Fête de l’Ascension

L’Ascension  : l’absence, une fête ?

Après Pâques qui célèbre sa résurrection d’entre les morts, la fête de l’Ascension marque la « montée » de Jésus au ciel, auprès de son Père. Les disciples fixent encore le Ciel où Jésus s’en va que déjà il leur est rappelé qu’ils doivent partir en mission ( Ac 1, 1-11). Tout devient radicalement nouveau. diocese-chartres.com vous propose un tour d’horizon sur la cathosphère des questions que soulèvent cette fête.ascension Dali Jésus

L’Ascension : c’est toujours un jeudi, et c’est toujours une fête. Pourquoi ?

Le jour de l’Ascension tombe toujours un jeudi car il se célèbre quarante jours après le dimanche de Pâques, jour de la Résurrection de Jésus. Donc, faites le compte…

Ce nombre de quarante jours provient du livre des Actes des Apôtres où Luc écrit que Jésus “pendant quarante jours, était apparu aux apôtres et les avait entretenus du Royaume de Dieu” (Actes 1, 3). L’Église a retenu ce chiffre alors que pour les évangiles de Marc ou de Luc aucune mention n’est faite de ce délai de quarante jours. Bien au contraire leurs récits se gardent bien de donner le moindre délai, comme si les événements de la Résurrection de Jésus, les apparitions du Ressuscité, son ascension et le don de l’Esprit étaient une seule et même réalité.

Quarante jours après Pâques

Toujours est-il que depuis le IVe siècle, l’Église a fixé la date de cette fête quarante jours après Pâques. Il y a clairement l’intention de faire le pendant aux quarante jours du Carême : après quarante jours de prières et de jeûnes, autant de jours de fêtes et de joie !

Assez rapidement, la tradition chrétienne a situé l’Ascension sur le lieu du mont des Oliviers. Jardin en face de la ville de Jérusalem, lieu de rencontre habituel de Jésus et de ses disciples. Sur place, la tradition dit qu’on peut même voir la trace des pieds de Jésus qui serait restée sur le rocher !

ascension JésusEntrer dans la gloire de Dieu

De toutes les façons il est inutile de chercher à connaître, malgré les précisions données dans les récits bibliques, les conditions réelles de cet événement. Ce qui, en revanche, est plus manifeste – et tel est le sens premier qui apparaît dans les récits bibliques -, c’est la signification que revêt cet événement : en montant aux Cieux, Jésus exprime ce que signifie sa résurrection d’entre les morts, à savoir entrer dans la gloire de Dieu. Tel est aussi notre avenir : entrer nous aussi dans cette gloire du Père qui nous est promise.

Très rapidement, cette fête a connu une très grande importance. En France, lors du concordat signé entre Bonaparte et le pape Pie VII, l’Ascension est restée l’une des quatre fêtes d’obligation avec Noël, l’Assomption et la Toussaint. C’est-à-dire que même si ces jours ne tombent pas un dimanche, ils sont des jours chômés comme le dimanche. Aucun travail ces jours-là, mais grande fête et célébration dans les églises !

Cette obligation légale de jour chômé a été maintenue en 1905 lors de la renégociation des relations entre l’État français et l’Église catholique. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, le jeudi de l’Ascension est férié!

sources : le site Croire.com

Où est Jésus aujourd’hui ?

La fête de l’Ascension marque la « montée » de Jésus au ciel, auprès de son Père. Est-ce là qu’il se trouve désormais ? Nous aurait-il quitté ? Joseph Herveau licencié de théologie, responsable national de la Mission Animation Pastorale du Secrétariat général de l’Enseignement catholique, répond à cette interrogation.

 Si le fichier que je viens d’enregistrer sur mon ordinateur peut être à la fois sur mon disque dur et arriver dans la boite mail d’un de mes contacts sans disparaître de mes propres documents, les êtres de chair et de sang ne peuvent être qu’en un seul lieu à la fois. Aussi serions nous tentés de nous dire que si le témoignage des évangiles est juste (Marc 16, 19 ; Luc 24, 51 ; Jean 20, 17 ; Actes 1, 9), Jésus est désormais auprès de son Père d’où il reviendra un jour (Actes 1, 11). La question serait donc réglée…

Mais le lecteur attentif du Nouveau Testament aura pris note de quelques éléments qui viennent compliquer les choses : « Je suis avec vous chaque jour» nous dit Jésus dans l’évangile de Matthieu. Il y a aussi ces fameux disciples d’Emmaüs, qui après la résurrection cheminent avec lui sans le savoir, jusqu’à ce qu’ils le reconnaissent alors qu’il rompt le pain pour eux comme il l’avait fait lors de son dernier repas (Matthieu 24, 13-32). Notons qu’au moment même où ils le reconnaissent, le Christ disparaît…

Une présence différente de tout ce que nous connaissons

Jésus miséricorde ascensionSi le Ressuscité a bien un corps, il est difficile de «lui mettre la main dessus» : Manifestement, le tombeau ne l’a pas retenu, et les murs ne le retiennent pas non plus, comme lorsqu’il se trouve au milieu de ses apôtres malgré les portes verrouillées  (Jean 20, 26). Son mode de présence a changé, et avouons-le, il ne rentre plus dans les « cases » auxquelles nous sommes habitués. Sa résurrection a introduit quelque chose de radicalement nouveau, et qui nous est totalement inconnu…

On peut résumer les choses ainsi : il ne se donne plus à voir, mais à reconnaître, comme dans la parabole du jugement dernier, où il révèle qu’il était « ceux qui avaient faim et à qui l’on a donné à manger, soif et à qui l’on a donné à boire… » (Matthieu 25, 35-40). Jésus est donc réellement présent dans ces frères qui sont à nos côtés et que l’on remarque ou que l’on ignore. Mais il est aussi présent dans ce pain que l’on partage à la messe, son Corps, dont il a fait une nourriture nouvelle. Il est encore présent dans sa Parole que proclament les Écritures, et de beaucoup d’autres manières.

S’ouvrir à l’infini de sa présence : une invitation à le chercher et à le reconnaître.

Ce faisant, il nous invite avant tout à le chercher et à  nous ouvrir à cet infini de sa présence, que sa venue dans la gloire mettra un jour en pleine lumière. Il est plus juste finalement de parler ainsi plutôt que d’évoquer un « retour », car l’on revient quand on est parti. Or, si Jésus est bien auprès du Père, il ne nous a pas quittés pour autant et ne cesse d’être présent dans son corps ecclésial, bien au-delà de l’Eglise visible. Il nous a donné son Esprit, l’Esprit qui dès maintenant, nous permet de le reconnaître et de le trouver là où il nous surprend toujours. « Et moi, je suis avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20).

sources : jesus.catholique.fr

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