Pour participer au débat sur le mariage

Que devons nous faire ?

Vouloir le débat et y contribuer !
Depuis plusieurs semaines, l’Eglise catholique ne se contente pas de déplorer l’absence d’un débat véritable sur les réformes sociétales. Elle y apporte toute sa contribution, son énergie et son coeur.

Quelques points de réflexion proposés par Mgr PANSARD pour réfléchir sur les enjeux liés au projet de loi rendant possible le mariage entre personnes de même sexe
à lire ci-dessous – ou à télécharger

Le Conseil « Famille et Société » de la Conférence des évêques de France a rédigé une note de travail pour ouvrir le débat.

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Suite à la “manifestation pour tous” du 13 janvier 2013, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié un texte invitant le gouvernement à tenir compte des opposants

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Voir aussi la page spéciale ressources et documents.

Pour participer au débat

Le dépôt d’un projet de loi sur le mariage est annoncé courant octobre. Il s’agirait au nom d’une exigence d’égalité de droits de rendre possible le mariage entre personnes du même sexe et leur ouvrir l’adoption[1]. Je voudrais apporter ma pierre au débat et vous inviter à y prendre part. Il nous concerne tous. Voici donc quelques points de réflexion sur un sujet important touchant à une institution structurante de notre vie en société : le mariage et son rapport à la famille, à la filiation, à la procréation. L’enjeu du débat est, me semble-t-il, celui d’une bonne articulation entre l’égalité et la différence.

Dans nos familles, nos communauté humaines, nos communautés chrétiennes, nous connaissons des personnes éprouvant une attirance envers des personnes de même sexe. La plupart n’ont pas choisi leur orientation homosexuelle. L’égale dignité de toute personne humaine nous invite à refuser toute forme de discrimination injuste à l’égard des personnes homosexuelles[2]. Au nom de cette égale dignité, peut-on refuser à des personnes qui s’aiment le droit de s’unir dans une communauté de vie, d’assistance, de secours et de fidélité ? (cf. les articles 212 et 215 du code civil).
Mais le mariage n’est-il que cela ? Une reconnaissance d’un lien affectif, une association, une union de deux personnes faite de droits et devoirs? Une reconnaissance et un contrat ?

De quelle reconnaissance parle-t-on ? S’agit-il d’une acceptation, refusant toute discrimination et apportant aux personnes des protections juridiques, patrimoniales et fiscales[3] ? Ou s’agit-il d’une mise en valeur publique et symbolique d’une forme de vie qu’une société se donne pour assurer sa pérennité ? Dans ce cas, le sujet devient politique et social et invite légitimement à s’interroger. La différence sexuelle, la différence des genres est-elle structurante ou secondaire voire indifférente dans le mariage et la fondation d’une famille ? Notre société va-t-elle « manifester une indifférence publique à l’altérité sexuelle dans le lieu même où elle joue à plein, celui de la conjugalité et de la filiation[4] ? » Epoux 1 et époux 2 est-ce la même chose qu’époux et épouse ? Parent 1et parent 2 est-ce la même chose que père et mère ?

Le mariage n’est pas que la célébration romantique ou utilitaire d’un amour. En concentrant notre attention sur l’individu et ses sentiments nous risquons d’enfermer le mariage dans une affaire privée et intime dont on pourrait se demander en quoi l’Etat aurait à le prendre en charge. Jusqu’à ce jour, la longue histoire de l’Institution du mariage dans l’histoire de l’humanité a été le lieu structurant de la différence de l’homme et de la femme, des parents et des enfants, de l’épousable et du non épousable.

Au plan anthropologique et au plan du droit, le mariage est lié à la famille : « Les époux assurent ensemble la direction morale de la famille. Ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir[5] ». La revendication légitime d’égalité doit-elle neutraliser les différences pour faire du mariage et de la famille une réalité « sexuellement neutre » dans la définition de laquelle ni l’alliance d’un homme et d’une femme, ni la génération n’entreraient ? La prise en compte de différences et de différenciations n’est pas une discrimination.

Pourquoi donc vouloir appeler « mariage » une réalité autre que la définition reçue du mariage ?
Garderons nous un vocable commun pour désigner l’alliance spécifique d’un homme et d’une femme ?

Le mariage implique aussi les enfants. Mais où mettrons-nous l’accent sur le droit à l’enfant ou sur le droit des enfants ? Le droit des enfants, c’est à dire le droit que la société donne aux enfants de pouvoir grandir dans les meilleures conditions pour développer toutes les dimensions de leur humanité dont fait partie l’acquisition de leur identité sexuelle.

Le 19 septembre 2012.

+ Michel Pansard.
[1] Interview de Madame le ministre de la justice, journal le Croix du 11 septembre 2012
[2] Catéchisme de l’Eglise Catholique n°2358
[3] Cf. le PACS, PActe Civil de Solidarité. Contrat conclu entre deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune.
[4] Xavier Lacroix, « La confusion des genres », Bayard, 2005, p. 52
[5] Article 213 du code civil lu en mairie lors des mariages.

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