Deux diacres du diocèse témoignent

Témoignage de Paul Rodier

Les joies de mon ministère diaconal

“Ordonné depuis maintenant cinq ans, je n’arrête pas de découvrir les beautés de ce ministère et donc ses joies en particulier :

  • Joie dans le service liturgique

Comme représentant de toutes les personnes absentes qui est symbolisé par la participation silencieuse du diacre. Quand j’invite mes frères à partager la Paix dans la charité du Christ : je suis à ce moment l’image du Christ serviteur. Quand j’envoie mes frères témoigner de l’amour de Dieu pour tous les hommes, à la fin de la célébration.

  • Joie dans le service de la Parole
Quand je rencontre les catéchumènes avec la Parole de Dieu : échanges riches, échanges bousculants, échanges éclairants. Quand j’anime des partages d’Évangile avec la communauté chrétienne : liberté, attention et écoute des participants à la lumière de l’Esprit Saint. Quand je prêche lors de la messe, des baptêmes, des mariages et des obsèques : pour permettre à mes frères de découvrir l’amour de Dieu.
  • Joie du service
L’attention portée aux plus faibles, en se rendant compte qu’il est image de Dieu. En aidant mes frères à s’ouvrir au service du monde. Dans la rencontre des frères qui se présentent à moi pour un service d’écoute.
  • Joie dans le service de la prière
Prière des heures pour demander au Seigneur de me conduire sur la route, à son service, qui est celui de mes frères dont ils sont chacun une image. Joie de cette prière partagée avec mon épouse. Prière d’adoration pour être à l’écoute : “Me voici, Seigneur, ton serviteur écoute”. Oui, Seigneur, merci pour ton appel, merci pour les joies des rencontres, merci pour ton Église.”

Témoignage de Louis Bruère

Louis Bruère né en 1946, ordonné en 1999. Marié à Monique, père quatre enfants, grand-père de sept petits-enfants et demeurant à Champhol.

« Père, nous te rendons grâce car tu nous choisis pour servir en ta présence ». (extrait de la 2ème prière Eucharistique). Tel était le slogan de notre ordination.

Je vais témoigner du vécu de mon diaconat en rendant grâce en cinq étapes :

1) Rendre grâce pour les contacts avec les paroissiens :

Je ne suis pas le mieux placé pour exprimer ce que j’ai pu apporter aux personnes rencontrées mais ce qui est sûr, c’est que de mon côté, j’ai beaucoup reçu. J’ai apprécié réfléchir et travailler en équipe et faire appel à d’autres pour étoffer ou renouveler les membres. Ce n’est pas le plus facile mais ô combien enrichissant ! Bien sûr, il m’est arrivé d’essuyer des échecs mais obtenir ne serait-ce qu’une réponse positive est gratifiant. Et puis même en cas de refus, le fait d’appeler laisse des traces.

Par ailleurs, j’ai souvent fait l’expérience que le Seigneur me précédait dans mes rencontres notamment pour les obsèques. Plusieurs fois, j’ai été surpris de constater que le coeur des familles en deuil était préparé par le Seigneur. L’angoisse de la rencontre s’estompait. La joie aussi de préparer et célébrer soit le baptême d’un enfant soit l’union d’un couple. Et puis ce tête à tête en vérité avec cette personne âgée ou malade à qui je porte la communion.

2) Rendre grâce pour mon engagement aux périphéries :

Je suis engagé dans un syndicat ouvrier dit réformiste. Soutenir une organisation nationale permet de défendre les droits des petits, des écrasés, des exploités. Lorsque ce syndicat obtient une avancée sociale ou limite la « casse » des inégalités envers les salariés, ce sont des milliers et des milliers de travailleurs qui en bénéficient. Pour tenir le coup devant cette dé-syndicalisation ambiante, en Action catholique ouvrière (ACO), je relis mon engagement à la lumière de la Parole de Dieu pour donner sens aux événements heureux ou malheureux que je traverse.

3) Rendre grâce pour l’esprit de pauvreté :

Dans la communauté paroissiale, le diacre est situé entre le curé et les paroissiens (l’étole en travers  pourrait en être le signe). Parfois la communication fait défaut et il m’est arrivé d’être obligé d’expliquer une décision ou simplement mettre en relation quelques personnes pour que les « affaires » marchent mieux. Il m’arrive (pas souvent) d’être pris à partie par une personne qui a un contentieux avec le curé ou avec un paroissien. Cela me demande une véritable attitude d’écoute, de disponibilité et de compréhension qui trouve sa source dans la prière. A l’autel, lors de la prière eucharistique, le diacre est silencieux. Ce mutisme rappelle à l’assemblée que ce qui se passe-là nous laisse sans voix…

4) Rendre grâce pour mon diaconat au sein de ma famille :

C’est vrai que je suis souvent absent mais Monique est assez compréhensive. Je l’en remercie. Le temps passé à ses côtés ne relève pas de la durée mais de la qualité de la présence. C’est ce que j’essaie de faire du mieux que je peux. Dans la mesure du possible, je l’informe sur mes activités ce qui lui permet parfois de me conseiller ou de me soutenir. Quant à nos enfants et petits-enfants, ils sont tous fiers d’avoir un père ou grand-père diacre.

5) Rendre grâce pour ma vie de foi et de prières :

Le jour de son ordination  et à l’occasion de  son renouvellement lors de la messe chrismale, le diacre s’engage devant l’évêque et l’assemblée à « garder et à proclamer le mystère de la foi et à prier et à célébrer la liturgie des Heures, en intercédant pour le peuple de Dieu et le monde entier ».

(Extrait de la prière de renouvellement d’engagement). Je considère cette vie de prière comme ma première mission.  Même si c’est contraignant, n’empêche que ma prière unie à celle de l’Église, permet à Dieu d’exaucer telle ou telle intention ici ou à l’autre bout du monde.

Voilà les multiples visages du service que j’ai essayé de vivre. Pardon Seigneur pour ceux que je n’ai pas rendu ou voulu rendre.

Mais je te rends grâce de m’avoir choisi pour servir en ta présence.

 

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