Un séminariste : quel parcours ?

Quel est le parcours de formation d’un séminariste  ?

Le parcours d’un séminariste est adapté en fonction de son âge, de ses études, de ses aspirations et des particularités de la formation suivant l’endroit où il postule.

Il y a le plus souvent 7 ans de formation pour un prêtre :

  • 1 an de « propédeutique » (facultatif mais de plus en plus pratiqué en France) ; cette année ne compte pas comme une année de séminaire. Le candidat est appelé « propédeute ».
  • 2 ans de « premier cycle » (auparavant appelé « philosophie »).
  • 3 ans de « second cycle » (auparavant appelé « théologie »).
  • 1 année diaconale.

Ce parcours intègre ce que l’on appelle les quatre piliers de la formation : formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale.

Qu’est-ce qu’un séminaire ?

Entretien avec le père Emmanuel Hirschauer Supérieur du séminaire Notre-Dame de Vie

Retour sur le parcours de Louis-Marie Cuisiniez, prêtre diocésain ordonné le 24 juin 2018 – (témoignage du 27.05.2019)

Dans quelques semaines, s’achèveront les huit années qui ont été nécessaires à ma formation de prêtre. C’est l’occasion pour moi de vous faire une petite rétrospective sur ce temps parfois exigeant mais assurément béni du séminaire !

Séminaire interdiocésain d’Orléans en septembre 2011

J’ai intégré le séminaire interdiocésain d’Orléans en septembre 2011. Le Père Sébastien m’avait prévenu : « tu ne seras pas le seul à entrer pour le diocèse, il y a un jeune de Tréon qui a déjà pris contact avec l’évêque ».  Ce « petit jeune » de 21 ans (j’étais un peu plus vieux : 23 ans) était un certain Nicolas Boucée, avec qui j’allais tisser une amitié au fil de nos trajets entre Chartres et Orléans. Durant deux ans, ces trajets seront l’occasion d’échanges en profondeurs, sur le Christ, le prêtre et le diocèse de Chartres. Mais nous n’étions pas que tous les deux : le diocèse comptait alors une bande de neuf séminaristes dont la plupart étaient à Orléans (excepté Christophe Besnier qui était alors seul au séminaire des Carmes, et Jean-Baptiste Popot qui finissait un stage au Pérou). Ces deux années au séminaire d’Orléans furent pour moi fondamentales sur le point de notre futur fraternité sacerdotale, car déjà en tant que séminariste, dans le groupe « des chartrains », comme nous appelaient les autres séminaristes, se vivait quelque chose de fort : nous nous sentions comme des frères, naturellement, on se serrait les coudes !

A la paroisse Saint-Etienne en Drouais durant un an !

Après mes deux premières années de formation, je quittais le séminaire d’Orléans pour vivre une année (2013-2014) dans la paroisse de Saint Etienne en Drouais, auprès du Père Jean-Marie Lioult, d’un prêtre malien, de deux « anciens » le Père Paul Brossard, et le Père Marcel Ferdinand, ainsi des Père Jean-Eudes Coulomb et Christophe Besnier qui commençaient leur ministère. Cette année fut déterminante pour moi, car durant ma seconde année de séminaire ma vocation me semblait de moins en moins évidente, et cette année de stage m’a fait comprendre combien on ne devient pas prêtre pour soi, mais pour les autres. De fait, je pense aujourd’hui qu’à ce moment de mon parcours, il me faillait rencontrer ces « autres ». Les questions sur ma vocation n’étaient pas terminées, mais par la suite, ce qui m’a toujours décidé à poursuivre, ce fut de penser à ces « autres » : toutes ces personnes du diocèse, grands et petits, rencontrées au cours de cette année charnière.

Ma formation se poursuit dans le Vaucluse, au Studium de Notre-Dame de Vie

Studium Notre-Dame de Vie

J’étais donc décidé à poursuivre ma formation, et pour cela, Monseigneur Pansard m’envoya en septembre 2014 dans le grand Sud : au Studium de Notre-Dame de Vie (dans le département du Vaucluse, au pieds du Mont Ventoux). Ici plus de « chartrains », mais je retrouvais des connaissances datant de mes années d’étudiant, car la plupart venaient d’Iles de France : séminaristes MEP[1], du diocèse de Paris, Meaux, ou encore Versailles où j’avais fait mes études de Droit avant d’entrer au séminaire. En plus des cours dispensés comme partout ailleurs, cette maison de formation nous apporte sa touche personnelle : les saints du Carmel ! Après 5 ans, Thérèse d’Avila, Jean de la Croix ou la petite Thérèse de Lisieux sont devenus des amis intimes. J’ai aussi eu la chance de vivre en 2016 la béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus[2], que je finis aussi par connaître un peu. Si ce lieu est exilé, bien loin de la Beauce, il m’a donné l’occasion de me former auprès de prêtres assez exceptionnels, dotés d’expérience de Dieu très profonde. Je garderai plus particulièrement de ces années, la figure de notre supérieur et de mon directeur spirituel. Je me souviendrai aussi longtemps d’une des premières phrases que j’ai entendues en arrivant : « la chose la plus importante au séminaire, ce n’est pas ce que vous faite, c’est ce que Dieu fait en vous ! ».

 

Dernière année de formation

Ordonné prêtre en juin 2018, ma dernière année de formation, partagée entre la Faculté catholique de Paris et le Studium de Notre-Dame de Vie, fut consacrée à la poursuite d’un mémoire de Licence canonique qui a pour thème « la proclamation de la Parole de Dieu dans le sacrement de réconciliation ». Si le travail de recherche en bibliothèque ressemble parfois à une traversée de l’Atlantique en solitaire, il m’a permis de plonger dans le Mystère de la Miséricorde de Dieu. Contribuant ainsi à convertir mon cœur de pierre d’une part, et d’autre part à faire grandir en moi le désir de crier que Christ « est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10).

Je voudrais donc remercier tous ceux, qui par leurs prières et leurs dons, nous permettent de nous former et de discerner notre appel !

Je vous encourage aussi à continuer à prier pour les vocations sacerdotales dans notre diocèse.

Louis-Marie Cuisiniez, prêtre diocésain

[1] Missions Étrangères de Paris.

[2] Prêtre carme, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie.

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