Prier pour la vie : pourquoi ?

La révision des lois de bioéthique en cours, avec la nécessaire compréhension des enjeux et des défis posés par les découvertes scientifiques et les possibilités
techniques d’intervenir sur la vie humaine, pose inévitablement la question de ce que nous devons faire pour accueillir et servir en vérité et charité la vie humaine.
L’information, la réflexion, les débats, les combats sont nécessaires dans une société qui doit légiférer pour réguler l’agir humain, avec le souci de ce qui est juste et sert le bien commun pour assurer un développement intégral de la vie humaine. Mais il est aussi nécessaire, sous peine de se situer en maître de la vie, de nous remettre humblement ensemble devant ce mystère de la vie reçue et donnée dont nous ne sommes que les serviteurs. Les questions et les enjeux ne sont pas seulement théoriques, ils sont aussi en nous. Je pense aux parents, aux médecins, aux chercheurs, aux personnels soignants, aux éducateurs… tous les serviteurs dela vie qui ont été ou sont confrontés à la question : que devons-nous faire ? avec des décisions difficiles et douloureuses.
Prier pour la vie, c’est entendre l’invitation du Seigneur à Gethsémani : « veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » ; veiller et prier pour tenir dans le service et le respect de toute vie humaine au coeur même de ce qui peut nous en détourner.
Prier pour la vie, c’est d’abord s’émerveiller et rendre grâce devant la Bonne Nouvelle de la Vie.
Prier pour la vie, c’est redécouvrir sans cesse que l’accueil et le service du don de la vie est aussi un appel et une tâche à accomplir.
Prier pour la vie, c’est reconnaître que nous ne sommes pas si forts que cela. C’est demander la grâce de vivre vraiment du respect de la vie humaine et d’intercéder les uns pour les autres.
Prier pour la vie, c’est trouver et retrouver la loi d’alliance avec ses interdits fondamentaux et structurants de notre vie humaine personnelle et sociale. (Deutéronome 5, 6-21)
C’est pourquoi, comme le dit le cardinal André Vingt-Trois : « nous ne pouvons accepter qu’aucune vie soit perçue comme une menace et un danger. C’est pourquoi nous ne pouvons accepter que l’intelligence et l’ingéniosité humaines soient mises au service de la lutte contre la vie.
C’est pourquoi nous ne pouvons accepter que la fécondité soit une culpabilité.
C’est pourquoi nous ne pouvons accepter que l’imperfection soit une condamnation à mort.
C’est pourquoi nous ne pouvons accepter de nous donner à nous-mêmes le droit de trier, de choisir et de condamner.
C’est pourquoi nous ne pouvons accepter que l’homme et la femme soient acculés à transformer leur relation d’amour en une relation de crainte.
C’est pourquoi nous ne pouvons accepter que le fruit de l’amour soit fabriqué sans l’amour.
Mais c’est aussi pourquoi nous souhaitons que la venue d’un enfant soit vécue comme une bénédiction, que la mission des parents puisse être une source de joie et d’épanouissement, que les plus généreux d’entre nous sachent se mobiliser pour entourer et accompagner jusqu’au bout tous ceux que la vie blesse, que la maladie affecte et que l’espérance déserte ».

Je vous invite à la « prière pour la vie » dimanche 4 octobre à 17h30 à la cathédrale (en direct sur RGC).

✚ Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres

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