contemporains du Christ ! Sa parole et ses actes les consolaient. Ils repartaient fortifiés.

Après sa résurrection, Jésus donna tout pouvoir à ses apôtres pour transmettre sa force et sa vie à travers des actes et des signes efficaces. On les appelle les sept sacrements. Ils furent institués – ou établis – par Jésus. Ils sont de formidables et nécessaires instruments du salut. En ce temps de l’Église, Jésus donne aux fidèles son secours dans leur faiblesse humaine pour vivre de l’Esprit Saint. Il ne nous a pas laissés seuls et perdus : il demeure actif par la puissance de l’Esprit à travers l’efficacité spirituelle des sacrements. C’est le chemin le plus beau pour recevoir sa grâce et bientôt la vie éternelle. Le catéchisme précise que « c’est cela que la Tradition commune de l’Orient et de l’Occident appelle “l’Économie sacramentelle” ; celle-ci consiste en la communication des fruits du Mystère pascal du Christ dans la célébration de la liturgie “sacramentelle” de l’Église. » (CEC n°1076) La force des sacrements vient de la puissance de la Résurrection de Jésus, car la mort n’a pas eu la victoire. Jésus est la vie et les sacrements communiquent cette puissance de vie à ceux qui les reçoivent.

Pourquoi est-il si important d’avoir conscience de l’importance des sacrements aujourd’hui ? Il suffit d’écouter ou de lire les nouvelles pour constater qu’en France et dans le monde, les difficultés sont nombreuses, même s’il se passe aussi de belles choses, par exemple des initiatives d’entraide et de solidarité, des projets d’écologie permettant une nouvel art de vivre ensemble, des écoles ouvertes pour le bonheur des enfants. Mais les gouvernements multiplient les actions, le plus souvent pour limiter les tensions, les clivages et les violences, au mépris parfois des libertés. Les hommes et les femmes de notre temps crient souvent leur désarroi, leur souffrance : ils sont comme des brebis sans berger. Au fond de leur cœur, ils désirent le bonheur.

Or la vraie sagesse est dans l’Évangile. La joie est dans l’écoute de l’Esprit Saint. Mais qui enseigne cela aux jeunes ? Face aux angoisses des citoyens, nous proclamons la Parole de vie « n’ayez pas peur » que l’on retrouve dans toute la Bible. Notre culture contemporaine la rejette et en prive tant de personnes ! Dans les écoles publiques, le mot « Noël » est banni. La culture de mort, par la prolongation des délais légaux de l’avortement, est promue. Ils sont coupables ceux qui étouffent la voix divine. Ils sont coupables ceux qui conduisent tant de personnes fragiles à perdre leur espérance au point, pour certains, de mettre fin à leurs jours. Face à ces drames, nous ne faiblissons pas car le Christ a promis sa présence. Il est notre Sauveur !

La vie divine est la réponse aux souffrances humaines. L’Espérance demeure. Les sacrements sont une bénédiction de vie. Dieu veut bénir, cela veut dire qu’il donne sa grâce pour reconstruire, fortifier l’amour, renouer les liens rompus par le péché et la violence, consoler et soutenir les malades. Sa Parole nous guide. Il est lui-même notre bénédiction. En le recevant comme Seigneur et Dieu, nous pouvons partager cette bénédiction les uns avec les autres, dans une merveilleuse chaine de bienveillance. Dans les familles, tous se béniront mutuellement par un signe de croix sur le front. Parlons ensemble de cette source de vie. Créons des rituels familiaux et amicaux pour nous communiquer ces dons. Jésus disait « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” » (Lc 10,5) Répondons à cette bénédiction divine par notre louange, en bénissant Dieu à notre tour, par des chants et des hymnes :

« Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur, et jouerai mes hymnes en tous pays.
Ton amour est plus grand que les cieux, ta vérité, plus haute que les nues. » (Ps 106,4-5)

Oui, mes amis, j’ai envie de crier sur les toits aux hommes et femmes de ce temps d’écouter Jésus-Christ, Parole divine. Voici ce que j’essayerai de vous transmettre par les prochains messages sur les sacrements.

En attendant Noël, revenons dans les églises pour l’assemblée dominicale. Prions ensemble en Église. Qu’en ce temps de l’Avent, vous avanciez joyeusement dans votre préparation personnelle et communautaire vers Noël. Faites une large place dans votre cœur et dans vos rencontres pour que Jésus trouve une maison intérieure belle et accueillante.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur a tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

BONNE NOUVELLE POUR LES CÉLÉBRATIONS : RETROUVONS-NOUS !
Nous devons espacer les personnes qui ne vivent pas ensemble de deux chaises, soit un espace vide d’un bon mètre. Occuper un rang sur deux, ce qui correspond à 1,30 mètre entre des fidèles qui sont l’un à la suite de l’autre.
Comment s’organiser ? Les Equipes Paroissiales accueilleront les fidèles et placeront les personnes. On écartera les bancs, on occupera l’espace voire le choeur pour les fidèles. Masques pour tous et gel à l’entrée.
L’important est de nous retrouver et de célébrer la sainte eucharistie.
Nous pourrons continuer les adorations eucharistiques, les chapelets, etc…

Message 98, Mgr Philippe Christory Vendredi 4 décembre 2020

“Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra “

Le chemin de l’’Avent nous est donné comme un temps de préparation à la rencontre de l’Enfant Jésus. Cet enfant est Dieu qui vient parmi nous. Il nous révèle le pur amour divin. Il donne à voir l’infini et l’invisible par son humanité concrète que les quatre évangiles nous rapportent. Oui « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14)

Par ce message, je souhaite vous le faire découvrir un peu plus. Cela peut sembler complexe, mais le choix de Dieu de venir habiter notre humanité nous le rend particulièrement accessible.

Où l’histoire commence-t-elle ? À Bethléem, un petit village, retiré à quinze kilomètres de Jérusalem. La nuit où règnent l’obscurité et le silence, est une invitation à l’adoration. Dans ce bourg va naître Jésus. En prenant chair, en se faisant homme, le Verbe répond à cette interrogation : comment adorer Dieu que je ne vois pas ? À Dieu seul est permise notre adoration. En lisant les écrits sur l’enfance du Verbe fait chair, nous découvrons que l’adoration véritable passe par la simplicité. Jésus est là, offert à notre contemplation. Il est un nouveau-né, un tout petit, un enfant, et cet enfant est Dieu fait homme. Aujourd’hui, il demeure avec nous car il a promis d’être avec nous. Nous lui parlons. Nous lui confions tout. Nous espérons tout de lui. Ce cœur à cœur simple est le fondement de la prière chrétienne, plus marquée par le fait de demeurer en sa présence que d’accomplir des rites ou réciter des textes.

En ces semaines d’Avent, nous avons un moyen merveilleux de vivre cette adoration, c’est la crèche. Quel enfant n’est pas émerveillé par la crèche ? À Janville en Beauce, une petite entreprise perpétue la tradition des santons de Provence, l’Atelier Cassegrain. Quelle beauté que toutes ces figurines peintes à la main qui sont autant de personnages venus auprès de la Sainte Famille adorer l’enfant Jésus. C’est une belle coutume de mettre sa crèche en sa maison. La crèche nous rappelle qu’à Bethléem, la Vierge Marie met au monde son fils, le couche dans la mangeoire des animaux qui devient ainsi le berceau du Fils. Joseph, père adoptif, époux de la jeune maman, prend soin de l’enfant. Des bergers arrivent avec leurs bêtes pour adorer ce Messie qu’ils attendaient et dont les anges leur ont annoncé la venue.

Mais d’où vient la belle idée de mettre ainsi en scène les personnages pour que tous en contemplent la beauté ? Saint François d’Assise en est l’inventeur. On raconte qu’il appela un homme prénommé Jean pour qu’il l’aide à représenter l’enfant nouveau-né dans une grotte de Greggio, dans la vallée de Rieti, en 1223. François, le poverello d’Assise voulait que soient visibles les souffrances endurées par la Sainte Famille : la pauvreté du lieu et les difficiles conditions matérielles de la naissance. Ce fut la première crèche, les paysans étaient venus nombreux chanter et c’est eux qui figurèrent les personnages en se costumant, un prêtre célébra la messe de Noël sur la mangeoire, tous expérimentèrent une joie merveilleuse. Ce fut une crèche vivante. Cela fut rapporté par le biographe de saint François, Thomas de Celano.

La crèche est belle. Elle peut être développée comme en Provence avec des santons nombreux, des rivières et des maisons, mais il y a toujours ce lieu intime de la naissance, vers où les yeux sont attirés. Le mystère présenté est celui de l’incarnation : la venue, dans la chair, du Verbe divin, le Fils de Dieu. Y a-t-il de plus grand mystère que Dieu qui se fait homme, pauvrement, humblement ? Qui s’abaisse jusqu’à nous ? L’infini vient dans le fini. Le pur Esprit prend un corps. Dieu s’unit à l’homme. L’Enfant-Dieu rejoint l’humanité dans l’humilité d’une crèche. La tendresse de Dieu se fait proche. Dieu vient réjouir et consoler les hommes et les femmes qui s’ouvrent à sa présence. L’arrivée des bergers, les premiers prévenus par les anges, manifeste le désir de Dieu de se révéler en premier aux petits et aux pauvres, à ceux dont le cœur n’est pas encombré par les richesses et les soucis. Le pape François dit que « la crèche est une invitation à « sentir » et à « toucher » la pauvreté que le Fils de Dieu a choisie pour lui-même dans son incarnation. » Aussi, le disciple bien-aimé Jean peut-il affirmer « voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. » (1Jn 4,7) Dieu vient vers nous avant même que nous pensions qu’il est là.

Cet événement si discret qu’aucune chronique locale ne rapporte, la Vierge Marie le conservait dans son cœur pour en faire plus tard le récit aux apôtres. Il est un bouleversement extraordinaire pour toute l’humanité. Non seulement cette sainte Famille expérimente la joie, les bergers chantent la louange du Seigneur, toute « la création qui attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19) peut enfin espérer le Salut. L’homme est sauvé du péché et de ses conséquences, car cet enfant prend sur lui, par son saint sacrifice, tout le poids du mal. Il est l’agneau qui enlève le péché du monde. Certes, nous demeurons des êtres pécheurs tentés par le mal et « la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. » (Rm 8,22) Mais la lumière vient. Elle est là. Au Temple, prenant dans ses bras l’enfant Dieu, nouveau-né, le vieillard Syméon chante et s’exclame « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc 2,30-32). Dorénavant, ceux qui lèveront les yeux vers Lui ne seront plus dans les ténèbres. Jésus l’affirmera « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8,12) Cette belle lumière qui brille dans l’obscurité du monde, nous aimons l’ajouter à la crèche par l’étoile brillant dans la nuit, par les bougies et les guirlandes.

Ajoutons un point important pour les enfants. La crèche est une catéchèse. La Sainte Famille y manifeste l’amour familial et l’accueil de la vie. Les bergers disent la place des pauvres, des petits, des marginaux et des exclus invités à adorer le Seigneur. Les divers personnages expriment que Dieu vient demeurer au cœur de toutes vies et se rend présent au sein de nos activités. Les Rois mages dévoilent que les puissants et les savants ont à recevoir de cet enfant la vraie Sagesse et à s’y soumettre. Dans nos foyers, il est bien que chaque enfant ait son propre mouton qu’il fera avancer jour après jour, pour arriver à la crèche auprès de Jésus le soir de Noël, l’enfant le faisant progresser en fonction de ses bonnes actions. En face de la crèche, le cœur des enfants mais aussi celui de tout fidèle est rejoint et on se sent aimé. L’homme peut prendre sa place aux côtés des pauvres venus s’approcher de Jésus, il peut lui parler, lui confier ses peines. Il peut lui demander la grâce d’une véritable conversion, le désir d’être un homme meilleur, une personne aimante. Qui aurait peur devant une crèche ? Le mystère divin devient accessible à ceux qui ont le cœur pur. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5,8) Certes nous verrons Dieu au Ciel, mais à la crèche, déjà, sa présence est dévoilée. Il est là, offert à notre adoration. Le Seigneur vient en nous faire sa demeure.

La crèche finalement nous parle d’une histoire d’amour. L’amour d’un homme François qui offrit toute sa vie à Jésus pour rebâtir sa maison. L’amour des chrétiens qui voulurent faire connaitre le grand mystère de Noël. L’amour de Dieu communiqué par l’Église à tous ceux qui veulent le recevoir par les sacrements. L’amour des parents qui font découvrir à leurs enfants, au cœur de la prière familiale la beauté de sa venue. L’amour que tous peuvent se partager mutuellement pour que ce monde, illuminé par Jésus-Christ enfant, soit meilleur et plus humain.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

BONNE NOUVELLE POUR LES CÉLÉBRATIONS : TOUS PEUVENT VENIR !
Nous devons espacer les personnes qui ne vivent pas ensemble de deux chaises, soit un espace vide d’un bon mètre. Occuper un rang sur deux, ce qui correspond à 1,30 mètre entre des fidèles qui sont l’un à la suite de l’autre.
Comment s’organiser ? Les Equipes Paroissiales accueilleront les fidèles et placeront les personnes. On écartera les bancs, on occupera l’espace voire le chœur pour les fidèles. Masques pour tous et gel à l’entrée.
L’important est de nous retrouver et de célébrer la sainte eucharistie.
Nous pourrons continuer les adorations eucharistiques, les chapelets, etc…


Message 97 Mgr Philippe Christory, Vendredi 27 novembre 2020

MESSES EN VISIO – DIMANCHE 29 NOVEMBRE – POUR VOTRE PAROISSE

Nos quêtes : ne nous oubliez pas ! Depuis vos foyers, le site jedonnealeglise.fr vous attend !

 

” À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. “

Ce dimanche, c’est le début de l’Avent. Qu’est-ce que l’Avent ? Le mot partage la même racine que celui d’avènement : quelque chose arrive bientôt. C’est le grand mystère de l’Incarnation pour lequel nous nous préparerons avant la fête de Noël. L’Avent est un chemin sérieux, avec une liturgie de l’attente, plus dépouillée, sans le Gloria des anges que nous retrouverons le 24 décembre lors de la vigile et des messes de la nuit. Rappelez-vous comment tout s’est déroulé. Marie à peine mariée est déjà enceinte mais non pas de Joseph son époux, mais du fait de l’Esprit Saint descendu en elle. Pour elle, cette vie miraculeuse, c’est un bébé encore niché en son sein maternel. Or César Auguste, l’empereur romain, exige un recensement. Chacun doit retourner dans le village de ses origines pour se déclarer. Pour Joseph, descendant du roi David, c’est Bethléem, un petit bourg à douze kilomètres de Jérusalem, mais bien loin de Nazareth située au Nord en Galilée. Ils partent pour une route difficile avec tout le courage que suscite leur amour.

Mais Noël n’est pas encore arrivé ! En nos maisons, nous préparons la crèche garnie de personnages, de branches, d’étoiles, de moutons et d’anges. C’est là que seul ou en famille, vous vous retrouverez pour rendre grâce à Dieu et lui dire « Maranatha – viens Seigneur Jésus ». Peut-on envisager un Noël spirituel et fraternel, c’est-à-dire moins de cadeaux matériels et plus d’amour, ou encore se faire le cadeau de la bienveillance et de la bonté ? Cela nécessite un engagement de notre part, comme nous y encourage l’apôtre Pierre « faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance de Dieu, à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité, à la fraternité l’amour. » (2 Pi 1,5-7) Ce serait un beau programme pour l’Avent. Soyons créatifs ! Je vous propose de réfléchir pour discerner en famille ou entre amis sur ce qui convient de faire durant ces quatre semaines. Contemplons la Vierge Marie, qui « conserve tous ces événements en son cœur. » (Lc 2, 19) Elle médite sur les voies de Dieu. Demandons la Sagesse divine pour vivre ce moment spirituel. Cette année 2020 a été affreusement complexe, douloureuse même pour beaucoup, mais ne pensez-vous pas qu’il y a des fruits à recueillir ? Demandons-nous ce qui a été nouveau, innovant, original, même drôle, surtout spirituel. Quelle part aimeriez-vous garder vivante dorénavant ? Dans votre vie entre proches et entre amis. Dans votre vie ecclésiale et spirituelle. Quels choix aimeriez-vous faire pour engager l’année qui s’ouvre ?

Car l’Avent est le point de départ d’une nouvelle année liturgique. Pour qu’elle soit effectivement une meilleure année, la fraternité sera notre baromètre. Comme lorsque mon père aimait regarder l’aiguille monter vers les hautes pressions pour nous annoncer qu’il fera beau, notre responsabilité est d’observer ce qui se passe d’heureux près de nous, de le partager et d’en témoigner. Certes la vie reste difficile et elle le sera davantage pour certains de nous. Oui, il y a une précarité importante, des migrants en grande détresse, dix millions de français en situation de pauvreté. Ceci se vit non pas au loin mais bien en France. Cela prend de multiples formes et les plus blessés ne sont pas toujours ceux qui se voient le plus. Alors que j’avais treize ans, je passais à la mairie de Tourcoing mon diplôme de secouriste et on disait que lors d’un accident, il ne faut pas s’occuper de ceux qui crient fort, car ils ont encore de l’énergie, mais bien des blessés qui sont silencieux car la force leur échappe. Autour de nous, il est des personnes silencieuses que nous pourrions oublier. Noël appelle un élan de proximité. La nécessité du partage est un fait. Pourquoi ne pas mettre en carton quelques conserves et les apporter au Secours Catholique ou aux restos du cœur ou à toute œuvre qui s’engage auprès des plus démunis ? « Faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. » (Mt 6,20) Rappelons-nous que ce que nous garderons sera perdu et ce que nous donnerons sera notre bien pour la vie éternelle.

Notre foi tient ensemble l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Catholique nous pratiquons le dimanche, assurément car cela répond au commandement de Dieu d’honorer le Jour du Seigneur en participant à l’eucharistie. Nourris de la Parole et du Corps de Jésus, nous recevons la force d’œuvrer pour la transformation du monde, là où nous vivons. Communier ensemble au précieux Corps constitue l’Église, mais ensuite nous le portons en nous pour le rendre manifeste au monde. Être catholique, c’est bien être une pierre vivante de l’Église, vivre comme disciple de Jésus, adorer Dieu le Père et porter l’Évangile à tous, à temps et à contretemps. C’est en étant pleinement ce que nous sommes que notre rencontre avec l’autre qui est différent sera possiblement authentique. Ici le mot rencontre peut être remplacé par charité ou encore par fraternité.

Nous achevons la lecture de Fratelli tutti par le chapitre huit, intitulé « les religions au service de la fraternité dans le monde. » Le pape François continue l’œuvre de rencontre et de dialogue que ses prédécesseurs pratiquaient. Avec les croyants de toutes religions, il promeut « la culture du dialogue comme chemin, la collaboration commune comme conduite, la connaissance réciproque comme méthode et critère. » (n°285) Si cela devrait se faire de manière habituelle avec les chrétiens des diverses confessions, le juste chemin nécessite la rencontre des membres des autres religions. C’est un devoir particulier des chrétiens de persévérer en ce sens pour que l’Église soit « une maison aux portes ouvertes […] une Église qui sert, qui sort de chez elle, qui sort de ses temples, qui sort de ses sacristies, pour accompagner la vie, soutenir l’espérance, être signe d’unité […] pour établir des ponts, abattre les murs, semer la réconciliation » (n°276) Nos différences sont des richesses lorsque l’Esprit Saint leur permet de se rencontrer. Le Concile Vatican II mentionne l’action du Verbe divin en toute personne. « Les “semences du Verbe” présentes et agissantes dans les diverses traditions religieuses sont un reflet de l’unique Verbe de Dieu, qui illumine chaque homme (cf. Jn 1, 9) et qui s’est fait chair en Jésus-Christ (cf. Jn 1, 14) » disait saint Jean-Paul II (audience générale du 9/9/1998). Cette œuvre, dans la vie de la personne non chrétienne, est celle de l’Esprit, amour divin qui n’exclut personne et qui invite chacun à entrer en relation avec Jésus.

En ce sens, il est heureux que le pape François ait choisi un homme donné à la rencontre avec l’autre différent de soi. Le bienheureux Charles de Foucauld « a orienté le désir du don total de sa personne à Dieu vers l’identification avec les derniers, les abandonnés, au fond du désert africain. Il exprimait dans ce contexte son aspiration de sentir tout être humain comme un frère ou une sœur, et il demandait à un ami : « Priez Dieu pour que je sois vraiment le frère de toutes les âmes […] ». Il voulait en définitive être « le frère universel ». Mais c’est seulement en s’identifiant avec les derniers qu’il est parvenu à devenir le frère de tous. Que Dieu inspire ce rêve à chacun d’entre nous. Amen ! » (n° 287)

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.


Message 96 Mgr Philippe Christory, Vendredi 20 novembre 2020

MESSES EN VISIO – DIMANCHE 22 NOVEMBRE – POUR VOTRE PAROISSE
Nos quêtes : ne nous oubliez pas ! Depuis vos foyers, le site jedonnealeglise.fr vous attend !

“Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !”

Je commence par vous partager la joie profonde que j’ai eue voici quelques jours en instituant lecteur et acolyte un séminariste du diocèse de Chartres, Clément Pierson, avec six autres jeunes gens, en vue du sacerdoce. Célébrée en huit clos, cette liturgie était chantée par le chœur du séminaire des Carmes. Permettez-moi de vous redonner un extrait de l’homélie de cette messe qui parlait de l’amour dans le cœur du bon pasteur : « Ne craignez donc pas votre petitesse. Ne craignez pas vos limites. Ne craignez pas vos fragilités car c’est par ces fissures du cœur que passe la lumière. Nous sommes aimés, soyons en sûr. Cette expérience de l’amour est nécessaire car l’amour est le cœur du message que vous aurez à annoncer. Vous savez combien le témoignage des actes que nous posons, des paroles que nous prononçons, de l’écoute que nous offrons, de l’attention à tous et particulièrement aux pauvres disent quelque chose de l’amour qui habite dans le cœur du pasteur. Nous ne pouvons pas tromper les autres. Le peuple a un sensus fidei affiné et il reconnaît l’amour dans le cœur du pasteur. Il vous faudra cet amour profond et vrai pour inviter les fidèles à vivre dans l’amour. Avoir cet amour est plus important que d’être fort et apte. Aimer Dieu et aimer son prochain forment un même commandement. Cependant ce commandement se dit par l’offrande de la vie, pas par des postures ou des discours, comme Jésus s’offre totalement dans le silence face à Pilate pour nous et pour le salut de l’humanité. Votre vie révèlera l’amour que vous recevez de l’Esprit, cet amour que vous offrirez alors aux autres. »

C’était ce jour-là l’anniversaire du décès de mon père, mort en 2016, qui a tant fait pour soutenir des séminaristes durant plus de quinze ans, apportant toujours un message d’espérance aux centaines de bienfaiteurs qu’il visitait chaque année. Il eut été heureux d’y être mais possiblement il fut présent du haut du Ciel.

Maintenant continuons notre lecture de l’encyclique Fratelli tutti. Dans le chapitre 7, le pape parle « des parcours pour se retrouver ». Cela signifie que la fraternité n’est pas tant un but ou un point final à atteindre qu’une marche à faire ensemble, une route que chaque génération devra emprunter à nouveaux frais. Pour croître dans la fraternité, regardons la réalité en face et ne rêvons pas d’une époque ancienne qui aurait été meilleure. Cela implique que nous soyons dans la vérité. La vérité, « compagne indissociable de la justice et de la miséricorde » (n°227) nous « conduira à la réconciliation et au pardon. » Pour être pleinement frères, nous devons vivre un dialogue dans la vérité : il implique la possibilité d’exprimer les désaccords, les différends, le mal subi, la souffrance, afin que chacun prenne conscience des violences qui ont blessé les relations humaines. La vérité peut et doit même nous conduire à ne pas nous voiler la face, à ne pas nier des histoires douloureuses, parfois enfouies, comme les abus sexuels commis par des clercs dans l’Église, le harcèlement dans le travail, les formes d’esclavage imposées à des personnes en situation de fragilité ou encore le rejet motivé par les différences sociales, etc. L’écoute des personnes en souffrance est un travail exigeant et patient. La béatitude prononcée par Jésus « heureux les artisans de paix » (Mt 5,9), exprime – c’est le sens du mot artisan – q devient le lieu de la guérison. La parabole des talents nous rappelle que chacun reçoit de Dieu des talents selon ses capacités eu’il faut apprendre et persévérer par un travail persévérant pour construire une paix authentique. C’est ensemble, au service des autres, dans l’élaboration d’une culture de la paix et du partage que peu à peu se met en place une fraternité ouverte à tous quit qu’en réalité tout se reçoit de Dieu. Il n’y a aucune raison de nous comparer sur ce point, mais il importe de nous aider mutuellement à développer les dons que Dieu nous a faits. Les talents du cœur sont au cœur de la fraternité.

Le pape parle dans ce chapitre du pardon, souvent difficile lorsque les blessures sont profondes. Comment pardonner la personne qui a fait tant de mal ? Pardonner ne signifie pas cesser de lutter contre les injustices, contre ce qui conduit au mal. Pour préserver la dignité de chacun, ce combat est nécessaire pour que le mal ne recommence pas son œuvre de souffrance, c’est même une exigence. Le texte donne des pistes de réflexion pour ce combat. L’une d’entre elle est de faire œuvre de bonté : telle une force, la bonté permet de refuser la vengeance qui ne peut pas assouvir la soif de justice d’une victime. Une autre est de cultiver les vertus pour promouvoir la réconciliation, la solidarité et la paix. Une autre encore est de faire mémoire et ne pas oublier les maux imposés dans l’histoire, les persécutions, les guerres, le trafic d’esclaves. L’oubli ferait des hommes des êtres anesthésiés et manipulables par des personnes qui recommenceraient le cycle infernal des guerres, de la violence et du mal. Car la guerre est toujours injuste, elle sème la souffrance, elle laisse le monde pire que l’état d’avant. « Jamais plus la guerre, jamais plus » avait crié le pape saint Paul VI devant l’hémicycle de l’ONU le 4 octobre 1965.
Ce chapitre du texte du pape François s’achève sur la prophétie d’Isaïe « ils briseront leurs épées pour en faire des socs de charrue. » (Is 2,4) L’énergie qui monte en nous face aux injustices et aux souffrances peut-elle être orientée vers des œuvres de miséricorde, pour nous entraider et dialoguer, pour construire cette fraternité effective entre tous ? Jésus-Christ annonce un monde nouveau, qui se fera par sa grâce avec les talents de chacun de nous. Puisons dans l’adoration les forces spirituelles pour ne pas faillir, pour repartir lorsque nous sommes affligés. Chacun de nous a une place dans le grand projet divin.
En ces jours de confinement, nous aimerions nous ressourcer spirituellement ensemble. Nous sommes sensibles aux expressions du besoin de nos contemporains, besoin de relations sociales, besoin de sport et de détente, besoin de nature, besoin de travailler en équipe, besoin de culture, enfin besoin d’amitié et de fraternité. Beaucoup de personnes vivent une profonde souffrance due à la solitude et aux conditions de vie confinée qui isolent même au sein des familles. L’homme est un être de relations et le manque est tel que les consultations en psychologie ont doublé. Heureusement nous voyons parmi les croyants un élan de prière nouveau et des actes de charité vers les proches. Pour certains, en leur maison devenue église domestique, c’est la première expérience d’une vie spirituelle dense et quotidienne.

Reste à ce jour l’interdit des rassemblements. La messe nous manque, mais n’est-ce pas le cas pour des millions de catholiques âgés ou malades qui ne peuvent plus sortir depuis longtemps ? Qui leur porte la communion ? Eux en sont privés car une fois reclus chez eux, la communauté paroissiale les oublie. Ouvrons les yeux, reprenons nos listes de noms, allons visiter, manifestons notre fraternité, apportons Jésus eucharistie. Simultanément nous sommes solidaires avec les malades et les soignants.

Faut-il manifester comme certains ont choisi de le faire ? Manifester est un droit absolu pour tout citoyen français. Mais ne faudrait-il pas le faire plutôt devant la préfecture qui incarne l’État puisque la loi cause ce mécontentement ? La prière et la messe s’adressent à Dieu, elles ne peuvent être un moyen de manifester vers le gouvernement. Nous avons nos armes spirituelles pour ce combat, notre prière, le jeûne et la charité, à utiliser sans limites. Nous pourrions aussi inventer des pèlerinages seul ou en famille, dans le respect des gestes-barrières, vers une église puisque la distance ni la durée ne sont plus comptées pour nous y rendre (toujours mettre « motif familial impérieux »).

Surtout, si nous voulons tant la messe, il serait nécessaire de prier plus encore pour que nos fils soient les prêtres de demain.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales.

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

Message 95 Mgr Philippe Christory, Vendredi 13 novembre 2020

Nos quêtes : ne nous oubliez pas ! Depuis vos foyers, le site jedonnealeglise.fr vous attend !

Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur !

Le nouveau confinement bouleverse notre économie et nos relations humaines et il ne va pas s’arrêter de si tôt. Or il importe que notre vie ecclésiale ne soit pas confinée ! Et elle ne l’est pas : les liens sont entretenus, la visite des pasteurs est autorisée à domicile, nos églises sont ouvertes tant que possible, la communion eucharistique est donnée le dimanche et parfois même en semaine, les confessions sont possibles, la catéchèse se fait dans nos écoles catholiques et à la maison grâce aux supports merveilleux qui sont transmis par les équipes. Notre vie fraternelle n’est pas confinée. Au contraire ! Nous partageons par notre amitié notre foi au Christ vivant. Nous pouvons multiplier les appels vers les familles ayant demandé un baptême ou ayant eu un deuil depuis les mois derniers. Quant à l’eucharistie en assemblée, elle est interdite par décret de loi, aussi nous patientons nourris par la prière personnelle, la méditation de l’Écriture et nos actes de charité qui sont autant de canaux de la grâce divine. Dieu est grand et rien ne peut entraver sa sainte volonté pour nous rejoindre. Ajoutons un jour de jeûne par semaine ; Jésus nous y invite pour faire face aux adversités et en faire un sacrifice de louange fécond.

J’ai évoqué récemment la figure des bienheureux Carlo Acuntis et Isabel Cristina Campos. Voici que le pape François met en valeur un autre jeune catholique, le bienheureux Joan Roig i Diggle, assassiné à 19 ans en 1936 lors de la guerre civile espagnole. Deux choses le caractérisaient. D’une part son attachement à l’eucharistie quotidienne et à la sainte communion. Il voulait « être le pain rompu et partagé avec les hommes et les femmes de son temps ». D’autre part il était « un garçon sensible aux injustices qui aimait surtout les personnes plus vulnérables. ». Il devint un ardent défenseur de la doctrine sociale de l’Église en s’engageant pour la justice, la paix et la solidarité. Son témoignage de vie et de pensée catholique sont éloquents pour nous aujourd’hui. Dans la lumière de cette belle histoire, les questions que pose le pape François dans son encyclique sont très pertinentes pour ceux qui s’engagent dans la société civile : « Quel amour ai-je mis dans le travail ? En quoi ai-je fait progresser le peuple ? Quelle marque ai-je laissée dans la vie de la société, quels liens réels ai-je construits, quelles forces positives ai-je libérées, quelle paix sociale ai-je semée, qu’ai-je réalisé au poste qui m’a été confié ? » (n°197) N’est-il pas passionnant de considérer l’engagement politique avec cet angle de vue ? Le pape écrit que la politique authentique est animée d’un véritable « amour social ».

Ces figures de saints constituent une merveilleuse opportunité de découvrir leur vie, de comprendre comment chacun d’eux a mis en œuvre l’Évangile selon son charisme, dans son contexte culturel pour répondre à un appel divin et à des besoins humains. Tous, nous sommes appelés à porter du fruit. Cela me fait penser à un fait bien simple mais dont j’aime faire une lecture spirituelle. Mes parents, dans le Nord, ont un jardin avec des arbres fruitiers. Dans ma jeunesse nous avions des poires extraordinaires, mais ces arbres ont disparu. Voici quelques jours une grosse tornade a abattu le dernier pommier, chargé souvent de centaines de fruits très bons. Ce bel arbre s’est couché après avoir vaillamment donné ses derniers fruits. Il est mort comme un bon serviteur. Cela illustre bien la vie d’un saint, celui qui est planté proche d’un peuple de croyants, qui porte du fruit et qui un jour tire sa révérence. Notre foi espère qu’après ce moment émouvant du deuil il y a une vie incroyable, un Amour présent et éternel, une louange parmi la multitude des bienheureux qui voient la face de Dieu, un repos sur le Cœur de Dieu.

Dans les quelques paragraphes qui suivent, continuons à puiser dans l’encyclique Fratelli tutti du pape François. La fraternité espère qu’un lien de cœur rassemble la famille humaine. Créer une fraternité authentique est un enjeu passionnant. Nous sommes différents, nous pensons et nous parlons différemment, nous défendons des convictions parfois opposées ; mais rien de cela n’entache la fraternité : elle en au contraire est enrichie.

Comment est-ce possible ? Cela est possible quand la fraternité est fondée sur l’amour du prochain. Et l’amour du prochain est possible s’il est abreuvé à la source : l’Amour de Dieu. Il est pour cela heureux que chaque personne réponde positivement à l’invitation de Dieu « viens et suis-moi ! ». Encore faut-il que chacun ait connaissance de l’amitié proposée par Dieu.

L ‘encyclique est un texte émouvant mais complexe à résumer car il est déjà la synthèse d’une thématique riche. Il introduit un processus de dialogue pour susciter une culture de la rencontre, pour « être des étoiles dans l’obscurité » (n°222), bienveillantes et réconfortantes afin d’alléger le poids de la vie des autres. Le chapitre 6 de l’encyclique a comme titre « dialogue et amitié sociale ». Il s’achève sur la nécessaire bienveillance qui libère de la « cruauté », de l’empressement et de l’anxiété, ces maux qui séparent les hommes et empêchent d’inspirer une culture vivante et fraternelle. La bienveillance se cultive jour après jour par des paroles de bonté et des actes de soutien mutuel. Cela s’exprime par la règle d’or de l’Évangile « tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi. » (Mt 7,12)

Le pape détaille les fausses routes du dialogue, quand certains sont disqualifiés à cause de leur propre culture, de leurs origines ou de la pauvreté. Le dialogue ne peut être une négociation menée en vue d’avantages personnels ou d’accaparement de biens au profits de groupes particuliers. Il n’est pas un échange fébrile d’opinions comme souvent sur les réseaux sociaux. Il n’use pas de termes humiliants pour disqualifier les autres. Il ne cherche pas à manipuler.

Bien au contraire le dialogue requiert un échange ouvert à la diversité, en quête de vérité, dans le respect des expériences de chacun. Aussi faut-il rejeter la prétention de savoir ce qui est bon pour les autres sans tenir compte de leur acquis et de leur culture. Le respect de la dignité de toute personne passe par ce dialogue dans lequel chacun trouve une écoute vraie et aimante. Rappelons-nous combien de personnes marginalisées ont perçu en Jésus-Christ celui qui les écouterait et les appellerait. Son regard se posait sur les lépreux, les malades et les parias. Il les voyait « comme on regarde une personne » pour reprendre la belle expression de sainte Bernadette au sujet de la Vierge Marie à Lourdes. Le pape François n’évoque pas seulement la rencontre et le dialogue comme des rendez-vous bien organisés, mais il parle d’une nouvelle culture de la rencontre. La rencontre devient culture entre les humains, elle est un art de vivre permanent. Elle ne cherche aucunement un résultat matériel. Cette culture permet des relations nouvelles entre les êtres. Particulièrement, les pauvres et les oubliés trouveront un espace dans ce dialogue pour être acteurs de cette nouvelle culture. Dans ce projet de nouvelle culture, subsidiarité et solidarité se tiennent ensemble pour que les fidèles créent ensemble un projet global au service du bien commun.

L’encyclique du saint Père nous offre des éléments pour méditer et façonner les voies nouvelles pour demain. Je vous encourage encore à redoubler de fidélité dans la prière et le jeûne. Les murs de Jéricho doivent tomber ! La pandémie s’arrêtera. Nous désirons nous rassembler pour célébrer le Seigneur lors de la sainte messe. En attendant, nous avons une conviction : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » (2Co 5,17)

 

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Notre-Dame du Sacerdoce dans nos foyers et demandons des vocations sacerdotales.

 

Vierge Marie,

Mère du Christ Prêtre,

Mère des prêtres du monde entier,

Vous aimez tout particulièrement les prêtres,

Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.

Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,

Et vous l’aidez encore dans le ciel.

Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,

Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.

Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,

Qui nous donnent les sacrements,

Nous expliquent l’Évangile du Christ,

Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.

Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,

Les prêtres dont nous avons tant besoin,

Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,

Obtenez-nous, ô Marie,

Des prêtres qui soient des saints. Amen.

 

Message spécial confinement Mgr Philippe Christory, Samedi 7 novembre 2020

Message concernant le confinement, en vue du dimanche 8 novembre.

“Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse, magnifiquement, dans le Christ Jésus”

Les évêques de France ont voulu faire appel à la justice de notre pays pour demander que soit levée l’interdiction des rassemblements dans nos lieux de culte.

Ce soir, nous apprenons que le Conseil d’État s’y est opposé. À l’heure de ce message, je n’en connais ni les raisons invoquées, ni les conditions futures. Si nous avons voulu faire appel à la justice, c’est aussi pour la respecter comme l’Écriture sainte nous y invite. Je m’attends à ce que les fidèles soient découragées ou en colère. Je ne peux que regretter cela, nous le vivrons en solidarité avec tant de personnes dont la vie économique et sociale est en grave danger, certains pensant ne plus pouvoir vivre. Nous prierons pour les malades, les soignants, ceux qui accompagnent les autres avec abnégation et générosité.

Demain lors de mon homélie à 11h, je parlerai certes de l’importance de l’eucharistie. Je dirai aussi que rien ne manque à celui qui met pleinement sa confiance en Dieu. Le catéchisme dit que si Dieu a lié le Salut aux sacrements, Dieu n’est pas lié aux sacrements. Sa grâce ne nous manquera pas si nous sommes pleinement à son écoute, si nous mettons en pratique sa Parole, si nous demeurons dans une attitude d’amour et de bonté pour ceux et celles qui nous entourent, à cause de l’Évangile qui nous redit de nous aimer les uns les autres.

Le président de l’Assemblée des évêques de France, Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, donnera ce dimanche 8 novembre à 9h son discours de clôture de notre rencontre de la semaine sur KTOTV.

Discours de Mgr de Moulins-Beaufort

Vous pourrez suivre la messe sur la télévision et sur le web.

A Chartres, grâce à Chartres.live, avez le zèle d’une nouvelle équipe de jeunes cinéastes, nous aurons la messe retransmise à 11h, sur Chartres.live ou sur le site du diocèse de Chartres et celui de la cathédrale.

Plusieurs prêtres du diocèse ont prévu de transmettre en vidéo la messe dominicale par le WEB. Renseignez-vous auprès d’eux.

Radio Grand Ciel, notre radio diocésaine, vous proposera la messe de 11h en direct depuis la cathédrale comme chaque dimanche.

Enfin, je vous engage dans la journée de dimanche à vous rendre dans vos églises. En Eure & Loir, j’ai demandé aux prêtres de vous accueillir pour vous donner la sainte Communion. Il va de soi que la recevoir nécessite de s’y bien préparer, si possible en suivant la messe par radio ou télévision, et en venant se recueillir avec profondeur dans l’église avant.

A la Cathédrale, la communion vous sera proposée entre 15h et 18h.

Face aux maux qui traversent nos sociétés, en vue d’un monde fraternel, continuons notre résistance spirituelle par la prière quotidienne et par le jeûne un jour de la semaine. Bon courage. Nous ne perdons pas l’Espérance qui nous a été donnée par Dieu car il est présent avec nous.

Bon dimanche dans la Lumière du Seigneur !

Message 94 Mgr Philippe Christory, Vendredi 6 novembre 2020

MESSES EN VISIO – DIMANCHE 8 NOVEMBRE – POUR VOTRE PAROISSE
Nos quêtes : ne nous oubliez pas ! Depuis vos foyers, le site jedonnealeglise.fr vous attend !

A notre tour d’être saint !

Après Nice, la folie a frappé à Vienne. Pourquoi l’amour disparaît-il dans le cœur d’un homme au point de vouloir tuer et encore tuer ? Un frère et ami, le père Hermann Glettler, est devenu évêque d’Innsbruck en Autriche et j’ai eu la joie de le visiter dans ce beau Tyrol et aussi à Vienne et à Graz. Ce merveilleux pays, avec ses montagnes, ses chalets fleuris, ses lacs et ses chants nous fait rêver, comme en écho au film « la mélodie du bonheur » avec la touchante famille Von Trapp. Face aux attentats qui voudraient briser le rêve, nous pourrions être saisis par la peur. Or pourquoi craindre ? Jésus nous enseigne : « Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? » (Mt 6,27) Notre vie est précieuse. Cependant elle reste un passage, une sorte de pèlerinage vers l’au-delà. Aussi Jésus nous enseigne-t-il : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » (Jn 12,25). Saint Paul vivait dans un monde cruel où la mort était omniprésente à cause des maladies, de la guerre et des violences des romains. Dans ce contexte-là, chaque journée était vécue comme une bénédiction. Saint Paul dit aux habitants de la ville de Philippes qu’il remet joyeusement sa vie entre les mains de Dieu : « si je dois verser mon sang pour l’ajouter au sacrifice que vous offrez à Dieu par votre foi, je m’en réjouis et je partage votre joie à tous. Et vous, de même, réjouissez-vous et partagez ma joie. » (Ph 2, 17-18) Saint Paul est prêt à donner sa vie à cause de l’Évangile pour le salut du monde.

Beaucoup de saints et de martyrs ont accepté cela. Que vaut ma vie personnelle si je la compare au salut éternel de tous les hommes ? Au cours des guerres, des soldats se sacrifiaient pour leurs camarades, comme dans la bataille de Diên Biên Phu au Vietnam. Mais qui perdra sa propre vie pour les autres afin qu’ils aient la vie éternelle ? Aujourd’hui, ce n’est pas (encore) cela qui nous est demandé par le Seigneur mais notre fidélité. Pour cela nous avons les armes spirituelles que l’Écriture nous enseigne : la prière, la vérité, la Parole, le zèle à annoncer l’Évangile, auxquelles nous ajoutons le jeûne que Jésus affirme nécessaire pour vaincre les plus puissants démons. Jeûner n’est guère naturel, ni facile. Il y a tant de ces petites choses bien bonnes à se mettre sous la dent : entre le sucré et le salé chacun y trouve son compte ! Mais le jeûne est l’arme de la victoire que nous devrions utiliser. Pourquoi ne pas choisir une journée par semaine et nous contenter de peu tout en nourrissant notre âme de la prière et de la lectio divina ? Comment faire tomber les murs de l’injustice et de l’incohérence lorsque nous sommes interdits de rassemblements et donc de culte communautaire ? Notre projet de résistance passe par la prière et le jeûne. Écrire, interpeler, nous le faisons mais le Christ demande notre prière : « vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » (Mt 6,9-11). Inlassablement prions pour recevoir le Pain des anges, le Pain de vie.

Notre espérance ne fléchit pas. Elle est fondée dans le Christ. Elle nous est donnée lors de notre baptême comme participation à la vie divine. Charles Péguy écrit en 1912 Le Porche du mystère de la deuxième vertu et donne cette belle méditation sur l’Espérance qu’il compare aux deux autres vertus théologales la foi et la charité :
« Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance. Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout. Cette petite fille espérance. Immortelle. […]
L’Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. […]
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus. […]
Mais l’espérance ne va pas de soi. L’espérance ne va pas toute seule.
Pour espérer, mon enfant, il faut être bien heureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce.
L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera dans le futur du temps et de l’éternité. »
Pour nous, l’espérance se cultive par des actes d’espérance au cœur des réalités de la vie. Elle est forte face à nos craintes quand nous buvons à sa source, le cœur de Jésus. Nous sommes vivants. Alors vivons en puisant l’espérance face aux troubles de la société. Le pape espère « que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance. » (Laudato Si n°244)
Nous sommes encore dans l’octave de la Toussaint, appelés à la sainteté à l’écoute de l’Esprit Saint. La sainteté est là au cœur de l’Église, encore plus aujourd’hui qu’hier. Combien de saints et de saintes connus nous ont précédés depuis 2 000 ans, partout dans le monde et si nombreux en France. Notre pays fut imprégné de leur amour transformé en actes et en projets pour le bien des autres : hôpitaux, écoles, universités, paroisses, monastères et abbayes, associations d’entraide. La France ne serait pas ce qu’elle est sans eux. La sainteté est pour aujourd’hui. Par exemple, laissez-moi vous présenter la bienheureuse Isabel. Isabel Cristina Campos est morte à l’âge de vingt ans en 1982. Cette femme laïque brésilienne fut tuée « en haine de la foi » par un homme qui l’agressait et auquel elle a résisté. Il a tenté de la violer. L’agresseur a attaché Isabel avec une corde et l’a poignardé à une dizaine de reprises. Elle a résisté, « mourant vierge, pure et chaste. » Dans sa biographie, on dit qu’elle menait « une vie simple, intense et belle qui est devenue un fragment vivant de l’Évangile ». Isabel Cristina souhaitait devenir médecin pédiatre en Afrique. Comme est belle cette expression « devenir un fragment vivant de l’Évangile » ! Si chacun de nous était cela, nous serions telles les pièces de verre coloré qui constituent les vitraux de notre cathédrale, nous formerions une œuvre d’art spirituelle !
Quelle était la motivation de ces saints ? Quel était le ressort interne de leur vie si pleine d’élan pour Jésus-Christ ? En réalité, ils avaient rencontré son visage, au fond de leur cœur, dans sa Parole, par une guérison ou un pardon, lors d’un témoignage de vie, par la service des pauvres… N’est-ce pas extraordinaire de prendre profondément conscience de l’amour infini de Dieu pour soi ? Nous sommes chacun aimés. Et cet amour nous communique la sainteté. La sainteté c’est d’accepter d’être aimé par Dieu. C’est se laisser envahir par son amour. C’est laisser notre âme être illuminée par sa sainteté divine. C’est nous mettre à la disposition de cet amour pour être lumineux de lui dans ce monde, par notre attachement à la Parole dit saint Paul. Saint Jean précise : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. » (1Jn3,1) Ces dons sont merveilleux et l’Esprit vient au secours de notre faiblesse pour nous rendre saints. C’est le Saint Esprit qui fait de nous des saints quand nous lui ouvrons grand le cœur.
Ce chemin de sainteté est ouvert à la fraternité. Ce mot m’apparaît de plus en plus prophétique. Les tensions au sein même des peuples exigent une nouvelle fraternité, aux États-Unis d’Amérique, en Europe, entre humains de religions différentes, entre personnes de cultures diverses. Dans son encyclique Fratelli Tutti, au chapitre cinq, le pape François parle du besoin d’une « charité sociale et politique » en mettant au centre la dignité humaine, en incluant les pauvres qui doivent prendre leur part dans l’édification de nouveaux chemins. Le Saint Père n’hésite pas à parler de la politique comme « une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun. » (n° 180) L’amour est civil et politique et peut imprégner toutes les relations sociales pour un monde meilleur. Croyons-nous à l’amour social comme principe universel des relations politiques ? Qui se lèvera parmi les jeunes générations pour construire cette politique enthousiasmante fondée sur la fraternité et l’amour des autres ? Je voudrais vous encourager à lire ces jours-ci les nos176 à 197 de cette encyclique pour que vous espériez dans la politique. Le saint Père affirme que « la bonne politique unit l’amour, l’espérance, la confiance dans les réserves de bien qui se trouvent dans le cœur du peuple, en dépit de tout. » (n°196) Et le pape remarque que « cela ressemble à une utopie naïve » à laquelle il ne faut pas renoncer. C’est un peu fou, mais l’Évangile est un peu fou et les apôtres saisis par le Saint Esprit laissaient penser qu’ils étaient plein de vin doux ! Alors allons de l’avant, avec enthousiasme, vers la fraternité.
Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.
Dorénavant, je vous propose la prière pour les vocations à Notre-Dame du Sacerdoce

Vierge Marie, Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

Message 93 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 30 octobre 2020 ———————-

Alors que vous recevez ce nouveau message, un groupe de quarante lycéens du diocèse est de retour de Taizé. La Communauté de Taizé est, depuis 1944, connue pour son ouverture œcuménique : cette ouverture est au cœur de la spiritualité de son fondateur le Frère Roger. L’expérience de Taizé est justement celle de la fraternité. Aujourd’hui une centaine de frères y vivent, surtout pour l’accueil des retraites de jeunes. Ce lieu, situé au cœur de la France rurale dans un tout petit village bourguignon, attire des milliers de chrétiens et d’autres croyants. Là, par la prière silencieuse, des chants très inspirés, par les échanges, une fraternité entre jeunes gens se crée dans la bienveillance et la foi.

Voici quelques jours, la question se posait d’y aller. La région de Taizé est sous couvre-feu et le Covid se répand en France. Pour moi, évêque, c’est un rendez-vous annuel. Est-ce dû à mon désir de parler aux jeunes, est-ce le lieu où ma paternité épiscopale se déploie, est-ce le besoin de dire aux jeunes que l’Église les accompagne ? Le pasteur ne peut pas être proche de son peuple en restant à son bureau, même pour écrire ses messages ! Le compagnonnage se vit par des échanges et par la convivialité, à travers ce qui ne se dit pas, c’est à dire nos cœurs unis par le Saint Esprit. Quel beau projet de bâtir un monde fraternel !

Notre lecture de l’encyclique du pape François Fratelli Tutti continue. Nous avions commenté la parabole du Bon Samaritain, modèle de celui qui se fait frère des autres, qui devient le prochain de l’homme blessé. Nous avons parlé de l’Amour qui nous vient du cœur de Dieu et qui suscite une authentique fraternité interpersonnelle. Nous avons aussi évoqué l’amitié sociale que des groupes humains ou des peuples établissent par la volonté réciproque d’un dialogue vrai et bienveillant, dans le respect des autres et de leurs croyances. Aussi, continuons maintenant avec le chapitre quatre du texte intitulé « un cœur ouvert au monde. » L’universel et le local sont les deux dimensions d’une communion entre les êtres humains et c’est la complémentarité des héritages culturels qui permet l’enrichissement de chacun. Le pape donne l’exemple du migrant qui recherche un accueil et un lieu de vie. Comment répondre à sa demande ? Le saint Père énumère les quatre étapes fondamentales à mettre en place : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Pour permettre un avenir au migrant, le pays accueillant doit assurer des conditions de vie dignes, des protocoles d’intégration et d’éducation, le statut de réfugié, une bienveillance fraternelle, un échange des richesses entre celui qui arrive et celui qui est accueilli. Chaque pays cherche son intérêt particulièrement par une immigration choisie et profitable. Or l’Église veut affirmer l’importance de la gratuité, c’est à dire « la capacité de faire certaines choses uniquement parce qu’elles sont bonnes en elles-mêmes, sans attendre aucun résultat positif, sans attendre immédiatement quelque chose en retour. » (n°139) Dieu se donne gratuitement. Dans la Révélation divine, il y a la manifestation du don infini de Dieu qui n’espère que notre conversion et notre amour. Aussi Jésus dit que lorsque l’on donne quelque chose à autrui « que ta main gauche ignore de ce donne ta main droite. » (Mt 6,3) La gratuité nous effraie car elle ne semble pas raisonnable dans une culture fondée sur l’échange des biens par un processus économique et rentable : nous avons peur de perdre quelque chose. Nous craignons que ce que l’autre a, il nous l’enlève. Mais c’est l’inverse !

Une question demeure difficile : comment l’accueil des autres, des migrants, peut se faire au sein de notre société ou de notre groupe ? L’accueil fraternel ne peut se faire au dépend de sa propre culture, au risque de perdre son identité. Notre culture est façonnée par des siècles de vie économique, de pensée philosophique et de foi chrétienne. Les fondements de notre culture française sont chrétiens, même si « la philosophie des Lumières » élaborée par certains penseurs à partir du XVIIème siècle cherchait à s’en affranchir. En raison même de sa vocation d’accueil, la France a souvent absorbé des apports extérieurs. Mais elle ne peut le faire que peu à peu tout en gardant ses racines. Encore faut-il qu’elle ne les oublie pas… Le pape François exprime clairement cette idée : « la solution ne réside pas dans une ouverture qui renonce à son trésor propre. Tout comme il n’est pas de dialogue avec l’autre sans une identité personnelle, de même il n’y a d’ouverture entre les peuples qu’à partir de l’amour de sa terre, de son peuple, de ses traits culturels. » Il parle plusieurs fois d’un « substrat original ». Voici pourquoi chacun doit aimer et prendre soin de sa maison. C’est là que sont nos racines. Ainsi, nous pouvons rechercher la fraternité par un double mouvement : approfondir nos racines et déployer nos bras pour que s’y abritent les personnes en recherche d’accueil, les pauvres et tous les exclus.

Comme membres de l’Église qui sommes en Eure-et-Loir, nous pouvons nous interroger en cette veille de la Fête de Toussaint. En confinement, beaucoup d’entre vous ont entrepris un nouvel élan et vous avez fait entrer Jésus-Christ dans vos maisons. Que d’échos magnifiques nous sont parvenus. Nous avons beaucoup dit que l’Église redevenait « domestique », ce mot venant du latin domus c’est-à-dire « maison ». Dans les premiers siècles, les chrétiens ne possédaient pas de lieux affectés au culte. L’Empire romain ne les autorisait pas. Ce fut donc dans les maisons particulières qu’avaient lieu les rencontres et qu’était célébrée l’eucharistie que l’on retrouve dans les Actes des Apôtres sous l’appellation « fraction du pain ». (Act 2,42) Où en sommes-nous des fruits de notre vie spirituelle au sein de nos foyers ? Comment demeure l’expérience vécue durant le confinement de notre prière personnelle, de la lecture des textes bibliques notamment ceux de la messe quotidienne, du silence « habité » à la maison ? Comment avons-nous fait évoluer notre relation avec Dieu et comment celle-ci a rayonné entre nous ? Comprenons-nous que la fraternité commence avec nos proches avant de s’étendre aux voisins ?

Il est nécessaire de faire un vrai point sur ce qui est vécu chez les chrétiens. En effet, Jésus est souvent confiné hors de nos maisons et de nos foyers, oublié dans le tabernacle de l’église du village fermée la plupart du temps. Jésus y est seul et abandonné. Chez beaucoup de personnes, bien souvent, point de prière du foyer, point de lecture personnelle de la Parole de Dieu, point de « coin prière », point de bénédiction de la table, point de lecture de vies de saints ou des textes du magistère de l’Église. Nous pouvons certes nous dire catholiques et près de 60% des français se déclarent catholiques. C’est merveilleux mais aussi bien triste : où sont-ils ? Comment vivent-ils leur vie de prière. Force est de constater que bien souvent, cette dernière est réduite ou même inexistante. Nous pouvons être émus de la place de l’Islam dans la société française, venue par les migrations successives, et de l’ampleur de l’athéisme porté par une laïcité militante que notre société enfante encore. Mais la nature ayant horreur du vide, nous laissons souvent la place, et je cite saint Paul, à « tous les courants d’idées, au gré des hommes qui emploient la ruse pour nous entraîner dans l’erreur. » (Eph 4,14)

Le temps est au réveil, chers amis, à la décision ferme et fidèle. Notre vie chrétienne peut être porteuse de lumière dans la société si nous sommes lumineux par notre attachement au Christ, dont nous témoignons en vivant une relation profonde avec lui. Rappelons-nous l’avertissement de Dieu aux chrétiens de la jeune communauté d’Éphèse « Je connais tes actions, ta peine, ta persévérance, je sais que tu ne peux supporter les malfaisants ; tu as mis à l’épreuve ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas ; tu as découvert qu’ils étaient menteurs. Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné. » (Apo 2,1-4) N’avons-nous pas oublié si souvent notre premier amour ? On dit qu’une partie des catholiques ne sont pas revenus dans leur paroisse depuis le confinement. Heureusement en quelques lieux, cela ne se vérifie pas, car certains ont conscience que la foi exige la fidélité. Interrogeons-nous ! Et si notre époque était celle de l’héroïcité ? Voyez les catéchumènes, les confirmands, les adultes qui viennent vers l’Église pour un baptême ou la confirmation. Sont-ils les seuls à rechercher Dieu ? Non, sûrement pas, et d’autres hommes et femmes qui vivent à côté de nous aspirent à cette rencontre mais ne trouvent personne qui aille vers eux pour leur en parler explicitement.

Nous allons vivre ce dimanche la belle fête de la Toussaint. Ce sera l’occasion de regarder le Ciel dans l’Esprit des Béatitudes, en accueillant la joie promise dès maintenant « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » Si nous sommes enracinés dans le Christ, nous verrons sa Gloire. Notre fidélité aux rendez-vous quotidiens et à l’eucharistie dominicale sera le signe de notre foi pour nos proches. N’ayons pas peur des remarques mais aimons en vérité. Nous pouvons nous tourner très particulièrement vers la Vierge Marie, qui est appelée Reine du Ciel, mère de tous les saints et saintes. En priant le chapelet, nous nous relions à Jésus par la méditation des Mystères de sa vie. Essayez une promenade le chapelet à la main, pour aérer votre corps et votre cœur. Sanctifiez votre vie et les lieux que vous parcourez en priant pour vos voisins. Apportez mystérieusement la paix du Christ par votre fidélité. Bonne route.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Dorénavant, j’aimerais vous proposer une prière pour les vocations.

Prière à Notre-Dame du Sacerdoce

Vierge Marie,
Mère du Christ Prêtre,
Mère des prêtres du monde entier,
Vous aimez tout particulièrement les prêtres,
Parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils unique.
Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre,
Et vous l’aidez encore dans le ciel.
Nous vous en supplions, priez pour les prêtres,
Priez le père des cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
Priez pour que nous ayons toujours des prêtres,
Qui nous donnent les sacrements,
Nous expliquent l’Évangile du Christ,
Et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu.
Vierge Marie, demandez vous-même à Dieu le Père,
Les prêtres dont nous avons tant besoin,
Et puisque votre cœur à tout pouvoir sur lui,
Obtenez-nous, ô Marie,
Des prêtres qui soient des saints.
Amen.

Message 91 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 23 octobre 2020 ———————-

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22,39)

Face aux événements récents, ce commandement de Jésus-Christ rapporté par l’Évangile ce prochain dimanche interpelle fortement. Depuis quinze jours, grâce à l’encyclique du pape François, nous parlons de fraternité. Sur l’église de Vernouillet, Il a été écrit en lettres métalliques « République Française – liberté – égalité – fraternité ». Comme pour dire que l’église appartient à la commune. Ce n’est pas un cas unique dans notre belle France. Mais la République peut-elle susciter une authentique fraternité ? Le saint Père le rappelle : face à l’individualisme radical, qualifié par le pape de « virus le plus difficile à vaincre. » (n°105), c’est la fraternité qui permet la liberté et l’égalité. Or l’individualisme se répand en particulier dans les sociétés les plus favorisées, où l’entraide peut ne pas sembler indispensable. Le danger est alors grand : l’homme ne peut trouver seul sa joie. C’est ce qu’exprimait Raoul Follereau qui consacra sa vie au service des lépreux : « nul n’a le droit d’être heureux tout seul ! ».

Le désir de fraternité est commun à beaucoup de personnes ; mais comment la réaliser ? Être des frères et des sœurs, vivant ensemble, harmonieusement peut sembler un défi impossible à relever. Quelques-uns s’y opposent, les récents événements l’ont cruellement démontré.

Comme tous, je suis horrifié par le crime envers Samuel Paty ce professeur d’histoire et géographie tué lâchement à Conflans. Qui pourrait cautionner une décapitation ? Symboliquement, le mode d’assassinat est violent. Le mode opératoire est le même que celui d’autres crimes subis par des prisonniers de groupes islamiques. Comment ne pas se souvenir des vingt coptes chrétiens, revêtus de combinaisons orange, qui furent égorgés par Daech sur les plages libyennes face à la mer Méditerranée ? Ce professeur français a reçu beaucoup d’éloges posthumes, et il est touchant d’entendre ceux et celles qui furent ses élèves dirent qu’il était ce professeur que l’on n’oubliait pas. Il acceptait de dialoguer, demandant le respect de l’opinion d’autrui ; il encourageait ses élèves à construire leur point de vue de manière raisonnable et argumentée. Jamais un tel crime ne pourra être cautionné, jamais un professeur, ni personne, ne mérite d’être ainsi décapité.

Mais cela interroge sur la liberté d’expression. Il est toujours urgent de la défendre. Tant d’hommes et de femmes en sont privés en ce monde. Elle est un socle du vivre-ensemble français. Elle appartient à notre démocratie. Elle doit permettre à tout citoyen de s’exprimer sans craindre la censure, la haine, la violence, le meurtre. Je dois admettre que je n’aime pas les caricatures qui touchent à la sensibilité religieuse. Charly Hebdo en a édité de très vulgaires sur nos papes, sur des personnages religieux, sur des responsables politiques et bien d’autres. C’est un choix éditorial. Mais de telles caricatures, qu’on les apprécie ou non, ne peuvent pas justifier qu’un homme soit assassiné. Personnellement j’aime à croire que notre humanité a besoin d’un dialogue fort et libre qui autorise la contradiction, même lorsqu’elle est animée, mais qui respecte l’amour mutuel. Peut-être est-ce une douce utopie ?

Nous devons donc condamner, sans appel, cet acte barbare. Nous devons aussi prier. Pour Samuel Paty, pour sa famille, pour notre pays. Pour que la haine ne nous déchire pas. Nous devons aussi nous enraciner toujours plus dans l’amour. Je vous propose donc de poursuivre notre lecture de l’encyclique du pape Fratelli tutti. Le chapitre troisième a comme titre « penser et gérer un monde ouvert ».

Nous sommes des êtres de relation, appelés à sortir de soi-même. Le pape parle d’une « loi d’extase », expression originale, pour signifier notre besoin d’autrui en vue d’un accroissement d’être. Cela est vrai de toute relation, mais surtout lorsque nous parlons d’amour : « l’amour passe en premier, ce qui ne doit jamais être mis en danger, c’est l’amour ; le plus grand danger, c’est de ne pas aimer. » (n°92) C’est le sens du mot charité qui dans le langage courant semble négatif car associé à une forme de pitié. Or « ce qu’exprime le mot ‘‘charité’’ est que l’être aimé m’est ‘‘cher’’, c’est-à-dire qu’il est estimé d’un grand prix ». L’amour que nous nous portons les uns aux autres façonne notre fraternité, nous fait désirer le meilleur pour l’autre quel qu’il soit. En aimant, nous construisons la communion universelle. Le père Franz Stock, si cher aux chartrains depuis qu’il dirigea le séminaire des barbelés au Coudray, cultivait et enseignait l’amour mutuel pour préparer une génération de prêtres qui œuvreraient en vue d’une nouvelle entente franco-allemande après la guerre. Cette attitude évangélique concrétisait la parole de Jésus « Tous vous êtes des frères. » (Mt 23,8)

Nous adhérons volontiers au point de vue que l’amour fonde la fraternité. Mais le pape nous invite à aller plus loin et à réfléchir à ceux et celles qui vivent parmi nous comme des étrangers. Le Saint Père constate que certaines personnes vivent comme des exclus ne bénéficiant pas de relations normales avec les autres, ne voyant pas leurs besoins élémentaires être satisfaits. Ce peut être le cas de gens en situation de handicap ou encore des personnes âgées, qui se ressentent comme un fardeau pour les autres. Elles n’accèdent pas à la vie sociale normale, elles ne peuvent pas profiter de la culture, elles sont dépendantes. Or l’amour qu’elles savent offrir et susciter permet de découvrir leur richesse de cœur et leur sensibilité. Elles sont les témoins précieux de la dignité de tout homme et de toute femme, et elles apportent une part d’humanité originale.

Pour que l’amour perdure, la dignité de chacun doit être affirmée, sans distinction de peuple, de caste ou de culture, car elle est fondée sur son être même ou encore sur l’existence, depuis la conception de l’enfant jusqu’à sa fin de vie. C’est d’une importance absolue : « Lorsque ce principe élémentaire n’est pas préservé, il n’y a d’avenir ni pour la fraternité ni pour la survie de l’humanité » (n°107) nous dit le Pape. Ce n’est pas l’efficacité économique d’une personne qui lui donne sa dignité. Les États ont le devoir d’intervenir pour que chaque citoyen ait sa place, particulièrement les pauvres et les plus fragiles, car s’il est dit que nous naissons égaux, nous ne vivons pas à égalité. C’est le rôle du pouvoir politique d’offrir à chacun les conditions d’une vie digne, fraternelle et solidaire. On peut citer pour exemple l’accès inégal à l’éducation scolaire. L’Église œuvre depuis des siècles en ce sens, mais les États ont parfois laissé des populations entières dans l’ignorance pour mieux les asservir. Il est possible que vous vous sentiez, comme moi, un peu dépassé par l’ampleur du travail à réaliser en matière de solidarité, de bienveillance entre groupes humains, d’entraide destinée à tous. Le saint Père finit ce troisième chapitre de l’encyclique Fratelli tutti par une belle promesse : « si l’on accepte le grand principe des droits qui découlent du seul fait de posséder la dignité humaine inaliénable, il est possible d’accepter le défi de rêver et de penser à une autre humanité. On peut aspirer à une planète qui assure terre, toit et travail à tous. C’est le vrai chemin de la paix, et non la stratégie, dénuée de sens et à courte vue, de semer la peur ou la méfiance face aux menaces extérieures. » (n°127) Le monde est donc ouvert. Les jeunes générations bénéficient de facilités étonnantes pour se rencontrer, tant par les voyages que par les réseaux sociaux. C’est l’amour tel que le Christ le révèle qui sera la cause d’une fraternité universelle permettant de nous entraider même quand le réchauffement climatique bouleverse les équilibres humains. Nous avons dans l’Évangile un trésor à méditer et à mettre en œuvre pour voir en toute personne un frère ou une sœur à aimer et à servir. Alors se façonnera une fraternité humaine inscrite au cœur de l’homme et reliée au Dieu créateur qui nous soutient de sa grâce. Espérons donc toujours et ne nous laissons pas à aller à un pessimisme de mauvais alois. L’amour est plus fort que la haine. L’amour du Christ, qui nous a tant aimé au point qu’il a donné sa vie pour nous, est vainqueur !

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire et livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

 

Message 90 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 16 octobre 2020 ———————-

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et la vie en abondance » (Jn 10,10)

La Vie est offerte, elle est toujours un cadeau. Aujourd’hui existe un discours politique et médiatique qui enferme les personnes pour leur faire admettre comme vraies de profondes incohérences. Par exemple, quand Chloé du planning familial déclare sur les ondes qu’à 14 semaines « l’avortement n’enlève pas la vie mais en sauve une », on mesure l’importance de cette incohérence. Le petit être niché au creux du ventre maternel ne serait-il pas un être vivant ? Quand commence la vie ? Ne devrait-on la considérer qu’en fonction du projet social que la société lui reconnaît ? Si l’enfant dans le sein maternel n’est pas considéré comme un être humain, sa suppression, son élimination peuvent être justifiées par le pouvoir.

Parmi les hommes qui exercent un pouvoir, notamment dans le domaine politique, certains peuvent avoir l’orgueil de penser qu’ils créent un monde nouveau. « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. » disait Dostoïevski. Dans les faits, l’ultra libéralisme au service de l’argent et du pouvoir prétend souvent construire notre monde et transforme la vie en un bien marchand. Mais un vote majoritaire ne garantit pas toujours la vérité ou même la justice. Le vote majoritaire oblige la minorité au silence. Aujourd’hui, vouloir s’opposer à l’avortement est tout simplement une position inaudible pour les médias et combattue ou impossible dans l’espace du débat politique. L’élargissement des délais pour avorter crée une mentalité abortive de plus en plus banalisée. L’avortement est devenu un droit, un « soin » remboursé. Comme elle est loin l’époque de la loi Simone Weil qui, tout en légalisant l’avortement, reconnaissait qu’il est un drame et qui encourageait toute association qui offrirait la chance à la maman de garder son enfant ! La « culture du déchet », terme du pape, est prégnante. Culture de mort, elle ne procure pas le bonheur à ceux qui le recherchent. Elle ne peut que conduire à des formes d’indifférence et de désintérêt pour ceux qui souffrent, et sont considérablement amplifiées par un individualisme galopant. « Ce n’est pas mon problème » me disait un homme au sujet de deux jeunes vivant dans la rue, « je ne les vois pas ! » Aujourd’hui, face aux lois touchant la bioéthique, beaucoup considèrent que ce n’est pas leur affaire. Or notre modèle de société est en jeu.

L’Église catholique est minoritaire devant cette tempête. Elle constate que les victimes sont d’abord les femmes qui souffrent de savoir que leur petit enfant a été éliminé dans leur sein maternel. Leurs larmes sont silencieuses et ignorées, voire jugées indécentes. L’autre victime est cet enfant qui n’a rien demandé à personne et qui, comme tout être vivant, aspirait à vivre. Nous espérons en la fraternité pour tous. Or celle-ci n’existera que si elle englobe tous les êtres humains depuis la conception dans le sein maternel jusqu’à la fin de vie naturelle. Si cette fraternité n’est pas ouverte à tous alors l’égalité et la liberté resteront un vœu inatteignable.

Face au défi de l’indifférence, la parole du pape François arrive à point nommé. Aussi, continuons la lecture de son encyclique appelée Fratelli tutti ce qui signifie « tous frères ». Nous avons parlé dans le message précédent de l’amitié sociale que les peuples, les nations ou les groupes humains susciteront par un rapprochement des idées et des cœurs. Cela nécessitera le choix d’un dialogue ouvert à l’écoute authentique des autres pour entendre leur point de vue et se laisser traverser par leur compréhension différente. Ce choix exigeant demande du courage et de la bienveillance mutuelle. Mais il n’oblige pas à la pensée unique ! Un dialogue vrai ne peut s’entendre que dans l’acceptation de la diversité d’idées.

Le pape nous donne un texte puissant que les médias ont salué en parlant de la couleur politique et sociale de ses propos. L’Église a toujours incarné sa foi en Jésus-Christ par un engagement auprès de tout homme et des tous les hommes, autant qu’elle a pu le faire, par les soins, l’accueil et l’éducation. Par exemple, en Eure-et-Loir, le père Louis Chauvet, constatant en 1696 que les jeunes filles de la Beauce ne bénéficiaient d’aucune scolarité, ouvrit une classe dans la cave de son presbytère animée par quelques femmes bienveillantes. Celles-ci seront les premières de la magnifique congrégation des sœurs de saint Paul de Chartres, toujours actives dans le monde entier pour l’éducation des pauvres.

Le pape François nous invite à méditer la parabole du bon Samaritain. Pour rappel, celle-ci décrit la violence faite par des brigands envers un homme juif qui git dans le fossé. Passent un prêtre et un lévite expert de la loi de Moïse, qui tous les deux se détournent du pauvre blessé. Arrive un voyageur samaritain qui lui prodigue les premiers soins. Puis il le mène sur sa monture à l’auberge. Là il le confie à l’aubergiste en lui payant à l’avance les frais. Finalement, Jésus valorise la charité de ce samaritain mal aimé des juifs, qui s’est fait le prochain de ce blessé. Jésus enseigne qu’être homme, c’est prendre soin des personnes souffrantes quelles que soient leur origine ou leur religion. Partant de cet exemple, le pape affirme la vocation de tout homme à prendre soin d’autrui car nous sommes liés par une commune humanité : « nous avons été créés pour une plénitude qui n’est atteinte que dans l’amour. Vivre dans l’indifférence face à la douleur n’est pas une option possible ; nous ne pouvons laisser personne en marge de la vie » (n°68) Le bon samaritain est une « icône éclairante » pour notre monde.

L’histoire se répète. Notre société civilisée laisse de nombreuses personnes au bord du chemin. Les blessures sont multiples mais bien présentes. Pour le pape, il n’y a que deux types de personnes, « celle qui passe son chemin et reste indifférente à l’homme blessé et celle qui prend en charge la douleur ». C’est face à celle-ci que les masques tombent. « Allons-nous nous pencher pour toucher et soigner les blessures des autres ? Allons-nous nous pencher pour nous porter les uns les autres sur les épaules ? » (n°70) Certes, la puissance politique, tant nationale que locale, a sa partition à jouer. Certes, beaucoup de choses sont accomplies dans le domaine social notamment, y compris par nos institutions. Mais il nous faut aller plus loin et il en va de notre responsabilité personnelle : chacun de nous peut ouvrir son cœur et aller vers l’autre.

Aussi, nous-mêmes avons un choix à poser. Nous pouvons nous dire qu’il nous est impossible de changer les choses. Seul, cela est sûrement vrai. Si vous ne vous en sentez pas capable, j’aimerais citer Jessica Cox, jeune femme née sans bras, qui pilote des avions ou encore fait du surf, cela sans aucune prothèse, juste avec ses pieds. Elle dit « ôtez vos prothèses », celles qui vous encombrent le cœur et agissez. Dans une partie de l’encyclique nommée « recommencer » le pape ouvre une voie d’humanité. Il parle de coresponsabilité en vue d’une transformation du cœur. Il existe une nouvelle opportunité, dit-il. Cet espoir est lié d’ailleurs avec l’écologie intégrale qui a comme fondement les quatre relations fondamentales d’un vie juste : avec soi, avec les autres, avec la nature et avec Dieu. Les défis sont considérables mais si nous nous associons, si nous conjuguons nos efforts, si nous entrons dans une culture profonde de l’altérité, nous pourrons beaucoup plus que si nous restons isolés. D’un seul cœur et ensemble, nous réaliserons des projets que personne ne ferait seul pour rejoindre l’humanité blessée. Dans notre diocèse de Chartres qui couvre tout l’Eure-et-Loir, nous avons institué une Diaconie – ce mot signifie service – dont la raison d’être est de se connaitre entre acteurs de la solidarité pour pouvoir associer nos prières et nos talents concrets afin de répondre aux besoins des plus pauvres.

La parabole du Bon Samaritain est toujours d’une pertinence merveilleuse. La foi en Jésus-Christ qui s’est fait homme pour partager notre condition humaine et vivre notre quotidien invite à lever les yeux vers le Royaume et à nous soucier des frères et sœurs dans le besoin. Chacun peut faire ce pas, avec le soutien de nos communautés. En ce mois missionnaire, j’émets le vœu que notre charité se fasse inventive et simple. Bonne route à chacun.

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire et livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message 90 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 9 octobre 2020 ———————-

 

« Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » (Lc 10, 36)

Alors que le pape François vient de signer une nouvelle encyclique consacrée à la Fraternité, le merveilleux passage sur le bon samaritain qui s’achève par cette question de Jésus à ses auditeurs, nous oblige à sonder notre cœur : comment prenons-nous soin de notre frère ? Que veut dire se faire le prochain d’un autre ? Le temps présent est opportun pour nous saisir de cet appel : l’urgence de la fraternité qui est au cœur de la mission.

Avant de parler de cette encyclique, j’aimerais faire mémoire d’un prêtre. Ce vendredi 2 octobre, le père Jean-Baptiste Brossier nous a quittés, c’était le jour de la fête des anges gardiens. Notre frère s’est endormi dans la mort pour son dernier voyage vers le Ciel. Il est vrai que depuis quelques semaines, il marchait fort doucement, mangeait peu, diminuant physiquement pour se préparer au grand passage. Résidant dans la maison des prêtres âgés de Saint-Chéron depuis plus de dix années, jusqu’à cet été il célébrait la messe de semaine pour ses frères fatigués ou malades et les amis fidèles à ce rendez-vous. A chaque eucharistie que j’y présidais, il allait vers le tabernacle pour prendre Jésus-Eucharistie qui serait apporté à chacun. Il servait autant qu’il le pouvait. Sa vue avait baissé, mais il demeurait attentif aux autres. Il regardait au cœur et par le cœur. Il restera pour beaucoup, même si de nombreux amis et frères en Christ l’ont précédé auprès de Dieu, un pasteur qui servit la plupart du temps en campagne d’Eure-et-Loir. Prions maintenant Notre-Dame de Chartres afin qu’elle l’accueille, elle qui est Mère des prêtres. Confions-lui notre prière pour les vocations sacerdotales afin qu’il les présente à Dieu quand il le contemplera dans sa Gloire.

Le mois missionnaire d’octobre est lancé. Il est placé sous la protection de Notre-Dame du Rosaire, fêtée ce mercredi 7 octobre, comme le veut la tradition. Plusieurs paroisses entreprennent un tour des clochers pour prier la Vierge chaque soir. Je ne peux que vous encourager à ouvrir votre église et aller au pied de Marie pour confier, par le chapelet, votre communauté, vos familles et votre village. D’autres commencent des parcours Alpha pour accueillir des personnes en recherche. Si vous êtes dans ce cas, si vous êtes en quête de réponses sur Jésus, la foi chrétienne et la vie de l’Église, ce peut être le bon lieu pour faire des rencontres et obtenir des réponses. Nous pourrions multiplier les initiatives, mais l’important est que notre propre cœur s’ouvre à la surprise de la rencontre et que celle-ci soit l’occasion d’un témoignage de foi et d’une prière. Je vous souhaite un heureux mois missionnaire !

Ce dimanche 4 octobre, en la fête de saint François d’Assise, le pape François a offert au monde une nouvelle encyclique, Fratelli tutti dont je vous commenterai quelques passages dans mes prochains messages. « Vous êtes tous frères » dit Jésus (Mt 23, 8). Si nous le sommes, c’est parce que nous avons un unique Père au Ciel, Dieu notre Seigneur. Cela signifie que notre lien est indélébile, qu’il est permanent, qu’il ne dépend ni de nos sentiments, ni de la profondeur de nos relations, qu’il nous rend responsables des autres. C’est un fait. Quel regard portons-nous sur l’autre, sur la personne que je ne connais pas, celui qui ne me ressemble pas ou qui vient d’une autre culture ? Frères et sœurs en Christ, nous le sommes, voilà ce que nous enseigne la foi. Pouvons-nous alors choisir de nous aimer les uns les autres ? Voici que cela engage notre volonté et ainsi notre responsabilité personnelle. Voici le défi du quotidien, découvrir que mon prochain a une valeur infinie dans le cœur de Dieu; aussi je peux le voir comme un frère ou une soeur. Quelle belle révélation nous est donnée là !

L’encyclique porte en sous-titre : « Sur la fraternité et l’amitié sociale. » Tout au long du texte, le pape François ne sépare pas l’amitié sociale de la fraternité. Son désir est de proposer « un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. » (n°6) Cette manière de présenter le lien entre ces deux réalités est profondément originale. Le saint Père affirme même la profonde correspondance entre l’une et l’autre : « la fraternité universelle et l’amitié sociale constituent partout deux pôles inséparables et coessentiels. Les séparer entraîne une déformation et une polarisation préjudiciables. » (n°142) Aujourd’hui, il est proposé de parler d’amitié sociale comme un bien commun entre les peuples ou entre les nations. Le pape émet le vœu que les groupes sociaux et politiques puissent entrer en amitié. Ne trouve-t-on pas là un écho de Hannah Arendt qui affirmait qu’avec « le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié » ? La clé de l’amitié sociale est effectivement le dialogue c’est-à-dire « la capacité de donner et de recevoir, en demeurant ouverts à la vérité » (n°199). Or le dialogue passe par la culture dont les formes sont multiples et diverses, « la culture populaire, la culture universitaire, la culture des jeunes, la culture artistique et technologique, la culture économique et la culture de la famille, et la culture des médias. » (n°199) Nous ne parlons pas de n’importe quel dialogue mais de ces échanges et conversations qui sont fondés sur un authentique désir de rencontre et d’écoute en vue d’un enrichissement mutuel. C’est un dialogue dans lequel chaque personne impliquée se laisse traverser par les propos des autres. L’amitié sociale a besoin de bienveillance entre groupes et entre peuples : « elle suppose valorisation et respect, elle transfigure profondément le mode de vie, les relations sociales et la façon de débattre et de confronter les idées, lorsqu’elle devient culture dans une société. » (n°224) Cette amitié sociale au sein d’une même nation est à rechercher entre groupes sociaux différents, entre les pauvres et les riches, avec toujours la quête de l’option préférentielle pour les plus marginalisés et les déshérités. Le pape définit un principe indispensable pour construire l’amitié sociale : « l’unité est supérieure au conflit. » C’est bien cette unité que Jésus désire lorsqu’il prie son père « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21) Mais cette unité n’est pas un syncrétisme ou une fusion, mais « le fruit de la compréhension et de l’engagement réciproque, pour atteindre une unité multiforme qui engendre une nouvelle vie. » (n°245)

De l’amitié sociale entre les groupes et les peuples peut naître la fraternité. Se sentir frères et sœurs est une étape importante de la maturité humaine. Il appartient à chaque individu de bâtir cette fraternité. C’est un projet ambitieux et toujours à reprendre. « Le projet même de fraternité est inscrit dans la vocation de la famille humaine. » (n°26) Cependant « Le problème, c’est qu’un chemin de fraternité, local et universel, ne peut être parcouru que par des esprits libres et prêts pour de vraies rencontres. » (n°50)

C’est donc un chemin d’humanité toujours à construire que le pape François propose. S’il est écrit que tous les hommes naissent égaux, cette égalité ne dure que bien peu de temps, au vue des conditions sociales si diverses. Nos états démocratiques affirment l’égalité entre tous, mais chaque jour nous constatons que cette égalité est une utopie et que la réalité est toute autre. Certains vivent dans une certaine aisance, tandis que d’autres manquent de l’essentiel. L’amitié est certes de la responsabilité de chaque personne, mais il est clair que ceux et celles qui bénéficient de plus de moyens matériels et économiques ont le devoir de porter leur attention et d’ouvrir leur cœur vers ceux qui doivent tout attendre des autres pour vivre. Il est tellement difficile de tendre la main ! Rappelons-nous les mots de saint Vincent de Paul « la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. »

Il est toujours intéressant de lire les conclusions d’un texte. Le pape place la source de toute fraternité dans une relation à Dieu qui est Père de tous les êtres humain. Il nous dit : « Nous, croyants, nous pensons que, sans une ouverture au Père de tous, il n’y aura pas de raisons solides et stables à l’appel à la fraternité. Nous sommes convaincus que c’est seulement avec cette conscience d’être des enfants qui ne sont pas orphelins que nous pouvons vivre en paix avec les autres. En effet, la raison, à elle seule, est capable de comprendre l’égalité entre les hommes et d’établir une communauté de vie civique, mais elle ne parvient pas à créer la fraternité » (n°272) Car « sans vérité transcendante, par l’obéissance à laquelle l’homme acquiert sa pleine identité, dans ces conditions, il n’existe aucun principe sûr pour garantir des rapports justes entre les hommes. Leurs intérêts de classe, de groupe ou de nation les opposent inévitablement les uns aux autres. » (n°273)

En ce mois missionnaire, je vous propose de mettre en œuvre le principe même de fraternité. Nous allons chaque jour croiser des personnes avec qui la rencontre n’est pas toujours aisée, car nous ne nous connaissons pas forcément. Les masques qui cachent une partie de nos visages sont de surcroît des obstacles pour la rencontre et le dialogue. Cependant, cette barrière ne peut pas avoir le dernier mot. Il nous reste le regard et celui-ci peut être signifiant pour entrer en relation. Osons un pas vers l’autre et soyons son prochain qui lui apporte écoute et réconfort. Osons emprunter le beau chemin de la fraternité.

Le texte du pape méritera d’autres approfondissements, notamment sur les causes de la dégradation de la fraternité dans la vie sociale, la gravité de la guerre, l’abolition de la peine de mort, etc. Nous en reparlerons dans nos messages suivants car le saint Père sait apporter aussi une belle espérance dont nous avons besoin.

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire d’octobre et livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

 

Message 89 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 2 octobre 2020 ———————-

« Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même »

Aimer, voilà le sens de nos vies. Par ces quelques mots, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus résume son expérience de l’amour. On la nomme aussi sainte Thérèse de Lisieux. Elle était la cinquième fille de la famille Martin, dont les parents Louis et Zélie sont maintenant canonisés. Quel privilège merveilleux de contempler la vie des saints ! Saints Louis et Zélie, bien qu’ayant vécu au XIXème siècle, sont présentés comme un couple d’une réelle « modernité ». Zélie dirigeait une affaire de dentelles. Louis était horloger et avait un commerce. Ils eurent neuf enfants mais quatre décédèrent en bas âge. Ils connurent les affres de la guerre de 1870. Leur vie bien remplie, entre Alençon et Lisieux, était l’espace d’un amour familial puisé dans leur foi commune en Jésus-Christ. Ils se nourrissaient quotidiennement de l’eucharistie. Quant à leur fille Thérèse, s’il fallait vous la présenter, il faudrait un livre ! Elle vécut 24 années et mourut d’une tuberculose qui la fit beaucoup souffrir. Au Carmel, où elle était entrée toute jeune, elle prit le temps d’écrire de nombreux poèmes, des pièces de théâtre et surtout ses manuscrits qui seront appelés « histoire d’une âme ». Ce fut grâce à ses écrits que l’Église allait découvrir la profondeur de sa vie mystique et particulièrement ce que l’on nommera la « petite voie » pour aller à Jésus. J’aimerais donc vous lire ce passage du manuscrit C dans lequel Thérèse révèle sa découverte.

Je la cite : « Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : « Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi » (Pr 9,4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! » (Is 66,12-13) Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. O mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux « chanter vos miséricordes. »

Voici que la jeune carmélite ouvrait un chemin spirituel nouveau dans une époque marquée par le jansénisme. Sa petite voie devenait accessible à qui voudrait se faire « petit enfant » devant Dieu. Avec elle, la vie spirituelle comme la prière n’étaient pas faites de techniques compliquées, mais d’actes d’amour quotidiens, de pensées simples et douces pour son Seigneur. « Ma voie est toute de confiance et d’amour, je ne comprends pas les âmes qui ont peur d’un si tendre ami » écrit-elle. Comme catholiques, la multiplicité des traditions religieuses est une richesse, elle permet à chacun le mode de prière qui lui convient pour converser avec Jésus. C’est toujours l’Esprit qui nous inspire notre prière. Sainte Thérèse rappelle que nous pouvons rechercher la simplicité et la confiance, comme l’enfant devant sa tendre maman. Thérèse disait « Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c’est-à-dire qu’Il tient compte de nos faiblesses, qu’Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ? » Sainte Thérèse qui avait un profond désir d’être apôtre, mais ne quitta jamais son couvent, fut nommée par l’Église sainte patronne des missions universelles. Elle priait pour les prêtres et pour les missionnaires qui partaient au bout du monde pour annoncer l’Évangile. Avant de rejoindre Dieu, elle promit de faire toujours du bien sur la Terre. Juste avant sa mort, ses dernières paroles furent « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je L’aime !… Car Il n’est qu’Amour et Miséricorde ! »

Le 1er octobre un nouveau mois missionnaire commence. Or ce jour est aussi la fête de sainte Thérèse de Lisieux. Peut-être vous souvenez-vous de la demande du pape François de faire du mois d’octobre 2019 un temps de mission pour toute l’Église universelle à l’occasion du centenaire de l’appel du pape Benoît XV qui, en 1919, après la grande guerre, relança la mission de l’Église ? Octobre 2019 fut en Eure-et-Loir l’occasion d’un bel élan, diversifié selon les paroisses, profitable tant pour les catholiques de nos paroisses que pour les habitants de nos villes, nos villages, nos campagnes. Des soirées de prière, des liturgies festives, des chapelets, des visites et des repas, des moments d’adoration eucharistique, des visites de malades ou des personnes seules, des marches et des pèlerinages, du porte à porte, des bénédictions de maison, des animations dans les maisons de retraite furent organisés. Le mois d’octobre est aussi celui du Rosaire. Le Rosaire nous fait méditer vingt épisodes de la vie de Jésus que l’on appelle des mystères. Sainte Thérèse aimait particulièrement la Vierge Marie. Elle reçut une grâce très particulière en se confiant à celle qu’elle regardait comme la Vierge au sourire. Envoyés par Jésus vers nos frères pour en faire des disciples, nous confions à Notre-Dame notre appel pour être rendus capables d’y répondre. Chaque jour nous prierons soit en famille, soit entre amis, à la maison, par vision-conférence ou par téléphone. Utilisons ces moyens nouveaux pour nous rassembler et nous tourner ensemble vers Dieu.

Ce mois d’octobre nous conduira à la fête de la Toussaint suivie par la journée de prière pour nos défunts. Je vous fais une proposition : pourquoi ne pas préparer et animer, dans l’église de votre village ou de votre quartier, une veillée d’accueil et de prière le vendredi 30 ou le samedi 31 octobre en invitant les familles endeuillées depuis l’été, voire durant le confinement ? Que faire lors de cette rencontre ? Prévoyez un accueil chaleureux, avec une boisson chaude car il peut faire froid. Choisissez de beaux chants avec des paroles d’espérance et de confiance. Envisagez un chapelet ou d’autres prières mariales, entrecoupées d’intentions concrètes. Si vous avez un temps d’adoration eucharistique, chaque personne pourra s’approcher de Jésus et déposer un mot personnel écrit et une bougie avec le nom du défunt sur une étiquette. Ou il sera possible d’installer une œuvre représentant la Vierge ou une grande icône entourée de fleurs et de bougies. On fera la lecture d’un passage de la Bible et quelqu’un en donnera un commentaire. Tout cela est simple à faire. Vous devez juste oser, sans écouter cette appréhension qui vient parfois face à l’idée de parler en public. Faites tout cela avec une équipe, même si elle est modeste, car c’est l’Esprit qui œuvrera. Choisissez une heure après le retour du travail mais pas tard, peut-être autour de 19h. Bien entendu, si l’on parle de mission, cela nécessitera d’inviter personnellement des personnes. En ce mois d’octobre visitons ces familles et invitons leurs parents et amis. Je vous encourage à toujours prier l’Esprit Saint. Il est l’agent de la mission, il la féconde, il l’inspire. Laissons sortir Jésus de nos tabernacles et de nos églises. Nos contemporains attendent des témoins du Christ ressuscité. Ce sera chacun de nous. N’oubliez jamais que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a promis de faire du bien sur terre et même d’y envoyer des roses. Elles signifient toutes les grâces que le Seigneur nous réserve. Faisons de ce mois un mois joyeux par le sourire et l’amour que nous manifesterons.

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire d’octobre et livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

NB : la photo de chaque message montre une partie de notre cathédrale ! 

Message 88 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 25 septembre 2020———————-

Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : «Le Christ, le Messie de Dieu. »  (Lc 9, 18-20)

Voici le cœur de notre foi, accueillir Jésus comme Messie de Dieu, il est Verbe divin fait chair en Marie. Sa présence nous est promise. Par la puissance de l’Esprit Saint, Jésus communique sa grâce à chacun de nous. Mais ne sommes-nous pas négligents en oubliant qu’il est présent ? Ne sommes-nous pas accaparés par les multiples activités journalières ? J’aimerais vous interroger sur le temps. Que faire du temps que nous avons ? Il y a « le temps pour aimer et le temps pour ne pas aimer » dit le livre de Qohelet (Ec, 3, 8).

Ce matin du premier jour de l’automne, lundi 21 septembre, je me suis réveillé admiratif d’un beau soleil sur Chartres. Il faisait si beau. Cette belle lumière de fin d’été, qui passe avec les saisons, n’est-elle pas une invitation à la contemplation et à la méditation ? Récemment, je marchais seul en forêt entre Happonvilliers et Les Corvées-les-Lys. J’ai pris plaisir à être à l’écoute des bruits que font les glands de chênes en tombant, à écouter le chant des oiseaux, à entendre le murmure du vent dans les cimes des arbres. J’ai choisi de m’arrêter. Ce ne fut pas si simple pour un habitué comme moi de rythmes effrénés. Je regardais les arbres, je foulais le sol poussiéreux, je contemplais les perspectives offertes par les longs chemins qui traversent ces bois. Quelle beauté se découvrait. Ne réalise-t-on pas alors que chaque jour mériterait de prendre plus soin de soi, en méditant et en priant, en occupant mieux l’espace autour de soi, en exprimant de la gratitude envers ceux et celles qui œuvrent pour que ma vie soit possible. Ensemble, nous formons une chaîne humaine et sommes reliés les uns aux autres. Par exemple, comment manger ma nourriture sans penser à ceux qui la cultivent, la transforment et la transportent jusqu’à moi ? Comment téléphoner à un proche aimé sans penser que des techniciens ont inventé ces fantastiques réseaux de communication ? Comment porter des vêtements sans penser aux bergers ou aux planteurs de coton, à ceux qui tissent le fil et à ceux qui conçoivent ces habits ? Oui, Seigneur, en ce jour d’automne je veux te bénir pour la solidarité humaine qui m’entoure. Je choisis d’être en joie pour ce qu’il m’est donné d’avoir pour vivre.

Ainsi le Seigneur nous donne ce jour pour aimer. L’amour passe mais il renait chaque matin. Hier, si je n’avais pas aimé, il serait trop tard pour me reprendre. Peut-être qu’alors mon ultime acte d’amour serait de demander pardon à la personne que j’aurais pu offenser par ce manque d’amour. Quant à demain, nous verrons. Le propre de l’enfant est de ne pas prévoir. Voyez comment les parents s’y prennent en avance pour préparer un voyage ou des vacances. L’enfant ne sait rien de cela, il vit chaque jour sans se soucier du lendemain. Certains adultes a contrario sont tellement dans l’anticipation qu’ils ne savent plus profiter du temps présent. Le Christ nous dit « si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux » (Mt 18, 3). Être comme un enfant, n’est-ce pas entrer dans la confiance, sans s’inquiéter pour demain ? « Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6, 34) Demain veillera sur lui-même.

Ce renoncement à l’inquiétude du lendemain peut sembler irresponsable. Ne faut-il, au contraire prévoir ? Préparer par exemple la rentrée scolaire ? Cela est vrai et nécessaire. Mais il y a une liberté à cultiver dans le fait de prévoir et simultanément ne pas être soucieux. C’est à cette condition, à la mesure de cette liberté que nous pouvons accueillir l’instant présent, comme un espace pour aimer et vivre dans la paix. Dire oui à la surprise, accepter l’invitation spontanée à m’arrêter avec quelqu’un, prendre le temps pour écouter et découvrir. Si par exemple, dans la rue, quelqu’un propose de répondre à des questions pour un sondage, beaucoup diront « je n’ai pas le temps » n’osant pas dire « cela ne m’intéresse pas ». Or Jésus s’est souvent laissé aborder. Il allait sur les chemins pour être interrompu comme avec Zachée perché sur son sycomore. Son occupation était plutôt de ne pas en avoir pour se laisser surprendre. Jésus disait « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » (Mt 8, 20). Tel ce groupe de jeunes hommes partis avec un prêtre depuis Paris vers Paray-le-Monial, deux par deux, sans argent ni nourriture et… pieds nus ! Ils avaient choisi de vivre en totale dépendance des rencontres qu’ils feraient. Cette tentation de la prévoyance nous stresse souvent, car tout ne peut pas être prévu. En d’autres cultures, faute de moyens, les gens apprennent la confiance. Un reportage télévisé montrait des familles indiennes dorénavant sans aucun argent puisque la pandémie avait eu comme effet de supprimer tous les petits métiers quotidiens. Elles continuaient à vivre, dans la solidarité, avec rien, juste un peu de riz, se confiant à Dieu. Cela peut s’appeler de la résignation. Mais on peut y lire un espoir au-delà de toute espérance. Comment une telle attitude peut-elle nous inspirer une vie plus équilibrée, plus pacifiée, plus humaine ? Si nous vivons le quotidien comme l’unique espace temporel possible pour aimer, alors nous pouvons croire en la Providence divine pour demain et notre avenir. Jésus insiste sur cet art de vivre : « C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Mt 6, 25-26) Aussi, avec l’automne qui est là, nous pourrions nous arrêter et méditer sur ce qui est l’essentiel à nos yeux, et que nous n’honorons pas toujours. Comment vivre cet essentiel ? Quelles occupations transformer pour atteindre ce but ? Comment vivre avec plus de gratitude le quotidien dans la lumière du Christ vivant ?

Il est si difficile de ralentir le rythme de nos sociétés. Le confinement laissait entrevoir un changement. A-t-il réellement eu lieu ? Certes, sur certains points, une évolution existe. Certains parents ont fait le choix d’enseigner leurs enfants à domicile. D’autres ont adopté le télétravail. Beaucoup de ceux qui ont un jardin le cultivent dorénavant. C’est la prière qui nous dispose à ce nouvel art de vivre. J’ai pu souvent vous y encourager. Où en êtes-vous de vos rendez-vous quotidiens ? Quel moment et quel temps consacrez-vous au Seigneur ? Le chapelet est-il devenu un ami quotidien lors de vos déplacements ? Si vous avez faibli, ne baissez pas les bras. Remettez l’ouvrage sur le métier. Priez souvent et en tout lieu, au travail et dans vos espaces de vie sociale.

Ce vendredi 25 septembre s’ouvre à Paris le « Congrès Mission » qui permettra de découvrir les initiatives missionnaires de l’Église catholique en France. Par des conférences, des ateliers, des rencontres nous découvrirons beaucoup de projets magnifiques et créatifs, pour annoncer le Royaume de Dieu. L’Église est par nature missionnaire. Sa vocation est d’annoncer l’Évangile, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle rapportée par les quatre évangélistes dans le Nouveau Testament. Chacun d’eux s’est adressé à une communauté différente avec sa propre culture. Il a raconté ce que Jésus enseignait, le bien qu’il faisait partout où il passait, comment il guérissait les malades et invitait les hommes à la conversion et à l’amour mutuel. Sa mission était simple. Saint Luc rapporte : « en ce temps-là, il arrivera que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la bonne nouvelle du Règne de Dieu. Les douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avait été guéries de maladies et d’esprits mauvais. » (Lc 8, 1-3). Ainsi, tout homme et toute femme peut connaître Jésus et choisir de le suivre quelle que soit sa situation, mais à condition qu’un ami de Jésus le lui présente.

Avec la Vierge Marie, confions ce temps missionnaire et livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.


Message 87 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 18 septembre 2020———————

« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Quelle belle promesse que celle-ci ! Jésus, pourrais-tu le dire à chacun de nous ? Nous avons tellement besoin d’Espérance dès maintenant.

Voici deux semaines, nous était donné l’Évangile de la correction fraternelle. Plusieurs personnes me demandèrent les notes de ma méditation, aussi j’en reprends quelques idées. Dans ce passage Jésus nous dit : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. » (Mt 18, 15-16). Nous n’aimons pas que l’on nous fasse la morale. Nous n’apprécions pas les reproches. Que veut nous dire Jésus ? Il rappelle que nous sommes faits pour la sainteté. Or mutuellement, dans une véritable amitié, nous pouvons nous aider à grandir dans la vérité, la justesse des actes, l’amour. Se tromper advient régulièrement. Avoir un ami qui ose dire une parole vraie et encourageante, c’est réellement bénéfique. Il est précieux de noter ici que le récit qui précède est celui de la brebis égaré. Un berger qui aime ses cent brebis les laisse pour aller rechercher celle qui s’est perdue, qui est possiblement capricieuse et qu’il veut sauver. Cette parabole nous explique que Dieu, présenté comme un bon Berger, veut le salut de chacun et particulièrement de celui qui se perd. C’est donc la miséricorde divine qui permet que la correction fraternelle ne soit pas blessante mais constructive. On note que le passage suivant parle du pardon à donner à son frère qui nous a offensé. Pardonner est si important que l’on ne pardonnera pas seulement sept fois mais soixante-dix fois sept fois. Il y a comme une folie dans le pardon, car il s’agit de restaurer l’amour. Et l’amour c’est ce qui comble notre cœur. Aussi, la correction fraternelle peut aboutir à un pardon mutuel. Dans un différent, par exemple au sein d’un couple, qui a tort ? N’est-ce pas un peu les deux protagonistes ? Par exemple l’un se fâche, or l’autre n’a pas été attentionné. Ou encore l’un parle sans écouter l’autre et celui-ci n’a pas répondu au besoin de service. Être capable de se parler, de se dire avec courage ce qui n’allait pas, s’écouter et se pardonner, quel cadeau pour renouer une relation entre conjoints ou entre amis. Car l’Écriture dit de ne jamais se coucher sur sa colère. Enfin quand le pardon est donné, on peut se tourner ensemble vers Dieu et le prier dans une action de grâce profonde. C’est lui la source de ce pardon. C’est lui qui donne la joie qui en découle. Dans nos foyers, nos espaces de travail, nos paroisses, nos lieux de vie et de service, osons vivre la correction fraternelle et nous verrons combien la communion des cœurs nous remplit de bonheur.

Dans ce message, j’aimerais évoquer une nouvelle fois le sujet des funérailles qui continue à alimenter certaines discussions dans nos paroisses. Les questions fondamentales qui sont derrière cette problématique sont diverses. J’en formule quelques-unes. Y a-t-il une vie après la mort ? Chacun de nous est-il destiné à la vie éternelle ? Faut-il mériter le Ciel ? Le Christ n’a-t-il pas offert sa propre vie pour que nous soyons sauvés ? Comment accueillir le deuil des autres ? Comment les accompagner jusqu’à l’Église et le cimetière ?

Dans toutes les cultures, les chercheurs observent que l’un des premiers signes d’humanisation est l’usage de sépultures. Les communautés humaines, souvent de tradition agricole, inhumaient le corps des défunts et utilisaient différents rites pour cela. Pour le peuple hébreu, la conscience d’une résurrection personnelle est venue tardivement. Jésus-Christ confirme qu’il y a une vie après la mort en disant « heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5, 8) L’invitation à prier pour les morts est particulièrement claire dans le livre des Maccabées. On y raconte que des soldats sont morts au combat, mais que l’on a trouvé des amulettes païennes sur eux. Aussi, les vivants décident d’intercéder pour leur vie éternelle. Dieu se révèle miséricordieux au cours de la vie terrestre, jusqu’à proposer une vie après la mort. Celle-ci se présente comme un cœur à cœur avec Dieu, une vision de Dieu, une plongée dans l’amour absolu. Et comme l’homme ne meurt qu’une fois (Hb 9, 27), nous croyons urgent de nous préparer à cette vie éternelle puisque nous aurons personnellement à rendre compte de l’amour que nous aurons offert aux autres. La révélation biblique précise qu’il y aura un jugement personnel. Certains parmi nous, et nous espérons une grande majorité, accéderont à la plénitude de vie dans la Gloire du Ciel, en présence de Dieu. D’autres se verront peut-être refuser l’entrée et iront « là où il y a des pleurs et des grincements de dents. » (Mt 13, 42)

Cela peut nous laisser indifférent ou au contraire beaucoup nous inquiéter. L’Amour divin se révèle dans le fait que l’homme est libre de choisir le bien et rejeter le mal. Ainsi il se prépare à entrer dans la vie éternelle. Nous ne croyons pas à une prédestination automatique qui serait imposée par le destin. Le karma n’est pas un concept chrétien. Dieu a déposé entre nos mains le choix de le suivre ou de le refuser. Individuellement, nous sommes responsables tout au long de notre vie de l’amour que nous offrons aux autres.

Mais il existe aussi une solidarité ecclésiale face à notre avenir. À cause de cela nous prions ensemble pour nos défunts. Quand nous célébrons les funérailles d’un proche, l’église intercède pour cette personne décédée pour « que lui soit pardonné ce qu’il a pu faire de mal et que soit reconnu ce qu’il a fait de bon » (Rituel des funérailles catholiques). Dieu entend la prière de l’Église. Il la respecte. En effet nous sommes le Corps du Christ, nous sommes son Corps. Le Christ lui-même, tête de l’Église, est venu parmi nous. Il a offert sa vie pour chacun de nous afin que nous vivions en son Royaume. Le premier à en bénéficier fut celui qu’on nomme le bon larron, peut-être un criminel, qui fut crucifié à côté de Jésus. Cet homme se savait coupable et cependant dit à Jésus « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » (Lc 23, 42) Jésus lui répondit aussitôt « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23, 43)

Nos célébrations de funérailles, qui rassemblent des familles et des amis du défunt, permettent d’évoquer sa vie. Mais elles sont avant tout la supplication vers le Seigneur d’une communauté chrétienne qui demande la miséricorde pour cette personne. Quand la messe peut être célébrée, le sacrifice eucharistique porte vers Dieu le Père la demande pressante de sauver la personne des conséquences de son péché. C’est un grand acte de compassion car la sainte messe apporte le salut éternel. Il est vrai que beaucoup de participants venus par amitié ou par liens familiaux ne comprennent pas cela parce qu’ils n’ont pas la foi. Aussi l’homélie leur explique ces enjeux. Elle aide à comprendre que la tristesse due à la séparation peut être transformée en Espérance lorsque l’on s’ouvre vraiment à l’existence de Dieu Miséricorde. Ces personnes peuvent être touchées et pour certaines amener à accueillir Jésus dans leur vie. Je ne peux que les y encourager.

Comme dans tous mes messages, je vous invite à ce que nous nous confions à la Vierge Marie. Comme la Mère de Jésus est précieuse pour chacun de nous. Cette semaine était célébrée la fête de « Notre Dame des Douleurs. » Ces douleurs qui ont marqué profondément sa vie sont rapportées par l’Écriture Sainte : la prophétie du vieillard Siméon, la fuite en Égypte, la disparition de Jésus au temple à l’âge de 12 ans, la rencontre de Jésus portant sa Croix, Marie debout au pied de la Croix, la descente de Jésus de la Croix et la remise à sa Mère, la mise au tombeau de Jésus. Jésus aurait pu épargner à sa mère toutes les souffrances de sa passion, éviter qu’elle soit témoin de ces supplices. Mais alors à qui pouvait-il confier ce mystère insondable de son sacrifice ? Marie sera le témoin présent auprès des premiers disciples au début Église.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.


Message 86 de Mgr Philippe Christory, Vendredi 11 septembre 2020———————

« Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. » (Rm 13,10)

Chacun de nous a soif d’amour. Être aimé et pouvoir aimer quelqu’un est tellement important ! Cela nous différencie des créatures vivantes, dont la mémoire instinctive, celle de leurs gènes, commande leur agir. Ainsi le Tisserin fait-il un nid extraordinaire sans qu’on lui ait appris. L’homme a certes un corps, mais il a aussi une âme et un esprit qui lui permettent d’exercer sa volonté. Il peut faire le choix, libre, d’aimer, de se donner, gratuitement, pour le bonheur des autres ou d’un autre dans le cadre du couple. C’est ce que saint Jean-Paul II appelait la vocation sponsale, qui est inscrite dans le cœur de tout homme, qu’il soit ou non marié. L’homme est un être de relation et de don. Toutes les lois du peuple juif comme celles de notre code civil balisent un cadre pour un vivre-ensemble harmonieux, mais elles sont inférieures dans leur statut face à la vocation à l’amour qui les surpasse toutes. Si l’un de nous aimait parfaitement, alors la plupart des lois civiles ne le concerneraient pas car il ne ferait rien aux dépens des autres. Seul Jésus-Christ fut capable d’un tel amour dans sa vie terrestre. C’est en raison de cette vocation à l’amour que l’éducation de l’enfant cherche à épanouir sa capacité à aimer et à se donner pour le bien des autres. Nos écoles catholiques ont cette mission spirituelle. Elles s’organisent pour apporter une sagesse, c’est à dire faire connaitre Jésus-Christ, source et modèle de tout amour.

Le lundi 31 août, nous inaugurions le bâtiment Charles Péguy au sein du lycée Notre-Dame de Chartres. Ce projet veut favoriser l’enrichissement culturel et artistique des élèves. Au cœur de ce lieu, se trouve un bel oratoire qui possède un vitrail nouveau conçu par une classe d’arts plastiques. Les élèves ont œuvré avec la Maison Loir dont le savoir-faire est connu de tous les amateurs de vitrail. Cette œuvre présente, dans un style contemporain lumineux et coloré, une Vierge Marie accroupie et penchée vers Jésus. Il est représenté comme un enfant de quatre ans. L’attitude de la Vierge est celle de l’accueil, de la tendresse et de la douceur, de la vigilance envers son enfant et de la confiance qu’elle lui donne. Ce nouveau lieu de prière est empreint de paix pour méditer et prier. Les lycéens qui viennent étudier en cet établissement sont ainsi conduits au plein de développement de tout leur être, corps, esprit et âme. La force de l’éducation catholique est d’offrir la possibilité de l’intériorité sans la masquer ou la réserver à la sphère privée de la vie personnelle. Ouvrir son âme à la grâce, laisser son cœur être rempli par la Parole divine, recevoir d’en haut une sagesse qui viendra éclairer les connaissances acquises par l’étude, voici un projet digne de tout être humain. Issu d’un milieu simple, le grand poète Charles Péguy, familier de Chartres où il vint en pèlerinage à plusieurs reprises, notamment en 1912 et 1913, fut saisi par le Christ. Ses textes admirables méritent d’être lus. Habité par le Seigneur, il partit à la guerre en 1914 pour défendre son Pays la France et fut tué cette même année. Tombé trop jeune, il laisse un héritage littéraire magnifique. Qu’un bâtiment scolaire porte son nom n’est pas anodin, et qu’un oratoire en soit le cœur ne l’est pas davantage.

Ces lycéens sont le présent de l’Église mais aussi son avenir. Si l’un d’eux lit mes lignes, je lui dis toute ma confiance pour qu’il se mette à l’écoute de l’Esprit Saint avec ses amis chrétiens pour proposer des voies nouvelles pour la mission. Les disciples que Jésus appela en Palestine étaient des hommes jeunes qui avaient l’âge des étudiants d’aujourd’hui. Parfois l’iconographie tardive les a peints avec une barbe blanche, mais n’était-ce pas pour exprimer la sagesse et l’autorité ? Dans les faits, le Christ continue à appeler des adolescents et des jeunes adultes pour leur proposer de tout lui sacrifier, de lui offrir leur vie, de partir vers cette société pour annoncer l’Évangile et soulager les pauvres dans la misère. Chers jeunes, dans ma prière et plus particulièrement mon chapelet, je vous confie à Marie. Si vous vous mettez à son école, elle vous gardera dans la vérité et la pureté, elle vous enseignera le don de soi, elle vous protègera des tentations du monde, elle vous portera vers la vraie liberté qui consiste à aimer sans condition. Cette vie lumineuse est possible dans tous les états de vie. Cependant, ceux qui donneront tout sans demeurer attachés aux biens matériels et au confort expérimenteront la vraie joie, fruit de l’Esprit, spécialement dans la rencontre des autres.

Ces lignes, vous comprendrez qu’il me faut plusieurs jours pour les écrire. C’est devenu un plaisir de vous écrire. Presque une découverte. C’est une joie de demander au Saint Esprit de passer par moi, par mes mots pour qu’il nous parle et que nous puissions devenir, toujours plus, ces chrétiens engagés, ces témoins envoyés par Jésus-Christ à la rencontre des hommes et des femmes de ce monde. Or il s’avère que ce 86ème message est écrit en le jour de la fête de sainte Teresa de Calcutta, appelée couramment Mère Teresa. De nombreux écrits décrivent sa vie religieuse, son « appel dans l’appel », c’est à dire, pour elle qui était une merveilleuse enseignante au sein de l’école des Sœurs de Lorette de Calcutta, un appel à tout quitter pour une œuvre nouvelle. Quelle œuvre le Seigneur lui demanda-t-il ? Fonder une congrégation de sœurs indiennes, les missionnaires de la Charité, habillées comme des indiennes, pauvres et ne possédant rien pas même des bâtiments, pour aller chercher dit-elle « au fond de leur trou » dans les bidonvilles de l’Inde et du monde, les âmes et les sauver en leur dévoilant l’Amour du Seigneur. Cet appel a retenti en elle par des voix et à travers sa rencontre de personnes très pauvres qu’elle servait en allant les visiter. Cet appel, elle l’a soumis à son père spirituel et à Monseigneur Périer, évêque de Calcutta, car elle ne voulait agir et partir que dans une totale obéissance à Dieu et à son Église. Elle ne retenait rien pour elle. Elle ne prétendait rien d’elle-même. Elle désirait seulement répondre à un appel en voyant ces millions de pauvres affligés par la vie et les maladies, mourant parfois comme des chiens. Elle attendit longtemps, plusieurs années, car son évêque, homme sage et expérimenté, voulait être assuré que ce projet était absolument de Dieu. Cette longue épreuve de l’attente a muri en elle l’offrande et le sacrifice. Son cœur était totalement donné à Dieu, cependant qu’un désir fort et urgent l’envahissait. À son évêque qui lui demandait sa profonde motivation, elle écrivit simplement : « le salut des âmes, l’apaisement de la soif d’amour et des âmes du Christ, n’est-ce pas assez grave ? »

La figure de cette femme marqua plusieurs générations depuis les années cinquante. Par elle, le Seigneur réveilla bien des consciences politiques pour faire justice aux pauvres, aux abandonnés, aux oubliés. Nous savons que les jeunes chrétiens d’aujourd’hui portent en eux une réelle générosité pour prendre soin des autres et leur annoncer le Christ. Mère Teresa ne prétendait pas convertir les non chrétiens, mais son seul trésor était Jésus-Christ à qui elle offrait tout. Aussi sa vie devenait Parole divine, son regard laissait voir celui de Jésus compatissant, sa tendresse bouleversait. Elle était le visage de l’Église sans frontière, penchée sur les souffrances de tout homme sans distinction de croyance.

Pour conclure ce message spirituel, je voudrais rendre hommage à une femme qui fit beaucoup parler des curés de paroisse et surtout des personnes qui donnent du temps pour aider les prêtres dans leur quotidien. Vous aurez compris que je veux nommer Annie Cordy qui a chanté « je suis la bonne du curé ». Cette chanson, les plus jeunes ne l’ont peut-être pas entonnée, mais les séniors l’ont souvent fredonnée. Pour activer notre mémoire, voici le premier couplet « C’est point commode / C’est d’être à la mode / Quand on est bonne du curé / C’est pas facile d’avoir du style / Quand on est une fille comme moué / Entre la cure et les figures / Des grenouilles de bénitier / La vie est dure / Quand on aime rigoler. » Notre ami Stéphane Bern l’appelle « la fée de la bonne humeur. » Elle offrait merveilleusement son sourire. Belge, elle avait dans le cœur la chaleur des gens du Nord. J’émets le vœu qu’au sein de nos communautés paroissiales, nous ayons toujours sa joie à partager. Certains ont des talents artistiques bien utiles pour l’offrir. Mais tous, en choisissant la joie du cœur, nous contribuons à embellir l’Église et le monde autour de nous. Soyons généreux, car ce peut être un péché que d’être triste ! La joie est contagieuse, Annie Cordy la vivait. Elle doit faire rire les anges et les saints maintenant.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message 85 de Mgr Philippe Christory, vendredi 4 septembre 2020 ————————

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40)

Un homme français vient de gagner 157 millions d’euros à la loterie. Faut-il le féliciter ou le plaindre ? Une personne me disait que si c’était elle, elle donnerait au diocèse la moitié. Ce serait la fin des soucis ! Mais comme cette personne ne joue pas au loto, cela n’arrivera pas. Et c’est bien mieux ainsi ! Le pape François, si proche des pauvres quand il était évêque en Argentine, nous met en garde sur la puissance de l’argent. Il veut ouvrir nos yeux à la richesse que sont les pauvres. Déjà le diacre saint Laurent au IIIème siècle, sommé par l’empereur Valérien d’apporter l’argent de l’Église distribuait ses maigres réserves aux personnes démunies de Rome et affirmait que les pauvres sont la vraie richesse de l’Église. À sa suite, d’autres saints ont rappelé combien les pauvres nous enseignent. Ainsi, saint Jean Chrysostome « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu… », ou encore saint Vincent de Paul « les pauvres sont nos maîtres ». Le pape François précise que « celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple, surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. » Or la pauvreté prend de nombreux visages. Monseigneur André Vingt-Trois indiquait qu’une des nouvelles pauvretés du temps présent est la situation d’adultes en situation de handicap, notamment lorsque leurs parents décèdent. La pauvreté atteint les gens par des causes nombreuses, rappelle le saint Père : « par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme… ». En Eure et Loir, nous constatons aussi la pauvreté rurale, particulièrement de certains éleveurs ou agriculteurs qui ne reçoivent qu’un maigre revenu pour un lourd travail. C’est surtout au travers d’événements comme la journée des pauvres qu’il nous apparait de plus en plus que les pauvres ne sont pas le problème mais la solution et que toute initiative envers eux ne peut aboutir qu’à partir d’eux.

À ce sujet, en ce début septembre, un évènement passe plutôt inaperçu mais j’aimerais le mentionner car il m’importe beaucoup. Voici plusieurs dizaines d’années, naissait à Chartres la communauté des Compagnons du Partage, un groupe de personnes vivant souvent dans la précarité et qui choisirent de partager un espace de vie et de travail. C’est dans la petite commune de Bailleau-l’Evêque que leur domaine fraternel s’est installé, à côté des bois et des champs. Depuis mon arrivée en Eure et Loir, j’ai bénéficié à plusieurs reprises de leur accueil et d’une assiette bien garnie à leur table. Une femme, Nicole, qui a accompagné ce beau projet depuis fort longtemps, les quitte. Sa volonté de discrétion est mise un peu à mal par mon message, mais comment ne pas honorer sa gentillesse, sa persévérance, sa simplicité, son entraide auprès de chacun ? Même l’État le reconnut quand elle reçut la légion d’honneur pour son engagement. Nicole laisse la place à d’autres personnes. Elle laisse la place au Seigneur Jésus-Christ à qui elle a toujours confié son engagement, car « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain. » (Ps 126, 1) Nicole, nous vous remercions, vous dont le franc parler fait tant plaisir car il cache votre grande sensibilité et votre bel amour pour tous.

Cette belle mission des Compagnons du Partage rappelle ce que l’Église appelle « l’option préférentielle pour les pauvres » qui est un principe élaboré par la doctrine sociale de l’Église inspirée par l’Évangile de Jésus-Christ. Elle encourage à donner la priorité à ceux et celles qui ont le plus besoin de notre solidarité, qui souvent ne peuvent pas se procurer par eux-mêmes ce qui est dû à toute personne : un toit, un repas, un travail, une éducation, un avenir. L’Église veut accompagner tout l’homme. Depuis son origine, elle œuvre pour les plus pauvres, les malades et les laissés-pour-compte. Jésus-Christ nous l’a enseigné : l’option préférentielle des pauvres est au cœur de la vie ecclésiale « car les pauvres vous les aurez toujours avec vous. » (Mt 14, 7). L’Église est présente auprès des pauvres dans le monde entier, là où il y a un bidonville ou des quartiers défavorisés, par quelques laïcs, volontaires, clercs ou religieuses. En effet, le Christ « lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. » (2 Co 8, 9) Jésus s’est fait proche de tous les plus pauvres, comme sainte Teresa de Calcutta le vécut dans son service des plus pauvres, en soignant les mourants et les lépreux. Mais cette belle mission de solidarité ne peut pas se limiter aux soins et à l’entraide matérielle, car bien qu’étant à la marge de la société, tout homme a le droit de rencontrer le visage de Jésus-Christ. Elle ne cherche pas seulement à œuvrer pour un secours matériel mais aussi pour répondre aux besoins spirituels. Ne pas connaître le Christ est une autre pauvreté ! L’homme, tout homme, même inconsciemment, a soif de Dieu, de l’amour de Dieu. Cet amour n’est pas annoncé par les services sociaux et les initiatives laïques, si belles soient-elles, qui s’occupent des plus pauvres. L’Église doit continuer à s’engager pour porter le Christ car l’amour des pauvres s’inspire des béatitudes et révèle celles-ci à tout homme. Je l’ai un peu compris lorsque, jeune converti, je voulus donner de l’argent et des médailles de la rue du Bac à quatre hommes mendiants à la porte d’une église. Et voici que l’un d’eux, oubliant l’argent, se précipita sur moi pour m’embrasser en me remerciant pour ce cadeau de la Vierge Marie.

Ce thème de l’accueil des personnes en situation de pauvreté rejoint une thématique évoquée dans mon dernier message : la question des funérailles en nos églises. Vos échos à mes propos me sont revenus nombreux et c’est tant mieux. En effet, la question revêt une gravité toute particulière et vos réactions le prouvent. Beaucoup de gens se sont habitués à une réponse positive dès que l’on appelle l’accueil paroissial pour une date de funérailles. Souvent les pompes funèbres nous contactent en présence de la famille endeuillée pour dire que la célébration est demandée à telle date, à telle heure et dans tel village, que c’est ainsi puisqu’ils sont contraints par leurs horaires, la transport du corps et l’heure de fermeture du cimetière ou du crématorium. Un prêtre me disait il y a quelques jours que souvent l’Église est sollicitée comme prestataire d’un service funèbre. Régulièrement des familles demandent des musiques profanes, veulent dire des messages personnels mais ne sont pas spécialement désireuses du rituel. Une fois, il me fut demandé de ne pas utiliser de textes bibliques. Sommes-nous un prestataire ou une communauté croyante et vivante de Dieu ? Ce que nous célébrons lors des funérailles constitue une profonde prière pour demander au Seigneur le Salut de l’âme du défunt. C’est réellement plus important que de remémorer les bons moments du passé. Nous supplions Dieu de lui pardonner ses péchés, de lui ouvrir le Ciel et lui donner la Vie éternelle qui n’est pas acquise d’avance. Que faire quand l’assemblée ne croit pas, ne communie pas à la foi de l’Église ? Or les prêtres constatent qu’il est de plus en plus difficile d’être disponible, et que nos bénévoles laïcs si généreux pour animer les funérailles vieillissent. Les nouvelles générations ont tant d’obligations familiales et professionnelles qu’elles ne sont pas disponibles avec la même régularité. Nous avons moins de prêtres pour les célébrations même si nous pouvons compter sur des diacres en certaines paroisses.

En d’autres cultures on fait les choses différemment. Un prêtre ayant vécu au Pérou expliquait que dans les villages de montagne, lors d’un décès, c’est toute la population qui se rassemble à l’église, qui veille le corps, qui anime une longue prière, qui porte le corps en terre et qui entoure la famille. Tous assistent les personnes dans la peine comme tous savent qu’ils seront entourés lorsqu’un membre de leur famille décédera. Qu’en est-il chez nous ? Où sont les communautés villageoises lors d’un deuil ? Quelles sont les initiatives qu’elles pourraient assumer ? On pourrait imaginer que des fidèles prennent eux-mêmes en charge une veillée à l’église, animent des chants et guident la prière, coordonnent la célébration et président à la dépose du corps au cimetière. Souvent les proches ne souhaitent pas lire un bref texte biblique, aussi comment demander plus ? Si ma réflexion vous interpelle, j’aimerais vous entendre. C’est là une invitation que je vous envoie. En réalité, nous devons penser maintenant à l’avenir et faire toute chose nouvelle sous la conduite du Saint Esprit, avant de devoir refuser faute de personnes formées et disponibles. Mes amis, il en va de votre responsabilité de croyants. Rappelons-nous que la vocation de tout baptisé est d’annoncer la Parole à temps et à contretemps, et non pas d’écouter passivement l’homélie du curé pour s’en retourner chez soi en oubliant ce qu’il a dit. Prions pour être éclairés sur ces chemins nouveaux.

Heureusement l’Espérance est là. Celle qui nous fait voir le Ciel comme notre futur certain, puisque par le baptême, nous avons reçu notre laissez-passer pour l’éternité. Choisissons l’Espérance, et fixons-nous à elle car elle ne déçoit pas. Rappelons-nous que partout des frères et des sœurs prient pour nous, comme nous prions pour eux. Des contemplatifs offrent leur vie pour nous qui sommes aux croisés des chemins. Nous ne sommes pas seuls dans l’Église du Seigneur.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message du  vendredi 28 aout 2020 ——————————————

« Heureux êtes-vous, si vous le faites » (Jn 13, 17)

« Heureux êtes-vous » dit Jésus aux apôtres alors qu’il va les quitter pour subir sa passion. De quoi parle-t-il ? Du geste du lavement des pieds qu’il vient de faire aux douze, si surpris de son abaissement. Être envoyé par Lui signifie vivre au service de nos frères, dans le partage de leurs joies et de leurs peines, avec humilité. Quand on va en pèlerinage à Lourdes, c’est l’expérience merveilleuse qui est faite et qui ouvre les cœurs desquels sortent toutes sortes de bienfaits : la gentillesse, la bonté, la joie et le partage.

Nous revenons de Lourdes, belle cité pyrénéenne où la Vierge Marie est venue rencontrer la jeune Bernadette en 1858. A la suite de ces apparitions si touchantes, le lieu est devenu un grand sanctuaire mondialement connu : il suffit de voir combien de copies de la grotte de Lourdes ont pu être édifiées aux quatre coins du monde par des communautés catholiques. Normalement des millions de pèlerins viennent chaque année. En 2020, suite à la crise sanitaire, tant de groupes ont annulé leur venue. À Chartres, nous avions misé sur une accalmie de l’épidémie, nous avions osé penser qu’il serait possible de vivre quatre jours ici tous ensemble. Et effectivement l’hospitalité chartraine fut la première à venir avec treize malades âgés et assez autonomes. La météo s’est faite douce et propice au recueillement. Nos pèlerins ont pu vivre la messe chaque jour avec la belle animation assurée par la chorale de l’hospitalité, particulièrement mardi dernier à la grotte avec le diocèse de Rouen. En ce lieu où Marie est apparue et a parlé à Bernadette, nous avons célébré Jésus-Christ, le fils de Marie. Nous avons écouté sa Parole. Nous avons communié à son corps précieux. Il est touchant de voir tant de visiteurs étrangers. Ils sont nombreux, comme les indiens et les tamouls toujours vêtus de belles robes et de saris. Ou encore les espagnols ou les italiens dont la langue chantante se fait forte pour dire le chapelet. Nous voyons quelques familles musulmanes qui doivent aussi aimer Marie que le Coran nomme la plus belle femme. Elle les attire à son fils Jésus qui est là pour leur donner l’Évangile de la vie. Je suis heureux de voir combien les adolescents et les jeunes sont aussi au rendez-vous de Lourdes. Leur groupe comptait plus de quarante personnes, toujours pleines d’énergie. L’hospitalité rassemblait une centaine de membres dont une trentaine de jeunes adultes. Certains sont maintenant désireux de devenir des membres fidèles de l’hospitalité au service des malades, que ce soit à Lourdes ou dans leur vie habituelle. N’est-ce pas merveilleux de constater leur désir de se donner ? Maÿlis âgée de 19 ans me disait « « Voir la fragilité de la personne, voir Jésus dans les malades, cela a changé ma vie radicalement à Lourdes » et Emeric ajoutait : « Si maintenant je réfléchis à des études dans la santé, c’est grâce à cela. » Lourdes nous transforme. Lourdes façonne les cœurs de tous ceux qui viennent ici, et nous espérons que 2021 se fera sans contrainte sanitaire, avec la joie de venir nombreux pour entourer les malades.

Que retenir après ces jours de pèlerinage ? La rencontre du Ciel et de la terre, assurément. Si la Vierge Marie apparait, c’est que son Fils maintenant élevé au Ciel l’envoie comme messagère. Dans l’histoire du peuple hébreu, les anges furent des messagers privilégiés. Les prophètes étaient aussi des messagers, donnant leur voix à la Parole divine. Beaucoup de saints et des saintes ont été tellement habités par la grâce qu’ils manifestaient la présence de Jésus vivant, souvent en guérissant en son nom. Cependant, les apparitions de la Vierge Marie sont des cadeaux très particuliers. Marie vient avec douceur. Elle parle clairement en invitant à la conversion pour suivre son fils Jésus. Elle choisit des personnes simples, humbles et généralement jeunes. Ici à Lourdes, Marie parle toujours à nos cœurs. Les fidèles ne s’y trompent pas, eux qui se déplacent parfois de l’étranger pour la prier. Il est si bon de connaitre notre maman du Ciel et de découvrir la réalité du Ciel, car il est notre « à venir ». Nous revenons tous enchantés d’être venus en ce lieu et d’y avoir vécu quatre journées très fraternelles. C’est décidé, l’année prochaine, nous reviendrons nombreux avec des amis et nos familles. J’invite chaque personne à découvrir Lourdes, à venir avec nous. Ce sera fin août 2021, les dates seront précisées rapidement. En attendant, heureux de ces moments, nous rentrons en Eure-et-Loir pour être des témoins du Christ.

Dans son texte La joie de l’Évangile, le saint Père François nous interpelle : « Soyez disciples-missionnaires. » (n°24) Oui, mais envers qui ? Vers qui Jésus nous envoie-t-il quand il dit « allez de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. » (Mt 28, 19) La croissance du nombre de catéchumènes montre que nos contemporains sont ouverts à la parole de Jésus-Christ. La mission n’est-elle pas nouvelle ? Nos paroisses vont devoir se laisser transformer. Elles existent pour sortir d’elles-mêmes et aller vers le monde. Par exemple, nous ne pourrons plus célébrer des funérailles pour des personnes qui certes sont chrétiennes que par le baptême mais n’ont rien vécu avec l’Église. Une équipe de trois personnes dévouées et bénévoles, mais souvent âgées, ne peut assurer les funérailles de dizaines de personnes qui, elles, n’étaient jamais là pour nous apporter leur aide. Certes les paroissiens accueilleront encore les souffrances des personnes, ils les écouteront. Bien entendu, l’Église doit être sans cesse un lieu d’accueil. Mais il faut un renouvellement. La paroisse est une communauté vivante qui annonce la Parole de Vie, l’Évangile, en toutes occasions. Les apôtres ont choisi des hommes pour servir les tables et prendre soin des veuves esseulées (Voir Act 6, 1-6). Les apôtres voulaient recentrer leur mission sur la prière et l’annonce de la Parole. Car dit Saint Paul « comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? » (Rm 10, 14) Vos prêtres sont là pour être serviteurs de la Parole du Christ dans la célébration des sacrements et la catéchèse. Les laïcs sont envoyés pour être un peuple actif et vivant dans la mission. Trop souvent nous souffrons de voir des fidèles qui sont passifs alors qu’ils sont talentueux. Un chrétien ne peut pas être un consommateur passif. Le baptême donne des responsabilités.

La pandémie a encouragé notre besoin de fraternité et d’entraide. Elle nous a fait réfléchir sur la dimension spirituelle de la vie qui est plus nécessaire que la satisfaction de nos désirs trop humains. Le mot « frugalité » est soudainement réapparu. Les expressions « vie simple », ou encore « vie locale et amicale » résonnent plus souvent. Chacun peut-il s’interroger sur sa vie ecclésiale et spirituelle ? En regardant Jésus, nous le voyons prendre beaucoup de temps pour prier, nuit et jour. Notre union à Dieu le Père, dans l’écoute de l’Esprit Saint, est le premier fondement de toute vie chrétienne. Là Dieu nous parle par des motions intérieures. Là il nous encourage. Là il nous apaise. Alors la grâce de charité que nous recevons peut passer par nos actes. La première des charités est l’annonce du Royaume, faire découvrir le visage de Jésus, faire aimer l’Église notre famille. Une paroisse a un cœur, car elle est définie comme communauté stable de fidèles. Comment les personnes extérieures vont-elles découvrir ce cœur ? Où et en quelles occasions ? Sur ce point, ne sommes-nous pas timides voire tièdes, peu concrets ? Car comment parler de fraternité hors de toute rencontre fraternelle ? Pour cette rentrée, réfléchissons à la mission vers le monde, surtout vers ceux que la pandémie a révélé comme plus fragiles. Préparons le mois d’octobre, mois missionnaire placé sous la protection de la Vierge Marie.

Le 26 août, nous fêtions une belle figure chrétienne du VIème siècle, saint Césaire, évêque d’Arles. Il défendit la foi en la sainte Trinité et la force de la grâce précédant tout acte humain bon. Il eut soin des pauvres. Il partait souvent, à l’instar d’un saint Paul, sur les chemins pour rencontrer les habitants souvent païens et leur parler de Jésus. Il œuvra pour l’unité politique du pays, divisé par la présence de plusieurs peuples barbares. Il fit construire des églises et des monastères. Il fut critiqué et jalousé. Mais sa prédication simple et encourageante, qui nous est parvenue par de nombreux manuscrits, touchait les petites gens. Le peuple l’aimait. Dieu guérit de nombreuses personnes par son intercession. Très tôt, on le reconnut comme un saint.

En tant qu’évêque de Chartres, comment ne pas être interrogé par sa vie toute au service de la prédication ? Puisse Notre-Dame nous soutenir pour que nous parlions de Jésus à tous ceux vers qui l’Esprit nous envoie.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’angélus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message du  vendredi 21 aout 2020 ——————————————

« Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l’Esprit ! »

Ce cri de Saint Paul (2 Co 3,8) nous ouvre des perspectives nouvelles pour notre Église, spécialement en Eure-et-Loire. Comme l’avait souhaité le saint Pape Jean XXIII en ouvrant le Concile Vatican II, c’est une effusion de l’Esprit que nous appelons de nos vœux par nos supplications adressées à Dieu. Nous verrons la Gloire de Dieu, affirme saint Paul. Jésus l’a promis : après son ascension, nous verrons des œuvres plus grandes que celles qu’il a faites parce que l’Esprit Saint nous a été donné. Amen, Alléluia !

Lors de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, célébrée le 15 août, notre union à Dieu a été renforcée. Ce fut une belle journée, haute en couleurs, à Chartres avec la grand-messe et la procession qui partit de la maison diocésaine de la Visitation pour remonter par la butte des charbonniers jusqu’à la cathédrale. Le reliquaire que nous portions témoignait de l’histoire de Chartres, le voile qu’il contient ayant été donné en l’an 876 par le roi Charles le Chauve aux chanoines du chapitre. Nous portions aussi la statue de Notre-Dame de Chartres, une Vierge assise, « trône de la sagesse » qui nous présente son fils Jésus. Nous avons chanté les vêpres, sous les si belles voûtes de la nef, accompagnées par le grand orgue. Il était bon d’honorer ainsi la Vierge, la Mère de Dieu. Elle est bénie entre toutes les femmes et nous nous appuyons sur sa présence parmi les saints et les saintes du Ciel pour lui demander son intercession en toutes circonstances, dans les joies comme dans les épreuves. Sa prière est puissante et elle nous encourage à la fidélité.

Les messes paroissiales nous rassemblent, plus ou moins nombreux selon les églises. Tous les fidèles ne sont pas revenus, certains s’abstenant d’être présents dans l’assemblée à cause de leur fragilité physique et préférant suivre la messe sur Radio Grand Ciel ou à la télévision. La liturgie catholique reçut du Concile Vatican II un nouvel élan pour être celle de tout le peuple de Dieu qui célèbre et loue d’un seul cœur Dieu le Père. C’est Jésus qui œuvre pour faire du pain et du vin offerts lors du sacrifice eucharistique son corps et son sang. Tous ensemble, nous formons son peuple saint. Ce don est essentiel à notre vie, et Jésus a promis la vie éternelle : « je suis le pain vivant venu du ciel, si quelqu’un mange de ce pain il vivra éternellement. » (Jn 6, 51) Notre communion joyeuse est particulièrement exprimée dans les réponses chantées ensemble. Le chantre (ou l’animateur) est là pour nous entraîner mais il n’occupe pas l’espace sonore puisqu’il s’efface autant que possible afin que chacun soit libre d’ajouter sa voix au chœur commun. Si nous participons personnellement, nous le faisons en communion avec tous ceux qui sont là. Nous associons aussi les absents pour lesquels nous prions, particulièrement les malades et les mourants. Faudrait-il plus d’intériorité à nos liturgies ? Possiblement mais ce n’est pas tant le cadre ni la forme du rite qui garantissent l’intériorité, mais bien le choix libre et voulu par chacun qui ouvre la voie à la profondeur de ce que nous vivons. J’aimerais vous donner quelques clés utiles pour entrer plus avant dans la louange eucharistique et l’intimité de Dieu. Vous savez qu’aucun sportif ne court une épreuve sans un long échauffement. Son corps et son esprit s’y préparent. Pareillement, nous pouvons nous préparer à vivre la messe. Comment ? En méditant les textes bibliques la veille ou le matin pour désirer entendre le commentaire du prédicateur. En arrivant en avance pour nous mettre en présence du Christ avec des prières intérieures de confiance et d’abandon. En priant le chapelet en chemin vers l’église pour qu’avec la Vierge Marie, notre cœur se dispose au Mystère de la vie du Christ. En choisissant de chanter même si nous connaissons peu les chants pour accompagner l’assemblée. En remerciant le Seigneur pour ceux et celles qui nous entourent au sein de l’assemblée. Enfin, en nous avançant vers la communion préparée consciemment à recevoir le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, notre Dieu et sauveur Jésus-Christ. Cela appelle une véritable prostration intérieure devant la grandeur de Dieu. Nous connaissons tous la force d’une liturgie bien animée et chaleureuse. Cependant nous n’aurons pas toujours cela spécialement dans des lieux reculés où peu de personnes sont présentes. Mais ce sera la même eucharistie, source de grâces, si nous nous y engageons de tout notre cœur, en louant Dieu pour le prêtre qui officie et les quelques fidèles présents. Sortir de la routine est d’abord un choix du cœur et de la volonté. Êtes-vous prêts ?

La rentrée scolaire approche. Elle sera particulière. Tous les enfants reprendront-ils le chemin de l’école ? Les parents retrouveront-ils leur lieu de travail ?. Certains seront au chômage malheureusement, d’autres resteront en télétravail. Les conditions sanitaires sont en discussion. Le masque s’impose au travail dès que nous sommes deux personnes. Les conseils des grands professeurs de médecine sont parfois contradictoires : nous ne savons plus s’il faut un surcroît de protection ou au contraire nous détendre face au virus. Ce flou peut susciter une forme d’inquiétude. Soyons prudents, mais si les gestes barrières sont nécessaires, la fraternité doit trouver toutes les formes possibles pour se déployer notamment vers ceux qui sont isolés. Un appel téléphonique peut faire tant de bien !

Avec la rentrée des écoles, viendra aussi la reprise du catéchisme et des aumôneries. Le premier est pour les enfants du primaire, les aumôneries pour nos collégiens et lycéens. Beaucoup y retrouveront leurs amis, les animateurs et animatrices. On les appelle souvent catéchistes. Mais si les plus motivés ont déjà noté ces rendez-vous dans leur agenda, tous n’ont pas aisément accès aux informations et tardent à inscrire leurs enfants. Aussi, par ce message, par Radio Grand Ciel, surtout par chacun de nous qui pouvons informer nos proches et nos voisins, il est urgent de faire connaitre cette belle proposition. Découvrir la Bible, suivre la vie de Jésus dans les Évangiles, recevoir le baptême et faire sa communion, que de belles richesses. La Parole de Dieu est lumineuse et encourage à vivre dans le respect et l’amour de soi et des autres. Elle fait découvrir combien nous avons de la valeur aux yeux de Dieu, elle nous donne confiance en nous-même car oui, Il nous aime infiniment. Elle montre que la nature est un don précieux et demande un soin nouveau pour la préserver. Idéalement une rencontre hebdomadaire de catéchisme d’une heure et demie voire de deux heures est nécessaire. Ce moment s’inscrit pleinement dans la vie puisque le cycle des semaines fonde notre rythme naturel. Dans certains villages, des parents créent eux-mêmes des équipes de catéchisme à domicile ou dans une salle paroissiale ou communale. Cela peut apparaître complexe à mettre en place, mais les parcours existants donnent des outils, des textes et des images, tout un support pédagogique et de prière pour aider ceux et celles qui s’y engagent. Je les en félicite car notre vie de foi est celle d’une famille, notre Église. La solidarité est transversale lorsque chacun apporte ses talents à l’œuvre commune.

Quand ce message vous parviendra, beaucoup seront en route vers Lourdes pour le pèlerinage annuel qui regroupe des adolescents, des pèlerins et l’hospitalité chartraine. Cette année, treize malades feront le voyage au lieu des 120 habituels. Nous savons combien beaucoup de malades sont déçus de ne pas venir, car ce pèlerinage est souvent pour eux le voyage de l’année, entourés de l’affection de tous. Mais personne ne sera oublié. Nous prierons à la grotte de Massabielle pour chacun, des cartes seront envoyées, Radio Grand Ciel donnera des messages et permettra de suivre quelques moments. Comme saint Paul l’écrit aux habitants de Corinthe, j’aimerais dire à tous : « De toute évidence, vous êtes cette lettre du Christ, produite par notre ministère, écrite non pas avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non pas, comme la Loi, sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs. » (2 Co 3, 3) Nous écrirons dans nos cœurs les noms de tous nos amis, malades ou bien-portants, afin qu’en chaque célébration et prière, avec vous, nous soyons reliés par Jésus au Père éternel. Et nous vous remercions de nous garder en vos cœurs et vos prières.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message du  vendredi 14 aout 2020 ——————————————

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance. »

Demain 15 août, nous célébrerons l’Assomption de la Vierge Marie. Mais nos pensées et nos prières vont tout d’abord vers le Liban, le pays du Cèdre, où Notre-Dame du Liban est tant priée par les chrétiens maronites. Ces frères et sœurs catholiques ont pour la divine liturgie le rite maronite et, depuis le Ier siècle sont fidèles au Christ et vivent leur foi en lien avec Rome. L’Église libanaise s’est, a u cours des siècles, fait remarquer par son courage : elle a tenu ferme, notamment face à l’Islam. Dans les années 1980 le pays fut éprouvé par la guerre qui suscita des divisions alors que les religions y vivaient en relative harmonie. J’ai eu la chance de le visiter avec un groupe de l’association Aide à l’Église en détresse (AED) en octobre 2017. Ce voyage nous a permis de rencontrer des acteurs de la charité œuvrant dans des quartiers très défavorisés de Beyrouth, des sœurs qui animent des écoles catholiques admirables recevant des élèves de toutes confessions, des patriarches qui guident les communautés et favorisent l’entraide. Depuis les guerres en Irak et en Syrie, plus d’un million et demi de personnes s’y sont réfugiées, ajoutant une charge économique considérable pour ce petit pays.

Or voici que le quartier du port explose. Une enquête détaillée doit être conduite. Mais il semble que la cause soit due à un stockage inconscient de produits hautement explosifs, et cela malgré les mises en garde nombreuses faites aux autorités. Le laisser-faire, les arrangements douteux, le poids de l’argent et d’autres ingrédients d’une aberrante mauvaise gestion ont conduit à un drame. Le quartier chrétien tout proche paie un lourd tribut, une douzaine d’églises sont détruites. Une vidéo montre un prêtre célébrant la messe lorsque l’église s’effondre sur lui. Trois grands hôpitaux chrétiens sont endommagés. Nous ne pouvons pas rester insensibles et notre soutien spirituel et financier doit s’exprimer non pas uniquement par une aumône mais par une véritable aide. Si plusieurs ONG aident les libanais, à titre personnel, j’encourage volontiers l’AED. Les pieuses pensées ne suffisent pas et ceux qui portent la responsabilité du monde doivent s’engager résolument, non pour leur avantage mais parce que nous sommes humains et solidaires.

Le drame de Beyrouth s’est déroulé à quelques jours de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. L’État français accorde un jour férié : il nous faut entrer dans la juste compréhension du repos auquel nous sommes invités ce jour-là. La Vierge Marie a accompagné son fils Jésus durant sa vie, trente années cachées à Nazareth, puis trois années de vie publique. Elle l’a accompagné sur le chemin du calvaire, a assisté à sa crucifixion sur la Croix infâme, puis l’a retrouvé ressuscité jusqu’à son ascension. Ensuite elle a vécu, comme un disciple, auprès des apôtres, dans la prière, à l’écoute de la Parole, confortant par sa présence rassurante les premiers chrétiens, jusqu’à la fin de sa vie. Les dernières années de la vie de Marie ne sont pas décrites dans le Nouveau Testament mais des traditions rapportent qu’elle s’est endormie dans la mort sans que son corps ne se corrompe car elle était sans péché. Alors Dieu l’a élevée au Ciel avec son corps. Les apôtres avaient été prévenus et purent entourer son départ. Nos frères orientaux appellent ce moment la dormition. Cette tradition, très ancienne, a été reconnue par l’Église lors de la proclamation du dogme de l’Assomption en 1950. Un dogme est une expression concise d’une vérité que nous croyons fermement. On peut dire que le dogme est à la foi ce que le diamant est au carbone. Un concentré assuré. Ce dogme nous fait espérer notre propre chemin au Ciel. Puisque Marie est entrée dans la Gloire divine, voici notre projet : la rejoindre auprès de Dieu. Elle a eu ce privilège car elle fut en toutes choses associée au pèlerinage terrestre de son Fils Jésus. Elle a bénéficié du Salut par anticipation. De cette fête, nous entendons l’appel pressent de l’Esprit Saint à la conversion afin de rejeter tout mal et nous fier à notre maman du Ciel. Elle redit inlassablement les paroles prononcées à Cana « Faites tout ce qu’il vous dira ! ». (Jn 2, 5). À Chartres, nous portons en procession le reliquaire du Voile de la Vierge, offert en 876 par le roi Charles le Chauve au chapitre de la cathédrale. Nous aimons chanter à Notre-Dame notre confiance par cette prière du IIIème siècle : « sous ton voile de tendresse, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. » La vraie dévotion envers Marie honore son Fils, notre Seigneur, et touche le cœur de Dieu. Les cœurs de Marie et de Jésus sont intimement unis, tellement que l’on a pu parler du « cœur de Marie et de Jésus ». Ils vivent à l’unisson accueillant en leur cœur les enfants de Dieu qui ont foi. Utilisons quotidiennement notre chapelet pour prier Jésus en présence de la Vierge.

C’est à la Vierge Marie que nous confions notre pays, la France. À la suite du vœu du roi Louis XIII, consacrons-le à Marie. Implorons Marie de protéger notre pays, et de nous garder du mal. Comment en évoquant cela, ne pas penser aux choix dramatiques de nos décideurs politiques comme l’amendement voté dans la discrétion, à la va-vite et de nuit, autorisant la mise à mort de bébés parfaitement sains, au seul motif que la mère serait dans une situation de « détresse psychosociale », et cela jusqu’au terme de la grossesse soit neuf mois. Comment pourra-t-on tuer par empoisonnement un enfant pesant ses quatre kilos, juste parce que nous ne savons pas aider cette maman ? Où se situe le problème ? L’enfant est une personne humaine, pas un problème. L’argent peut manquer voilà le problème. La solitude ou l’isolement voilà le problème. Le rejet familial voilà le problème. Des études à achever voilà le problème. Notre société a soudainement trouvé des milliards d’euros face à la pandémie et ne saurait trouver comme solution que le crime. Et qui alors ira accompagner ces femmes oubliées avec leur souffrance post-avortement ? Qui ira les consoler quand elles seront seules ? Sûrement pas nos députés libertaires et inconscients qui créent des boulevards toujours plus larges pour la culture de mort. Car on ne règle pas un mal en en suscitant un autre. Il restera l’Église et ses prêtres pour offrir la consolation qu’apporte l’expérience de la Miséricorde divine. Il y aura ces frères et sœurs laïques qui écoutent et entourent celles qui sont laissées à leurs larmes. Voici pour nous un grand sujet d’engagement et de prière. Comment nous taire ? Nous sommes peu à espérer qu’une autre voie est possible, c’est la raison pour laquelle tous nous devons nous battre pour la Vie car elle est toujours un don à recevoir ensemble.

Ce 10 août, nous fêtions saint Laurent, mort assassiné brûlé vif. Diacre connu pour son extrême charité envers les pauvres, il nous montre que nos vies sont offertes si nous sommes disciples de Jésus. Le témoignage de la foi consiste en l’amour donné sans réserve aux autres. Si la société française doit évoluer, c’est vers plus d’amour et de fraternité. Que ces jours d’été soient emplis d’actes simples et beaux manifestant tout l’amour que le Seigneur vous donne pour, qu’à votre tour, vous l’offriez autour de vous.

Enfin, je suis heureux d’ajouter nos encouragements pour Monseigneur Laurent Percerou, jusqu’à présent évêque de Moulins, qui est nommé évêque de Nantes, grand diocèse très vivant, mais dont nous avons le souvenir récent de l’incendie de sa cathédrale. Monseigneur Percerou fut prêtre en notre diocèse de Chartres et sa nomination honore notre Eglise locale. Que Notre-Dame de Chartres veille sur lui et qu’il soit un évêque bon pasteur pour tous, voici ce que nous lui souhaitons.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection, par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Message du  vendredi 07 aout 2020 ——————————————

« Si vous avez de l’amour les uns pour les autres ! »

« Je suis venu allumer un feu sur la terre, et comme je voudrais le voir déjà allumé ! » dit Jésus (Lc 12,49). De quel feu parle-t-il ? Nous avons chaque été notre lot de feux de forêts et de moissons. La canicule, les hautes températures, tout cela attise le feu. Mais qu’en est-il du feu que désire Jésus ? Nous nous rappelons que la première manifestation de Dieu à Moïse eut lieu dans un buisson en feu. Chose extraordinaire, Moïse voit que le buisson ne se consume pas. Dieu lui parle et lui révèle son nom avant de l’envoyer en mission vers ses frères et sœurs hébreux opprimés par Pharaon. « Je suis celui qui suis », voici mon nom dit la voix (Ex 3,14). Que cela est étrange, car dans ce nom rien n’est dit. Aucun qualificatif ne nous aide à comprendre la nature divine. Rien n’est dit, mais tout est dit, car dans ce « je suis », l’homme approche le mystère de l’existence et de la vie éternelle que nous recevons chacun d’en haut. Or l’« être divin » se révèle être un pluriel, tel un « nous » qui crée, la Trinité entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Dieu nous partage sa vie en prenant corps dans l’humanité par le sein de la Vierge Marie. Non seulement il vient nous enseigner mais il se fait solidaire pour nous tirer de la mort et par sa résurrection nous associer à sa vie éternelle. Jésus offre les moyens pour parvenir à l’union avec Dieu, soit la Parole et les sacrements. Par-dessus tout cela, il promet de demeurer avec nous tous les jours en nous envoyant le Saint Esprit. C’est bien celui-ci qui est appelé feu. Ne s’est-il manifesté en abondance sur la Vierge Marie, les apôtres et les disciples, le jour de la Pentecôte sous l’apparence de flammes de feu posées sur chacun ? Avec l’Esprit, c’est un amour brûlant, une vive flamme d’amour dira saint Jean de la Croix, qui bouscule nos résistances et nos froideurs et qui nous embrase de charité. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » dit Jésus aux hommes et femmes qui le suivent (Jn 13,35). « Car l’amour est fort comme la Mort, la passion, implacable comme l’Abîme : ses flammes sont des flammes de feu, fournaise divine. Les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter. » (Ct 8,6-7). Ce mois d’août, ne passons pas à côté de tous les petits actes d’amour possibles qui allument ce grand feu souhaité par Jésus.

Ces dernières semaines la presse ecclésiale s’est fait l’écho de la demande de femmes d’être mieux considérées en accédant aux postes à responsabilité dans l’Église. Sept femmes ont même demandé à Rome d’être ordonnées prêtres. Le sujet nécessite d’être traité avec délicatesse. Nous le savons, trop souvent, les femmes voient leurs droits bafoués et sont sujettes à des violences physiques ou des paroles blessantes et insultantes. De tels actes et de telles attitudes sont inacceptables et indignes d’une culture qui se veut évoluée. La réponse à ces graves désordres est assurément l’éducation et la collaboration mutuelle. Voici quelques jours, je rencontrais au bord d’un canal à Tourcoing une quinzaine d’adolescents non chrétiens mais qui sont vite entrés en dialogue tellement surpris de rencontrer un évêque se promener, casquette sur la tête de surcroît. Nous avons échangé sur leur avenir, sur Dieu, et l’un d’eux, Enzo, est même revenu demander la prière pour son entrée en troisième. J’ai pu dire à deux jeunes filles du groupe combien elles étaient précieuses et aux garçons combien ils pouvaient être pour elles des chevaliers respectueux. Ce langage était sûrement inhabituel pour eux, mais il me semble qu’ils étaient à l’écoute. Oui, la femme est précieuse et mérite notre respect. Est-elle accueillie pleinement dans l’Église ? Nombre d’entre elles me disent leur bonheur d’y être bien à leur place. La question de l’ordination des femmes revient cependant régulièrement, notamment dans les médias. La reconnaissance des femmes consiste-t-elle à être ordonnées prêtres ? Faudrait-il cléricaliser les femmes pour qu’elles soient reconnues ? Le sommet de la vie de l’Église est-il d’accéder derrière l’autel ? Ne voit-on pas dans l’Église de nombreux laïcs, hommes comme femmes, assumer des responsabilités, au sein des diocèses, des associations et des mouvements ? Dans l’Écriture, combien de figures de femmes admirables ont joué un rôle décisif ! Aujourd’hui encore, combien de femmes se mettent courageusement au service de la foi et de l’Église ! À Chartres depuis début juillet, la nouvelle économe est une femme, Valérie Michelet. C’est une joie de pouvoir collaborer avec elle. La conduite des projets missionnaires, l’animation des paroisses et des aumôneries, l’enseignement de la foi, toutes ces missions, absolument nécessaires à la vie même de l’Église peuvent être portées par des femmes. Le sacerdoce ministériel est le propre des hommes : le Christ lui-même l’a voulu ainsi. Le prêtre est au service du peuple : sa charge est le service de la foi des fidèles par la célébration des sacrements et la prédication de la Parole. Le sacerdoce ministériel n’est donc pas un pouvoir. C’est un service. Et ce service, le prêtre le porte, pour et avec tous les fidèles, membres d’un même corps. Comme je vous ai lavé les pieds, faites de même les uns pour les autres, demande Jésus (Jn 13,14-15). Hommes ou femmes, prêtres, diacres, mariés, célibataires, jeunes ou vieux ; tous nous sommes appelés à prendre la tenue de service, dans une juste complémentarité entre les vocations et les talents. Le Seigneur a besoin de nous tous. Il attend de nouveaux disciples, hommes et femmes. Que vous soyez homme ou femme, bienvenue dans l’Église du diocèse de Chartres où tous vos talents et charismes sont espérés !

Dans quelques jours, nous serons à Lourdes (22 au 26 août), et là auprès de la Vierge Marie, nous prierons pour les malades. Beaucoup d’entre eux auraient tellement aimé vivre ces jours avec nous, mais les conditions sanitaires en ont décidé autrement. Tous, malades et bien portants, vous serez avec nous en nos cœurs. Ensemble, nous constituerons le même peuple qui vient aux pieds de Notre-Dame de Lourdes, accompagné par sainte Bernadette, et nous nous mettrons en prière, avec le chapelet, pour nous confier mutuellement à notre mère du Ciel. Lourdes est la ville du cœur de Marie et du cœur des petits. Là, les puissants apprennent le service des autres et, humblement, deviennent des personnes meilleures. Là la Vierge nous regarde « comme on regarde une personne » pour reprendre les mots de sainte Bernadette, elle qui était jugée et condamnée par tous comme la fille du voleur. Durant ces journées lourdaises, nous remercierons Valérie Gaujard qui a présidé l’hospitalité de Chartres depuis quelques années. Une belle figure de femme au service de l’Église !

En ces jours d’été, nous nous reposons physiquement et nous nous recueillons spirituellement auprès du Seigneur. Chaque voyage nous offre la chance de découvrir non seulement des églises et leur beauté, mais des communautés chrétiennes qui célèbrent l’eucharistie. Personnellement, le dimanche, j’ai toujours souhaité aller à la rencontre des paroisses, de m’y plonger dans la prière pour participer au sacrifice du Christ et à son offrande qui rachète le monde. Chanter d’autres chants, écouter une autre voix commenter les textes, être accueilli par des fidèles heureux de montrer qu’ici on vit l’esprit de communion. Cela est inspirant, cela déplace nos propres options, cela renouvelle nos regards et notre expérience. Je remercie tous les fidèles laïcs impliqués en ces lieux de vacances, particulièrement les chorales et les familles qui animent les célébrations. Nous avons ressenti si cruellement de ne pouvoir vivre ensemble la messe pendant le confinement. Nous l’avons retrouvée maintenant. Certes, dans certains lieux, il sera nécessaire de faire vingt kilomètres pour rejoindre une église. Nous parcourons souvent des distances bien plus grandes pour nous divertir. Je me remémore Antoine, catéchumène au Congo, qui marchait cinquante kilomètres à pied pour aller à ses rendez-vous de formation chrétienne. Dois-je préciser cinquante aller simple ? Restait le retour après ! Que ne ferait-on pas pour une messe quand on est un authentique pratiquant ? L’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne. Ne l’oublions pas, en ce temps de repos, où nous changeons nos habitudes et bouleversons nos rythmes.

Avec la Vierge Marie, livrons-nous à l’Amour.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ensemble, prions l’Angelus.

  1. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie

R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie, ….

  1. Voici la Servante du Seigneur

R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

  1. Et le Verbe s’est fait chair

R/ Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

  1. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur. Amen

Consulter les messages archivés

Autres articles

Partagez : 
e96f1f0bb7425c9c3f4e847edfd7161b~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~